‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 108 sur 194 · ÉTI0L06IE DE LA GOUTTE · texte numérisé non relu

ÉTI0L06IE DE LA GOUTTE

voquées par la gravelle, par les calculs rénaux, par les infarctus uriques ou ura tiques des tubuli, néphrites qui peuvent donner de Talbuminurie, Il est une autre cause d'albuminurie : c*est une néphrite interstitielle d'une nature particulière, dans laquelle le volume du rein peut être conservé. Cette forme donne une quantité d'albumine plus grande que les néphrites interstitielles ordinaires. Elle évolue pour son propre compte et modifie profondément les phénomènes goutteux. En effet, la goutte alors devient chronique, et des accidents se produisent qui sont propres à la néphrite : œdèmes, lésions cardiaques, accidents cérébraux, gastriques, etc. Le malade meurt de ce qu'on appelle la goutte remontée; il meurt en réalité de sa maladie rénale. Or, sur quatre goutteux^ il y en a un qui est affecté de cette complication.

Enfin il est une termination singulière de la goutte par le cancer. Ce n'est pas chose nouvelle que le cancer se substituant comme maladie à la goutte; Bazin avait dit : Les goutteux finis* sent surtout par le cancer et de préférence par le cancer du rectum ou de la vessie. Chez certains goutteux, à l'âge de cinquante ou soixante ans, les accidents qui venaient à Tautomne ou au printemps ne viennent plus, et pourtant le goutteux ne mange plus, il a des douleurs dans le bas-ventre; la dysurie se produit, rétat général devient mauvais, et le cancer du rectum ou de la vessie s'établit. De même que la goutte disparaît, les autres maladies, telles que l'eczéma, l'urticaire, le psoriasis, qui peuvent accompagner la goutte, disparaissent aussi. L*asthaie, que le goutteux peut avoir, s'éteint également; et cependant, d'après Hunter, il y a incompatibilité entre les grandes diathèses.

C'est peut-être vrai. La proportion des principes constituants du corps varient suivant les maladies constitutionnelles; et telle composition chimique de l'organisme, favorable à une maladie, peut être incompatible pour une autre. Dans ce cas, les deux maladies ne pourraient pas coexister. Mais il se peut que, la constitution changeant avec le développement de la maladie nouvelle, la maladie ancienne soit obligée de disparaître.

CAUSES OCCASIONNELLES DE L'aCCÈS. 283

Tous les chocs, quels qu'ils soient, les traumàtismes, le froid, les émotions, la peur, là joie, la crainte, les inquiétudes, les douleurs, les excès de toute nature, peuvent amener Taccès de goutte. En dehors de ces causes, Taccès revient spontanément aux grands changements de saison^ souvent à l'automne, presque toujours au printemps.

En général, le premier accès arrive à la fin de Thiver. Cela se comprend : car cette saison réunit et accumule toutes les causes de la goutte, le froid, Thumidité, la vie sédentaire, les veilles, les excès de table et toutes les agitations mondaines.

\INGT-CINQU1EME LEÇON.

ACCIDEIVTS PRÉHOIVITOIBES DE LA GOIIITE.

Les maladies de la première et de la seconde enfance chez les si^ets héréditairement prédisposés k la goutte. Les maladies de Tadolescence. Maladie^ fluxionnaires et catarrhales. Rhumatisme articulaire aigu. Migraine. Blennorrhagie et blennorrhée. La prétendue orchite goutteuse. Diverses Tarièté« d'eczéma. Dyspepsie. Prurit anal. Fluxions hémorrhoïdaires. Bronchites sibilantes. Enchifrènement chronique. Amygdalite suppurëe. Furoncles. Céphalées congestives. Sédiments urinaires. Conservation des apparences tle l'ensemble de la santé. Embonpoint. Calvitie précoce. Embarras ga.";trique chronique. Troubles fonctionnels du foie. Troubles cérébraux. Vertiges. Asthme. Coliques néphrétiques. Décharges d'acide urique. Gastralgie. Épistaxis. Premier accès de goutte.

Messieurs, au point de vue de la symptomatologie, on dégage difficilement la goutte des maladies qui la précèdent ou qui raccompagnent, comme aussi des complications qu'elle entraîne.

