‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 57 sur 156 · DISCOMYCÈTES · texte numérisé non relu

DISCOMYCÈTES

formes conidiennes voisines du Botrytis cinerea, qui doivent sans doute rentrer dans le cycle de développement de Scleroiinia encore inconnus.

Ainsi les Oignons sont parfois attaqués par un Botrytis, le Botrytis cana Kunze et Schum. ; les bulbes pourrissent, imprégnés d'un mycélium dont les fructifications se forment à la surface des oignons coupés et entre les tuniques ; les conidiophores ressemblent à ceux du Botrytis cinerea, dont ce n'est peut-être qu'une variété. Des sclérotes apparaissent à la fm du développement. L'infection de bulbes sains se réalise facilement au moyen des conidies (Sorauer).

Les Tulipes peuvent être attaquées par le Botrytis parasitica Cavara, espèce caractérisée par ses conidies volumineuses (16 à 20 u. de long) ; il envahit les jeunes feuilles, puis la plante entière, qui pourrit et se couvre de petits sclérotes.

D'autres plantes à bulbe peuvent présenter des parasites analogues, par exemple le Botrytis galanthina Sacc. sur le Perce-Neige.

Le Botrytis Pœoniœ Oud., certainement distinct du Botrytis cinerea, fait périr les jeunes pousses de Pivoine.

Le « Minet de la Barbe de Capucin » est encore une maladie à rapprocher de celles que causent les Sclerotinia ; il se manifeste dans les cultures forcées et surtout sur les Chicorées qu'on place en hiver dans les caves pour les étioler. Les pieds atteints se couvrent d'un mycéhum blanc qui s'agrège en petits sclérotes noirs. Le parasite, qui n'est pas connu sous d'autre forme, semble être voisin du Sclerotinia Libertiana par son mode d'action sur les tissus (Prillieux).

Genre Stromatinia.

Les Stromatinia sont très voisins des Sclerotinia, dont ils ne diffèrent que par l'absence d'un sclérote différencié ; leur mycéhum envahit un organe de la plante.

le plus souvent le fruit, et en remplace le tissu normal par un stroma restant recouvert par le tégument de l'organe transformé. C'est sur ce stroma que les réceptacles à asques prennent naissance.

Plusieurs Stromatinia attaquent les Vaccinium, momifient leurs fruits et forment sur les feuilles des conidies appartenant au type Monilia ; ces espèces ont été étudiées par Woronine, qui en a suivi le développement complet. Quelques arbres fruitiers, le Coignassier et le Néflier notamment, portent des Stromatinia très analogues.

Stromatinia Cydonite Schell. {S. Linhartiana Prill. et Delacr.) (pi. LUI). — Cette espèce attaque successivement les feuilles, puis les fruits du Cognassier. Au printemps, les feuilles montrent de grandes taches brunes, molles, qui débutent à la base du limbe et s'étendent le long de la nervure médiane, puis des nervures secondaires ; ces feuilles atteintes exhalent une odeur douce et pénétrante. Les fructifications conidiennes naissent le long des nervures et forment une poussière grise : un stroma à larges cellules soulève et çà et là déchire la cuticule; par places, il produit des chapelets de conidies par étranglement et cloisonnement d'un filament. A maturité, les conidies ont la forme d'un citron court et sont séparées par un petit corps en fuseau, le disjunctor ; celui-ci prend naissance dans la partie moyenne de la membrane qui sépare deux conidies jeunes, s'allonge à maturité et écarte les spores, qui ne sont plus retenues que par lui. Les conidies germent par un filament qui fréquemment reste court et se termine par un chapelet de petites spores secondaires.

Transportées sur le stigmate des fleurs par les insectes, les conidies germent, le filament suit le style, atteint l'ovaire, où il se ramifie abondamment ; le jeune fruit est remplacé par un stroma dense dans lequel persistent encore quelques éléments du tissu normal et qui reste

Planche LUI.

