CHAPITRE PREMIER
Historique.
Nous trouvons des observations d'amputations congénitales à une époque où l'obstétrique, en tant que science, existait à peine.
Au xvr siècle, Ambroise Paré en rapporte deux cas. (Ambroise Paré, édition Malgaigne, t. III, p. 23.)
En 1812, Chaussier parle d’une amputation congénitale du bras, dont la partie amputée fut retrouvée dans le liquide amniotique. (Chaussier, discours prononcé à la Maternité, 1812.)
Watkinson, en 1824, décrit un cas d'amputation de la jambe, au-dessus des malléoles. Le pied fut retrouvé dans le vagin de l’accouchée.
En 1832, Montgoméry publie une observation de fœtus de huit mois, porteur d’une amputation du pouce droit, entre la première et la deuxième phalange, ainsi que de l'annulaire de la même main, l’amputation de ce dernier portait près de son articulation mélacarpienne, le doigt étant attaché au moignon par une sorte de substance ligamenteuse autour de laquelle se trouvait un cordon membraneux, dont les extrémités s'étendaient du pouce amputé au pelit doigt, porteur d'une rainurc profonde.
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Moreau, en 1847, cite le cas d’un enfant sur lequel on pouvait voir des amputations congénitales de plusieurs doigts et des sillons aux jambes et aux orteils. Au placenta étaient suspendus des filaments très grêles.
En 1851, Broca décrit une amputation triple sur le même enfant. Une à chaque bras, au niveau du coude et une à la cuisse, aux environs du genou.
Martin, d'Iéna, en 1858, rapporte une observation d'amputation congénitale du bras gauche, dont le moignon élait porteur d'une cicatrice; la partie amputée fut expulsée avec le délivre.
En 1861, Béraud remarque l'existence d’une bride au moment de la naissance. Partie de l'œuf, cette bride s'enroulait autour des jambes, qu'elle avait sectionnées. (Ana. pathol., t: 1, p.208.) LSUVERESS En 1869, Wenzel Gruber publie un cas où l’enfant présentait des ampulations spontanées de plusieurs doigts. Le médius de chaque main présentait des sillons profonds, pénétrant jusqu'aux tendons.
Le professeur Duplay, qui a étudié la question, divise, dans un article du Diclionnaire encyclopédique des sciences médicales, les amputations congénitales en deux classes :
1° Malformations par arrêt de développement;
2° Amputations dues à des agents de mutilation, divisant les membres.
Maurice Longuet, en 1876, donne l'observation d'un enfant d'un an, porteur de sillons circulaires à la cuisse droite, à la phalange moyenne du quatrième orteil gauche et à la troisième phalange du troisième orteil. Le médius de la main gauche est également amputé dans
LE Pope sa presque totalité. De plus, l'enfant a un pied bot et de la syndactylie.
En 1882, le professeur Lannelongue rapporte le cas d’un enfant porteur d'une amputation congénitale. L'amputation consistait dans la section complète de plusieurs orteils et il existait, de plus, un sillon orienté transversalement à l'union du tiers supérieur et du tiers moyen de la jambe.
La même année, M. Bar public une observation d'amputation congénitale.
En 1883, M. Reclus présente à la Société de chirurgie un enfant de 12 mois, chez lequel les lésions observées consistaient en un pied bot varus à droite, une syndactylie des trois orteils du milieu, et à la jambe gauche, en un sillon profond situé à l'union du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs.
M. Jeannel, de Toulouse, en 1886, communique l'observation d’un enfant de 4 mois, dont le cinquième doigt de la main gauche est amputé au-dessus de la première phalange. Quant au pied gauche, il est complètement dépourvu d'orteils.
En 1887, M. Horteloup cite le cas d'un oui de 45 ans, qui présentait des lésions à la main droite et à la main gauche et un sillon circulaire profond au-dessus du genou.
Broussolle, de Dijon, s'inspirant à la fois de l'observation de Redard (Congrès français de chirurgie, 1887, p. 685) et de Jeannel (Gazelle hebdomadaire, 1886, 27 août, p. 569), nous donne les caractères différentels de l'aïnhum et des brides congénitales, puis nous montre que les brides congénitales ont une origine intrinsèque
Que et sont dues à des troubles trophiques survenus dans la vie intra-utérine. (E. Broussolle, Revue mensuelle des maladies de l'enfance, janvier 1890.)
En 1891, M. Tourniér observe deux cas d'amputations congénitales de l’avant-bras, sans aucune autre malformation.
M. le professeur Kermisson, dans son Trailé des maladies chirurgicales d'origine congénilale, rapporte l'histoire d'une fillette qui présente, en même temps qu'un pied bot varus équin du côté droit, des amputalions congénilales des doigts et des orteils, et un sillon profond enserrant la parte inférieure de la jambe gauche.
En 1892, M. le docteur Bar a recueilli une observation qui à fait l’objet d’une note communiquée par cet auteur à la Société d’obstétrique de France, au Congrès de la même année, et imtitulée : « Note sur un cas d'amputatons congénitales » (thèse de Hamard, 1891-92). « Etude sur un Cas d'anomalie rare de l’amnios ». Il s’agit d’une amputation constatée dans un cas de grossesse extramembraneuse.
En 1896, G.-M. Low, de Saint-Pétersbourg, publie deux observations de fœtus présentant des anomalies dues aux brides amniotiques. L'auteur conclut, d’après ces deux observations, que l'embryon primitivement adhérent à l’amnios s'en sépare petit à petit. Cette séparation détermine dans certains cas des brides qui flottent dans le liquide et peuvent s'enrouler soit autour d'un membre, soit autour du cordon. |
M. Rudeaux, en avril 1902, communique à la Société de gynécologie un rapport sur un cas de malformation. Il s’agit d'un fœtus anencéphale, présentant une ampu-