Il s'est établi une confusion dans ces maladies antécédentes, parallèles ou secondaires, et Ton a admis avec trop de facilité des gouttes larvées, des gouttes rétrocédées, des gouttes déplacées. Je ne nie pas absolument l'un ou Tautre de ces groupes morbides, mais je dis qu^une immense confusion obscurcit cette question. Essayons d'établir un peu d'ordre dans ce chaos. Qu'un père soit goutteux, rhumatisant, asthmatique, ecïémateux, qu'une mère soit atteinte de migraine, de lithiase biliaire, de rhumatisme, d'obésité; par le fait de celte hérédité soit paternelle, soit maternelle, l'enfant sera disposé à devenir goutteux; mais il n'est pas goutteux en naissant. Son enfance

MALADIES DE L'BNFANCE. SSS

De sera pas exempte d'accidents morbides, et ses maladies infantiles pourront ressembler aux maladies qui, à cet âge, attaquent cTautres enfants de même origine ; mais ces accidents morbides ne seront pas goutteux, car ils se retrouvent avec des caractères identiques chez des individus qui ne seront jamais goutteux. Cet enfant prédestiné à la goutte aura d^abord un développement normal et se présentera avec une belle apparence; parfois cependant, on verra survenir au cours de cette santé, qui est réellement parfaite, des éruptions eczémateuses ou impétigineuses. Dans sa seconde enfance, il est sujet aux rhumes, aux coryzas, aux bronchites remarquables par leur fréquence, par Tintensité de leur début, par leur courte durée. Bientôt surviennent les angines tonsillaires que provoque le moindre refroidissement; puis Turticaire, dont on cherchera vainement la cause occasionnelle, mais dont les retours incessants seront souvent provoqués par Timpression de Tair frais. Entre douze et quinze ans, il n*est pas rare de voir survenir une attaque franche de rhumatisme articulaire aigu. Quand plus tard, assistant à Tapparition de la goutte, on remontera dans les antécédents, on aura peut-être quelque tendance à considérer comme goutteuse cette maladie articulaire des jeunes années, car on sait que la goutte n'épargne pas nécessairement Tenfance ; mais le médecin qui assiste à Texplosion soudaine de cette manifestation rhumatismale ne fait pas la confusion, et, si plus tard il assiste au développement de la goutte véritable chez le même individu, il sait distinguer non pas les deux phases différentes d'un même mal, mais deux maladies différentes. Bientôt après apparaissent les migraines, le plus souvent à partir de la quinzième année. C'est encore une maladie nouvelle, qui n'a pas seulement des relations avec l'âge du malade, mais qui a, elle aussi, ses âges successifs, et qui présente dans ses retours périodiques et comme paroxystiques des caractères symptomatiques qui se modifient moins avec l'âge du malade qu*avec l'âge de la maladie. C'est la période aussi à laquelle surviennent les épistaxis à retours également paroxystiques. L'adolescent est devenu un homme; il paye son tribut à la blennorrhagie. 'Je

286 AGGIDEiNTS PRÉMONITOIRES DE LA GOUTTE.

ne veux pas soulever cette question si controversée et si peu résolue de la blennorrhagie rhumatismale ou goutteuse; mais je dis que la blennorrhagie, qui est surtout une maladie de la jeunesse, frappe avec une rare prédilection les individus qui sont candidats à la goutte, qu^èlle présente chez eux des retours imprévus et soudains, qu'elle s'attache à eu^ avec nne désespérante opiniâtreté. Je dis aussi que ces individus sont sujets à la blennorrhée, soit qu'elle succède j^ la maladie aiguë, so\f qu'elle se développe d'emblée, même en dehors de toute contamination ; et cette blennorhée, qui précède souvent de plusieurs années la première manifestation de la goutte, pourra se reproduire encore après le développement de la goutte. C'est un catarrhe muqueux, presque séreux, peu abondant et peu intense, le plus souvent subaigu et pouvant ne pas durer plus de trois semaines, accompagné parfois ou précédé ou sui^i d'éruptions d'herpès préputialis, et qui, dans plusieurs cas, ma paru être en rapport avec une semblable éruption dans le canal. Tantôt en effet on peut, en écartant les lèvres du méat, apercevoir la petite plaque blanchâtre adhérente de l'herpès muqueux, tantôt on découvre par la palpation une nodosité au niveau de laquelle la pression, comme le passage de l'urine, réveille la douleur. Cette blennorrhée légère, qu'elle soit ou non liée à Therpès de Turèthre, n'est pas exempte de complications. Elle peut provoquer la cystite du col ; elle peut également amener Tépididymile, et j'ai vu la prétendue orchite goutteuse apparaître, dans deux cas, chez des goutteux qui étaient atteints de cette forme de blennorrhée.

A partir de vingt-cinq ans, on voit souvent apparaître Teczéma latéral des doigts, maladie à retours vemaux périodiques, à disposition symétrique, occupant de préférence le pouce et l'index, souvent aussi le médius, mais pouvant envahir les autres doigts et s'étendant rarement à la main. Ce sont de très petites vésicules aplaties, discrètes, rarement confluentes en groupes, déterminant un prurit modéré et exceptionnellement un véritable suintement, se desséchant le plus souvent sans s^étre rompues et amenant une desquamation qui peut

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