TRAITEMENT DU CANCER
Nous avons vu quelle était la genèse de la cellule cancéreuse.
Sur un organisme chronique, dont les éléments perdent progressivement leur densité, un microbe à toxines peu actives pénètre par les lymphatiques dans l'intimité des tissus.
Ces toxines peu actives agissent sur les glucoses rares d'une lymphe désoxygénée et déterminent une réaction imperceptible, une décharge formique nulle.
Le microbe continue à se développer. Sa toxine détermine la régression locale des glucoses et une prolifération anormale des cellules au contact desquelles elle se produit, d'où le tissu nouveau. Le cancer est né ; il se développe aux dépens des glucoses et des albumines destinées à l'ensemble de l'organisme ; c'est un parasite.
L'organisme qui baissait déjà va baisser encore plus vite si nous n'arrivons à son secours. Quel traitement lui appliquer?
Le même que celui des maladies chroniques :
1® Activer le mouvement moléculaire. Pour cela donnons pour un adulte, quatre fois par jour, toutes les six heures, une demiheure au moins avant de prendre une alimentation quelconque, 4 gouttes de Nectol C;
2° Pour que ce mouvement moléculaire activé produise des effets utiles, c'est-à-dire augmente la densité des éléments, aérons le malade nuit et jour; sans air continu, aucune maturation des albumines, aucune guérison.
Afin que cet organisme puisse fixer l'oxygène indispensable qu'il aura puisé dans l'air, il lui faut des sels de fer. Administrons donc, chaque fois que le malade prend des aliments, trois et quatre fois par jour, un des cachets suivants :
{ Protoxalate de fer 0,20 ^^"^•
l Sous-carbonate de fer. . . . 0,05 ^®"'-
Mais notre malade est déminéralisé, pauvre en phosphates; donnons après chaque ab-
sorption d'aliments une cuillerée à café du sirop suivant :
Phosphates de potasse, de soude,... ââ 8 9''. Phosphate de magnésie, biphos-
phate de chaux ââ 3^''.
Nitrates de potasse, de soude et de
magnésie ââ 3^''.
Sulfates de soude, de potasse et de
magnésie ââ 2^".
Sirop de sucre 300 ff** .
Reminéralisons ce malade, mais sous un petit volume. Ne l'engraissons pas s*il est maigre; réduisons sa masse, s'il est gras, pour que la quantité de lymphe soit moins considérable et la surface à défendre moins étendue.
On ne guérit jamais un cancéreux très gras, tandis qu'on le guérit facilement s'il reste maigre.
Enfin, en activant le mouvement moléculaire, nous épuisons les glucoses du foie, puisque ce mouvement moléculaire est comme une chaîne dont le premier chaînon est la glucose et le dernier la cellule.
Si nous faisons progresser un chaînon.
toiis les autres suivent, les glucoses vont se transformer plus vite sous Tinfluence de ce traitement.
Il faut donc donner du sucre pour recharger le foie en glycogène. Pour un adulte, 100 grammes par jour est la dose minima, à mon avis.
Songez que chez le cancéreux il faut que les glucoses consommées quotidiennement soient suffisantes, non seulement pour entretenir ce mouvement moléculaire que nous activons, mais encore pour compenser les pertes de glucoses que fait subir à l'organisme le néoplasme qui se développe grâce à elles.
Il faut donc aux cancéreux beaucoup de sucre, 100 grammes par jour, sans compter les glucoses que leur fournissent les féculents contenus dans l'alimentation ordinaire.
Enfin, il faut se rappeler toujours que le cancéreux est plus pauvre en hémoglobine que le tuberculeux; qu'il a par conséquent besoin d'une atmosphère encore plus oxygénée.
On ne guérit pas le cancer au centre de Paris, mais très bien à dix minutes des for-
tificalions. Non pas que l'air de nos rues soit beaucoup plus pauvre en oxygène que l'air des champs, mais parce que nous n'en respirons pas des quantités égales. Les poussières et les odeurs désagréables qui saturent l'air de Paris produisent une impression pénible sur les muqueuses de l'arbre aérien, et nous enlèvent la soif de lair. Nous ne faisons que de petites inspirations. Nous ne prenons d'air que ce qui est indispensable à la vie. De même qu'on boit à longs traits, d'une eau fraîche et limpide, tandis que quelques gorgées d'eau tiède et saumâtre nous suffisent.
Donc, je le répète, il faut pour guérir un cancéreux encore plus d'air que pour guérir un tuberculeux, et de l'air pur. On trouve cet air partout, hormis au centre des grandes villes.
Le traitement variera légèrement avec chaque malade. Ces variations seront indiquées non pas par le néoplasme lui-même, mais par l'état général du malade.
