THÉRAPEUTIQUE DU DIABÈTE SICRÉ
différentes, tout cela contre-balance Tinfluence favorable d*uii meilleur système d'éducation physique.
Il faudrait pouvoir s'opposer aussi aux écarts de la jeunesse, au déchaînement des passions ; mais ce n'est pas par voie dt^ conseils ou de coercition que Ton peut modérer le dérèglement; c'est par la longue et lente influence de l'éducation de renfaoi qu'on peut mettre le jeune homme à Tabri des défaillances, en rhabituant de bonne heure à l'usage de la liberté et en l'accoutumant au sentiment de la responsabilité. C'est dire que l'hygiéniste ne doit pas se désintéresser du côté moral de l'éducalion.
Chez l'adulte, on devra régler le régime, s'opposer aux excès. conseiller l'alternance du travail corporel et de l'activité intellectuelle, s'efforcer de bannir les préoccupations tristes et b soucis rongeurs de l'ambition, appliquer les ressources de son osprit à prêcher celle philosophie qui amortit les coups de la fortune. Tout cela, c'est de la prophylaxie, et c'est la vraie.
Mais enfin la maladie est réalisée. Il faut que le médecin obtienne de la famille ou de l'entourage du malade que de< efforts soient faits en vue de lui assurer la satisfaction morale: il faut arracher le diabétique aux préoccupations qui l'obsèdent, lui procurer des occupations agréables, des distractions, Ini conseiller les voyages, le changement d'air, prescrire de nouveau l'emploi des stimulants physiques du système neneui. recourir encore aux frictions sèches, aux bains salés, alcalins, sulfureux, aux bains d'air sec et chaud et en particulier aux bains résineux, au massage, à l'hydrothérapie. Il faut que cet homme vive, pendant une partie de l'année, dans un air froid cl vif, sur les montagnes ou au bord de la mer. Les bains de mer pourront être employés; on préférera les plages du Nord pendant Tété, les plages méridionales pendant l'hiver ; on stimulera encore la nutrition en activant les fonctions du foie par Tusag^' répété des sels neutres; on pourra dans le même but prescrire Tiode et les iodures. Je ne parle pas du sel et des carbonates de soude et de potasse, auxquels on a attribué un rôle analogue: nous aurons à revenir plus tard sur ces agents thérapeutiques.
Je passe aux indications palliatives.
ÉLIMINATION DU SrCRE, 227
Si l'on n'a pas réussi à obtenir Tutilisation du sucre, si le sucre n'a pas disparu des urines, si par conséquent il existe en excès dans le sang, il faut faciliter son élimination, il faut provoquer la sécrétion urinaire. Si vous voulez obtenir des urines copieuses, vous devrez au préalable ne pas solliciter l'action des autres énionctoires qui peuvent produire la spoliation aqueuse de l'organisme; il faut modérer les sueurs et les flux diarrhéiques. Il faut de plus donner des boissons abondantes. On ne doit jamais refuser les liquides aux diabétiques ; il faut que la soif obtienne chez eux satisfaction et qu'ils puissent boire chaque fois qu'ils en éprouvent le besoin. C'est l'eau qui doit être la boisson par excellence, l'eau fraîche surtout. Si l'eau ordinaire est mal acceptée par le malade, on peut donner l'infusion de genièvre ou mieux encore prescrire certaines eaux minérales à action diurétique éprouvée, telles que les eaux d'Évian, de Contrexéville, de Wildungen. On active encore la polyuriepar les grands lavements d'eau froide, qui n'ont pas seulement pour etTet d'introduire de l'eau dans l'organisme, mais qui agissent surtout en contractant les vaisseaux abdominaux, en exprimant le sang des viscères qui sont dans le domaine de la veine porte et en faisant refluer ce sang dans la circulation générale, où la tension augmente et met en jeu Taction rénale.
Il faut en même temps détruire le sucre excédant, en s'adressant aux mutations fonctionnelles et respiratoires. C'est Mme partie du traitement de Rollo et de Bouchardat. C'est une indication que Trousseau ne négligeait pas.
La promenade, la marche, la course, l'équitation, les mouvements actifs des membres supérieurs, la gymnastique, l'escrime, le maniement de l'aviron, la natation, les travaux maùuels : tout cela active les combustions ; tout cela, par conséquent^ peut brûler le sucre excédant. Mais on risque de se heurter à deux écueils : les sueurs profuses sont défavorables au diabétique, Tazoturie prohibe les exercices violents. Déjà Prout avait signalé comme conséquence de la fatigue corporelle, des accidents qui ressemblent au coma diabétique, et on comprend que les sueurs, qui diminuent notablement la sécrétion urinaire.
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entravent Télimination du sucre. Kûlz a formulé sous ce rapport un précepte judicieux : il veut qu'on tâte en quelque sorte le malade et qu'on n'ait recours aux exercices violents que graduellement et si les premières tentatives ne se montrent pas défavorables. L'exercice doit être conseillé surtout après les repas, au moment où l'absorption des générateurs de glycogène va livrer au sang des quantités surabondantes de sucre. Mais l'exercice est encore utile loin des repas, car, s'il provoque la combustion du sucre d'origine alimentaire, il active aussi la destruction du sucre musculaire et du glycogène. Si la destruction de la matière azotée sous l'influence du travail musculaire est contestable, si elle est mise en doute ou niée formellement par les expériences de L. Lehmann et Speck, de Fick et Wislicenus, de Voit, de Parkes,de Ranke, il n'en est pas moins vrai que le travail corporel augmente la quantité d'acide carbonique éliminé, que par conséquent il provoque pour le moins ToxydatioD des substances ternaires. Cette vérité ressort de Tenquète de Beneke, d'après laquelle, dans toutes les prisons où les détenus sont condamnés au travail forcé, on s'est vu dans la nécessité d'augmenter la proportion des aliments bydrocarbonés. Si le travail musculaire active la combustion du sucre, il faut y joindre la vie au grand air, la large ventilation ; il faut supprimer les habitudes de vie sédentaire. Nous retrouvons donc ici encore un certain nombre de ces agents dont nous avons signalé l'heureuse influence comme accélérateurs de la nutrition, et en particulier le froid. La réfrigération qui résulte des grands et rapides mouvements de l'atmosphère sur les plages maritimes n'est pas l'une des moins importantes parmi ces conditions multiples qui font que Tair marin stimule les mutations nutritives.
