Membres antérieurs trans
formés en ailes.. . . 1. Ordre des Chiroptères. 2.) Membres antérieurs nor- MAX "204 . . 2. Ordre des Insectivores.
bb. Système dentaire incomplet :
2 sortes de dents seulement.3. Ordre des Rongeurs. b. Dents molaires tranchantes :
au Pattes disposées pour la loco notion terrestre. . . . 4. Ordre des Carnivores.
bb. Pattes disposées pour la natation. . 5. Ordre des Amphibiens ou Pénnipèudes.
b. Doigts garnis de sabots : Ongulés.
a. Ün seul doigt ou sahot à chaque pied, . . .. . 6. Ordre des Hippiens ou Solipèdes.
b. Quatre do'gts, estomac impropre à la rumination |. .° ;. .. , 7, Ordre des Poreme. c. Deux doigts, estomac propre à la rumination, , 8 Ordre des Pécoriens ou Ruminants.
B. Deux membres seulement, les deux posté-
rieurs étant atrophiés et remplacés par une queue horizontale : Zchthyomorshes ou Pisciformes. «ets does 4 1 1910 Te PRE
Les trois ordres des Ongulés étant peu nombreux en espèces, nous ne les considérerons ici que comme de simples sous-ordres, et nous les réunirons en un seul ordre sous le nom général d'OxGuLÉS.
Nous abordons immédiatement l’étude des différents groupes dont se compose la classe des mammifères. Nous
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ferons remarquer que les chiffres que nous donnons comme indiquant les dèmensrons de l'adulte pour chaque espèce n'ont rien d'absolu, ces dimensions étant variables suivant le sexe, l’âge, les localités et même individuellement, ou bien selon la manière dont chaque observateur prend ses mesures; elles sont encore plus variables chez les individus montés, suivant la manière dont ils sont préparés ; mais, indépendamment des écarts provenant de ces diverses causes, ces chiffres sont {oujours assez précis pour que l’on pursse distinguer facilement l'une de l'autre, deux ou trors espèces d'un même genre ou d'un même sous-
genre, seul cas dans lequel il puisse y avoir confusion.
ORDRE I. — CHIROPTÈRES
Caractères de l'ordre. — Membres antérieurs modifiés pour le vol ou transformés en ailes, au moyen d'une membrane qui s'étend entre les flancs et les membres
- thoracique et pelvien. La membrane alaire est constituée
Oreillard (Plecotus auritus).
par cette membrane qui se prolonge entre les phalanges des doigts de la main (non compris le pouce), phalanges qui sont considérablement allongées. Une membrane accessoire, la membrane interfémorale, relie le membre
pelvien à la queue, et est généralement tendue par un prolongement particulier du pied, dirigé en arrière en guise d’éperon, et qu'on appelle le calcaneum.
Les mamelles sont thoraciques et situées latéralement au-dessous de l'aisselle. Il y a trois sortes de dents.
M G. E. Dobson a divisé les Chiroptères en deux sousordres : les Mégachiroptères etles Microchroptères. Toutes les chauves-souris de France appartiennent à ce dernier sous-ordre.
Les Microchiroptères ou chauves-souris insectivores sont caractérisés par leurs molaires dont la couronne hérissée de tubercules.aigus indique clairement le régime, qui est exclusivement composé d'insectes. Le nombre des dents varie de trente-deux à trente-huit; il existe généra- . lement un intervalle, sur la ligne médiane, entre les incisives supérieures de chaque côté, par suite du défaut de soudure des deux os prémaxillaires entre eux.
Les chauves-souris sont des animaux essentiellement nocturnes ou crépusculaires, et qui ne se montrent au dehors que pendant la belle saison. Tant que dure le jour, elles restent cachées dans les trous d'arbres ou de rochers, dans les fentes des murailles et des clochers, dans les parties sombres des greniers ou de tout autre abri analogue, fuyant le plus possible la lumière du so- Jeil. Dès que la nuit arrive on les voit voler en tout sens, et les nombreux crochets qu’elles effectuent avec beaucoup d’aisance, indiquent qu’elles poursuivent des insectes, que l'obscurité nous empêche de distinguer, mais qui n’échappent pas à la vue d’un animal nocturne.
