‹ Mammalogie, ou, Description des espèces de mammifèresChapitre 10 sur 102 · V. DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

V. DE LA GÉNÉRATION

Dans tous les mammifères , les organes de la génération sont constamment séparés sur deux individus différens ; ec si quelquefois ils paroissent, ou sont mème jusqu'à un certain point réunis ( ce qui constitue l’hermaphrodisme), ils ne sont pas parfaits er ne peuvent être d'aucun usage.

Le sexe femelle est composé :

1°. D'un organe sécréteur, pair, à peu près symétrique, nommé ovaire, etsitué constamment de chaque côté dans la cavité pelvienne. Sa structure est remarquable , en ce qu’on n’y voit réellemenr aucune trace de certe division particulière en œufs, comme son nom l'indiqueroit, et comme cela a lieu dans les animaux essentiellement ovipares ; 2°. d'un organe vecteur , ou canal-qui sert à conduire l’ovule détaché , mais dont l’orifice est béant dans la cavité abdominale ; c’est ce qu'on nomme trompe utérine où de Fallope, parce qu'élargie à son extrémité libre , appelée morceau frangé , elle

tient de l’autre à un troisième organe , 3°, la matrice ou utérus, qui semble quelquefois n'en étre

. qu'une dilacation. Cette matrice , qui forme l'un

des caractères les plus disrinctifs des maminifères, est siuée dans la cavité pelvienne , entre la terminaison du canal intestinal et la vessie urinaire. Sa forme, parfaitementsymétrique, est cependant trèsvariable. On y distingue en général le corps et les cornes , qui n'en sont pour ainsi dire qu'une bifarcation, et qui sont assez ordinairement en rapport inverse, c'est-à-dire, que lorsque les cornes deviennent fort grandes , le corps est plus petit, es vice versä. La structure de cer organe est évidemment crès-vasculaire : il est tapissé à l’intérieur par une membrane muqueuse , qui n'étant elle-même qu’un repli de la peau ou de l'enveloppe extérieure, a dû être doublée par une couche musculaire , mais qui est tellement tissue, que sa distinction est fort difcile à en faire, si ce n’est lorsqu'elle approche du moment où elle doit entrer en action. L’urérus se termine en arrière par une partie plus ou moirs rétrécie , qu'on nomme son cou , et Ce Cou se prolonge plus ou moins dans un cylindre creux plus ou moins considérable , qui en est le canal excréteur; c’est le vagin. Cet organe d’une longueur variable, d'une composition anatomique assez semblable à celle de l’urérus, avec cetre différence que devant varier un peu dans ses dimensions pour s’adapter à l'étendue de l'organe excitant , il contient un tissu caverneux ou érectile , s'ouvre à l'extérieur par un orifice assez large , fermé plus ou moins complètement dans les jeunes individus par une membrane ou hymen ; ce canal , qui ne se prolonge pas au dehors , est accolé contre et à la partie po:térieure de celui de l’urètre, et tous deux s’ouvrert d'une manière distincre dans une sorte de fente dirigée d'avant en arrière et nommée valve,

Cette vulve est bordée de chaque côté par un repli interne nommé rymphe, qui commence à la racine d’un organe symérrique situé dans k ligne médiane, désigné sous le nom de céütoris. Cet organe est composé d'un corps caverneux érectile, enveloppé par une membrane fibreuse : il est bifurqué à sa racine, attaché aux os ischions et mu pat des muscles particuliers tout-à-fait semblables à ceux de l'organe excitareur de l'individu mâle; enfin le tout est renfermé dans une sorte de fente extérieure formée par deux grandes lèvres , l'une à droite et l’autre à gauche, et dont la partie antérieure , plus renflée , est appelée pubs,

Une autre partie qui appartient encore aux ocganes de la génération dans les mammifères, ec

dont on à mème tiré leur nom classique, est un certain nombre d’amas de crypres extérieurs lactifères, situés d’une manière symétrique en nombre plus ou moins considérable de chaque côté de la face inférieure du tronc. Ce sont les mamelles (1).

Le sexe male offre une disposition d'organes rout-à-fait semblable dans les parties qui le constituent , mais dont les usages et les fonctions sont très-différens , au moins en apparence.

