VER MACAQUE
Si la maladie est traitée à temps et convenablement par des ► injections do chlorororme, d'acide phéniqiie, de térébenihiiie et de substances semblables, on peut obtenir la guérison ; jiiais si l'on néglige ces moyens, la mort est presque inévitable. S'il est nécessaire, on ouvrira les sinus frontaux, l'antre d'Ilighmore et les autres cavités osseuses pour en expulser les larves. Dans les pays où ce fléau existe, dès qu'un cas d'hémorragie nasale accompagnée d'écoulement fétide se produit, il faut faire des recherches sérieuses, et si l'on rencontre le ver en hélice, établir un traitement énergique.
VEU MACAQUE {Deniialobia noxialis)
Ce ver (fig. no) est la larve d'une mouche d'Amérique, dont l'identité, avant les travaux de Blanchard {Bal. de la
l'ig. iio. - Dermalolia noxialis (Blanchard).
Soc. Cent, de Méd. Véléria., 9 juillet 1896), était assez douteuse, certains naturalistes la considérant comme la larve de la D. cyaniventris. Blanchard a montré que cette dernière i. attaque jamais l'homme ni les animaux domestiques. Quoique la Z). cyaniventris soit un peu plus grande que la D noxcaUs^ elle est beaucoup moins dangereuse. La D. no..calis existe dans es pays boisés, et dépose ses œufs sur le bétail et sur les chiens, et quelquefois sur l'homme. Lorsque les œufs ec osent, la larve pénètre dans la peau et prod it une uniefaction et une innammation autour du point de péné.rat.on, d ou s'coule un liquide séro-purulent, contenant 1 s excréments noirs de la larve. Depied de Méd. NaJ
-ji'i iMALAlJUi.S IJE LA l'KAU
février 1897) dit qu'il a doux l'ois ren(;ontré cetle larve (doul il a vérilié l'identité [)ar le développenionl de l'insecte j)ai-l'ait) dans le cuir chevelu de Tonkinois.
VKii nu CAYOR [Oclu-omyd (tnlltropoplidgct)
Cet insecte et sa larve existent dans le district du Cayor. au Sénégal. La larve se creuse une loge dans la peau et produit une tuméfaction enflammée, d'où elle sort au bout de six à sept jours.
En Afrique et dans beaucoup d'autres régions tropicales, on rencontre fréquemment de semblables larves anthropophages, qui, cependant, n'ont pas encore été identifiées d'une manière satisfaisante.
IXOUIASE
Les nombreuses observations faites dans ces dernières années ont établi le fait que beaucoup de parasites vivant dans le sang des vertébrés emploient d'ordinaire des arthropodes suceurs de sang comme hôtes intermédiaires, soit pour y accomplir leur développement, soit simplement pour passer d'un individu à un autre ; il était dès lors probable que ces animaux essentiellement suceurs de sang, les tiques, devaient jouer un rôle semblable. Cette hypothèse a déjà été prouvée en ce qui regarde le parasite [Pirosoma bigeminum) de la fièvre des bestiaux du Texas (page 12;. lequel, ainsi que l'ont d'abord montré Smith et Kilborne cl que l'a confirmé Koch, après avoir été absorbé par la tique {Wdpicephalus sangaiiieus, V. Boophilus bovis), passe daii> l'œuf et pénètre ainsi dans l'embryon de cet acarien et de la. lorsque la tique va chercher sa nourriture, s'introduit dans le corps d'un nouveau bovidé. Certaines observations encore imparfaites au sujet de deux espèces de tique, YAcarus pcrsicLiS et VAcanis inoubata, indiquent une transmission analo-
t HAI l EMIùM' 71-»
i^iio irorgaiiismes palliogôiies dans le corps de riioiiiiiic. Dans l'espoir d'attirer Tattention sur un su jetqiii jnérile d'être élucidé, j'ai condensé le peu tpie l'on connail louchant les ed'cls [)athologi(pies (|ue i)roduisent ([uelquelbis, mais noninvai ia hlcnicnl, les pi([ùres tle ces animaux. Le lait que ces piqûres JLC sont pas in\ ariablement suivies de sérieuses conséquences, que, lorsque de sérieuses consécjuences se produisent, elles ne sont pas passagères, mais ont une'cerlaine durée et conlerent l'immunité, tend à prouver ((u'il y a là plus qu'un simple empoisonnement par une sécrétion animale, et qu'il s'agit très probablement de l'introduction d'un germe vivant.
