‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 33 sur 103 · VALEUR FONCTIONNELLE DES SÉCRÉTIONS DE LESTOMAC · texte numérisé non relu

VALEUR FONCTIONNELLE DES SÉCRÉTIONS DE LESTOMAC

trique à jeun permettait de faire le diagnostic de maladie de Reichmann et que la constatation de substances alimentaires, dans les mêmes conditions, faisait prévoir la sténose du pylore.

Il nous faut maintenant ajouter quelques autres notions à ce sujet.

A) A l'état normal, l'estomac à jeun est vide ou contient à peine une cuiller à café de liquide clair ou légèrement muqueux.

B) La CONSTATATION DE LIQUmE RÉSmUEL CONTENANT

DES DÉBRIS ALIMENTAIRES, iugérés uu OU deux jours auparavant, est en faveur d'une sténose du pylore. Ce sont des liquides brunâtres, noirâtres ou verdâtres selon les cas. Quand ils contiennent de la bile, on peut en déduire que la sténose est sous-pylorique.

C) Un liquide gastrique très abondant, constaté à jeun, est en faveur de Texistence d'une maladie de Reichmann.

D) Un LiQuroE gastrique peu abondant, plus ou moins louche, opalescent, témoigne d'une hypersécrétion certaine. Dans ces dernières années, la majorité des auteurs qui s'occupent de maladies d'estomac, en ont fait un signe non douteux d'ulcère de la région pré-pylorique. INous pensons qu'il y a lieu de faire des réserves à ce sujet, certaines ptôses gastriques ou même certaines gastropathies nerveuses pouvant donner lieu à ce symptôme.

2^ Méthodes biologiques. — Sous ce nom, Loeper, auquel nous empruntons les détails qui vont suivre, réunit les méthodes qui permettent de reconnaître, dans les liquides de l'estomac, la présence de certains corps qui chimiquement ne sont pas toujours définis mais dont la constatation, dans certaines affections gastriques, peut servir au diagnostic.

Un lavage de T estomac à jeun sera pratiqué avec de fem salée à y p. looo et on recueillera le liquide de lavage,

A létat normal,, ce liquide contient seulement un peu de mucus, des traces impondérables d'acide chlorhydrique et un taux de chlorures qui dépasse à peine celui qu'on a introduit.

A létat patholoffique, il pourra y avoir intérêt à rechercher le sang, l'albumine, les peptones, les acides ami dés eî certains corps considérés à tort ou à raison comme spécifiques.

^1) Sang. — Le sang existe dans l'ulcère, la gastrite hémorragique, même dans certaines asystolies gastriques, et surtout dans le cancer. On le reconnaît à la coloration qu'il donne au liquide et surtout à la réaction que produisent à son contact la résine de gaïac et Feau oxygénée (réaction de Weber) la phénolphtaline potassique et l'eau oxygénée (réaction de Meyer), la benzidine et l'eau oxygénée (réaction d'Â.dler).

De toutes ces réactions, la plus fréquemment employée est la seconde.

On se sert d'une solution de phénolphtaléine dans la potasse. On la met au contact de l'eau oxygénée et du liquide gastrique et elle prend une jolie coloration rose, grâce au dégagement d'oxygène naissant. Cette réaction n'est pas aussi absolue dans le suc gastrique que dans lès fèces, en raison de la fréquence de certaines oxydases propres au milieu gastrique.

B) AlBUMUVE E?ï DEHORS DE LA DIGESTIO'. DaUS CeS

derniers temps, Loeper, Binet et Thinj, ont étudié l'albumino-réaction du liquide de lavage. Elle est extrêmement rare et ne se produit guère que dans l'ulcère et le cancer, ainsi que Tavait remarqué Salomon.

On la constate avec l'acide trichloracétique ou le réactif d'Esbach, et elle acquiert, du fait de sa rarelt. une réelle valeur diagnostique.

VALFXH FONCTIONNELLE DES SÉCRÉTIONS DE l'eSTOMAC ni

C) La recherche des peptones peut se faire par la réaction du biuret (potasse ou soude caustique et sulfate de cuivre). Pour Tobtenir, il faut préalablement précipiter les albumines par le perchlorure de fer et Tacélate de soude. On trouve souvent des peptones dans le liquide de lavage, alors qu'on n'y trouve pas d'albumine. Les peptones viennent directement de certaines tumeurs ou inflammations gastriques ou dérivent de la transformation, par le suc gastrique et la pepsine, d'une albumine diflusée. Quand elle est intense, la réaction du biuret à jeun paraît avoir la même signification diagnostique que celle de Talbuniine dont elle dérive.

D) Recherche des acides amidés. — Leur présence serait assez fréquente dans les tumeurs et pourrait être consécutive à l'action même dos ferments de la tumeur sur son albumine propre. Ce ferment ])roti'olylique spécial est assez analogue à l'érepsine. Pour le mettre en valeur, Fischer et Neubauer mettent pendant une heure, à Tétuve, du suc gastrique et du glycyltriptophane ; l'adjonction de quelques gouttes d'eau bromée donne une belle coloration rose, s'il s'est formé du triptophane et des acides amidés. La réaction est gênée par la présence de suc pancréatique, de bile ou d'un excès d'acide.

