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Le Progrès médical, 1874, pp. 78 et sniv

1D. A. Proust et J. Comby. Contribution à l'étude des paralysies spinales antérieures aiguës (Le Progrès médical, 1881, n»s 47 et suiv.).

U. H. Sainton. Quelques considérations » propos d'un cas de paralysie spinale aiguë de V adulte (La France médicale, 13 août 1880 et suiv.).

sujet par M. Franz Millier1. Je citerai aussi, comme un travail à consulter, la thèse inaugurale de M. P. Sauze 2.

Les faits de cette sorte ne sont pas absolument rares ; j'en ai vu quelques-uns et j'ai pu me convaincre ainsi que l'identité admise par tous les auteurs est incontestable.

Les détails dans lesquels je suis entré à propos de la paralysie atrophique de l'enfance me permettent d'être bref; car cette maladie se présente chez l'adulte avec des caractères dont l'ensemble reproduit, sous la plupart des rapports, la physionomie qu'elle offre chez l'enfant.

La période d'invasion de la poliomyélite aiguë de l'adulte est en général très accentuée. Les symptômes de cette période sont moins variés que chez l'enfant. Le plus constant d'entre eux est la fièvre; mais elle peut faire défaut. On n'observe pas de convulsions. En même temps que la fièvre, ou peu de temps après son début, se déclarent d'ordinaire des douleurs plus ou moins vives. Dans le cas dont M. Couty a rapporté l'histoire 3, la fièvre d'invasion a été précédée de fatigue considérable des membres inférieurs. Cette fatigue était devenue douloureuse au bout de quelque temps. Un mois avant le début, il y avait eu comme une première atteinte légère, consistant en un accès de fièvre d'une durée de trois jours, accès pendant lequel les mollets étaient très douloureux. Dans d'autres cas, on a observé aussi, avant le début de la fièvre, des engourdissements et des fourmillements dans les membres qui devaient plus tard se paralyser (Fr. Millier).

La fièvre d'invasion est souvent intense. Elle est rarement continue. Après s'être manifestée pendant quelques heures ou pendant deux à trois jours, rarement pendant un temps plus long4, elle diminue ou cesse tout à fait, pour reparaître bientôt,

1. Franz Millier. Die acute atrophische Spinallahmung der Erwachsenen (Stuttgart, 1880).

2. Paul Sauze. Etude clinique de la paralysie spinale aiguë de V adulte (Thèse de Paris, 1881, n<> 238).

3. Couty. Note sur un cas de myélite aiguë des cornes antérieures {Paralysie infantile). — (Mémoires de la Société de biologie, 1876, pp. 147-162).

4. Dans les quarante-sept observations qu'il a rassemblées, M. Franz Millier relève les données suivantes, relatives à la durée de la fièvre. Dans six cas, il semble que la fièvre ait fait défaut; dans six autres, on ne trouve aucune mention qui permette de dire si la fièvre a existé ou non. Dans un cas, elle a duré de vingt-quatre à trente-six heures ; dans deux cas, deux jours; dans trois cas, trois jours; dans quatre cas, quatre jours dans quatre cas, cinq jours ; dans quatre cas, sept jours; dans deux cas, quatorze jours; dans un cas, vingt-un jours ; dans un cas, trente-trois jours ; dans neuf cas, il est question de quelques jours ou de plusieurs jours (Loc. cit.).

et il peut y avoir ainsi plusieurs accès d'une plus ou moins longue durée, pendant deux, trois ou quatre jours. Parfois les accès sont périodiques jusqu'à un certain point ; ils se montrent, par exemple, le soir, pour se terminer le matin.

