I. — CHOIX DE LA STATION ET INDICATIONS
1. MALADIES DES OREILLES. — On peut les répartir, au point de vue qui nous occupe, en affections à écoulement et affections sans écoulement.
Pour les otorrhées, surtout si elles sont suspectes dé bacillose, il y a lieu d’être très prudent. Des enfants dans cette Condition, en preûant des bains de mer, c’està-dire le bain à la lame, ont subi des répercussions graves sur le labyrinthe, otites internes, méniiigites. Par contre, le séjour au bord de la mer peut être utile à ces malades comme reconstituant général, à la condi- C.\STEx. — Mal. du Larynx. 2e éd. aû
Traitement marin
tion qu’ils useront seulement de l’air marin, sans oublier le pansement de leurs oreilles avec un tampon d’ouate stérilisée. Le traitement marin est contre-indiqué dans les eczémas du conduit et du pavillon qu’il ne pourrait qu’ag'g'raver : M. Ladreit de Lacharrière a observé le cas d’un, homme âg-é, atteint d’un eczéma humide du conduit, qui fut pris brusquement à Etretat de panotite avec phlegmon de la l'égion mastoïdienne.
Dans les affections sans écoulement, nous trouvons d’abord toutes les congestions, que les troubles de la circulation, de la menstruation et de la digestion povoquent dans l’organe auditif. Le traitement marin est bon contre ces divers états, notamment le bain à la lame qui fait de la révulsion. 11 en est de même pour les diverses manifestations hystériques et neurasthéniques de l’oreille. Dans les altérations définitives, qu’elles relèvent de l’arthritisme chronique, de l’artério-sclérose ou du tabes, etc., la mer est contre-indiquée. Elle l’est tout particulièrement dans le cas d’otite moyenne chronique sèche ou sclérose tympanique ; elle ne pourrait qu’augmenter la surdité et les bourdonnements. On peut suivre, sur les malades, l’aggravation constante que produit un séjour annuel au bord de la mer. La mer est plutôt favorable dans les catarrhes tubo-tympaniques de la scrofuloseou de l’inrluenza. Les personnes atteintes de la maladie de Ménière ne doivent, sous aucun prétexte, fréijuenter le bord de la mer. Les bouchons de cérumen gonflent à l’air humide et peuvent faire une surdité brusque mais sans conséquences. Le D"" Nimier, en se basant sur les statistiques annuelles des Conseils de révision, a établi que les populations des côtes de la Manche et de l’Océan présentent une morbidité particulière de l’appareil auditif. Lelittoral méditerranéen se montre moins défavorable.
II. MALADIES DTI NEZ. — La thérapeutique marine procure ici d’excellents résultats. Elle n’a presque que des indications. Les rhinites hypertrophiques et atrophiques sont favorablement influencées, d’autant plus que la scrofulose peut très souvent revendiquer une part de causalité dans leur développement. On doit alors recourir aux bains de plage, ou aux bains en baignoire, si le sujet était trop irritable. Des irrigations nasales,
TRAITEMENT MARIN 891
bien faites, avec de l’eau de mer chauffée sont un utile adjuvant.
Le bord de la mer et surtout les voyag-es en mer peuvent être prescrits aux sujets atteints de rhinite spasmodique (Asthme des foins). Les bains à la lame agissent favorablement pour combattre la neurasthénie, qui existe souvent derrière cette affection insupportable. Une saison à la mer est des plus utiles aux enfants atteints de végétations adénoïdes, surtout comme complément à l’opération. Le traitement marin agit alors pour activer la croissance, que l’existence des adénoïdes avait ralentie.
Nous ne voyons comme contre-indication que les eczémas des narines, qui s’avancent souvent sur la' lèvre supérieure.
III. MALADIES DU PHARYNX. — J’appellerai l’attention sur les bons effets du traitement m arin dans les hypertrophies amygdaliennes, sur ses résultats fâcheux pour les pharyngites granuleuses irritables et pour les tuberculoses pharyngiennes. Verneuil a signalé l’influence. nocive de la mer dans tous les épithéliomas intra-.buccaux; il avait constaté des aggravations survenues dans une traversée transatlantique.
IV. MALADIES DU LARYNX. — A l’égard des diverses laryngqpathies, la mer se montre rarement favorable, et les contre-indications l’emportent sur les indications. Si, en effet, le traitement marin influence heureusement les adénopathies laryngo-trachéo-bronchiques des enfants et certaines aphonies hystériques, en revanche il est nuisible aux laryngites chroniques simples, aux diverses hyperkinésies (spasmes tabétiques et autres), aux tumeurs. Je dois signaler sa nocivité surtout dans la tuberculose du larynx, qui, dès sa première période, en reçoit comme un coup de fouet; les vents et le sable qu’ils soulèvent, l’humidité de l’air, expliquent ce résultat. L’air marin est défavorable même à la voix. Nombre d’artistes s’y enrouent. Les embruns des vagues qui déferlent semblent particulièrement irritants pour l’appareil vocal (Drouineau).
Une exception doit être admise en faveur du littoral méditerranéen. La température sans variations brusques, le soleil et la luminosité intenses y sont favorables
TRAITEMENT MARIN
à la tuberculose laryngée au début. A la première période, on note de la sédation ; à la deuxième, la cicatrisation des ulcérations est favorisée. Il y a contre-indication formelle pour les ulcérations et infiltrations diffuses (Massier).
Au total, c’est dans le traitement des affections du nez que la mer rend les plus signalés services.
On choisit la station en considérant l'état général du sujet et son âge.
Aux sujets impressionnables, nerveux, aux enfants du premier âge conviennent surtout lé littoral méditerranéen et les plages de sable sur l’Océan ;
Aux torpides, aux neurasthéniques, les stations de la première division côtière, au-dessus de la Loire.