ÉPOQUE DE LA MORT APRÈS
l'opération
Dub ,is (Ant.).
5 jours
10 jours.
Schlagintweit,
Voisin
4 jours.
Lendemain
Duret
2 jours.
43 ans.
l mois.
Desault. . . ,
2 jours.
4 jours.
Klewitz. . . .
3 jours.
2 ans.
Desgranges.. .
4 ans.
8 mois.
Roux
2 heures.
Voisin. ....
10 jours.
4 jours.
Danzel. . . .
3 jours.
8 jours.
Duret
2 jours.
4 jours.
Nélaton, . , ,
6 heures.
Legris Duval. .
19 jours.
Lenoir. . . .
3 jours.
6 jours.
tferrand,. . .
60 heures.
49 jours.
Goyrand. . . , .
10 mois.
Freer
5 semain.
Lcprestre. . .
14 mois.
Miriel père. .
2 jours.
40 ans.
Rochard (Jules)
5 ans.
22 ans.
Johnson (W.O.)
2 jours.
4 jours.
14 ans.
2 jours.
10 ans.
Goulland, . .
19 jours.
6 jour"s.
2 ans.
CurHng. . . .
Textor ....
2 ans.
Deuiarquay. . .
4 mois.
Rouillard. . .
8 jours.
Giraldès.. . .
2 mois 1/2
5" Méthode de Callisen. — La méthode dont nous allons parler n'a pas été imaginée par le chirurgien dont elle porte le nom. Callisen n'a fait que rappeler la proposition faite par d'autres chirurgiens d'ouvrir une voie artihcielle dans la région lombaire. Il s'exprime ainsi : u Si cavum intestinale cultro vel paracenterio attingi nequeat, vix servari poterit aîger. Quse proposita sub hoc rerum statu fuit incisio intestini cœci vel coli descendentis, sectione in regione lumbari sinistra ad marginem musculi
MÉTHODE DE CALLISEiN'.
quadrati lumborum facta, ut anus paretur artificialis, remedium prrcbct omnino incertum, atque hac operalione ^ix vita miselli servari poterit. Quamquam intestinum in hoc loco facilius attingatur, quam supra regionem inguinalem. »
Callisen semble même douter de refficacité de son opération. Sabatier et Duret ne regardent pas la proposition du chirurgien suédois comme très-applicable; Allan seul paraît avoir entrevu les résultats avantageux qu'on pouvait en obtenir. En parlant des essais tenlés sur le cadavre par Duret, « Quoi qu'il en soit, dit-il, nous pensons que le procédé de Callisen mérite d'être médité, et que si on parvient à le rendre sûr et facile, les suites en seront moins désagréables et moins incommodes pour ceux qu'il aura rendus à la vie. » C'est à cela que s'est attaché Amussat. L'honneur lui était réservé de faire sortir de l'oubli une méthode opératoire qui, dans des circonstances données, peut être une ressource précieuse dans la pratique de la chirurgie. Quelques succès vinrent couronner les persévérants efforts de l'habile chirurgien de Paris. Amussat croyait, à tort selon moi, qu'une des causes de la gravité et des insuccès de l'opération de Littre venait de la blessure du péritoine, de l'ouverture de la cavité abdominale, et se rappelant la disposition anatomique du côlon descendant, il conçut la pensée d'en profiter, et tenta de réhabiliter et de perfectionner l'opération de Callisen. Dans ce but, il se livra à d'importants travaux, de nature à mieux faire apprécier la méthode qu'il préconisait.
