FIÈVRES MALIGNES
à la fièvre quarte, sauf pour la durée de révoluLion qui est égale à quarante-huit heures (fig. 29).
riKVRES MALIGNES (eSTIVO-AUTOMNALES DES ITALIENS, TROPICALES DE KOCIl)
Beaucoup d'auteurs refusent de reconnaître plus d'une espèce d'hématozoaires formant des croissants. D'autre part, des observations faites avec soin, 'à la fois au point de vue clinique et microscopique, semblent indiquer une pluralité d'espèces. Je me rangerai à cette dernière opinion.
Les trois parasites (pl. I, fig. 3 et pl. II, fig. i) décrits par •les auteurs italiens comme étant en relation avec les formes malignes de la malaria, sont souvent associés entre eux aussi bien qu'avec les parasites des formes bénignes ; mais on peut parfois les rencontrer séparément, on pourrait presque dire en culture pure. D'après l'étude de semblables cas, on a pu définir plus ou moins exactement la morphologie, les caractères différentiels et les effets physiologiques des diverses espèces. Bien qu'il reste encore beaucoup à faire, ce que nous connaissons nous sufiit déjà, dans une certaine mesure, pour différencier ces parasites les uns des autres aussi bien que des formes bénignes, et pour justifier leur groupement en espèces distinctes.
Caractères communs aux parasites des fièvres malignes. — Un caractère notable de ces parasites est qu'ils sont beaucoup plus petits que ceux des fièvres bénignes. La première phase, non pigmentée, est très difiicile à observer, tant à cause do la petitesse de l'hématozoaire que de sa transparence. Lorsqu'on monte la préparation sur lame, les mouvements amiboïdes sont d'abord très actifs (pl. I, fig. 3 d). Au bout de peu de temps, ils deviennent pl'us modérés et alors les petits parasites tendent à prendre une forme plus passive et à se présenter sous l'aspect d'anneaux incolores, assez réfringents, faciles à reconnaître, quoique de dimensions réduites, et
7^ iMALAlîIA
ayant un contour défini (pl. I, lig. 3, a, h, c, e). Parfois ces anneaux peuvent encore revêtir la forme amiboïde et cela plusieurs fois de suite ; en dernier lieu, la forme en anneaux devientpermanente. On trouve souvent, dansun seulglobule, plusieurs parasites (pi. I, lig-. 3, g) et cela plus fréquemment que dans les fièvres bénignes; ce fait résulte évidemment du nombre prodigieux de parasites qui, dansées infections, se rencontrent parfois dans la circulation. A mesure que l'hématozoaire se développe, les globules infectés semblent en quelque sorte filtrer à travers les capillaires et les petites artères (pl. Il, fig. 2, A, B, C) des viscères profonds et de la moelle des os ; de sorte que, môme dans les infections graves^ la forme pigmentée du parasite ne se retrouve qu'en bien plus faible proportion, et parfois môme pas du tout, dans le sang obtenu' par piqûre du doigt, et la forme sporulée (pl. 1, fig. 3, i, j) encore moins. Pour trouver en grand nombre des exemples des phases avancées de ces parasites, il est nécessaire d'aspirer du sang de la rate, ou de porter ses recherches, en cas d'issue fatale, dans les viscères profonds ou dans la moelle osseuse, immédiatement après la mort. A cause de l'absence des formes avancées de ces parasites dans la circulation périphérique, la durée de leur évolution est difficile à fixer ; elle varie prolîablement entre vingt-quatre et quarante-huit heures, n'ayant pas d'ailleurs une parfaite constance môme dans un type donné.
« Corps cuivrés ». — Les parasites des fièvres malignes donnent souvent au globule envahi une ondulation particulière qui aboutit à la formation d'un globide dentelé ou plissé, de couleur très foncée. Ce globule, de forme irrégulière, de couleur foncée, a été désigné parles Italiens, d'après sa coloration, sous le nom de « corps cuivré » (pl. I, fig. 3, e). Dans l'intérieur de ces globules particuliers, le parasite se montre le plus souvent sous forme d'un petit anneau pâle.
Corps en croissant ca raclé ris tique . — Le caractère le plus
PARASITES Dr:s riEVUKS MA/.ia.\/CS 77
tlistiiicliraes parasites des fièvres malignes est que seuls ils peuvent former des (;orps on croissant.
Époque cV apparition des croissants ; ce n'est pas une forme pyrétique. — Il est à remarquer que ces corps en croissant ne se montrent pas dès le début de Tinfection. Une semaine s'écoule ordinairement entre la première apparition, dans le sang périphérique, des petites plasmodies intraglobulaires et la première apparition des corps en croissant. Une fois que ces derniers ont commencé à se montrer, ils tendent en général h augmenter en nombre pendant quelques jours. Ils peuvent persister, mais alors en nombre progressivement décroissant, une, deux ou trois semaines après que les petits hématozoaires intraglobulaires et la fièvre qu'ils produisent ont disparu, soit spontanément, soit par suite de Tadminislration de quinine. Bien que la quinine, donnée au début de l'infection, puisse empêcher l'apparition des croissants, il n'en est pas moins vrai qu'une fois les croissants formés, ce médicament ne paraît avoir aucune influence sur ces corps ni sur leur transformation en flagelles. Le corps en croissant ne produit pas de fièvre. Il est en général associé avec une cachexie marquée.
Un fait remarquable, c'est que dans beaucoup de types très dangereux de malaria tropicale — en Afrique par exemple — les croissants sont peu nombreux et quelquefois ne peuvent pas être découverts par les méthodes ordinaires. A. Plehn rapporte que, pendant une période de deux ans en Afrique, il n'a vu qu'une seule fois des corps flagellés. D'autre part, quand nous examinons en Angleterre des cas de fièvre d'Afrique, les croissants et les corps flagellés se rencontrent presque toujours et souvent en grande abondance; c'est du moins ma propre expérience.
Caractères de la fièvre. — On observe que les fièvres produites par ces parasites ont une évolution très irrégulière. Le stade de frisson est relativement moins marqué, le slade de fièvre plus prolongé et souvent caractérisé par une ton-
dance à Taclynamie, aux vomissements, au catarrhe intestinal, à la courbature, à Tanorexie, à une céphalée intense et à une grande dépression. Après une guérison apparente, le malade est très sujet aux rechutes à des intervalles plus ou moins réguliers de huit à quinze jours. Ces fièvres s'accompagnent d'une rapide destruction de globules rouges et sont le plus souvent suivies d'une cachexie prononcée. A n'importe quel moment de leur évolution, des symptômes pernicieux du plus grave caractère peuvent se déclarer.