‹ Maman ColibriChapitre 12 sur 120 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

IRENE, GEORGET, et COLETTE, LA MARQUISE

IRÈNE, brusquement, à Georget. — Causez littérature avec la uia.rquise.

GEORGET. — De qui, de Balzac?

IRÈNE. — De qui vous voudrez...

Elle va à Colette, pendant que Georget se dirige vers la marquise.

IRÈN'E. — Et toi, mon petit coco, il faut t'en aller....

COLETTE, interloquée. — Ah! bon. bon.

IRÈNE. — Je te dirai pourquoi demain.

'' COLETTE. — Oh! qu'à cela ne tienne!...

IRÈNE. — Mais attends une minute, que les autres soient partis.

COLETTE. — Compris.

IRÈNE, se retournant, à Georget. — Tenez, montrez donc à la mai*quise ces reliures qui sont sur le piano. (A la marquise.) Vous qui êtes amateur, elles vous intéresseront.

COLETTE, à Irène. — Pauvre mairquise! Il faut la ménager. C'est un utile chaperon.

IRÈNE. — Dis-donc! Pas pour moi.

COLETTE. — Je sais... mais il ne faut jurei" de rien, n'est-ce pas? Pauvre marquise!

quand elle s'en ira de ce monde, en sera-t-il pa,ssé sur sa tête, dans l'ombre d'une baignoire ou d'un thé élégant, des baisers, des soupirs qu'elle n'aura pas entendus, e'n sera^ t-il né, sans qu'elle en ait rien su, de ces amours sérieux ou passagers qu'elle aura si doucement obligés de ses bons yeux endormis et délicats... Bonne vieille, que la mort lui soit légère !

IRÈNE. — Tu es gaie, ce soir. Ecoute, domain je t'expliquerai...

COLETTE. — A quoi bon?...

IRÈNE. — Cinq heures, demain ?

COLETTE, disparaissant à l'anglaise. — Si tu veux.

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