Les tiques, ou poux des bois, sont alliées aux Arachnides et appartiennent à Tordre des Acarus, dont elles sont le plus gros spécimen, laies sont toutes parasites de vertébrés ; la plupart d'entre elles ont une distribution zoologique spéciale. En conséquence, la plupart des espèces ont une distribution géographique limitée ; un petit nombre, parasites d'oiseaux migrateurs ou d'animaux domestiques, sont plus cosmopolites.
Voici quelle est en résumé leur évolution : — La larve fraîchement pondue possède seulement six pattes et respire par des stigmates placés derrière chaque paire de membres. Les larves grimpent sur les plantes, d'oii elles se transportent sur un animal passant à leur contact. Si cet animal se trouve être un hôte convenable, la tique s'attache à sa peau par le moyen de son armature buccale pendant deux ou trois jours. Après s'être ainsi nourrie, elle tombe sur le sol et, y restant cachée, subit une première métamorphose durant laquelle elle acquiert une quatrième paire de pattes et des stigmates additionnels. Ainsi pourvue, la/p«/Ja (chrysalide) grimpe sur uneplante, parvient de nouveau sur un hôte vertébré, s'y nourrit et tombe encore une fois sur le sol pour subir une métamorphose linale et acquérir des organes sexuels. Après fécondation, le mâle meurt, la femelle trouve un hôte, se remplit de sang, et, tombant sur le sol, y dépose des milliers d'œufs. L'accomplissement de ce cycle dépend évidemment des circonstances. Lorsqu elle ne trouve pas à se nourrir, la tique peut rester a l'état de vie latente pendant plusieurs années.
MALADIES DE LA l'EAU
AUGAS PKI18ICUS
Plusieurs voyageurs oiiL relaté une maladie parLiculière, surtout fréquente a Miaiieli dans le Nord de la Perse, et attribuée par les indigènes à la pic[ùre de VArgas persicus. D'après Kotzebue et Waldheini, la [)iqiire de cette tique est suivie d'une vive douleur, de délire, de convulsions, et c[uelquefois même de la mort. Schlimmer dit que les symptômes ressemblent à ceux « de la fièvre réniittenle : extrême lassitude, inaptitude au travail, bâillements, fièvre, transpiration sans soit' intense, alternatives d'amélioration et d'aggravation à des heures déterminées de la journée. » Les voyageurs fatigués et ceux qui ont enduré des privations y sont spécialement exposés. Cei auteur relate q-u'il a eu à soigner, en i858, 4oo soldats c|ui déclaraient avoir été piqués par ces tiques à INIianeh. Les indigènes, dit-il, sont immunisés contre cette affection, probablement par des attaques antérieures. D'après Dupré, les Persans traitent cette maladie par l'interdiction de la viande et des boissons acides ou fermentées, et par l'administration de sucre, substance regardée par eux comme spécifique.
VArgas parsicus se rencontre dans le nord de la Perse, oii il porte les noms de Guérib-guez, Malleh et Keuch bhebguez. Il vit d'une manière analogue à celle de la punaise des lits, infestant les vieilles maisons, habitant les fentes des murs, des planchers et des meubles, et en sortant la nuit pour se nourrir sur les hommes et les animaux. Kotzebue dit qu'elle peut envahir un village à tel point que les habitants sont obligés de l'évacuer.
Mégnin, n'ayant observé aucun effet nuisible à la suite de la piqûre d'un .1. persicus âgé de c[uatre ans, refuse d'accorder des propriétés pathogéniques à cette tique. Cependant Tholozan qui, pendant son séjour en Perse, a étudu;
unMTlIUUUHL S MUL Jl.i J A
spécialement cette question, croit (|iic la mauvaise l'épiilation (le ce parasite est bien méritée.
oiiNiTuoDOHUs MouitATA (. 1 /•i,'//,v iiioubdla, Miin'aij).
