ACTE DEUXIÈME
CHRISTIANE
Oui, bien heureuse, cher père. (EUe l'embrasse.) Tiens, pour ta peine, je vais te chanter un de tes airs favoris... Justement ce malin en ouvrant une de tes malles de voyage avec Marguerite, j'ai trouvé...
EUe prend on rouleau de papier sur use console* FORESTIER.
Quoi donc? (AperceTant le rouleau et s'élancant.) Ah I... (il reat
!• loi prendre.) Laisse ces 'paperasses, mon enfant.
CHRISTIANE
Pourquoi?... (Arec un petit cri.) Ah 1... (Lisant.) « A ma fille...
Comte de Lukoff... r» Mais celte musiqueappartient à Olga!... ma chère Olga qu'on ne m'a pas permis d'aller voir pendant ces trois années. Tu me conduiras auprès d'elle, n'est-ce pas?
FORESTIER, troublé.
Près d'elle?...
CHRISTIANE
Qu'as-tu donc?... Réponds-moi,* père!... Gomment cette romance se trouve-t-elle en ta possession ?...
FORESTIER
Parce que je l'ai trouvée dans la demeure qu'elle avait quittée pour toujours.
CHRISTIANE
Que veux-tu dire ?
Que j'ai hérité de sa pauvre romance comme tu as hérité, toi, de sa fortune.
Il ra s'asseoir A gauche* CHRISTIANE.
Mortel... Olga est mortel... Oh! mon Dieu!... Pauvre amie I... Il me semble l'entendre encore... et cette romance... Je m'en souviens!...
EU« se met au piano et exécute la romance. — Forestier écoute, pardu
dans ses rêveries.