‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 23 sur 213 · CLASSIFICATION DES PARASITES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES PARASITES

presque jamais lieu à des accès pernicieux, tandis que les formes malignes, par contre, en produisent souvent.

Les formes bénignes du parasite de la malaria sont de deux sortes : l'une, ayant un cycle de soixante-douze heures, produit une fièvre qui revient tous les trois jours - fièvre quarte ; 1 autre, ayant un cycle de quarante-huit heures, prodmt une fièvre qui revient tous les deux jours — /lècre tierce.

Les formes mahgnes sont au nombre de trois au moins (1): un parasite pigmenté, celui de la fièvre sub-tierce (2), ayant un cycle approximatif de quarante-huit heures ; un parasite pigmenté ayant un cycle d'environ vingt-quatre heures ~ quotidien pigmenté; et un parasite non pigmenté ayant également un cycle d'environ vingt-quatre heures - quotidien non pigmente.

On peut disposer ces formes en un tableau de la mamère smvante :

Formes bénignes j ^^^^^^ |ne forment pas de croissants.

■ Sub-tierce : forme des croissants.

Formes malignes < Quotidienne pigmentée | supposées former des croissants. ( Quotidienne non pigmentée )

Classification clinique. — Autrefois, la classification était entièrement basée sur les phénomènes cliniques ; les maladies palustres étaient divisées : en fièvres intermittentes quotidiennes, tierces ou quartes, et en fièvres rémittentes. Mais, depuis que l'on a découvert que les fièvres appelées « rémittentes » peuvent être produites par les parasites quartes, tierces, sub-tierces ou quotidiens, — le fait de l'intermittence et de la rémittence étant plus ou moins une affaire de hasard, — on a jugé convenable de ne plus employer le terme de fièvre rémittente pour désigner une

(1) Plusieurs auteurs ne reconnaissent qu'une espèce maligne, les différences dans la longueur du cycle et dans la pigmentation dont nous parlons plus loin étant regardées par eux comme de simples variations dues aux circonstances et non comme des différences spécifiques.

(2) Ce parasite a reçu plusieurs noms, mais aucun n'est tout à fait approprié. Ainsi les Italiens l'appellent « estivo-automnal », terme assez exact en ce qui concerne l'Italie où l'infection ne s'acquiert qu'en été et en automne, mais naanifestôïnent incorrect pour les pays tropicaux où on peut l'acquérir en toute saison. Koch l'appelle » parasite tropical » , terme également inexact, puisque la distribution de cet hématozoaire s'étend bien loin de la zone tropicale. Le terme de i sub-tierce » que j'ai adopté a été proposé par Sambon. Il n'implique aucune erreur en ce qui regarde les phénomènes cliniques ou la distribution saisonnière et géographique, et il a en outre l'avantage de se rapprocher du terme d'hémi-tierce , applique par Hippocrute et les anciens à la classe de fièvres à laquelle il donne naissance.

MALARIA

espèce distincte de fièvre paludéenne. L'une quelconque des cinq sortes de parasites que nous venons d'énumérer peut produire ce que l'on désignait auparavant sous le nom de fièvre rémittente. L'intermittence ou la rémittence d'une fièvre donnée dépend en grande partie de la maturité simultanée ou alternative des parasites qui lui donnent naissance. Si tous les parasites présents dans le sang sont à peu près au même point d'^évolution, ils arrivent presque simultanément à maturité et l'on a affaire à une fièvre intermittente ; mais, s'ils sont à des périodes différentes de leur évolution, leur maturité se produit à divers moments dans le cours des vingt-quatre heures, et l'on est alors en présence de ce que l'on désignait jadis sous le nom de fièvre rémittente. Bien plus, deux générations de parasites de la fièvre tierce venant à maturité à un jour d'intervalle produiront une fièvre quotidienne, double tierce; deux générations de parasites de la fièvre quarte venant à maturité pendant deux jours consécutifs produiront des accès de fièvre pendant deux jours, suivis d'un jour d'apyrexie, double quarte ; trois générations de parasites de la fièvre quarte produiront ce qui cliniquement paraît être une fièvre quotidienne, mais est en réalité une triple quarte.

La présente classification n'est pas définitive. — On ne doit pas considérer comme définitive la classification que j'ai adoptée ; elle est simplement provisoire, faute de mieux. Dans la pratique actuelle, il peut être difficile, souvent impossible, de faire rentrer certains cas dans les limites de son cadre. Bien plus, comme elle est surtout basée sur des observations faites dans une région très limitée, en Italie surtout, et particulièrement pour les fièvres de la Campagne romaine, elle peut ne pas s'appliquer à toutes les contrées impaludées du globe. On ne peut mettre en doute qu'elle ne repose sur un substratum de faits ; on ne peut pas davantage douter qu'elle ne s'applique, dans beaucoup de cas particuliers, à la fièvre paludéenne telle' qu'on la rencontre sur toute la surface du globe. Mais, en s'appuyant sur des faits cliniques, il semble qu'on soit en droit de penser qu'il y a d'autres variétés ou espèces d'hématozoaires en plus de celles décrites par les Italiens, et que la liste que nous en avons donnée doive être dans l'avenir augmentée ou refondue.

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