CalU

Sli'omatinia Cydouise. — 1. Coupe dans une feuille de Cognassier à l'endroit d'une fructification conidienne : Ep.s., épiderme supérieur de la feuille; Cutic, cuticule; Pal., tissu en palissade; My., mycélium; St.. stronia; Co., conidies. — 2. Conidies mûres séparées parle disjunctor d. — 3. Conidies jeunes. — 4. Conidie germant par un filament Fi. g. (sur le stigmate de Cognassier). — 5. Id., avec anastomose des filaments. — G et 7. Conidies Co. germant dans l'eau par conidies secondaires Sd. — 8. Coupe dans un fruit momifié : P.d., poils du fruit ; M. s., mycélium stromatique : C.t., cellules tuées persistant. — 9. Fruit momifié produisant des Pezizes. — 10. Asque As. et paraphyses Pa. — 11. Ascospores. — 12. Germination des ascopores Sp. : a, b, c, dans l'eau ; c, e, sur une feuille de Cognassier ; Sd.. conidies secondaires.

recouvert par l'épiderme. Ces coings momifiés ont l'aspect de fruits avortés ; ils tombent, passent l'hiver sur le sol et au printemps donnent des Pezizes ; les cupules sont courtement pédicellées, à hyménium brun ; les asques, accompagnés de paraphyses, contiennent huit ascospores ovales. Ces spores germent par un tube court qui produit des conidies secondaires. Les fruits momifiés peuvent porter des Pezizes plusieurs années de suite. L'infection -des jeunes feuilles de Cognassier a pu être réalisée artificiellement au moyen des ascospores.

Traitement. — Cette maladie est peu répandue, mais peut causer l'avortement et la chute de nombreux fruits. Le seul remède consiste à récolter et brûler les coings momifiés.

Stromatinia Mespili Schell. — Cette espèce attaque les feuilles et momifie les fruits du Néflier en agissant absolument comme la précédente, dont elle n'est peutêtre qu'une variété.

D'autres Stromatinia ont également le même mode de vie, par exemple le -5*. Padi Woron. sur le Prunus Padus, et le S. Cratœgi Magnus sur l'Aubépine.

Stromatinia tcmuleuta Prill. et Delacr. {Sclerotinta secalincola Rehm.) (pi. LIV, fig. 4-8). — Ce Champignon attaque les grains de Seigle et leur communique des propriétés vénéneuses, qui leur ont fait donner le nom de « Seigle enivrant». Les grains atteints se reconnaissent à leur petite taille et leur aspect ridé; sur une coupe, on voit toute la partie externe de l'albumen détruite et remplacée par un feutrage mycélien, un stroma assez lâche ; le mycélium s'étend vers l'intérieur en corrodant l'amidon et finit par se substituer complètement à l'albumen; par contre, le tégumentreste à peu près intact. A l'humidité, le stroma développe extérieurement de petits coussinets blanchâtres qui déchirent le tégument

Planche LIV.

Discomy cètes.

Stromaiinia cinerea. — 1. Une pi'une portant les fructifications conidiennes {Monilia). — 2. Coupe d'une fructification : Cutic, cuticule ;' Str., slronia ; Co., conid.es. — 3. Une conidie isolée.

Stromatinin temulenta. — 4. Grain de Seigle produisant des conidies (Endoconidium). — o. Coupe d'un grain momifié : Té., tégument; CAL, cellule à aleuroue ; Alb., cellule de l'albumen ayant persisté (avec amidon) : Str., stroma. — 6. Filaments fructifères de la forme conidienne. — 7. Grains de Seigle portant des Pezizes (grossies en b). — 8. Ascospore.

pour fructifier. Les conidies naissent en courts chapelets dans un filament ouvert à l'extrémité ; la première, formée à l'intérieur et au sommet du filament, est mise en liberté par l'ouverture du tube, qui reste béante et laisse échapper les conidies à mesure qu'elles se forment. (C'est pour cette formation particulière des conidies qu'avait été créé le genre Endoconidium.) Quand l'albumen est complètement remplacé par le stroma, des Pezizes longuement pédicellées peuvent prendre naissance ; l'hyménium en est fauve pâle ; les ascospores, légèrement fusiformes, germent par simple filament. On ne sait comment se fait l'infection.

Les grains de Seigle atteints de cette maladie, heureusement fort rare, ont des propriétés toxiques pour l'homme et les animaux et produisent des phénomènes de stupeur rappelant ceux qu'amène l'ingestion des graines de l'Ivraie enivrante {Lolium temulentum) (1).

Traitement. — Dans le cas d'une apparition de cette maladie, le changement de semence suffira à en éviter le retour.

