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HISTORIQUE

L'histoire de la malaria remonte à la plus haute antiquité Déjà au V® siècle av, J.-C, Hippocrate reconnut l'existence de fièvres périodiques, qu'il divisa en quotidiennes, tierces, subtierces et quartes. Galien, Celse et d'autres écrivains latins donnent aussi des descriptions précises de ces fièvres.

Depuis la période classique jusque vers le miheu du xvii^ siècle, il n'y eut aucun progrès important en ce qui concerne l'étude de la malaria ; mais l'introduction du quinquina en 1640 permit à Morton et Tort de séparer les fièvres paludéennes des autres maladies fébriles, et de montrer que certaines fièvres continncîs Mansîon. — Maladies des pays chauds. l

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et rémittentes appartenaient au même groupe que les intermittentes.

Une étape importante fut ensuite la découverte de la pigmentation caractéristique des viscères dans la malaria. En 1847, Meckel décrivit certaines cellules chargées de pigment qu'il avait trouvées dans la rate et dans le sang à l'autopsie d'un malade mort de malaria. Virchow put confirmer cette observation, et Planer, en 1854, nota ces cellules pigmentées dans le sang frais retiré du doigt de malades impaludés. Ces cellules étaient évidemment les parasites de la malaria, bien que leur véritable nature n'ait pas été soupçonnée à ce moment.

La nature parasitaire du paludisme, qui avait été entrevue depuis l'époque de Varron et de Columelle, fut définitivement établie par Laveran qui, en 1880, ayant remarqué la naissance de longs filaments mobiles issus des cellules décrites par Meckel et Planer, fut le premier à reconnaître leur caractère parasitaire.

Les observations de LaveraW furent bientôt multipliées par Marchiafava, Celli, Golgi, Bignami, Bastianelli et d'autres savants. Golgi en particulier établit nettement la corrélation existant entre le développement des parasites et la périodicité des accès fébriles, et montra que les différents types de fièvre paludéenne correspondent à diverses espèces de parasites.

L'association des parasites de la malaria avec certains moustiques a été définitivement établie à la suite des recherches de Rossi et des expériences faites par les Italiens et par nous-même. Cette connaissance fut acquise par l'étude des épidémies de paludisme, et par celle de certaines phases de l'évolution du parasite,^ indiquant la nécessité d'une alternance de générations en même temps qu'un changement d'habitat, comme cela se passe chez, d'autres hémato-parasites.

Enfin, l'apphcation des récentes découvertes au diagnostic et à la prophylaxie de la malaria a eu pour résultat un ensemble de mesures pratiques qui ont déjà porté leurs fruits et qui promettent davantage encore.

Les hématozoaires sont bien la cause de la malaria. — 11 est maintenant certain que la cause de la maladie connue

depuis longtemps sous le nom de « malaria » ou « paludisme » n'est autre que la présence et la prolifération dans le sang de ces parasites découverts en 1880 par Laveran [et qu'on appelle avec lui les hématozoaires']. Voici les principales raisons qui militent en faveur de cette opinion :

1. Pratiquement, la présence des hématozoaires dans le sang est toujours accompagnée, tôt ou tard, des phénomènes cliniques de l'infection paludéenne.

2. Réciproquement, la fièvre palustre est toujours, en un moment quelconque de son évolution, accompagnée de la présence du parasite dans le sang.

3. Les diverses phases de la fièvre paludéenne présentent une relation bien nette avec le cycle d'évolution du parasite.

4. Les caractères absolument particuliers de la malaria — pigmentation spéciale des viscères — sont pleinement expliqués par la propriété qu'ont les hématozoaires de former du pigment mélanique.

5. Les injections intraveineuses faites avec le sang d'un paludéen — c'est-à-dire avec du sang contenant un hématozoaire — sont généralement, après une période d'incubation de huit à douze jours, suivies d'une attaque de fièvre palustre et de l'apparition de parasites de même espèce dans le sang du patient.

6. L'administration de quinine, qui amène la cessation des phénomènes cHniques de l'infection paludéenne aiguë, fait en même temps disparaître rapidement du sang la plupart des formes du parasite.

7. Si, après avoir absorbé du sang d'un paludéen, certaines espèces de moustiques sont disséquées à des intervalles successifs, l'évolution du parasite de la malaria peut être observée dans leurs tissus jusqu'au stade ultime où les germes du protozoaire, parvenus dans les cellules des glandes salivaires de l'insecte, sont éhminés avec la sécrétion de ces glandes.

8. Si, après une semaine environ, un moustique nourri de sang paludique vient piquer un homme jusque-là exempt de paludisme, cet homme, dans un grand nombre de cas, présente, au bout de quelques jours, les signes cliniques de l'infection malarienne et son sang renferme le parasite.

9. Un individu non immunisé restera indemne de malaria, quelle que soit la durée de son séjour dans les contrées les plus

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impaludées, si on le préserve efficacement contre les piqûres des moustiques.

La preuve de la relation causale du parasite à la maladie peut donc être considérée comme complète.

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