ISABELLE
cher ami.
Il appuie sur « chère amie »^ - Rien, ne vous occupez pas...
M"" Heiman est sortie.
ICENE II
ISABELLE, GEORGES, seuls.
Ils mesurent un instant le silence, puis se lèvent en même temps et se font signe : « Oui ». Ils se collent dans un coin, s'étreignent.
ISABELLE, tout à coup. — Prends "garde, elle est peut-être derrière la porte !
Elle se dégage.
GEORGES. — J'ai compté, cette fois nous en avons pour cinq minutes.
ISABELLE. — En voilà une de passée.
GEORGES. — Restent quatre.
Il l'attire.
ISABELLE. — Prends garde... la voilà...
Ils se séparent brusquement. — la porte vient de s'ouvrir.
GEORCEs, empoté, détachant ses mots. — Vous ne pensez pas, ma chère amie, qu'il soit alors absolument nécessaire...
C'est la femme de chambre qui est entrée.
LA FEMME DE CHAMBRE. — Madame...
voilà les chapeaux dé mademoiselle qu'on apporte.
ISABELLE. — C'est bien... posez-les là.
GEORGES, furieux. — Vous ne pourriez pas frapper avant d*entrer .^... Votre service se néglige considérablement à la campagne... V0UJ3 entendez?... ne me le faites pas répéter!
LA FEMME DE CHAMBRE. — Oui, moU.sieur...
GEORGES. — Allez!... C'est insupportable^' (Elle sort.) Chérie!...
Ils s'étreignent à nouveau.
LA FEMME DE CHAMBRE. — Madame... voil»
LES CHAPEAUX DE MADEM0ISE-LLE QTj'O APPORTE.
ISABELLE, réprimant de la main un battement de cœur. — Ah! j'ai eu peur!
GEORGES. — Tu as eu peur?... C'est déli-
cieux.
ISABELLE GEORGES
cieux!... Il
— Non. Je ne trouve pas.
— Ne dis pas ça ! c'est délime semhle que je trompe ton
mari... chose exquise.
ISABELLE. — Nous trompous quelqu'un, en effet... Chaque baiser est un remords.
GEORGES. — C'est ce que je dis... [U'i, f m2)s.) sous une autre forme, vTDilà tout.
ISABELLE. — Tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose de honteux et même de vilain dans nos baisers?
L'Enchantement
GEORGES. — Oui, il y a de l'adultère... Mu maîtresse! ma petite maîtresse!...
ISABELLE. — On dirait que ça t'amuse!
GEORGES. — Plus, ça m'excîte !
ISABELLE. — Tu as un excellent caractère.
GïEORGES. — On le fait, son caractère! Le ^ien devient, en effet, excellent. Je commence à comprendre le charme de notre situation... J'ai vingt ans... je sors du collège et j'ai une aventure avec toi. Ecoute, suppose que tu es la bonne de ma mère...
Il lui prend la taille.
ISABELLE. — Tu es stupîdo !
GEORGES. — Je trouve cela amusant, très, très drôle, et plus... Ces baisers dérobés, ces... Nous qui partions pour un ménage bourgeois !
isABELiiE, froidement. — Celui-ci te va mieux, je comprends ça.
GEORGES, tirant tout à coup sa montre.
— Voyons, deux et une font trois... Dépêchons-nous. (On frappe à la porte, machinalement il dit : ) Entr...
ISABELLE. — Chut!
Ils se séparent et vont s'asseoir diversement.
GEORGES, une fois installé, un journal à la main. — Entrez !