L'organe sécréteur , appelé cesticule , est chez tous les jeunes animaux placé dans la cavité abdominale ; mais dans un assez grand nombre d'espèces , il en sort tout-à-fait pour n’y plus rentrer, et est contenu à l'extérieur dans une poche qu'on nomme scrotum , tandis que dans les autres il sort seulement à l’époque où 1l doit être mis en usage, et rentre ensuite, Sa composition anatomique est plus simple que celle de l'ovaire, puisqu'ii est formé d'un grand nombre de petits canaux repliés un très-grand nombre de fois sur eux-imèmes, et contenus dans une enveloppe fibreuse dite, à cause de sa couleur, membrane albuginée, De la réunion des canaux séminifères il naît un canal qu'onnomme canal déférent ; qui suit un trajet variable, suivant que le testicule est intérieur ou extérieur, et qui toujours vient à la racine du canal éjaculateur ou excréteur ; mais avant et très-souvent, il se terinine dans une poche plus ou moins boursoufilée , divisée par des espèces de cloisons imparfaites en différentes loges qu'on nomme vyésicules séminales ; c'est la vésicule de dépor.

De chaque vésicule naît ensuite un petit canal

qui, après s'ètre réuni à celui du côté opposé, est enveloppé dans un gros crypte glanduleux appelé prostate , et qui se termine dans le canal éjaculateur analogue au vagin; celui-ci se prolonge ensuite

(1) Le nombre des mamelles est variable. L’ornithorhynque et l’échidné sont les seuls chez lesquels on ne les ait pas encore découvertes , ce qui fait soupçonner

w’elles ne se développent qu’à une certaine époque de Pannée , ou que les petits en naissant, ayant la faculté de pourvoir eux-mêmes à leur nourriture , elles n'existent qu'en vestiges. On en compte deux , tantôt peccorales( dans l’omme , les singes , etc.) ; tantôt inguinales ( danis le cheval , le rapir , etc. ). Quelques chauves-souris en ont quatre, deux pectorales et deux inguinales. Les Loris en ont quatre pectorales ; la plupart des carnassiers huit en tout ; savoir : deux pectorales et six ventrales. Les didelphes en ont quelquefois treize , doht une centrale ; les zruies en ont six; les rurminans , tantôt deux , tantôt quatre ventrales ; les céracés , deux près de la vulve , etc.

Dans quelques marsupiaux elles sont contenues dans un repli de la peau du ventre des femelles , erc.

plus ou moins au dehors pour former une partie de ce qu'on nomme pénis où organe excitateur mâle ; ce canal, qui est commun à l'éjaculation de la semence er à celle de l'urine , est composé dans ses parois fibreuses d’un tissu vasculaire et érectile , et il se termine par un renflement plus ou moins considérable de forme déterminée, mais extrèmement variable selon les espèces , qu'on nomme

gland (1).

Quant aux mamelles, elles sont presque toujours dans les mâles absolument comme dans les femelles.

(1) Tantôt le gland est lisse et de forme ovale (homme , macaques | babouins ) ;

Ou garni par un large bourrelet saillant , qui lui donne la figure d’un champignon ( sapajou , sagouin ) ; Ou garni de plusieurs bourrelets qui ont un aspect

‘tout-à-fait bizarre ( macaque bonnet-chinois ) ;

Ou mince et effilé ( raupe );

Ou comprimé sur les côtés, arqué en dessus à son extrémité ;

Ou assez court et conique , et armé d'épinés cartilagineuses dont la pointe est dirigée en arrière (chats ) ; Ou cylindrique et présentant deux renflemens successifs , l’un à sa base, et l’autre près de l'extrémité (chiens);

Ou. fourchu et offrant deux branches plus ou moins prolongées , et entre lesquelles s'ouvre l’urètre ;

Ou cylindrique et partagé à l'extrémité en quatre lobes par deux sillons qui se croisent ( phascolome)) ;

Ou conique et armé Re petits os plats et tranchans , et de crochets dirigés en arrière ( cobaye ) ;

Ou muni d'écailles et de croche:s cartilagineux (gerboises ) ;

Ou évasé en forme de cloche , renfermant un corps

ui ressemble à un champignon , à la base inférieure

Ant se trouve l'ouverture du canal de l’urètre ;

Ou très-mince , très-long et conique (sanglier, taureau);

Ou cylindrique comme la verge , renflé et arrondi à son extrémité ; le milieu de celle ci présentant une fosse dans laquelle s’ouvre l’urètre , au sommet tronqué d’un corps de forme pyramidale ( solipèdes ).

