‹ Malherbe et ses sources (volume 3)Chapitre 10 sur 26 · ID , II · texte numérisé non relu

ID , II

* Aid., et II, 4.

vont d'un autre ordre * ». C'est Pidée que Malherbe et son ami Du Vair appliquaient à la prise de Marseille : et tandis que le magistrat parlait « des choses mondaines sujettes à un flux continuel de change et de rechange * », le poète paraphrasait Sénèque en ces vers :

Les aventures du monde Vont d'un ordre mutuel.

Comme on voit au bord de Tonde Un reflux perpétuel *.

« Ne ferons-nous jamais, disait une autre Épître, qne trembler de froid et brûler de chaud ? C'est toujours à refaire : les choses du monde sont enfilées d'une sorte, quVn s' entre-fuyant elles se suivent 4 ... Une entre-suite invariable attache et tire toutes choses 5 . » Et Malherbe, qui dès sa jeunesse, dès les Larmes sur la mort de Geneviève Rouxel, méditait « des ans la course entresuivie 6 », continue, dans l'Ode sur la prise de Marseille :

L'aise et l'ennui de la vie Ont leur course entre-suivie

1 Malh., II, 479.

* Cité par Brunot, /. /., p. 65.

* MALH., I, 24. C'est ce que Ronsard avait dit avec non inoins de majesté dans son Discours des misères de ce temps (t. VII, p. 33) :

Car le bien suit le mal comme l'onde suit l'onde, El rien n'est asseurc* sans >e changer au monde. Ces vers étaient entre [...] dans les vers de Ronsard : un XVIc siècle, la poésie française avait le tort de no penser qu'entre parenthèses.

4 Malh., II, 362.

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