SCÈNE VI
CORNEFERT, FORESTIER.
▲ la sortie da baron, Cornefert a quitté sa cachette et est resté sur le
seuil de la porte.
FORESTIER, un moment anéanti, tout à coup et arec un éclat terrible.
Le coup de pied du baron]de Feuille I... allons!... allons!... c'est complet !... (Traversant le théâtre.) La sanglautc irouic !.•. Et Ton s'étonne que tant de gens quittent le commerce de la vertu quand la vertu est payée de cette monnaie ?... (Aperce-
Tant Cornefert qui s'avance vers lui le sourire aux lèvres.) Ah 1 VOUS
êtes resté ?... Décidément, vous connaissez la vie... vous savez que sonnera tôt ou tard l'heure de la défaillance pour la vertu lassée, insultée et meurtrie!... Et vous attendez patiemment!... Vous n'aurez pas attendu en vain !... Touchez là, je suis des vôtres!... Je veux la place d'honneur au grand banquet des
apôtres du mal... (Traversant devant Cornefert.) Qu'OU me paSSC la
coupe où Ton boit toute honte ! Cinq cent mille francs pour une signature, avez- vous dit?... Eh bien, voyons I... Où est l'acte à signer?.*, où est la plume qui signe ?... où sont tous les moutons que nous avons à tondre ?
CORNEFERT.
Près d'ici sans doute.
^ORESTIER, étonné.
Près d'ici ! comment cela ?
CORNEFERT.
Mon Dieu I pardonnez-moi, général I
FORESTIER, après un mouTement
Appelez-moi, monsieur...
GORNEFERT, continuant.
Mais... croyant pouvoir compter sur voire adhésion, j'a* vais donné rendez-vous... à nos moutons, ici-même, à midi sonnant...
Midi sonne à la pendule et l'on entend une sonrde rumeur.
Et tenez !.., ils ne sont pas en retard, car les voilà déjà qui bêlent !
MARGUERITE, paraissant au fond.
Général... il y a là plusieurs...
FORESTIER, plus fiérreuz que jamais*
Oui, oui, je sais... je sais... Introduisez tout le monde... (▲ Cornefart.) Finissons, el dépêchons-nous.
Marguerite ouTre la porte à la foule des actionnaires.