Le Rot-brun des fruits. — Les fruits, surtout au voisinage de leur maturité, se couvrent souvent des fructifications grises ou jaunâtres d'un Champignon du genre Monilia. L'infection se fait ordinairement par des blessures ; aussi les fruits piqués ou tombés sont-ils particulièrement atteints. Cependant des essais onj montré que" la présence d'une plaie n'était pas nécessaire pour l'introduction du parasite. La chair brunit et, à partir du point d'attaque, l'altération se communique à tout le fruit ; selon les cas.

(1) Les graines de l'Ivraie enivrante renferment presque constamment sous le tégument une couche de filaments mycéliens auxquels P. Guérin attribue la toxicité de ces grains ; peut-être s'agit-il également du mycélium du Stromatinia (emulenta, accidentel et parasite sur le Seigle, constant, stérile et vivant en svmbiose sur l'Ivraie.

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celui-ci se dessèche et se momifie en restant attaché à l'arbre, ou bien il pourrit. Le mycélium, très abondant dans les tissus, est formé de gros filaments cloisonnés, ramifiés, qui se rassemblent en stromas sous la peau des fruits. Les fructifications apparaissent comme de petits coussinets gris ou jaunâtres, souvent disposés en cercles concentriques autour du point d'attaque ; ce sont des bouquets de filaments ramifiés, issus de stroma interne, qui s'étranglent et se difîérencient en longues files de conidies ovoïdes, hyaUnes, ressemblant à celles du Stromatinia Cydoniœ, mais dépourvues d'un disjunctor net.

En Europe, le Champignon attaque surtout les fruits ; mais on l'observe parfois sur les fleurs et les jeunes rameaux du Cerisier, du Pêcher, du Prunier, de l'Abricotier, beaucoup plus rarement du Pommier et du Poirier. Le mycélium s'introduit par le style, gagne le pédicelle de la fleur, puis pénètre le rameau (Woronine) ; l'infection directe d'un rameau blessé est également possible ; dans tous les cas, les fleurs et les extrémités des pousses brunissent et se dessèchent. Cette forme grave de la maladie, très commune aux États-Unis, est peu répandue en France.

Depuis longtemps déjà les mycologues avaient constaté que le Rot-brun des fruits pouvait être dû à plusieurs Champignons distincts, quoique voisins. Récemment Norton, puis Aderhold et Ruhland ont obtenu des formes parfaites, des Pezizes, sur les fruits momifiés ; elles prennent naissance sur des sclérotes mal différenciés, des croûtes noires, minces, étalées sous l'épiderme des fruits ; ces organes ne sont mûrs et ne germent qu'au deuxième printemps après l'attaque. La découverte de ces formes à asques, dont l'existence avait été prévue depuis longtemps, a permis de préciser la distinction des espèces faites auparavant sur les seuls caractères des formes conidiennes. On en a distingué trois :

Stromatinia fructigena (Pers.) Ritz.-Bos. — Cette espèce attaque plus spécialement le Pommier et le Poirier. La forme conidienne {Monilia fructigena Pers.) est constituée par de petits coussinets très souvent disposés en cercles concentriques sur les fruits, blancs au début, devenant jaunâtres au moment de la fructification ; les conidies sont ovoïdes. Les Pezizes, observées sur des pommes, sont légèrement stipitées ; l'hyménium en est plan ou un peu concave, d'un gris fauve ; les asques renferment huit spores largement fusiformes et un peu aiguës à chaque extrémité, qui germent par conidies secondaires. Ajoutons que le Stromatinia fructigena n'attaque guère que les fruits et est exceptionnel sur les fleurs et les rameaux.

Stromatinia cinerea (Bon.) (pi. LIV, fig. 1-3). — Cette espèce attaque les fruits, et assez souvent les rameaux et les fleurs du Prunier, du Cerisier et du Pêcher. Les conidies {Monilia cinerea Bon.) forment des coussinets d'un gris cendré ; elles sont un peu ntoins grosses que celles de l'espèce précédente. Les Pezizes naissent dans les mêmes conditions ; les ascospores sont plus petites que celles du Stromatinia fructigena et obtuses à chaque extrémité.