Si nous traitons un cancéreux encore valide, pas trop anémié, avec une tension artérielle mo5^enne, 4 gouttes de Nectol C,
quatre fois par jour, seront la dose pour un adulte.
Si le malade est au contraire très anémié, avec une tension artérielle faible, les doses doivent être moindres, 3 gouttes suffiront alors.
Voyons les résultats du traitement : 1° Du côté douleur; 2° Du côté tumeur.
1° Côté douleur. — Elle augmente souvent légèrement dans les premiers temps, c'est la lutte qui commence; l'organisme se relève, les glucoses, plus abondantes, arrivent avec des traces d'oxygène; des décharges formiques se produisent qui augmentent la douleur, mais commencent la stérilisation de la tumeur. Quelquefois de légers mouvements fébriles se produisent. Si le malade n'est pas très anémié et s'il est dans des conditions d'aération suffisante, les douleurs iront en s'atténuant rapidement et disparaîtront; ce sera la preuve que la lymphe est suffisamment pourvue de glucoses et d'oxygène pour stériliser le milieu. Si au contraire le malade est très anémié, les douleurs dureront plus longtemps et le néoplasme sera résorbé plus lentement.
Si le malade a tellement perdu de son hémoglobine qu'il en soit arrivé à la teinte feuille morte, que son sang soit devenu de couleur roussâtre et qu'il soit fluide comme de l'eau, dans ce cas la guérison est impossible. Le malade a dépassé les limites du relèvement possible. On guérit les malades mais on ne ressuscite pas les morts.
Mais, doit-on traiter la douleur et donner de la morphine, antypirine, quinine, etc.?
Je réponds de suite, non, si la douleur n'est pas intense ; si elle est très vive donnez-en, mais le moins possible.
En efl^et, comment agissent ces substances?
Leur action se porte sur les glucoses du sang, dont elles entravent la régression; cette régression étant ralentie, les décharges formiques sont moins violentes, d'où la douleur moindre, mais aussi stérilisation moins grande de la partie contaminée.
Nous trouvons la preuve que ces substances agissent sur les glucoses, dans le fait suivant : en même temps que la douleur diminue, la température s'abaisse, la production d'acide carbonique diminue.
Or, température, acide carbonique, dou-
leur, sont le fait de la régression des glucoses. Donc les analgésiques, anti thermiques, etc., ont une action opposée à celle des toxines. Les uns retardent la régression des glucoses, les autres l'activent.
Or, la défense de l'organisme est tout entière dans cette régression, donc toute substance qui l'entravera, et les analgésiques sont dans ce cas, devra être rejetée.
2° Côté tumeur. — La disparition de la tumeur en elle-même va suivre une marche différente, suivant son siège, suivant les conditions dans lesquelles a débuté le traitement.
A) Suivant le siège : le néoplasme est dans l'intimité des tissus, comme le cancer du sein non encore ulcéré par exemple, ou il est en contact avec l'air, comme le cancer de la langue.
Le premier va peu à peu se ramollir, la tumeur a l'air de fondre, elle s'évanouit, le sein se rétracte et n'est plus douloureux.
Le second, au contraire, en contact avec l'air, se nécrose, les tissus mortifiés tombent, on ampute ainsi la langue.
B) Suivant les conditions dans lesquelles a débuté le -traitement :
Si vous traitez ce cancéreux pendant les premiers mois par exemple, dans un milieu modérément aéré, les douleurs seront peu ou pas augmentées, le néoplasme régressera en partie ou même complètement. Si le malade à ce moment va dans un milieu bien aéré, il est pris de frissons, la fièvre s'allume, les parties oà étaient le néoplasme rougissent et se tuméfient, elles sont chaudes et douloureuses. Il se fait ici d'un seul coup la stérilisation des parties qui s'était faite chez le premier malade petit à petit, au fur et à mesure que régressait la tumeur.
L'organisme s'était peu à peu remonté, les leucocytes avaient augmenté suffisamment de poids moléculaire pour pouvoir résorber le néoplasme ; mais l'oxygène n'arrivait pas en assez grande abondance pour produire la décharge formique. Dès que cet organisme a été placé dans un milieu plus aéré, ce phénomène s'est produit avec d'autant plus de violence qu'il se fait en même temps sur toutes les parties occupées antérieurement par le néoplasme.
Cette tuméfaction des parties ne dure pas longtemps, deux ou trois jours en général, davantage si le malade n'est pas dans des conditions d'aération parfaites.
A partir de ce moment, non seulement le néoplasme a disparu, mais les microbes du cancer sont ou désorganisés ou ramenés à l'état de spores, c'est-à-dire réduits à l'état d'impuissance relative, mais encore menaçante.
