THÉRAPEUTIQUE DE L'OBÉSITÉ
La thérapeutique de Tobésité se déduit de la pathogénie et non de Pétiologie. — Combattre le ralentissement de la nutrition. S'abstenir chez les obèses azoturiques. Accélérer la nutrition en stimulant le système nerveux et en activant la fonction du foie. Rôle de la chaux et des acides. — Réduire l'accumulation de la graisse. Rôle des alcalins. L*6xercice musculaire. La quantité des aliments. L'exercice corporel à jeun. Le sommeil chez les obèses. L*actiyité respiratoire. L'intégrité des fonctions intestinales. Les bains chauds. Les purgatifs. — Indications particulières.
Il a régné pendant longtemps un préjugé touchant Tobésité : on y voyait une difformité, tout au plus une infirmité; on n'y soupçonnait pas une maladie. De là le dédain des médecins qui répugnaient à abaisser leur science pour la mettre au service de la coquetterie ou de la mode. Cette science était une ignorance ; mais les médecins étaient excusables, parce que le plus souvent c'est pour des raisons futiles et non pour rétablir une santé troublée que les malades réclament Tintervention thérapeutique. Mais Tobésité est réellement une maladie» car elle amène Timpotence et la stérilité, car elle est un élément d'aggravation souvent mortel dans les maladies aiguës, car elle occupe une place dans un groupe d'affections auquel personne ne refusera le nom de maladie. L'obésité doit être étudiée comme maladie, non seulement pour elle-même, mais parce qu'elle est souvent le signe révélateur de Tétat diathésique qui va engendrer d'autres maladies et dont rinfluence peut être arrêtée par une hygiène bien entendue. Bien plus, Tobésité aggrave cet
étal diathésique : car, s'il consiste en un ralentissement des métamorphoses que subit la matière dans l'organisme, l'obésité qui limite les mouvements respiratoires, qui diminue la masse du sang, qui crée l'engourdissement et la somnolence, ajoute des éléments nouveaux au trouble nutritif primordial et rend les oxydations encore plus incomplètes. Longtemps Tignorance médicale a créé Tincurie et par conséquent favorisé le charlatanisme, car le dédain des médecins n'imposait pas la résignation aux malades. Aujourd'hui, mieux instruits, les médecins comprennent mieux leur devoir; en Angleterre, en Allemagne, en France, Tétude de l'obésité et son traitement sont entrés dans la période scientifique.
Dans le traitement de Tobésité, il y a deux grandes indications : Tune, dominante, cherche à combattre le vice constitutionnel qui entrave la nutrition; l'autre, accessoire, cherche à réduire la quantité de graisse emmagasinée et à empêcher qu'elle soit remplacée. Ce qui nous guidera dans la réahsation de ces indications, ce n'est pas Tétiologie, c'est la pathogénie. Que nous dit Tétiologie, par exemple? Que l'influence héréditaire est considérable, que la fonction génitale qui amaigrit l'homme, engraisse la femme. A quelles applications pratiques ces notions peuvent-elles conduire? A aucune; à moins qu elles suggèrent cette idée singulière de marier les femmes maigres avec les hommes gras. Au contraire, la pathogénie nous montre à quels troubles fonctionnels il faut remédier.
Pour combattre la prédisposition, l'activité nutritive ralentie, il n'est pas besoin de modificateurs permanents à opposer à cet état permanent. On s'habitue à manger peu , de même qu'on s'habitue à manger beaucoup. On arrive à se créer des besoins et à restreindre ces besoins; en d'autres termes, on impose par l'usage prolongé de tel ou tel régime alimentaire une activité plus ou moins grande des actes nutritifs qui devient une habitude. Cette élasticité dans le fonctionnement est un des caractères des êtres vivants. Si j'ai choisi cet exemple pour démonln^r qu'il est possible de modifier d'une façon durable la nutrition au moyen d'une intervention temporaire, ce n'est pas que je veuille