Outre les principales différences que nous venons de signaler , il en est une foule d’autres qu'il est impossible de décrire ici : chaque espèce , pour ainsi dire , présentant la sienne propre.

En général, la forme du gland est déterminée par la présence ou l'absence d’un os qui soutient le corps de la verge , et par les proportions ou la figure de celui-ci. Les mammniféres carnassiers en ont pour la plupart ; et chez eux il compose le plus souvent la presque totalité du gland.

Le fourreau ou le prépuce , destiné à protéger le gland dans l’état d’inaction , offre peu de différences remarquables. Néanmoins , tantôt il est adhérent à la peau du ventre ( dans presque tous les mammifères), tantôt il en est détaché ( #ommes , singes , chauves-souris ). C’est lui qui renferme les poches qui rassemblent certaines humeurs très-odorantes, comme le musc etle castorerm. Ce” même prépuce porre les deux mamelles du ckevaz,

Résultat ou produit des organes de la génération. On donne À ce produit , que l’on conçoit assez généralement formé ou sécrété dans l’ovaire de l'individu femelle , le nom d'œuf ou de fœrus ; ce qu'il offre de caractéristique , c’est qu'il n’emporte pas avec lui une partie propre à le nourrir indépendamment de sa mère , c’est-à-dire, qu'il n’est réellement composé que du germe même et des enveloppes qui lui sont propres. C’est ce qui fait que l'ovule | détaché par l'action médiare du fluide séminal absorbé , a besoin de s'attacher de nouveau daus un lieu déterminé du corps de sa mère, afin d'en extraire ce qui lui est nécessaire pour commencer son accroissement , au moyen d’une implantation vasculaire presqu'artificielle. C'est là ce qu'on nomme le placenta ; qui du reste peut varier considérablement sous les rapports de sa forme, de sa complication, etc., mais qui est toujours formé d’un: amas inextricable de vaisseaux veineux et artériels provenant du fœtus et communiquant d'une manière médiate avecceux de la mère,

L'ovule, pour ainsi dire mûri sur ou dans l’ovaire , détaché de cet organe à la suite de l’acte de la copulation , est entraîné, au moyen de la trompe

u'on suppose presque le saisir, dans l’intérieur de l'utérus ou le lieu du dépôr. Cet œuf, dans lequel il est impossible de distinguer rien autre chose qu'une petite quantité d'un fluide albumineux , est enveloppé de deux membranes, le ckorion et l’amnios , entre lesquelles se place une sorte de sac plus ou moins étendu , communiquant avec la vessie urinaire, et qu’on désigne sous le nom d’allantoïde. Une fois arrivé dans l’utérus, cet œuf y détermine, ou sympathiquement ou par sa présence, une sorte d’infammation qui produit l'adhérence de l’une de ces parties avec la cavité utérine ; c'est en cet endroit que se développe le système vasculaire dont il a été parlé plus haut, ou le placenta qui, pour faciliter le mouvement du fœtus dans l'utérus, se prolonge en formant un cordon dit ombilical , parce qu’entré par l’ombilic du fœtus , il pénètre dans la cavité abdominale. Une partie des vaisseaux qui le composent , Va porter Le sang puisé dans la mère , dans le système veineux du jeune sujet , tandis que par l’autre, les arsères ombilicales, il revient au placenta.

Le fœtus ainsi renfermé reste un temps plus ou moins long dans l’utérus, et surtout en sort dans un état plus ou moins formé; ce qui dépend de certaines circonstances : mais constamment il a besoin , après sa sortie , d’un nouveau rapport avec sa mère, qui constitue l’allaitemens. Cet allaite-

ment, qui s'exécute au moyen des mamelles, est aussi fort variable quant à la durée (1).

Les mammifères viennent donc à la lumière dans un état vivant manifeste ; ce qui leur a fait donner le nom de vivipares ; maïs il y a des diférences nombreuses parmi eux sous le rapport de l’état plus ou moins parfait sous lequel ils naïssenr. En général, il nous semble que plus l'animal est descendu dans l'échelle des êtres, et plus il naît parfait > Où moins on conçoit qu'il a besoin de sa Inêre , €£ vice versà.

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