‹ Maladies des arbres fruitiersChapitre 21 sur 57 · LIS PÊCHER · texte numérisé non relu

LIS PÊCHER

Ed. Prillieux, reprenant les délicates et très difficiles observations de Tulasne, constata que ce végétal parasite présente un mycélium, dont les filaments déliés s'étendent dans les tissus mêmes des feuilles, entre les cellules du parenchyme, et par leur action perturbatrice amènent la subdivision et la multiplication irrégulière. Ces derniers faits déterminent Tépaississementde lasubstance des feuilles cloquées, leur boursouflement, et en même temps leur décoloration, la chlorophylle qui existait dans le parenchyme disparaissant à mesure qu*il s'hypertrophie sous rinfluence du parasite.

Ce mycélium s*insinue entre les cellules épider miques, s*étend ensuite entre ces cellules et la cuticule et y forme, à la suite d'abondantes ramiûcations, une couche mince d'où partent de nombreuses petites branches verticales, qui percent la cuticule, se développent à l'extérieur, en donnant naissance aux asques, ou cellules mères des spores.

Ces asques sont obovales, cylindriques, très obtuses ou à peu près tronquées à leur sommet, et renferment chacune 8 spores sphériques, lisses et blanches, ayant Qmm QQ5 ^ 0'"",006 dc diamètre. Ces spores à la maturité sortent par une ouverture terminale, et tombent sur la feuille, où elles forment une sorte de poussière blanche. Ces spores germent, comme nous l'avons déjà vu pour VEœoasctcs Fruni, non en poussant un tube germinatif, mais en émettant ici ou là, ou bien à ses deux pôles opposés, des bourgeons, qui, bourgeonnant à leur tour, constituent des sortes de chapelets. Ce sont ces bourgeons qui, à un moment donné, émettent un tube germinatif, dont on n'a pas observé, je crois, le mode de pénétration dans la feuille, pour en envahir toute la substance et en amener l'altération.

Ce petit champignon devient apparent, aussitôt que s'étalent les feuilles nouvelles du Pêcher, et détermine, sur ces organes, ces bulles et ces déformations si caractéristiques de cette maladie, qui va en se propageant depuis le premier printemps jusqu'au milieu de l'été; s'il reste stérile, la feuille n'augmente pas d'épaisseur; mais partout où il produit des asques, la feuille envahie devient plus épaisse que dans son état normal.

Ce champignon très commun sur les Pêchers, à Paris et aux environs, se montre parfois très nuisible ; on le rencontre également sur les feuilles de l'Amandier [Amygdalus communis).

Le moyen le plus simple, sinon pour guérir la cloque, du moins pour en rendre la propagation plus difficile, consiste à enlever des arbres les feuilles atteintes, et cela, le plus tôt possible, afin de détruire en les brûlant les corps reproducteurs du champignon parasite.

Toutefois, d'après certains mycologues, la destruction par le feu des feuilles cloquées, quoique certainement avantageuse, ne peut être regardée comme un moyen infaillible d'empêcher la propagation de la maladie, car on a remarqué, que le parasite se développe également sur les jeunes rameaux.

On a constaté plusieurs fois qu'une température chaude paraissait arrêter brusquement les progrès de la maladie ; la cloque est favorisée par les printemps humides, ainsi que parla présence des gouttelettes d'eau, qui séjournent sur les feuilles pendant la nuit.

Toutes les variétés de Pêchers ne sont pas également attaquées ; certaines variétés sont plus sujettes que d'autres à prendre la cloque.

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VExoascvs deformans est-il la seule cause de la éloqmf

De Tavis de certains arboriculteurs, ce champignon n'est pas la seule cause qui occasionne cette maladie.

Il suffirait, d'après eux, d'une variation subite de 10 à 15 degrés pendant la nuit, pour que, dès le lendemain, les feuilles soient courbées en spirale etcloquées; dans ce cas, la feuille ne serait pas collante aux doigts, et conserverait la teinte verte des feuilles saines.

La cloque serait également causée par la présence d'une Cochenille, le Lecunium Fersicm, et voici comment :

Aussitôt le miellat formé par les cochenilles, si les Pêchers qui en sont atteints se trouvent dans le voisinage de fourmilières, ce qui est très commun, les fourmis sont attirées par le liquide sucré du miellat sécrété par ces insectes ; aussi les voit-on aussitôt monter le long de l'arbre, et aller se nourrir de ce liquide.

Or les fourmis ont le grand désavantage de sécréter constamment un liquide acide spécial, appelé acide formique, qui brûle les feuilles, les déforme et leur donne des cloques, absolument comme le ferait le feu (de là le nom de cloque donnée à cette maladie).

