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CHAMPIGNONS STERILES

D'un autre côté, Rolfs a récemment considéré comme forme de fructification de la Rhizoctone de la Pomme de terre un Basidiomycète qu'il rattache au Corticium vagum B. et C. var. Solani Burt. ; la structure du parasite rend assez vraisemblable cette assimilation, qui cependant aurait besoin d'être confirmée.

Rhizoctonia violacea Tul. (pi. LXXXI, fig. 1-7). — Cette espèce est fréquente et cause des dégâts importants dans les cultures ; elle attaque un très grand nombre de plantes, notamment l'Asperge, la Luzerne, les Trèfles, le Sainfoin, le Safran ; sur les Pommes de terre et les Betteraves, ses attaques sont moins graves. On la trouve aussi sur quelques plantes sauvages.

L'aspect du parasite varie suivant les racines qu'il envahit; dans tous les cas, on peut distinguer un mycélium filamenteux et des sclérotes de taille variable.

Le mycélium forme à la surface des organes souterrains des plantes une couche brune ou violacée très caractéristique, purement superficielle ; il est formé de tubes cylindriques, cloisonnés, ramifiés à angle droit, blancs au début, colorés en rouge brun ou en violacé à la fin, qui souvent se réunissent en cordonnets anastomosés. Par places, ce mycélium filamenteux s'agrège en petits amas {corps tubéroîdes), où les filaments sont plus irréguliers et abondamment cloisonnés. De véritables sclérotes prennent également naissance à la surface des racines ; les plus fréquents sont les corps miliaires, produits par l'enroulement de filaments mycéliens ; leur surface est dure, d'un brun foncé ; ils sont fortement appliqués sur la plante hospitalière, dans laquelle ils s'insinuent et envoient un faisceauu de filaments mycéliens rayonnants. Ces corps miliaires ne sont donc pas, comme on l'a souvent cru, des périthèces non évolués ; il est bien plus rationnel de les considérer avec Prillieux comme des sortes de suçoirs^

La progression du Rhizoctonia s'effectue dans le sol Delacroix et Maublanc. II. — 23

par des filaments qui se répandent tout autour de la plante attaquée et propagent l'infection de proche en proche ; la maladie fait donc tache d'huile.

Sur le Safran, où le mal est connu sous le nom de Mort du Safran, le mycélium filamenteux s'étend à la surface et entre les tuniques des bulbes ; il produit des corps tubéroïdes et des corps miliaires, qui, à travers les stomates des tuniques, envoient dans les tissus de nombreux filaments. On rencontre aussi à la surface des bulbes de gros sclérotes un peu charnus, à surface veloutée, d'un rouge brun.

Sur la Luzerne et le Trèfle, le Rhizoctonia a une coloration d'un violet plus vif que sur le Safran ; le mycélium couvre toute la surface des racines et y forme de petits corps miliaires hémisphériques ; ces sclérotes^ émettent à leur face inférieure un faisceau de filaments serrés parallèlement qui s'insinuent en coin entre les cellules du périderme de la racine, les dissocient et vont s'épanouir dans les tissus sous-jacents. Toute la partie charnue des racines est détruite par le Champignon, qui ne respecte que les parties hgnifiées et le périderme.

Sur les Betteraves, les Carottes, l'Asperge, les caractères du Champignon sont sensiblement les mêmes que sur la luzerne ; les corps miliaires sont en général plus petits et plus enfoncés dans les tissus.

Traitement. — Le Rhizoctonia violacea est l'un des parasites les plus difficiles à atteindre et à détruire ; il peut en effet persister dans le sol pendant de longues années. Aussi en grande culture le seul procédé pratique est de ne cultiver sur les sols infectés que des plantes incapables de servir de support au parasite ; les Céréales

YvmtqM. envoyantuu faisceau de filaments parallèles àl'intérieur d'une Carotte fourragère.

Rhizoctonia Solani. — 8. Tubercule de Pomme de terre portant les sclérotes noirs R. du parasite. — 9. Coupe dans un sclérote S. pénétrant et détruisant le périderme d'un tubercule.

Planche LXXXl.

Formes stériles.

Bhizo'-tonia violacea. — m., gro sclérotes veloutés

1. Bulbe de Safran tué par la Rhizoctone : cr., cordons mycéiiens courant dans le sol d'une plante à l'antre. — 2 el 3. Corps miliaires (grossis). — 4. Filaments mycéiiens — 5. Filaments renflés faisant le passage entre les précédents et ceux des sclérotes. — 6. Pénétration dun bulbe de Safran à travers un stomate par les lilaments My., issus d'un corps miliaire R. — 7. Un corps mi-

400 MALADIES GRYPTOGAMIQUES.

sont dans ce cas. Si une tache apparaît au milieu d'un champ indemne, on peut en arrêter l'extension en la cernant par un fossé et en traitant le sol comme pour les pourridiés : on extirpe et on brûle tous les débris de la plante malade, et on procède à une désinfection du sol. Pour cette désinfection, de nombreuses substances ont été conseillées : composés phénoliques, sulfate de fer, chaux vive, etc. Celles qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats sont le sulfure de carbone et le formol, employés au moyen du pal injecteur. Pour le traitement d'extinction, il faut une dose de 250 grammes de sulfure de carbone ou de 60 grammes de formol par mètre carré. Ce procédé est trop honéreux pour être pratique en grande culture autrement que pour l'extinction de taches peu étendues de Rhizoctonia ; dans la culture maraîchère, il peut par contre rendre de grands services.

Rhizoctonia Solani Kiihn (pi. LXXXI, fig. 8-9). — On confond généralement ce Champignon avec le Rhizoctonia violacea, qui, en effet, peut attaquer la Pomme de terre ; mais le Rhizoctonia Solani constitue une espèce toute différente, qui forme sur les tubercules de pomme de| terre de 'petites masses stromatiques noires, de 2 à 3 millimètres de diamètre ; ces masses, constituées par un pseudo-parenchyme assez homogène, sont fortement adhérentes j au j périderme, ' qu'elles pénètrent,^ maisT sans jamais s'enfoncer profondément dans les tissus. Le Rhizoctonia Solani ne causo pas par lui-même de sérieux dommages, mais il peut ouvrir le passage à d'autres parasites^ plus graves^ {bactéries de la pourriture des tubercules). Son mode de développement est mal connu ; il est probable qu'il se propage par le sol.

Traitement. — Ne pas employer comme semence des tubercules atteints.

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