‹ Maladies de l'appareilChapitre 91 sur 194 · INSALUBRITÉ RES LOGEMENTS ET DES VILLES · texte numérisé non relu

INSALUBRITÉ RES LOGEMENTS ET DES VILLES

suivantes : lu la fréquence des décès tuberculeux est proportionnelle à la hauteur des maisons, et elle est sous la dépendance directe des espaces libres qui les entourent ; 2° la tuberculose est plus fréquente dans les étages inférieurs que dans les étages supérieurs îles maisons, et c’est ainsi qu’elle est la maladie de l'obscurité. — On n’ignore pas que la mortalité par tuberculose varie suivant les quartiers d’une ville, étant de 10 p. 10 000 aux Champs-Elysées par exemple, et de 104 p. 10 000 à Plaisance ; qu’à Nancy elle s'élève de 19 à 1 14 p. 10 OOOquand on passe de la rue Saint-Jean habitée par les gens riches à la rue Claudion habitée par les gens pauvres. Si nous examinons encore à Paris deux voies parallèles de grande longueur, par exemple la voie formée d’une part par le boulevard Saint-Michel, les boulevards de Sébastopol et de Strasbourg, et d’autre part la voie formée par la rue Saint- Jacques, les rues du Petit-Pont et de Saint-Martin, on constate les faits suivants : l'ensemble des trois boulevards donne pour la période de onze années, écoulées du 1er janvier 1894 au 1er janvier 1905, une mortalité tuberculeuse moyenne de 1,34 p. 1000 ; l’ensemble des trois rues presque parallèles à ces boulevards, dont elles ne sont séparées que par une distance de 150 mètres au plus, présente depuis ces onze années une mortalité tuberculeuse annuelle de 5,54 p. 1000, quatre fois plus grande. Ici, il ne s’agit pas d’habitations reconnues insaubres, et alors (pie ne pourrait-on pas dire au sujet de celles qui le sont ?

L’air, a écrit autrefois Max Simon, « est le pain de la respiration ; ce pain-là se respire au lieu de se manger, voilà toute la différence. »

Comme le dit si bien J. Grasset, l’air que l’homme respire est un puissant aliment et un agent précieux pour entretenir et développer les moyens de défense de l’organisme contre le bacille tuberculeux. Mais là il faut encore la quantité et la qualité. « Il faut beaucoup d'air et du bon air, c’est-à-dire de l’air qui n’ait pas encore trop servi, bien oxygéné, pas vicié par l’encombrement dans un appartement trop étroit ou dans Huchahd. — Consultations médicales, t. III. 14

PHOPHYLAXIE DE LA TUBERCULOSE

une ville trop peuplée. Rien ne diminue la résistance de 1 organisme au bacille comme l'encombrement, et 1 étiolement qui résulte du défaut d'air et de lumière (1). »

A ce sujet, on ne saurait trop rappeler l'exclamation de Peter : « Donnez-moi un marais, plus un organisme humain, et je vous rendrai une fièvre intermittente. Donnez-moi une grande ville avec son hygiène dépravée, et je vous rendrai une population de tuberculeux. Tel refuserait avec horreur de boire de l’eau de l’égout collecteur, qui respire sans sourciller l’air d'une salle de concert ou de théâtre, véritable égout aérien. »

Sans doute, depuis plusieurs années on se préoccupe du danger des rues et des logements insalubres et Ton construit des maisons hygiéniques dont celle de la rue Guilleminot, dans le quartier de Plaisance, semble être un modèle; c’est le souci delà Société française des habitations à bon marché présidée par Picot, et de la Société d'art populaire et d' hygiène fondée par le regretté Henri Cazalis. Mais, on n'ose pas être radical comme en certains pays, à New- York par exemple, où il est question de raser tout un quartier tuberculeux, à Londres où la loi reconnaît depuis 1890 le droit de démolition d’un quartier reconnu malsain, à la seule condition de procurer deslogements à la moitié des habitants expulsés. Aux tuberculisables il faut de la lumière, de l’air, du soleil. Voilà ce qu’il importe de dire et redire sans cesse aux municipalités comme aux pouvoirs publics. L’habitation salubre domine la prophylaxie de la tuberculose, et grâce à la rigoureuse application de ses lois sanitaires et hygiéniques, l’Angleterre gagne tous les ans près de 50000 existences humaines.

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