‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 92 sur 213 · FIÈVRE DE TROIS JOURS · texte numérisé non relu

FIÈVRE DE TROIS JOURS

décrit {Ind. Med. Gaz., janvier 1906) un type de fièvre bien défini qui sévit à Chitral d'avril à juillet, et affecte plus spécialement les jeunes indigènes et les nouveaux arrivés^ Jus qu ici on n'a pu trouver de microorganisme étiologique. Elle parait n'être pas directement contagieuse, et ne se contracter que dans certaines localités infectées ; cette circonstance permet l'hypothèse d'un animal comme agent intermédiaire.

Dans la plupart des cas, une attaque confère l'immunité, tout au moins durant une même épidémie ; les rechutes se produisent dans 5 p. 100 des cas et les deuxièmes rechutes dans 1 p. 100 seulement. Mac Carrison remarque que, dans la garnison de Chitral, les Européens et les Gourkhas étaient beaucoup plus atteints que les Hindoustanis. L'immunité relative des Hindous est attribuée par cet auteur à des attaques antérieures de la maladie dans les plaines de l'Inde. Si cette interprétation est correcte, nous pouvons en conclure que la fièvre de trois jours est commune et endémique en Inde, et qu'elle agit plus ou moins en exotique à Chitral où elle a besoin d'une température de 24°, qui serait nécessaire à l'animal intermédiaire transmettant le germe (Mac Carrison suppose que ce serait un moucheron). Il est possible que la « fièvre d'acclimatement » de l'Inde soit cette fièvre de trois jours.

Sym-ptômes. — Après une période d'incubation de un à six jours, avec ou sans stade prodromique, la fièvre est annoncée par des frissons plus ou moins violents. La face se congestionne, la céphalalgie est intense et il y a une courbature générale ordinairement pénible. En vingt-quatre ou trente-six heures la température a atteint 39o,5 ou 40°. Elle reste à ce degré pendant un jour encore et commence alors à tomber, avec ou sans épistaxis, vomissements, sueurs ou diarrhée, atteignant la normale vers la fin du troisième ou le commencement du quatrième jour. Le malade reste débilité, surtout cérébralement, pendant une semaine ou deux encore.

De sérieuses complications sont rares, mais certaines années la diarrhée est un symptôme commun, d'autres années la pharyngite est constante.

Il n'y a pas de suites importantes. La desquamation est très rare ; ce point, concordant avec l'absence d'une éruption, sert à différencier cette fièvre de la dengue, maladie qui lui ressemble à beaucoup d'égards. La mortalité est nulle chez les gens qui n'ont pas d'autre maladie.

808 FIÈVRE H YPERPYRÉTJQUË.

Traitement. — Il n'y a aucun spécifique connu pour cette aiïection. Le traitement sera donc conduit d'après les principes généraux.

Comme la maladie semble confinée à certaines localités, on évitera les maisons ou les endroits considérés 'comme infectés, et on les fera désinfecter si possible.

Fièvre hyperpy rétique. — De temps en temps nous recevons des observations de la Côte occidentale d'Afrique, au sujet d'une maladie fébrile particulière qui y est assez commune en certains endroits. Elle se produit surtout durant la saison sèche et a été sûrement regardée et traitée autrefois comme du paludisme, mais nous savons maintenant qu'elle ne peut être due à la malaria, car l'hématozoaire n'existe pas dans le sang et la quinine est sans action dans ces cas. Bien qu'elle soit caractérisée par l'hyperpyrexie, nous savons aussi, d'après sa courbe graduellement croissante et son évolution prolongée, qu'elle n'est pas due à la siriase ou à l'apoplexie thermique. Quelle est sa nature? il est difficile de le dire ; les probabilités semblent être en faveur de la spécificité de cette affection tropicale.

Symptômes. — Thompstone et Bennett la décrivent ainsi : «Cette fièvre est généralement précédée d'une légère élévation de température, suivie d'une transpiration profuse et d'une chute de la température jusqu'à 37°. Après une période d'apyrexie qui dure environ vingt-quatre heures, la température remonte, d'abord lentement, puis, ayant dépassé 40°,5 avec une rapidité alarmante, — un degré en dix minutes dans de nombreuses observations, — elle peut dépasser 4lo,5 le second jour. Pendant les quinze et parfois les trente jours suivants, il n'y a absolument aucune tendance à la rémission. La peau réagit peu ou point, et tous les antipyrétiques échouent ».

La langue devient sèche et racornie, mais le foie et la rate ne sont pas hypertrophiés ; l'urine est normale et abondante, les intestins fonctionnent régulièrement ou sont relâchés. Les conjonctives sont injectées, les pupilles contractées. Il y a de l'anxiété et de l'agitation; mais l'inteUigence est nette, sauf au moment de la plus haute température.

Si le malade doit guérir, une amélioration peut se manifester vers la fin de la troisième semaine. La convalescence est très

Page 1