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I. AMYGDALITE AIGUE CATARRHALE

Dans ce cas, l’infection re.ste superficielle ; c’est l’esquinancie des anciens auteurs.

Causes. — L’action des microbes est favorisée par des circonstances adjuvantes qui sont : .le jeune âge du sujet, le froid humide, le tempérament arthritique (Hudgkinson), l’imperméabilité des fosses nasales qui oblige à inspirer par la bouche. Saint-Clair Thomson a vu cesser des amygdalites à r^étition, par la seule désobstruction du nez. Le Frænkel incrimine les opérations septiques sur les fosses nasales et Kœlher (de Posen), la carie des dernières grosses molaires agissant par voisinage.

Cette forme d’amygdalite se montre quelquefois contagieuse. On a noté de petites épidémies de famille

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(Fleury) ou dans une salle d’hôpital (Jacquemart, Richardière). MM. Bouchard et Landouzy, après Lasègue, ont fait valoir cette particularité pour considérer l’amygdalite comme une maladie générale infectieuse.

Symptômes. — L’affection s’annonce par un seul frisson ou plusieurs petits frissonnements. Dans les douze ou vingt-quatre heures qui suivent se montrent des troubles généraux : courbature, état gastrique et quelquefois vomissements. La température monte vers 39°.

Chez les enfants, ces troubles généraux s’exagèrent beaucoup. Le thermomètre est à 40° et plus; il y a des manifestations nerveuses, quelquefois des convulsions.

Le malade se plaint ensuite d’une sensation de corps étrangers dans la gorge, de difficultés et de douleurs en avalant, les boissons peuvent refluer par le nez. Les mouvements du cou sont raides, et, pour tourner la tête, le sujet se meut tout d’une pièce. Sa voix est gutturale-, comme étouffée, amygdalienne. L’infection propagée aux trompes d’Eustache entraîne de la surdité et des douleurs d’oreille.

Quatre ou cinq jours après, la température cède un peu.

Si alors, malgré le trismus qui serre les mâchoires, on pratique l’examen direct en déprimant la base de la langue, on aperçoit des amygdales énormes et rouges, pouvant s’ulcérer par contact récipi'oque et baignées d’une salive visqueuse. Elles sont quelquefois recouvertes d’un enduit pultacé, ou bien des dépôts caséeux se montrent dans les cryptes. Le voile et surtout la luette sont œdématiés. On trouve sous l’angle de la mâchoire une adénopathie modérée, mais caractéristique.

Terminaisons. — La résolution simple se voit souvent, mais la suppuration peut se produire. Chez les sujets débilités, les diabétiques, les alcooliques apparaissent quelques plaques de sphacèle. Les récidives sont fréquentes et déterminent l’hypertrophie des amygdales.

Complications. — 11 faut craindre d’abord les adénophlegmons du cou et les cicatrices qu’ils laissent après eux. Ce n’est pas une des moindres raisons qui motivent parfois l’ablation des tonsilles. Les otites moyennes sup-

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fmrées s’expliquent par l’infection de voisinage ; de même es broncho-pneumonies. L’infection se généralisant, on

fieut voir apparaître : des érythèmes noueux ou papu- j eux (Sallard), des arthrites assez fréquentes aux genoux, aux poignets, aux jointures des doigts, des péricardites suppurées et des endocardites ulcéreuses (Fraenkel, Fürbringer), des albuminuries par néphrites infectieuses (Bouchard), des infiltrations de la rate (Fraenkel), des phlébites surtout aux jambes comme celles signalées par MM. Troisier etDecloux (Société médicale des hôpitaux, 14 février 1898); enfin des orchites et ovarites sur lesquelles Joal a attiré l’attention.

Diagnostic. — Il doit différencier cette variété d’amygdalite des congestions qu’entraîne parfois l’administration de l’iode et de la belladone, des fluxions arthritiques ou catéméniales, des accidents secondaires de la -syphilis reconnaissables à l’aspect caractéristique des plaques muqueuses.

Traitement. — Localement, il faut recourir aux gargarismes ou aux pulvérisations antiseptiques et chaudes (solutions aqueuses de résorcine, d’hydrate de chloral. etc.).

A l’intérieur, donner de la quinine, de l'antipyrine, du salol.

Antipyrine . 3 grammes.

Teinture d’aconit . XV gouttes.

Sirop de punch . 30 grammes.

Eau distillée . 120 —

à prendre, en trois fois, dans la journée.

Les enfants prennent facilement le salol ou le naphtol incorporé au cnocolat (Carron de la Carrière).

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