E) Corps spécifiques. — H y a lieu d'être bref sur cette question des corps spécifiques contenus dans le suc gastrique, car ils sont encore mal spécifiés, la plupart se rencontrent seulement dans le cancer : la cancropréclpitine de Maragliano, que l'on peut mettre en évidence ])ar injection du suc gastrique suspect au cobaye dont le sérum précipite à un assez fort degré au contact du sérum du malade ; la sensibilisatrice de Livierato, pour la recherche de laquelle l'antigène doit être un extrait" de tumeur quelconque et que l'autour aurait constatée

fJ'A MALADIES DE L ESTOMAC ET DE L. GESOPHAGE

dans sept cas sur huit (?) ; les hémolysines de Grafe et Rohmer, admises aussi par Livierato, et dont la spécificité paraît plus que douteuse ; Vanaphylaxie produite par injection successive d'abord d'extrait d'un cancer au cobaye, puis injection intracérébrale de suc gastrique suspect (Livierato).

Les procédés qui ont pour base la recherche de ces différentes substances, méritent encore une longue étude.

3<^ Méthodes histologiques. — A) Bactériologie. — La flore microbienne de Testomac est trop variée et encore trop mal connue, pour qu'il soit possible de tirer de l'étude bactériologique des liquides gastriques un renseignement précis louchant le diagnostic des maladies de Testomac (Coyon).

Les sarcines et les levures roses et blanches, les bacilles amylobacter et lactis, les leptothryx (gracilis, aerogenes, filiformis, liquefaciens), les streptocoques les plus variés, le cryptococcus salmoneus de Sartory, les bacilles oophy tiques, les anaérobies (punctillatus et polymorphe de Minot, le perfringens, etc.), se rencontrent dans des cas très discutables. Les uns agissent sur les albuminoïdes et donnent naissance à des acides gras, des acides amides, des substances aromatiques, de lammoniaque, de Tacide carbonique et de l'hydrogène sulfuré ; d'autres agissent sur les hydrates de carbone et donnent des acides acétique, formique, succinique, de l'acétone, de Talcool, de Thydrogène, du méthane, de l'éthylène, de l'acide carbonique, etc.

Tout ce que Ton peut dire, au point de vue pratique, se résume dans ces quelques conclusions : l'abondance de la flore est surtout considérable dans les rétentions; les levures blanches paraissent fréquentes dans les sténoses; les sarcines existent surtout dans rhypochlorhvdrie en dehors du cancer, le perfringens n'est pas rare dans rhyperchlorhydrie (Roger), le bacille lactique est

i séi:kétions dk l'estomac ;3

constant dans le cancer et sa constance lui donne une certaine importance diagnostique (Ewald, Boas).

Les microbes spécifiques cL pathogènes ont élé peu étudiés : on a pourtant rencontré le streptocoque, dans certaines gastrites suppurées ; Loeper a pu recueillir de TEbcrth chez un typnique atteint de gastrite secondaire ; le spii-ocliète de la syphilis n"a jamais été retrouvé dans

la syphilis gastrique, sauf pcul-ôire par Krienîtz, dans une lésion de l'estomac qui était en partie néoplasiquc.

B) Cytologie.

- Rosenbach, Ewald, Riegel, Boas,

ont été les premiers à signaler, chez les cancéreux, des amas plus ou moins alwndants de cellules ncoplasiques, mais leurs recherches ont porté surtout sur les vomissements ou les liquides de rétention qui contiennent des particules alimentaires gênantes pour l'examen. Conheim. Reinebott, Marin! ont préféré recourir au lavage de l'estomac à jeun, Locpcr et Binet ont surtout étudié

VALEUR F0NCTI0>M:LLE des SÉCUÉTIO^S DE L ESTOMAC 76

la valeur de cette méthode qui permet un véritable cytodiagnostic des affections de Tcstomao et voici leurs conclusions.

a) A Fétat normal^ Testomac à jeun ne contient que des détritus sans importance (fig. i3).

b) A Vétat pathologique , chez les sialophages , on trouve de nombreuses cellules pavimenteuses de la bouche et de Toesophage; dans les hémorragies :

des globules rouges et des polynucléaires; dans l'ulcère : des cellules épithéliales désintégrées, des globules blancs et rouges ; dans les gastrites aiguës suppurées : une véritable purée do leucocytes ; dans les gastrites hyperpeptiques : une quantité considérable de cellules granuleuses analogues aux éléments glandulaires (fig. i4).

Ces constatations sont d'autant plus intéressantes que

i^>ki

Fig". 16 et 17. — Ciuioer cylindrique du pylore (Loeper).

En haut, IG : Cellules recueillies par lubolavagc. En bas, 17 : Les cellules de raclage de la tumeur

opérée.

u OS

Ci M

en o

IIj

s « .fi

Page 1