La fièvre d'invasion ne présente d'ailleurs, en elle-même, aucune particularité absolument significative ; elle s'accompagne, comme dans tout autre cas, d'un sentiment plus ou moins marqué de malaise et d'abattement, de soif, d'inappétence, parfois de nausées ; la peau est chaude et sèche, le pouls est fréquent, etc. Les seuls phénomènes qui tranchent un peu sur ce fond banal, ce sont les douleurs plus ou moins vives éprouvées par le malade. 11 peut y avoir des maux de tête, de la somnolence ou, au contraire, une insomnie complète : on n'observe que bien rarement du délire dans le cours de cette fièvre ,

Les douleurs, qui se produisent très souvent dans cette période, dès le début de la fièvre, ou, comme je viens de le dire, quelque temps après ce début, sont lancinantes, tiraillantes, assez vives, parfois même très intenses ; elles siègent dans la région rachidienne, soit au niveau du cou, soit au niveau du dos ou des lombes, soit dans toute la longueur du rachis et l'on observe des irradiations plus ou moins accusées dans les parties latérales du cou ou du tronc pu bien dans les membres. Ces douleurs sont ou continues, ou rémittentes, ou même interrompues par des périodes plus ou moins longues de complet répit. Elles se dissipent ou s'atténuent, dans la plupart des cas, lorsque la fièvre cesse ou diminue. Mais on n'observe pas toujours une relation aussi étroite entre les phénomènes fébriles et les douleurs. Dans certains cas, après la disparition de la fièvre, les douleurs persistent en conservant plus ou moins nettement les mêmes caractères ; elles deviennent toutefois de moins en moins violentes, de plus en plus rémittentes et elles ne s'éteignent qu'après plusieurs jours ou même quelques semaines.

Outre les douleurs, les malades peuvent éprouver, pendant la période d'invasion, des fourmillements et une sensation d'engourdissement dans les extrémités des membres, phénomènes que nous avons déjà signalés comme des sortes de symptômes prémonitoires.

La paralysie se montre le plus souvent peu d'heures après les premiers phénomènes de la fièvre d'invasion. Le malade a tout

d'abord de la difficulté à mouvoir tels ou tels de ses membres ou tous ses membres. La généralisation de la paralysie au début est plus fréquente relativement chez l'adulte que chez l'enfant. La difficulté du mouvement se change bientôt, au bout d'un ou de quelques jours, en une impossibilité : la paralysie est complète.

Habituellement la paralysie se produit avec moins de rapidité chez l'adulte que chez l'enfant. Il est exceptionnel de la voir atteindre son plus haut degré en une demi-heure, comme dans le cas relaté par M. Gombault ; il est assez rare même de la trouver complète au bout de quelques heures. Le plus souvent elle n'arrive à son summum qu'au bout de vingt-quatre heures ou de deux ou trois jours ; parfois elle progresse pendant plus d'une semaine. Dans certains cas, elle offre des reprises ; apparaissant d'abord, par exemple, dans les membres inférieurs, elle gagne, après quelques jours d'arrêt, les membres supérieurs ou l'un d'eux, ou quelques muscles d'un des avant-bras ou d'une main, etc.

Si l'on examine le malade, dans un cas où la paralysie est plus ou moins généralisée, on pourra presque toujours après avoir constaté qu'il ne peut imprimer aucun mouvement à ses membres et qu'il ne peut même parfois mouvoir la tête sur le cou, reconnaître que la sensibilité est partout conservée dans tous ses modes. Ce n'est que tout à fait exceptionnellement qu'on a observé un peu d'affaiblissement de la sensibilité au niveau des pieds, ou des mains, ou de quelque autre point du corps-

Les fonctions de l'intestin et celles de la vessie demeurent in. tactes, du moins dans la plupart des cas. On n'a constaté que très rarement de la paresse de la vessie et du rectum. M. Sauze a observé de l'hématurie très passagère, comme phénomène avant-coureur dans un cas \ Il ne me parait pas certain que, dans ce cas, il y ait eu une réelle relation entre le début de l'irritation médullaire et l'apparition de cet accident. Le même doute peut être émis à propos des érections et pollutions nocturnes qui ont été signalées comme s'étant produites avant l'invasion de la fièvre initiale.

On n'observe communément aucun trouble des mouvements du cœur ou de ceux de l'appareil respiratoire, ce qui s'explique facilement par ce fait que les lésions des centres nerveux, quelque étendues qu'elles soient, n'atteignent point d'ordinaire le bulbe rachidien, ou n'y produisent que des altérations très li-

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