On peut facilement empêcher les fourmis de monter aux Pêchers, en entourant le tronc d'une bandelette de ouate ou de coton cardé; les fourmis ne traversent jamais cette matière, où elles se prendraient les pattes et ne pourraient passer ; mais le remède n'est pas là, il faut empêcher la formation du miellat,^ause première du mal, en tuant la Cochenille. .. Aussitôt qu'on aperçoit ces insectes, on envoie

dans toutes les parties de Tarbre, avec un pulvérisateur, du jus de tabac à 1 1/2 Baume ; si Topératioii est bien faite et qu'on ait soin de tourner autour de J'arbre,enpulvérisantdefaçonà injecter le jus d^ tabac dans tous les sens, si l'arbre est en plein vent, ou bien pulvériser sur les lattes qui soutiennent les branches de ceux en espalier, on est certain de trouver le lendemain toutes les Cochenilles mortes; mais il est absolument indispensable de recommencer l'opération au bout d'une huitaine de jours, car le jus de -tabac ne détruit pas les œufs, et le deuxième traitement a pour but de tuer les jeunes Cochenilles, non écloses lors du premier.

Si les Pêchers sont en espalier, on peut encore user du procédé suivant : on couvre l'arbre avec une bâche, et on brûle au pied 200 grammes de déchets de tabac des manufactures, à 1 franc le kilo; il est essentiel que le tabac brûle vite, et surtout ne s'éteigne pas ; pour cela, il est bon d'employer du tabac nitré, préparé en plongeant les déchets de tabac dans une solution de salpêtre concentré à froid ; on fait ensuite sécher le tabac, et on obtient ainsi du tabac brûlant rapidement et produisant en quelques secondes des torrents de fumée ; cette fumée reste emprisonnée entre le mur et la bâche, et pénètre entre les fissures et gerçures de l'arbre ; on laisse le. tout en cet état pendant une demi-heure, puis l'on passe à un autre arbre ; remarquons encore qu'il convient de recommencer le traitement au bout de huit jours, car la fumée n'a pas plus d'effet sur les œufs que le jus; ce procédé est peut-être moins pratique que la pulvérisation du jus de tabac.

Une fois la Cochenille détruite, il s'agit de rendre au Pêcher la vigueur qui lui a été enlevée par la

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perte d'une partie de la sève, absorbée par cet insecte; à cet effet il faut se servir d'engrais, mais surtout d'un engrais très soluble et très assimilable, pour réparer et réconforter la partie feuillue

Le meilleur engrais pour le Pécher, au printemps, consiste, après avoir bêché très légèrement la terre au pied de Tarbre, sur une surface correspondant à ses branches, à arroser cette surface, une seule fois, avec 10 litres de la solution suivante :

Eau 100 litres.

Sulfate d'ammoniaque. 3 kilos.,

Nitrate de soude 5 —

Ces sels étant solubles sont absorbés par les racines, et rendent en moins de quinze jours la santé aux feuilles, et cette vigeur donnée aux feuilles par ces engrais leur évite le retour des Pucerons, qui attaquent de préférence les arbres malades et languissants.

Oïdium leucoconium.

Meunier ou Blanc.

V Oïdium leucoconium est la forme conidiale d'un champignon de la famille des Erysiphées^ appelé le Sphœrotheea pannosa .

Ce parasite est très fréquent sur les Pêchers, ainsi que sur les Rosiers ; il occasionne sur ces plantes la maladie connue vulgairement sous le nom de Meunier ou Blanc,

Le mycélium de ce cryptogame, puissamment développé, recouvre d'un feutrage blanc l'extrémité des rameaux, ainsi que les feuilles et les fruits ; comme " nous avons déjà eu l'occasion de le dire pour deux champignons voisins, et de la même famille, le PhyU lactinia guttata et VErysiphe Mali, le parasite est ab-

solumeûi superficiel, et puise sa nourriture dans les cellules épidermiques delà feuille, à l'aide de suçoirs.

Le mycélium produit une partie de l'année un très grand nombre d'appareils conidiens, tandis que les périthèces se présentent rarement.

L'appareil conidien a une structure très simple; il est formé de filaments dressés, naissant du thalle, supportant un chapelet de 8 à 10 conidies; celles-ci s'arrondissent aux deux bouts, et deviennent libres-; elles sont elliptiques, hyalines, ayant 20 à 30 ^x de long, et 13 à 16 (A de large.

Les périthèces, que l'on rencontre rarement sont petits et sphériques; leur surface est recouverte de filaments floconneux, hyalins et plus courts que le périthèce. Les asques ovoïdes, légèrement atténués aux deux extrémités, renferment huit spores elliptiques, hyalines, de 22 à 25 (a de long, sur 13 à 16 (x de large.

Le traitement curatif consiste dans l'emploi de soufrages, il convient de recommencer l'opération une ou deux fois, à une dizaine de jours d'intervalle.

Puccinia Pruni spinosœ.

Les feuilles des Pêchers sont encore souvent sujettes à deux autres maladies, causées par le Puccinia Pruni spinosdd et le Corynmm Beijerinckii, champignons que nous avons étudiés précédemment (voir p. 93 et 98), et sur lesquels je ne reviendrai pas.

Il convient toutefois de rappeler que le Corymum BeijerincM serait^ d'après Vuillemin et Beijerinck, la cause de la gommose des Pêchers ; la gomme serait contagieuse, et pourrait contaminer dans un délai plus ou moins long les arbres voisins. Il faut donc l'enlever, puis mettre à nu les parties attaquées, et

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