MALFORMATIONS DE L'OREILLE
discutables, car il s'ag^ll ordinairement de masses chondralrs atypiques, révélant un trouble de développement.
Plus Tréqucate est la difformité par amoindrissement des dimensioDs. Des enfants sont venus au monde sans trace de pavillon, d'autres ne présentent qu'un rudiment d'hélix, sous forme d'un bourrelet qui descend obliquement en avant sur la ré^^ion auriculaire (Sg. 270 et 271) (Birkett, NélatOD, Tojnbee). Chez des sourds-muets, Gellé a vu le pavillon réduitàunsimpleappendiceplus ou moins régulier. Hartmann
Fig. S69. —BonDet
a vu, & la place du pavillon, un simple lambeau de peau sortant d'un conduit auditif normalement di^veloppé.
Entre autres particularités, on peut distinguer les cas suivants:
lo Elargissement de l'hélix, sans cxcavaLlon (oreille de macaque).
2" Pavillon très enroulé en avant (oreille de faune, elc).
Bien souvent, avec les malformations du pavillon, coexistent diverses anomalies indiquant le trouble profond qu'a subi la premièrcbranchic (asymêlricdc la face, déjeitcmenl du maxillaire inférieur, kystes dcrmol'des de voisinage). Une autre
anomalie des pavillons consiste dans leur insertion à des ni' veaux différents. Gradcnigo a noté cetteparticularilé chez des aliénés. L'hélérolopie peut ê(rc plus accentuée, puisqu'on a trouvi' lo pavillon attaché sur la joue.
I>. MoUiéic eut à relever le haut du pavillon qui retombait comme dnns les oreilles de porc. Il y parvint en le fixant à la tempe pnr deu.Y points de suture. Celte mairormalion externe
peut coïncider avec un élat normal des parties profondes et l'ouïii nôtre que fort peu compromise. Nous savons en effet, d'aprèîî les travaux dcHjrtl, que le développement des oreilles moyenne et interne est distinct de celui de l'oreille externe.
Les plaies, brûlures cl autres accidents peuvent réaliser encore cette absence de pavillon. Si la perte de substance n'est que partielle, Dieffenbach a conseillé la réfection par autoplastie (méthode italienne en empruntant.ua lambeau dans-
■ ALFOIIMATIOIfS DE L'OREILLE
8it
le voisina^ de l'oreille, région (emparale ou masloïdienney.
Les adhérences du pavillon aux téguments sous-jacents s'observent à là suilc de brdlures ou de traumatismcs f^raves. La séparation petit (tre pratiquée avec ou sans autoplastJe, suivant l'indication particulière aux divers cas. >
On sij^oale des malformations de la colique du pavillon, qui gênent l'entrée des ondes sonores; telle l'adhérence du
Fig. 271. — Malformation de
cille.
1 pareil cas,
a d'ex-
iragus avec l'antilragus. Le r ciser larg'ement ces deux éininences.
Nous devons à Vali (de Riidapcst) d'intéressanlcs ronslatalions sur les altérations morpliologiques du povilloii. 'a l'état normal, chez les nliinés et chez les idiols. Ses reclicrclips ont portésnrtOOOindividus soins. siirHH" aliénés et sur 90 idiots. Il en conclut que 20 p. 100 des individus sains n'ont pas le pavillon normal. Chez les aliénés et les idiots, l'nnomniio
existe dans la moitié des cas. Ce seront des pavillons très grands ou écartés de la tempe, un élargissement de' la fossette scaphoïde, Tabsence de Thélix, etc. Ces anomalies sont le plus souvent uniques, unilatérales et sur le pavillon gauche. Gradenigo, sur 2500 examens, a trouvé le maximum à droite. Ces anomalies pourraient être utilisées en anthropométrie pour ridentité des criminels (Bertillon, Beulland).
Toutes ces malformations du pavillon trouvent leur explication dans l'embryologie de Toreille externe, qui a été bien décrite par Kolliker et His, par Gradenigo.
Des fistules congénitales se rencontrent sur le pavillon. Betz (de Heilbronn) a rapporté l'observation d'une fillette de dix ans qui présentait un orifice fistuleuxsur le lobule gauche. Un fin stylet introduit dansle trajet s'enfonçaità 2 millimètres sous le cartilage de la conque. Ces anomalies s'expliquent par un défaut de coalescence entre les arcs branchiaux. Ici c'est la première fente branchiale qui persiste en partie. Heusinger, Albrecht ont vu surtout des fistules situées au-dessus du tragus. Il existait en ce point un petit cul-de-sac, d'où s'écoulait un liquide visqueux. Urbantschitsch, Hartmann ont remarqué le caractère héréditaire de la fistule otique. Ce dernier Ta trouvée sur onze membres d'une même famille. Sir J. Paget a communiqué, en 1878, à la Société royale de Londres, l'observation d'une famille dans laquelle le père, sa sœur et ses cinq enfants présentaient des fistules de l'hélix.