Stromatinia laxa (Ehrenb.). — On rencontre cette espèce sur l'Abricotier ; les conidies [Monilia laxa (Ehr.) Sacc. et Vogl.] rappellent le Monilia cinerea, mais les ascospores sont plus grandes et munies de gouttelettes. La distinction de ces espèces ne peut être faite d'après le seul caractère de l'habitat sur tel ou tel arbre fruitier ; on a pu en effet infecter des fruits à noyaux avec le Monilia fructigena ; de même les Monilia cinerea et laxa peuvent se développer sur des fruits à pépins, les pommes notamment.

Traitement. — La récolte et la destruction des fruits et des rameaux malades constituent le seul remède à opposer au développement du Rot-brun ; dans nos

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régions d'ailleurs, il est rare que les dégâts soient bien graves. Les sels de cuivre n'ont qu'une action trop insuffisante sur le germination des conidies pour que leur emploi donne de bons résultats.

Genre^ Pseudopeziza.

Ce sont de très petites Pezizes parasites des végétaux ; elles naissent dans l'intérieur des tissus et apparaissent au dehors en déchirant l'épiderme ; d'abord fermées et globuleuses, elles s'ouvrent par une fente irrégulière et s'étalent à maturité.

Pseudopezizca Ti-îfolii (Biv.) Fuckel. (pi. LV, fig. 1-6). — Les feuilles des Trèfles montrent souvent de petites taches brunes, qui, si elles sont nombreuses, peuvent amener leur jaunissement et leur chute. Dans ces taches, le tissu de la feuille est remplacé par un stroma sur lequel se forment les Pezizes ; celles-ci déchirent l'épiderme supérieur de la feuille et viennent s'étaler au dehors sous forme de petites coupes sessiles, d'un brun foncé à l'extérieur, à hyménium gris. Les asques, entourés de nombreuses paraphyses, ont la forme d'une massue allongée ; les ascospores sont hyalines, ovoïdes et munies de deux petites gouttelettes ; elles germent en une vésicule d'où partent plusieurs filaments mycéliens ; ce mycéUum se ramifie, puis donne naissance à de petites conidies secondaires insérées sur le trajet des filaments ou au sommet de courts rameaux (Brefeld).

Le Pseudopeziza Trifolii présente parfois une forme conidienne {Sporonema phacidioides Desm.), d'apparence à peu près semblable à celle des fructifications à asques ; les conidies naissent à l'extrémité de stérigmates fihformes.

Les Luzernes sont souvent attaquées par un Champignon présentant les mêmes caractères et le même mode de développement que celui du Trèfle, bien qu'un

peu plus petit dans toutes ses parties ; on l'a désigné sous le nom de Pseudopeziza Medicaginis Lib. ; mais ce n'est sans doute qu'une variété du P. Trifolii.

Traitement. — En fauchant les prairies atteintes, on s'opposera à une grande extension de la maladie.

PseudopezizaRibis(Lib.) Klebahn. (pi. LV, fig. 7-14). — Ce Champignon est fréquent sur les feuilles du GroseilHer à grappes. Sa forme conidienne [Glœosporium Rihis (Lib.) Mont, et Desm.] produit sur les feuilles de petites taches brunes qui s'étendent en grandes macules fauves pouvant couvrir tout le limbe ; les feuilles malades se dessèchent et tombent, et il n'est pas rare de voir en été des GroseiUiers ainsi dépouillés de leur feuillage. A la face supérieure des taches, les fructifications apparaissent comme de petits points bruns ; elles sont constituées par un stroma sous-épidermique sur lequel se dressent de nombreux stérigmates serrés les uns contre les autres ; les conidies, solitaires au sommet des stérigmates, sont incolores, courbées en croissant, arrondies au sommet et aiguës à la base ; leur développement soulève et déchire l'épiderme. Au moment de germer, ces conidies se cloisonnent, puis émettent des filaments rameux qui donnent naissance à des conidies secondaires semblables aux conidies primitives.

Klebahn a récemment rencontré la forme parfaite sur des feuilles tombées et ayant passé l'hiver ; ce sont des petites Pezizes qui naissent dans les tissus et sortent au dehors. Les ascospores, ovoïdes et hyalines, germent sans se cloisonner et donnent naissance à des conidies secondaires. Des infections faites à l'aide des ascospores ont reproduit la maladie.

