‹ Maladies du système nerveux; leçons faites à la Faculté de médecine de Montpellier (volume 2)Chapitre 13 sur 52 · COUCHES OPTIQUES · texte numérisé non relu

COUCHES OPTIQUES

des bandelettes optiques. Plus tard, on les dépossède de ce rôle, au bénéfice des tubercules quadrijumeaux. Vulpian admit que les lésions de cet organe n'ont pas d'in* fluence directe et constante sur la vision ; et Galezowski , analysant 62 cas de lésion de la couche optique, ne trouva que 17 fois l'amaurose, d'où il conclut à l'absence de relation.

Cette opinion est peut-être trop absolue. Dans un travail récent* , Lussanaet Lemoigne admettent quel'écorce blanche superficielle de la couche optique a une influence positive sur la vue, tandis que la substance grise nucléaire n'en a aucune.

D'autres auteurs ont attribué aux couches optiques un rôle important dans la sensibilité.

Pour Tood et Garpenter, ce serait là l'aboutissant des faisceaux postérieurs de la moelle, et par suite le siège du sensorium commune. Le fait anatomique est en lui-même inexact, et Vulpian a démontré que les lésions expérimentales ou cliniques des couches optiques n'affaiblissent pas la sensibilité.

Luys et Fournie ont cependant encore admis que ces ganglions seraient les centres de perception simple des sensations ; leur lésion abolirait la sensibilité, tout en conservant les mouvements. Mais Carville et Duret ont discuté la valeur des expériences de Fournie, faites avec des liquides qui diffusent, et entraînant chez l'animal des convulsions qui rendent l'examen fort difficile.

Nothnagel, Ferrier, admettent comme Vulpian que les couches optiques n'ont pas d'action sur la sensibilité générale. C'est aussi la conclusion de Lussana et Lemoigne.

Pour la motilitéy les anciens admettaient que les lésions d'une couche optique entraînent l'hémiplégie du côté opposé, plus accusée au membre antérieur qu'au membre postérieur. Vulpian, en 1866, conteste cette prédominance de

* Arch. de physioL, n® 1 , 1877.

la paralysie au membre antérieur, du moins comme caractère spécial aux lésions de la couche optique ; mais il admet rhémiplégie.

Les expériences récentes sont venues modifier ces conclusions. Nothnagel enlève les de\ix couches optiques chez un lapin : pas de trouble de motilité, et l'animal vit encore assez longtemps. Ferrier électrise les couches optiques et ne produit aucune contraction musculaire.

Ces ganglions ne seraient cependant pas sans influence sur la motilité, d'après Meynert et Nothnagel. Quand on enlève une couche optique, l'animal reste droit sur ses pattes, sans paralysie de la sensibilité ni de la motilité ; toutefois, si l'on écarte avec précaution la patte antérieure opposée sans lui faire perdre l'équilibre, l'animal ne la ramène pas.

Pour Nothnagel, ni les fibres sensitives ni les fibres motrices directes ne passeraient par la couche optique ; seulement c'est là qu'arriveraient les impressions extérieures pour produire les mouvements inconscients. D'après Meynert, la couche optique recevrait des fibres centripètes, enverrait aux muscles des fibres centrifuges, et serait en même temps mise en relation avec l'écorce grise par d'autres fibres centripètes.

Une excitation partie de la périphérie va à la couche optique, s'y réfléchit et produit un mouvement inconscient ; en même temps l'écorce grise est prévenue et garde les images des mouvements produits; ces images rendent ensuite possible la reproduction consciente de ces mêmes mouvements.

A l'appui de sa manière de voir, Meynert rapporte deux faits cliniques qui nous paraissent trop peu concluants pour être cités ici. Nous remarquerons seulement, dans un cas, une action croisée sur les fléchisseurs et directe sur les extenseurs; ce qui nous conduit aux conclusions de Lussana et Lemoigne.

D'après ces derniers expérimentateurs, l'innervation des

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