Beneke, dès 1855, avait signalé cette action, et en 1870 Gildemeister montra que les bains froids augmentent l'exhalation de l'acide carbonique. Le bain de mer vient donc en aide à Tair marin, et son action est renforcée par l'action du chlorure de sodium, car Beneke, en 186i, aconstaté que l'acide carbonique augmentejpendant le bain dans les eaux salées de Nauheim. Ce qui démontrerait encore cette action oxydante active de la bai-
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néation inaritiine, c'est qu'on a été obligé d'augmenter la quantité des aliments à Thospice maritime de Margate, où l'on envoie les enfants scrofuleux des hôpitaux de Londres. Ce fait, relevé par Beneke, concorde donc avec les résultats fournis par l'expérimentation et se trouve encore d'accord avec les recherches de Kôhrig et Zûntz, qui ont vu Tacide carbonique augmenter sous rinfluence des bains salés chauds et sous l'influence des bains de mer. Ce que je viens de dire explique comment les bains de rivière et l'hydrothérapie peuvent réaliser l'indication que nous poursuivons.
Même l'eau prise en boisson peut être utile à ce point de vue; non seulement elle élimine le sucre, mais elle peut aider à sa combustion. Les boissons aqueuses accélèrent les actes de la désassimilation ; il est démontré au moins qu'elles élèvent le chiffre de l'urée.
Genth a démontré que, si l'on ajoute deux litres d'eau au régime ordinaire, le chiffre de l'urée augmente de 12 à 18 0/0. Mosler dit même que cet accroissement peut atteindre 25 0/0, et Glax a établi que l'eau chaude diminue le sucre diabétique.
Nous avons dit que, en même temps qu'on cherche à éliminer ou à brûler le sucre, on doit chercher à restreindre l'introduction du sucre alimentaire ou des aliments générateurs de glycogène. C'est précisément le contraire de ce qu'avait proposé Piorry.
On sait depuis Rollo, mais surtout depuis les beaux travaux de M. Bouchardat, qu'on a tout avantage, chez les diabétiques, à supprimer le sucre et l'amidon. On en a conclu qu'il fallait prescrire aux diabétiques la diète animale. Le régime carné exclusif ne vaut cependant guère mieux que le régime mixte; s'il fait diminuer le sucre, il en produit cependant encore une notable proportion; il ne tarde pas à inspirer le dégoût et à provoquer des troubles gastriques. Il a surtout l'inconvénient de réparer d'une façon insufiisante certaines déperditions de rorganisme en matières minérales. On corrige tous ces inconvénients en associant à la diète animale les végétaux verts, dont Babington et Barlo^ ont démontré l'innocuité. De même Kûl/,
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Frerichs, v. Mering ont fait voir que la maDoite, riDuline, la lévulose, rinosite ne présentaient pas d*inconvénients. Souvent aussi, Tadjonction aux aliments du sucre de lait ou de la glycérine se montre sans action sur la quantité du sucre excrété. Je ne suis pas aussi édifié sur Tinnocuité de la lévulose et de la lactose; et je puis affirmer que, chez certains diabétiques, ces corps augmentent la glycosurie. Je ferai la même réserve pour la glycérine. Il convient donc de procéder par tâtonnements, d'essayer ces aliments suspects et ne les prescrire d'une façon régulière à un diabétique, que si les premières tentatives n ont pas exagéré le chiffre du sucre urinaire.
Vous voyez que Ton peut varier et rendre mixte le régime des diabétiques et que Ton n'est pas tenti d'adopter une diète carnée exclusive.
Je vous disais que le régime animal absolu maintenait souvent la glycosurie à un degré plus ou moins élevé. Ce n'est pas l'albumine de l'œuf ou la gélatine qui augmentent sensiblement le sucre diabétique, bien que le dernier de ces corps suit avec raison considéré comme générateur de glycogène; ce ne sont pas non plus les matières extractives, ni Teau, ni les sels minéraux contenus dans les aliments d'origine animale; encore Cantani a cru devoir accuser le chlorure de sodium, que l)eaucoup de médecins recommandent au contraire et, je crois, avec raison. Mais la viande et le jaune d'œuf augmentent sensiblement la quantité du sucre. Il faut donc adopter un régime mixte, afin de pouvoir restreindre la proportion de ces deux aliments. El cependant Cantani plaide avec énergie la cause de la diète carnée absolue et proscrit impitoyablement tout ce qui est d'origine végétale, tout, jusqu'au vin et au vinaigre. Il pousse même si loin le scrupule qu'il va jusqu'à interdire au prêtre diabétique la célébration de la messe, en raison de la composition ternaire de l'hostie. Sans atteindre h ce degré d'exagération, vous recommanderez aux malades d'éviter le< aliments farineux ou féculents. En dépit d'habitudes imétérées, on arrive sans trop de difficulté à restreindre considérablement, sinon à supprimer leur usage. Les pommes de terre