Il faut donc maintenir cet organisme dans les mêmes conditions d'hygiène et de traitement pour le remonter encore et le faire sortir de la chronicité.
Pendant ce temps les leucocytes rempliront leurs fonctions de balayeurs, comme je l'ai dit à propos de la tuberculose.
Les spores seront entraînées par eux et seront désorganisées dans l'intérieur des cellules où elles arriveront par l'intermédiaire de ces leucocytes.
Mais, me dira-t-on, pourquoi le microbe du cancer n'est-il pas entraîné par les leucocytes, comme la spore elle-même?
Par cette raison toute simple que tant que le microbe reste microbe, et partant tant
qu'il sécrète des toxines, celles-ci déterminent autour du microbe une prolifération cellulaire qui Vencapsule et le met à l'abri des atteintes soit du leucocyte, soit des décharges formiques.
Il faut pour atteindre ce microbe et le transformer en spore, résorber d'abord les proliférations cellulaires qui l'entourent; le microbe alors mis à nu peut être atteint par la décharge formique, transformé en spore et entraîné par le leucocyte.
C'est le résultat que nous obtiendrons par le traitement méthodique indiqué, qui fait repasser l'organisme par toutes les étapes traversées pendant la période de descente.
Pour permettre à cet organisme de se libérer complètement il faut donc, comme je viens de le dire, le remonter encore, le faire sortir de la chronicité, le remettre en équilibre.
Je répète qu'un organisme est en équilibre lorsque ses moyens d'oxygénation, c'est-àdire son poids d'hémoglobine est suffisant pour prendre à l'air la quantité d'oxygène nécessaire à oxygéner toute sa masse.
On voit donc quelle importance aura Thy-
giène de ce malade. Il faut qu'il reste à l'air longtemps encore après sa guérison apparente, en évitant avec grand soin toute suralimentation, tout engraissement.
Il se minéralisera grâce au traitement indiqué, sous un petit volume.
J'insiste et je voudrais le répéter à satiété, il n'y a pas de guérison possible du cancer sans réduction de la masse du malade.
Le cancéreux gras, et c'est la grande majorité, doit maigrir. Pour arriver à ce résultat il doit choisir ses aliments : viandes, œufs, laitages, légumes verts, poissons.
Eviter les substances grasses, les féculents, les liquides alcooliques. Enfin, si c'est nécessaire, sortir de table sans avoir assouvi son appétit, mais avant tout et surtout maigrir.
Comme pour la tuberculose, il faudra pour le cancer des doses de Nectol inversement proportionnelles à l'étendue de la lésion.
Or, l'étendue de la lésion étant presque toujours en rapport avec l'état général, c'est surtout sur celui-ci qu'on se basera.
Lorsque l'état général est particulièrement mauvais, j'ai vu 3 et 4 gouttes de Nectol par jour produire des effets très suffisants.
Le critérium le meilleur pour savoir si dans ce cas les doses sont justes est dans l'impression de force allant tous les jours en croissant, lentement il est vrai. Si le contraire se produit, même avec des doses faibles, c'est le signe à peu près certain que vous arrivez après l'heure du relèvement possible.
Les CONTRE-INDICATIONS seront les mêmes pour le cancéreux que pour le tuberculeux (voir page 351), puisque nous ne nous occupons que de l'état général ; inutile de répéter ici ce que j'ai dit quelques pages plus haut; il en sera de même pour les doses suivant l'âge.
Les hémorragies dans le cancer demanderont les mêmes précautions que l'hémoptysie.
Ce traitement ne ressuscite pas les mourants, mais toutes les fois qu'il sera appliqué dans son intégralité, sans en rien omettre, à une période où le mal diagnosticable et diagnostiqué n'a pas fait de trop sérieux désordres, il sera curatif, je l'affirme.
Il le sera encore bien souvent lorsque le malade, atteint depuis longtemps et opéré déjà, oppose quelque résistance au mal envahisseur.
Il ne le sera que tout à fait exceptionnellement, lorsque le malade, envahi depuis longtemps, n'oppose plus aucune résistance au mal et n'est plus qu'une loque humaine.
Il sera sous peu, j'en suis certain, facile de préciser mathématiquement les cas irrémédiables, lorsque nous aurons des moyens précis de mesurer la quantité d'hémoglobine de chaque malade, et le pouvoir réducteur de cette hémoglobine.
Le traitement de la syphilis est semblable en tous points à celui du cancer.
Seulement avec le syphilitique les précautions à prendre sont moins grandes, son état général étant presque toujours meilleur.