Procédé opératoire. — Le côlon lombaire, chez le nouveau-né, présente des rapports qui peuvent varier beaucoup. Placé au-devant du carré des lombes, dans la couche graisseuse qui enveloppe le rein, il est situé à côté et au-devant de cet organe, et se trouve en grande partie couvert en arrière par lui. Le péritoine, en enveloppant l'intestin lui forme un mésentère, laisse un intervalle plus ou moins large à travers lequel il faut passer pour atteindre le côlon descendant, sans pénétrer dans la cavité abdominale. Pour cela, il faut pratiquer dans la région lombaire une incision longitudinale : c'est le procédé qu'on attribue à Callisen ; ou bien pratiquer une incision transversale, perpéndiculaire aux fibres musculaires : c'est le procédé d'Amussat ; enfin, on peut faire une incision oblique : c'est le procédé de Baudens.
Les instruments nécessaires à l'opération ont été déjà indiqués ; il faut y ajouter des pinces à érigne, des érignes, des crochets mousses pour écarter la plaie, et enfin une canule en gomme élastique.
Position de V opéré. — L'enfant doit être placé sur le ventre, la tête dégagée, les membres libres et légèrement fléchis ; le torse un peu fléchi et incliné vers le côté droit. On pratique dans la région lombaire gauche une incision de 5 à 4 centimètres, au milieu de l'espace compris d'une part entre les fausses côtes, la crête iliaque, le sacro-lombaire, et une ligne fictive menée de l'épine iliaque antérieure et supérieure au rebord des fausses côtes. Cette incision entame la peau, la couche graisseuse, et met h découvert les muscles superficiels ; on les divise et on arrive en dehors du muscle carré des lombes, dans l'intervalle cellulaire qui le sépare
ANUS ARTIFICIEL. — méthode de callisen.
(lu transverse, qu'on divise dans la même direction. On pénètre dans l'espace occupé par une grande quantité de graisse et par le rein, qui se trouve au fond de la plaie. Il faut chercher l'intestin côlon avec la sonde cannelée en dehors du rein. Or, comme le côlon présente quelques variétés anatomiques, l'opération peut quelquefois devenir difficile. L'intestin, en effet, n'est pas toujours en dehors du rein; il est quelquefois au-devant de ce dernier, et le mésentère n'existe pas toujours ; autant de causes d'erreurs ; sa recherche n'est pas toujours aisée, et dans ces manœuvres le péritoine a été quelquefois entamé, et le rein blessé. L'intestin côlon reconnu isolé, est saisi avec des pinces-griffes pour être amené au dehors, ouvert et fixé dans la plaie.
Procédé (rAmussat. — L'enfant doit être placé comme il a déjà été indiqué. On pratique une incision de 5 à 6 centimètres d'étendue, en commençant en dehors du muscle sacro-lombaire. Cette incision est placée au milieu de l'espace lombaire que nous avons indiqué. La peau, l'aponévrose et les muscles sont coupés. On incise successivement la peau , la couche graisseuse et les muscles , en procédant couche par couche jusqu'à l'espace graisseux dans lequel se trouvent placés le rein et le côlon. Avec l'aide de la sonde cannelée on cherche à isoler et à reconnaître l'intestin. Si l'on est gêné par la dimension de l'incision, on peut l'agrandir en la débridant en bas. L'intestin reconnu, on l'accroche avec une érigne ; on le ramène au dehors, et avant de l'inciser on le traverse par une anse de fil, comme il a été indiqué pour la méthode de Littre. L'intestin, ramené au dehors, on incise sa cavité; on donne issue à toutes les matières contenues dans le canal intestinal ; on le vide par des injections ; après quoi on suture la muqueuse avec la peau. La recherche de l'intestin n'est pas toujours chose aisée ; il est parfois déplacé, couvert par le rein, qu'il faut écarter, et enfin, il peut se faire que dans les manœuvres opératoires, le péritoine soit percé. Le rein est même quelquefois blessé; ce fait s'est présenté dans la pratique de Bougon et de Maisonneuve.
