I. RecH. de la Vériti. L'imagination, II* partie, ch. vn
dues à une mauvaise méthode, sont les désordres causés par nos passions et nos excès, bref les maladies qui détruisent Falliance naturelle des difiPérentes parties de notre organisme et jettent de fausses notes dans le concert qu'avait préparé Tauteur de toute harmonie. Malgré tout cela, l'œuvre de Dieu était si solide que l'économie première n'a pu en être détruite, et que nos sens qui s'en inspirent sont encore, en ce qui concerne notre corps, plus sûrs que notre raisonnement. Celui-ci cependant a un rôle : il consiste à découvrir les causes perturbatrices, à en suivre les influences, à les éliminer peu à peu, de manière à ce que, selon l'expression populaire, la nature reprenne le dessus*.
I. C'est dans le 13* Éclaircissement à la Recherche de la Vérité que l'on trouvera un exposé intéressant de la médecine de Malebranche. Il prétend en appeler à l'instinct plus qu'au raisonnement, et il compare les médecins aux directeurs de conscience, ceux-ci ne laissant point assez parler la droite raison, ceux-là contrariant et Toulanl forcer l'instinct des sens. Les recommandations qa'il donne là sont elles-mêmes émaillées, il ne s'en aperçoit pas, d'hypothèses encore arbitraires, quand il conseille, par exemple, aux malades de boire beaucoup d'eau pour a noyer les ferments, dessaler le sang, rendre fluides les humeurs trop épaisses », etc. Toutefois ce qui domine, c'est une idée fort raisonnable de la médecine expectante et du rôle, non point passif, mais obsenrateur du médecin. Les médecins, il est Trai, c savent peu de chose arec exactitude, mais ils en savent tonjours plus que nous i> ; et pourvu qu'ils aient observé attentivement beaucoup de cas semblables, qu'ils se mettent en peine de connaître notre tempérament, qu'ils surveillent avec soin tous les accidents dn mal et qu'ils aient beaucoup égard au sentiment que nous avons de nous-mêmes, nous devons espérer d'eux « tout le secours que nous pouvons raisonnablement espérer des hommes » ; mais, en général, « les médecins ne visitent point osselet ordonnent trop ». Cette situation intermédiaire entre Molière et ses médecins est assez curieuse à noter.
nations renferme deux choses : Yumt qwi éépatâ de r&me même y Taitfie qm. dépend du corps. La première est FaelMS et le commandement de la volonté. La seconde est l'obéissance que lui rendent les esprits animaux qui tracent des images... Le sens de la chose dont on parle marque assez clairement de laquelle des deux on entend parler, si c'est de Timagination active de Tàme ou de l'imagination passive du corps*. »
Il semble ici que ce soit bien Tàme qui crée ses images et qui les impose au corps ou qui contraigne Dieu à les y former selon son désir. N'exagérons rien cependant. Un pareil penseur ne pouvait méconnaître que nous ne trouverions aucune image si nous n'en avions pas les éléments à notre portée dans ce que les sens nous ont fourni ; car apparemment ce n'est pas dans cette étendue intelligible — dont nous rabaissons la beauté pour nous la rendre accessible — que nous trouverions cet habillement réclamé par la partie inférieure de nousmême. « Toutes les sensations ne dépendent pas de la volonté des hommes, et il n'y a que Celui qui les a faits qui les conserve dans cette mutuelle correspondance des modifications de leur âme avec celles de leur corps. De sorte que si un homme veut que je lui représente de la chaleur ou de la couleur, il faut que j'imprime dans les organes de ses sens les mouvements auxquels ]a nature a attaché 'ces sensations... C'est pour cela qu'il est impossible de donner aux aveugles la moindre
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