‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 29 sur 213 · FIÈVRE QUARTE · texte numérisé non relu

FIÈVRE QUARTE

oorps libre et indépendant flottant dans le plasma sanguin (1). Fous les parasites de la fièvre quarte ne forment pas des gamètes et ne se segmentent pas ; quelques-uns semblent dégénérer en des sphères claires et comme hydropiques, remplies de particules très mobiles (pl. I, fig. 1, i) et très remarquables dans certains sangs paludéens. Un nombre considérable de ces grosses sphères remplies de pigment actif sont probablement des gamétocytes mâles qui, une fois placés sous le microscope et sortis des globules, n'ont pas réussi à projeter leurs microgamètes ; d'autres sont sans doute des gamètes femelles. Il est probable que, dans beaucoup de cas, le manque de formation des microgamètes n'est pas une chose normale, mais l'effet d'une action mécanique produite par la pression de la lamelle, ou de toute autre circonstance inhérente aux conditions artificielles dans lesquelles nous sommes obhgés d'observer ces corps. En effet, dans des conditions plus normales, par exemple chez le moustique, on peut observer plus fréquemment la production des microgamètes.

La forme « en rosace » ou forme segmentée de la fièvre quarte se rencontre plus fréquemment dans le sang périphérique que la phase correspondante des autres hématozoaires. Pour cette raison, et aussi à cause de la grande facihté que l'on a d'observer ce parasite à toutes ses phases, vu ses dimensions et la grande quantité d'hémozoïne qu'il contient, et enfin parce que son cycle intra-corporel peut s'observer tout entier dans le sang périphérique, l'hématozoaire de la fièvre quarte est le plus facile à étudier pour le débutant.

Distribution géographique. — La fièvre à laquelle ce parasite donne naissance — fièvre quarte simple, double ou triple — est relativement beaucoup plus commune dans les cKmats tempérés que sous les tropiques. Jadis elle était assez fréquente en Angleterre ; elle est encore loin d'être rare dans les régions paludiques de l'Europe septentrionale et de l'Europe centrale et sans doute ailleurs, dans des conditions climatériques et telluriques analogues. Mais, à mesure qu'on s'avance vers le sud, elle devient plus rare, toujours relativement aux

(1) Dans le sang impaludé, les globules rouges peuvent changer de dimensions comme dans les autres états anémiques. Un parasite de lièvre quarte dans un mégalocyte peut par conséquent, simuler un parasite tierce. *

MALARIA

autres formes. Elle est inconnue dans certaines régions fortement impaludées des tropiques. Ainsi, dans une communication au Congrès médical de Calcutta, en 1894, le Crombie note que, ayant observé une très grande quantité de cas, il a rarement vu des accès de fièvre quarte. Comme ses observations s'appliquent particulièrement à Calcutta et aux environs, on ne peut en tirer de conclusions pour l'ensemble de l'Inde ; en réalité, Ross et d'autres auteurs ont constaté que le parasite de la fièvre quarte est assez commun à Madras et dans d'autres régions de l'Inde.

Je l'ai observé dans des préparations provenant de Maurice ; Ross mentionne sa présence à Sierra Leone. Il existe évidemment dans des régions limitées des tropiques. Ainsi, quoique relativement rare dans la plupart des îles des Antilles, il est assez commun ( à Antigua, d'après Freeman. En somme, d'une manière générale on peut dire, avec assez de vraisemblance, que la fièvi^e quarte est plutôt une maladie des pays tempérés qu'une maladie tropicale, et que son aire totale est très limitée sur la surface du globe.

Fig- 20. — Courbe de fièvre quarte.

La fièvre. — L'accès, dans la fièvre quarte, est en général violent pendant toute sa durée, et les divers stades qui le composent sont bien définis (fig. 20). Il n'a pas de tendance marquée,

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