V. — Climat forestier
Laplupartdes stations hivernales de France, baignées parle soleil et vivifiées par un air pur, sont protégées contre les vents par les montagnes, les forêts et surtout les bois de sapins. Ceux-ci font office de serres chaudes, puisqu’ils conservent et uniformisent le calorique du jour et de la nuit, puisque le pin agit non seulement sur l’humidité de l’air, mais aussi sur celle du terrain, la puissante racine pivotante de cet arbre devenant un agent de drainage du sol.
Les forêts sont encore de grandes usines d’oxygène, et par leur richesse en ozone, elles sont douées de propriétés microbicides sur les muqueuses humaines (comme le dit Mol) et aussi d’une influence sédative. Il existe donc une sorte de sylvico-
TUBERCULOSE ET CURES CLIMATIQUES
thérapie, car les forêts de pins sont encore des agents préservateurs des vents, régularisateurs de la température et de l’humidité, purificateurs de I air; elles assainissent le sol, elles sont des agents curateurs par l’atmosphère résineuse dont elles enveloppent les malades. Ce qui le prouve, c'est que les résiniers (ouvriers commis à l’exploitation des pins) deviennent rarement tuberculeux malgré leur déplorable hygiène.
En résumé, la forêt est non seulement un agent modificateur de la température, et régulateur du climat en atténuant l'intensité des grands froids comme des extrêmes chaleurs; elle est encore un modificateur de l'état hygrométrique, parce que « le pin, loin d’accroître, amoindrit l’état hygrométrique de Yair , tout comme il amoindrit Y humidité du soi par le drainage que pratique sa puissante racine pivotante dans les sables et les terrains non calcaires dont il s’empare en maître exclusif ». Plus que la montagne, la forêt est encore un agent protecteur du vent, puisqu’il est démontré que celui-ci suit une marche différente sur une colline nue ou boisée. Dans le premier cas, le courant d’air monte vers le sommet, le contourne el descend sur le versant opposé (vent ascendant et descendant); dans le second, lorsque la montagne est boisée, le courant aérien, rencontrant l’écran forestier, se relève au sommet dans l’atmosphère sans descendre sur l’autre versant (vent ascendant). D’autre part, ce sont les forêts de pins à feuilles persistantes et aux rameaux touchant le sol qui offrent une barrière plus complète à l’action préjudiciable des vents; si bien — comme Lalesque l’a si judicieusement résumé — que, « préservatrices, grâce à leur température, à leur état hygrométrique, à leur abri, ces forêts sont de plus sédatives par leur humidité et leur abondance d’ozone, aseptiques par leur pureté atmosphérique, antiseptiques par leur ozone, toniques par leurs vapeurs térébenthinées » (1).
C’est ainsi que le climat de Pau est très calmant, à ce point qu’on l’a appelé « climat bromuré ». 11 est très favorable
(1) C.-M. Mol (de Scheveninguc). — Lalesque, Les cures forestières [Troisième Congrès international de physiothérapie. Paris, 1910).