‹ Malvina ou un mariage d'inclinationChapitre 34 sur 34 · SCENE XV ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE XV ET DERNIÈRE

LES PRÉCÉDÉES , ARVED *.

M r de Barentin.

Grand Dieu !

ARVED.

CATHERINE

MARIE

M' de Barentin ?

Lui-même , que des considérations particulières avaient forcé jusqu’ici à cacher ce mariage, ( bas à Uuireuil ) et qui , malgré le pardon que je lui ai promis en votre nom , n’ose encore se présenter devant vous.

MARIE, à Malvina, à demi-voix.

Oh! ma cousine, que je suis fâchée maintenant de partir.

MALVINA , de même.

Sois tranquille ... tu ne partiras pas.

DUBREUIL , à Malvina.

Je veux croire, comme me l’a assuré mon neveu, que M r de Barentin ne t’a épousée que par amour , et sans penser à ma fortune ?

MALVINA

Ah ! je vous l’atteste.

DUBREUIL

C’est à sa conduite à me le prouver , et à mériter ce qu’un jour peut-être je ferai pour ma fille.

* Arved, Duhreuil, Malvina, Marie, Catherine. Malvina.

ARVED , passant entre Dubrcuil et Malvina.

Il a déjà commencé à se rendre digne de vous. . . 11 ^ accepté la sous-lieutenance que je lui ai proposée... Nous marcherons ensemble désormais dans la même carrière . . . nous la parcourrons avec honneur ; et quant aux torts de sa jeunesse. . . c’est sur le champ de bataille qu’il saura les réparer. ( Dubreuil va s’asseoir auprès de la table .)

MALVINA

Ah! mon cousin !... je ne sais comment vous remercier, et je n’ai plus qu’un moyen de vous prouver ma reconnaissance, en m’occupant aussi de voire bonheur. . . Les vœux de votre père et du mien étaient de resserrer encore tous nos liens de famille . . . que cet espoir que j’ai déçu soit par vous réalisé .. . et que ma cousine Marie, que vous aimiez dès l’enfance . . .

ARVED.

Ah! ce fut le rêve de mes jeunes années !.. . ce fut toujours mon unique pensée!. . . mon oncle vous le dira.

MARIE

P ciel ! .

ARVED.

Mais je ne suis pas heureux, ma cousine, dans mes projets, ni dans mes amours. . . Marie veut s’éloigner. . . elle veut quitter ces lieux , au moment où j’arrive.

MALVINA

Vous croyez ? et moi j’ai idée que , si vous la priez de rester . . .

ARVED , passant près de Marie.

Serait-il vrai !... Marie , ma cousine , toi que j’ai toujours regardée comme la compagne de ma vie. . . veux-tu combler mes plus chères espérances 'i

MARIE , hors d’ellc-même , et regardant Catherine.

Moi!

ARVED.

Oui , veux-tu accepter et mon cœur et ma main ?

MARIE , à part.

Ah ! j’en mourrai de joie !

ARYED, à Malvina.

Vous voyez. . . clic hésite.

MARIE , vivement.

Non , mon cousin , non , j’accepte.

ARVED.

11 serait possible ! toi , du moins , tu ne m’as donc pas repoussé ! tu veux bien de mon amour P Ah ! j’emploierai ma vie entière à t’en remercier , à prévenir tous tes vœux, à embellir ces jours que tu veux bien me consacrer.

CATHERINE, à demi-voi*.

Et moi je ne puis souffrir son erreur. . . je veux qu i sache à quel point il est aimé.

MARIE, de même.

Tais-toi donc.. . je le lui dirai bien moi-méme. ( On entend au dehors un prélude de contredanse.)

Entendez-vous ?... c’est ce bal . . . c’est tout ce monde que j’avais invité pour un autre motif. . . Allons leur présenter les nouveaux mariés. . . et tous mes enfans... ( II passe entre Arved et Marie qu’il presse dans ses bras , et tend la main à Malvina qui est à sa droite.) car tu es toujours mon fils, n’est-il pas vrai ?

ARVED , le serrant dans scs bras.

Oui , toujours.

DUBREUIL, essuyant une larme.

Ah ! c’est égal. . . ce n’est pas la même chose... Allons, n’y pensons plus. . . Venez tous. ( Ils vont pour sortir.)

MALVIN A , seule , à gauche, la main appuyée sur le dos du canapé, et regardant Arved qui s’éloigne.

Ah! je l’aimerai toute ma vie !... (La contredanse reprend plus fort.)

La toile tombe.

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