Traitement. — Il consiste à récolter et brûler les feuilles malades.

Mentionnons encore le Pseudopeziza tracheiphila Mûll.r Thurg., auquel Mûller-Thurgau attribue la formation sur les feuilles de la Vigne de grandes taches dessé-

Pla>'che LV.

Discomycètes.

Pseudupeziza Ti'ifolii. — 1. Foliule de Liizirne attaquée. — 2. Une fructification (grossie). — 3. Coupe transversale d'une fructification : Fe., tissu normal de la feuille; St., stroma mycélien dans lequel ont persisté quelques cellules du parenchyme, Cp.; Hy., hyménium ; S. h., couche sous-hyméniale. — 4. .\sque Js. et paraphyse l'a. — 5. Gerniinaliond'une ascospore .Sp- (d'après Brefeld). — 6. Mycélium issu d'une ascospore et portant des conidies Co.

Pseudopeziza Ritns. — 7. Couj c transversale de la forme conidienne : Ep., épiderme ; Cô., conidies ; ^S*^., stroma conidien. — 8. Portion de laméme plus grossie : Sg., stérigmates. — 9. Germination d'une conidie. — 10. Mycélium issu d'une conidie et portant des conidies seconduires Co.s. — 11. Coupe de la Pezize : //(/., hyménium. — 12. Asques ^1*". et paraphyses Pa. — 13. Germination de l'ascopore. — 14. Conidies secondaires Co.s. sur le mycélium provenant d'une ascospore. — 1.5. Germination dune conidie secondaire (d'api-ès Klebahn).

chées, rougeâtres, qu'on confondait avec des coups de soleil ; le mycélium, localisé dans les vaisseaux, y amène la production de gomme de blessure qui arrête la sève et cause la dessiccation d'une partie du limbe.

Genre Rhytisma.

Les Rhytisma s'éloignent beaucoup des genres précédents : ils attaquent les feuilles sur lesquelles ils forment des taches noires en substituant un stroma au tissu normal ; des loges irrégulières, allongées, contenant les asques, s'y différencient ; une fente largement ouverte à maturité met l'hyménium à nu. Les ascospores sont filiformes et disposées parallèlement dans l'asque.

Ces Champignons se rapprochent des Pyrénomycètes de la famille des Hystériacées, dont ils se distinguent par récartement des bords de la fente, qui ouvre les réceptacles à asques.

Rhytisma aceriiiuni(Pers.) Fries (pi. LVI, fig. 1-5). — Les feuilles des Érables (E. plane. Sycomore) portent très souvent de grandes taches noires, arrondies ou irréguhères, produites par ce Champignon. Ces taches apparaissent en été sous forme de plages décolorées; puis elles noircissent et durcissent. A ce moment tout le tissu de la feuille est détruit et remplacé par un stroma recouvert par la cuticule et présentant une croûte noire à la face supérieure.

A l'automne, les fructifications se différencient à la face supérieure de la feuille sous la couche noire externe du stroma ; les spermogonies {Melasmia acerina Lév.) sont des cavités dont le fond est tapissé de fins stérigmates terminés par de petites conidies ; elles s'ouvrent par des fentes sinueuses. On n'a pu obtenir le développement des conidies. Les asques se forment plus tard, pendant l'hiver, et ne sont mûrs qu'au printemps ; ils naissent dans des conceptacles assez semblables aux

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spermogonies ; mais les deux lèvres de la fente de déhiscence s'écartent, mettant l'hyménium largement à nu. Ces asques ont la forme d'une massue allongée et contiennent huit spores filiformes, parallèles ; ils sont accompagnés de paraphyses grêles, enroulées en crosse à leur sommet. L'infection des jeunes feuilles d'Ërable se fait facilement au moyen des ascospores.

Les dégâts causés par ce parasite ne sont pas bien grands et se bornent à la chute prématurée des feuilles atteintes. Le ramassage et la destruction des feuilles tombées en automne permettent d'arrêter les progrès du mal; mais cette méthode ne peut être employée que dans les jardins et les parcs.

Les feuilles des Saules sont parfois attaquées par le Rhytisma salicium (Pers.) Fries, qui y produit de grandes taches noires d'aspect semblable à celles de l'Érable.

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