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Maladies de la prostate

Vous m’avez dirigé dans mes travaux d’anatomie et de physiologie ; si leur application à la pathologie offre quelque mérite, c’est à vous, illustre maître, que je dois en rapporter l’honneur.

Béraud.

Connue depuis la plus haute antiquité, la prostate a été néan moins longtemps oubliée par les pathologistes, et c’est seulement de nos jours qu’elle a pris dans la nosographie chirurgicale le rang que lui assignaient et la fréquence et la gravité de ses maladies.

L’histoire de cette partie de la chirurgie peut se diviser en trois périodes.

La première période commence à Galien, et finit, selon nous, à J.-L. Petit. Les chirurgiens grecs, latins, arabes, et ceux du moyen âge, ne nous fournissent aucun renseignement de quelquevaleur ; la plupart d’entre eux gardent même sur ce point un silence absolu.

Privés du flambeau de l’anatomie pathologique, conquête des temps modernes, réduits à ne juger des altérations morbides que par des symptômes vagues, et partant incertains, les anciens n’étaient-ils pas condamnés à ne pouvoir jamais faire une découverte importante dans les maladies de la glande prostatique i

La seconde période comprend la fin du xvne siècle, tout le xvme et le commencement du xixe siècle. Les maladies de la prostate sont l’objet d’une étude attentive. Nous voyons J.-L. Petit publier ses observations remarquables sur les rétentions d’urine ; Bonet et Morgagni posent les bases de l’anatomie pathologique. Mais, il faut le reconnaître, malgré de louables efforts, les ma • ladies de la prostate n’ont pas encore pris droit de domicile dans la science. Consultez les écrits des chirurgiens les plus distingues de cette époque, et vous verrez que Desault, Chopart, Boyer, comme J. -L. Petit, ne parlent des maladies de la prostate qu’incidemment, à l’occasion de la rétention d’uiine.

La clinique ne s’appuie pas encore d’une manière suffisante sur

l’anatomie pathologique ; aussi les maladies qui vont nous occuper devaient ne pas faire de progrès importants.

La troisième période est la période contemporaine. L’attention des chirurgiens est dirigée vers les affections de la glande prostatique; la clinique et l'anatomie pathologique marchent ensemble, se prêtent un mutuel appui; et nous voyons paraître des monographies nombreuses sur ce point de chirurgie.

Nous remarquons par rang de date E. Home, Sœmmering, Amussat, M. Bégin, Vidai, M. Velpeau et, à côté d’eux, quelques spécialistes dont les tendances se dirigent surtout, et trop peutêtre, vers l’emploi des moyens chirurgicaux. Grâce à cesauteurs, et principalement à M. Velpeau, notre maître, dont le savant traité rend notre tâche facile et difficile à la fois, les maladies de la prostate sont décrites avec autant de perfections que celles de la plupart des autres organes, tels que le testicule, la mamelle, etc.

Le sujet qui nous occupe est assez vaste pour qu’on ait proposé des classifications. Vidal avait divisé les maladies de la prostate en lésions physiques, lésions vitales, lésions organiques. Tout en rendant justice à cette méthode, nous croyons pouvoir y déroger, et rapprocher des affections différentes parleur nature, il est vrai, mais se prêtant néanmoins à des considérations chirurgicales du même ordre.

Nous examinerons successivement dans autant de chapitres les vices de conformation, les blessures, les inflammations, les ulcérations, les tubercules, les abcès, les cavernes, les fistules, les calculs, les cancers, les kystes et les hypertrophies de la prostate.

Enfin, nous terminerons par des considérations générales sur les tumeurs de cette glande.

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