Outre les accidents primitifs qui accompagnent l'acte de l'opération, nous devons signaler quelques accidents consécutifs : le rétrécissement de l'ouverture artificielle, par exemple, la procidence de la muqueuse et la dilatation de l'S du côlon. Le premier de ces accidents a été observé par Amussat, chez son premier opéré, quatorzle jours après l'opération. Chez le même malade, une nouvelle coarctation s'est produite un mois et demi après, et elle a exigé une intervention chirurgicale. Le rétrécissement de l'ouverture artificielle peut, jusqu'à un certain point, être évité, en ayant le soin de border la peau avec la muqueuse intestinale.
Procidence muqueuse. — Dans plusieurs des opérations d'anus artificiel par la méthode de Callisen, cette complication a été observée. Les malades de Curling et de Maisonneuve en ont présenté des exemples remarquables. A l'âge de sept mois, on constatait, chez le malade de Maisonneuve, une procidence muqueuse très-développée, constituant une tumeur en forme deT, et ayant une dimension de 10 centimètres de longueur.
5IÉTII0DE DE C.VLLISEN.
Que deviennent les opérés par la méthode de Calliscn?
Le premier opéré d'Amussat a atteint l'âge de huit ans ; les autres ont été perdus de vue, ou sont morts.
Dans le tableau suivant, nous indiquons les différentes opérations connues et l'âge auquel les malades ont succombé.
Age auquel les ni;(lndes oni succoinbé.
Noms des opéniliMirs.
Amussat 7 ans.
Id 8 jouis.
Id 7 semaines.
Bougon ' . . 24 heures.
Curling 18 heures.
Id 9 jours.
Noms des oiiéraleurs.
Age ni; quel les malades ont succombé.
Curling 8 ans.
Ciuersant (5 jours.
Leslic 5 jours.
Maisonneuvc 7 mois.
Id 8 jours.
Pachet »
Que deviennent maintenant les enfants imperforés, opérés par l'une ou l'autre des méthodes indiquées?
Sur ce point, la chirurgie ne possède pas de documents suffisants, les malades sont perdus de vue, et Ton est dans l'impossibilité de connaître le résultat ultérieur des opérations. Si cette grande lacune de Ja médecine opératoire venait à être comblée, bon nombre de procédés opératoires se trouveraient effacés des livres classiques.
Sur un ensemble de cent observations, recueillies par Curling, et par moi, d'enfants atteints d' imperforation ano-rectale, vésicale et vaginale, opérés, soit par la méthode de Littre, ou par celle de Callisen, nous trouvons 45 opérés ; 19 ont survécu à l'opération ; sur ce nombre :
4 ont vécu de l'âge de 9 à 22 ans.
7 ont vécu de l'âge de 2 à 14 ans.
5 ont vécu de l'âge de 4 à 14 mois.
5 ont vécu de l'à^e de là
o mois.
Ainsi 9 opérés sur 45 est un chiffre qu'on ne doit pas dédaigner; il faut remarquer que tout enfant opéré, mort après deux mois, ne doit pas être raisonnablement considéré comme ayant succombe à l'opération. Ce résultat est de nature à encourager les chirurgiens à entreprendre des opérations qui étaient regardées comme inutiles.
Il est numériquement impossible d'établir un parallèle entre la méthode de Littre et celle de Callisen. La première a été plus souvent pratiquée que la seconde, et par conséquent, la somme des succès doit être en raison du nombre des opérations. Cependant il est certaines données dont on doit tenir compte dans l'appréciation comparative des deux méthodes opératoires. On ne doit pas considérer le chiffre d'un nombre d'opérations au point de vue d'une valeur arithmétique, mais bien comme une expression algébrique. Or, en procédant d'après ce principe, en comparant les deux opérations entre elles, on doit tenir compte, toutes choses égales d'ailleurs, de la difficulté de l'opération et des accidents qu'elle entraîne. Il est avéré que l'opération de Littre est d'une exécution plus facile; qu'en la pratiquant, le chirurgien n'est point exposé à blesser des organes, ou à trouver les difficultés qu'il rencontre par la méthode de