‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 121 sur 136 · PIEDRA · texte numérisé non relu

PIEDRA

Celte maladie particulière des cheveux est très commune dans certaines régions de la Colombie. Elle paraît confinée chez les habitants de ce pays et affecte une grand proportion d'entre eux, sans distinction de sexe ni de race.

D'après Juhel-Rénoy [Arch.de Demi. et de Syph.,Q.o décembre 1888)5 dont les observations coïncident partiellement avec les travaux plus récents de Desenne, Cheadle, Morris, etc., les cheveux de l'individu atteint sont parsemés, à des intervalles irréguliers, de petites nodosités très nombreuses (23 dans un cheveu de 60 centimètres de long), dures comme du gravier. Ces nodosités sont à peine visibles à l'œil nu, mais distinctement perceptibles au toucher lorsqu'on tend le cheveu entre le pouce et l'index. Les cheveux atteints sont ondulés et frisés et tendent à se mêler et à s'embrouiller. Les petites nodosités, quoique très fermes, ne sont pas aussi dures que l'indique le nom de piedra (caillou), et peuvent être aisément tranchées par un couteau fin ou des ciseaux ; elles sont plus pâles que le cheveu qui les supporte et qu'elles engainent complètement ou partiellement. Lorsqu'on passe un peigne dans la chevelure, on produit une sorte de crépitation, due au frottement contre ces particules résistantes.

Sous le microscope, ces excroissances se montrent lor-

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mées d'im (;oi'lain nombre de corps sporiilés, cpron met en évidence on lavant le (dieveii à l'éther, puis à la solution de potasse. Les spores (qui ont un volume double de celles du tricophyton et sont remarquablement réfring-entes) sont polyédriques par suite de la pression mutuelle, et forment une sorte de mosaïque dont les éléments semblent reliés enlre eux par un ciment soluble verdâtrc dans lequel sont incorporés de nombreux bâtonnets k l'aspect de bactéries. La lio-e du cheveu n'est ni érodée ni afiectée en quoi que ce soit; on peut l'apercevoir intacte à travers le champignon qui l'encroûte.

Certains auteurs supposent que la piedra estcausée par les applications mucilagineuses en vogue chez les Colombiens Ihen que .Juhel-Rénoy lui donne le nom de « trichomycose nodulaire «, on ne doit pas la confondre avec la tricïiomycosis nodosade Paterson (leptothrix de Wilson) qui est une affec- Jion tout à fait différente, assez commune sur les poils de 1 aisselle, du scrotum et de laface en Europe et ailleurs On ne doit pas non plus la confondre avec la trichorexis nodosa maladie non parasitaire du cheveu lui-môme qui se fendille en cidierents points en faisceaux de fibres semblables à des poils de brosse et devient ainsi cassant, ni avec le monilethrix de Crocker, maladie congénitale, héréditaire et non parasitaire, donnant au cheveu un aspect moniliforme.

Traitement. -La propreté, Vus^ge fréquent du savon et 1 application d un parasiticide, comme pour les maladies précedentes, doivent amener la guérison. Si ces moyens <-<-houaient, on raserait complètement la téte.

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