Le D'" Livingstone fut le |)remier à décrire la maladie due à une tique des possessions portugaises du sud de TAIrique. 11 l'observa cà Ambaca et à Tété sur le Zambèze. « Les effets de la piqûre, dit-il, sont une cuissante sensation, mélange de douleur et de démangeaison, (|ui remonte graduellement le long du membre et atteint enfin l'abdomen, où elle cause bientôt des vomissements violents et de la diarrhée. Lorsque ces eflets ne se produisent pas, comme je l'ai observé ensuite à Télé, la fièvre survient; et j'ai reçu d'intelligents Portugais l'assurance que la mort a été parfois la conséquence de cette fièvre.
Plus lard, Sir John Kirk a observé la même maladie dans la vallée du Zambèze, cà la hauteur de la Sescheke, au-dessus des chutes 'Victoria. « Les symptômes, dit-il, apparaissent aussitôt après la piqûre et consistent en une fièvre violente, des vomissements et souvent du délire ; en deux jours environ ils ont disparu, mais il n'y a pas de perspiration profuse comme dans la fièvre paludéenne. Après guérison, le malade possède une immunité complète contre les attaques ultérieures, quelles que soient les piqûres qu'il reçoive, mais il est douteux que cette immunité persiste bien longtemps en cas de déplacement. »
Le D'- Dowson, médecin de la marine, dans une lettre accompagnant des spécimens de cette tique envovés au liritish Muséum, dit que « les Portugais croient que la sévérité des symptômes subséquents dépend du nombre de I)iqûres reçues. On a vu survenir une fièvre violente et de lu dysenterie, avec un gonflement prononcé autour de Tanus... Un commerçant hollandais m'a allirmé (|u'il fut mordu par un de ces acari à un orteil, et que la piqûre fut
7l6 M A LA unis !)/■: LA PEAU
très douloureuse. Q)uelques heures après il l'ut pris de douleurs alidominales, de vomissements et d'une diarrhée d'un caractère grave. Les selles contenaient du sang. Il fui malade pendant trois jours de suite, mais dit n'avoir jamais eu de fièvre pendant ce temps. »
J e D'" Daniels m'écrit des possessions anglaises de l'Afrique centrale : « J'ai rencontré la fièvre produite par la tique. Ordinairement il faut plusieurs piqûres de ces animaux ; elles produisent une petite tumeur qui dure deux ou trois jours. En cinq ou dix jours, le sujet atteint est saisi de douleurs abdominales avec vomissements et diarrhée. Les selles sont quelque peu dysentériques. Cet état dure environ une semaine et s'accompagne de fièvre et de frissons. Cette fièvre persiste souvent pendant trois ou quatre semaines. Quelques personnes ne sont pas incommodées par la piqûre; d'autres ne présentent qu'une attaque; quelques-unes peuvent en avoir plusieurs, mais finissent aussi par être immunisées. J'ai vu un malade adulte qui était à la seconde semaine de son affection et dont la diarrhée avait cessé; la température variait de iJS" à 39° ou '6q,''"ô. Trois examens de sang furent négatifs. Il n'y avait pas de signes physiques. »
A Tété, la tique est appelée Kufu ou Bu par les indigènes, Tampaii ou Garrapalo par les Portugais.
M. Pocock, le distingué arachnologiste du British ]^luseum, considère la tique de Tété comme identique à VOriiitlLodorus moubaia trouvée par Wehvitsch à Angola. Elle a été confondue avec VO. Savigiiyi d'Egypte, de la côte des Somalis et des possessions anglaises de l'Afrique orientale, .mais elle ditrère de cette espèce voisine, mais non identique, par plusieurs petits détails anatomiques. VO. inoubaLa s'étend en Afrique le long de la vallée du Zanibèze et de ses affluents. 11 a un genre de vie analogue à celui de la punaise des lits, habitant les vieilles maisons, se cachant le jour dans les interstices et se promenant active-