‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 17 sur 136 · FIÈVRE TIERCE MALIGNE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TIERCE MALIGNE

Le parasite. — Ce parasite, le plus fréquent dans les fièvres malignes (pl. I, fig. 3), est, à beaucoup d'égards, analogue à celui de la fièvre tierce bénigne ordinaire, plus petit seulement, car il atteint à sa maturité la moitié ou les deux tiers du globule qu'il occupe. Les globules infectés peuvent présenter un changement de coloration qui les rend plus clairs ou plus foncés ; parfois ils se rétrécissent ou peuvent se transformer en « corps cuivrés ».

Les corps sporulés — rencontrés rarement — se composent de 10 à 12 éléments, mélangés à un ou plusieurs amas de pigment et groupés irrégulièrement. La l'orme en croissant est naturellement une caractéristique de cette infection.

La fièvre. — Les symptômes que produit ce parasite sont, sous beaucoup de rapports, entièrement différents de ceux produits par la fièvre tierce bénigne. En premier lieu, bien que le stade de frisson ne soit pas aussi marqué, le stade

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de chaleur dure plus longtemps — dépassant souvent 24lieures; en réalité, Icsaccèsont, dans ce cas, une tendance très marquée à devenir subintrants. Bien plus, lorsque les intermittences sont distinctes, Marchiafava et Bignami ont

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noté que la crise est clifFérente de celle de la fièvre tierce bénigne. Il se produit ce qu'on appelle une double crise ; c'est-à-dire que, lorsque la fièvre a atteint son fastigium, on observe une chute de température d'un ou plusieurs degrés — la (c fausse crise », suivie à son tour par une nouvelle élévation de température et enfin par la vraie crise. Ce phénomène particulier serait dû, d'après les auteurs précités, à la présence, dans le sang, de deux générations de parasites dont les uns arriveraient à maturité un peu avant les autres (fig. 3i).

La tendance au développement de symptômes pernicieux, à la production de cachexie et aux rechutes se

Patrick Manson. — Mnlndics des pnys chiiiids.

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rencontre ici comme dans le cas des fièvres malignes quotidiennes.

Distribution géographique. — Tous les parasites produisant des lièvres pernicieuses sont confinés sous les climats les plus chauds du globe et dans les régions les plus impaludées des tropiques. Dans les pays' sus-tropicaux, ces fièvres ne se rencontrent comme manifestation primitive de la malaria qu'à la fin de l'été ou au commencement de l'automne ; d'oii leur nom de fièvres « estivo-automnales. »

Examen microscopique dans les fièvres pernicieuses. — Dans les infections pernicieuses, les formes pigmentées du parasite, causes de la fièvre, se rencontrent rarement dans le sang périphérique. Lorsqu'on les y trouve et qu'on y observe une concentration du pigment, c'est une indicai tion certaine qu'un accès va éclater. Pendant le stade de frisson, et au moins pendant les premiers stades de l'accès, on rencontrera dans le sang du doigt beaucoup de petits hématozoaires non pigmentés, parfois doués de mouvements amiboïdes actifs, parfois revêtant l'aspect d'anneaux. Mais, vers la fin de l'accès, ces hématozoaires non pigmen- I tés diminuent souvent de nombre et peuvent même dispa- 1 raître complètement du sang périphérique jusqu'à l'approchç ou l'apparition de l'accès suivant. Les croissants et les leucocytes mélanifères peuvent se rencontrer en très grand nombre dans l'intervalle des accès, pendant l'absence des parasites intraglobulaires. Les formes de segmentation des parasites des fièvres pernicieuses sont surtout visibles dans le sang de la rate aspiré avec une seringue hypodermique procédé difficile à justifier à moins de circonstances exceptionnelles ; ces formes se rencontrent rarement dans le sang périphérique.

Patiuck Manson. — Maliulio.s des pays chauds. c,

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