A l'automne, quand viennent les premières gelées, la plupart des espèces se retirent dans des caves ou des ca-
vernes souterraines dont la température, invariable en
toute saison, leur offre un abri confortable pour passer l'hiver. Les Æhinolophes sont à peu près les seules espèces qui habitent les cavernes en été comme en hiver. Les Vespériens (Vesperugo), au contraire, s'y trouvent rarement, même à l’époque des grands froids. Quant aux Vespertilions (Vespertilio) que l'abondance des insectes au bord des eaux, pendant l'été, attire le long des rivières, ils quittent les trous d'arbre qui leur ont servi de retraite pendant la belle saison, et prennent leurs cantonnements d'hiver dans les souterrains et les cavernes
où on les trouve, plus ou moins engourdis, depuis
octobre jusqu’en avril.
De cette observation, il semble résulter que les Rhinolophes sont les plus frileux de tous nos chiroptères. Après eux viennent les Vespertilions (et les Oreillards qui ont les mêmes mœurs), car toutes les espèces habitent des cavernes à température tiède pendant l'hiver. Quant aux Vespériens (Sérotine, Noctule, Pipistrelle, etc.), ils semblent beaucoup plus rustiques sous ce rapport et mieux conformés pour résister au froid, car, pour mon compte personnel, je n’en ai jamais rencontré dans les cavernes où je prenais, pendant l'hiver, toutes les espèces de Vespertilions et de Rhinolophes de notre faune. Il est probable que les Vespériens restent en toute saison dans les clochers, les greniers et les trous de murailles, assez mal abrités du froid, où on les trouve d’ordinaire.
Ces habitudes, du reste, semblent d'accord avec la distribution géographique de ces animaux telle que nous la connaissons : le genre Rhinolophe est surtout nom-
; Den 8 FAUNE ÉLÉMENTAIRE
breux en espèces sous la zone torride ; les Vespertilions 4 sont les chauves-souris ls plus communes sous la zone tempérée que nous habitons; et quant aux Vespériens ce sont des habitants du Nord, et l'une de leurs espèces (le Vesperugo borealis) est même le seul chiroptère qui s’'étende en Suède jusqu'au delà de la limite du cercle Arctique.
Il est probable que les chireptères, de même que les oiseaux, accomplissent des migrations plus ou moins lointaines à la recherche des insectes dont ils se nourrissent et dont le nombre est si variable suivant les oscillations de la température. Mais de bonnes observations sont encore à faire sous ce rapport, et les mœurs nocturnes de ces animaux les rendent fort difficiles. Cependant, dès 1857, Blasius et Kolenati ont constaté que le Vesperugo borcalis, cette espèce du nord de l'Europe, s’avancait en été jusque dans les montagnes de la Suisse, était de passage périodique dans le nord de l'Allemagne, et effectuait de petits voyages de la montagne à la plaine et vice versa à la manière de certains oiseaux. De même le Vesperugo abramus, qui remplace notre pipistrelle dans l'est de l'Asie et au Japon, étend ses voyages pendant l'été non seulement jusque dans les Alpes et le Jura, mais encore, comme je l’ai montré récemment !, jusqu'aux environs de Bordeaux, tandis qu'on ne l’a jamais vu en Europe pendant l'hiver. Enfin le curieux molossien Nyctinomus Cestoni’, le seul de sa famille que l'on trouve en Europe, et qui est rare même en Italie, remonte vers le nord jusque dans le Jura, ainsi que nous le montrerons
1 Le Naturaliste, 1879, n° 146, p. 125.
plus loin. — Sans doute ces espèces n'appartiennent à notre faune qu'à titre tout à fait accrdentel, mais elles n’en ont que plus d'intérêt et nous devions les signaler ici. Les chauves-souris passent. toute la durée du jour à dormir dans leur retraite, suspendues la tête en bas et accrochées par leurs pattes de derrière. C'est la même position qu'elles prennent pendant l'hiver, alors qu'elles s’engourdissent pour plusieurs mois. Ce sommeil hivernal est moins profond que celui de beaucoup d'autres mammifères : cependant la respiration et la circulation se ralentissent et l'animal s’accommode à la température ambiante, comme on le constate facilement quand on les saisit pendant ce sommeil : on croirait toucher un animal à sang froid. 11 semble que l'animal ait fait à l'avance une grande provision d'aliments, car la défécation se continue très longtemps, bien qu'il ne mange plus, ainsi que je l'ai constaté bien des fois : il est probable que la chauve-souris se réveille pour satisfaire à ce besoin, car sans cela, suspendue par les pieds comme elles sont toutes, elle salirait sa robe, ce qui arrive très rarement, car ces animaux sont très soigneux de leur toilette. Pour se retourner dans la position convenable, elle détache un de ses pieds, se balance quelque temps jusqu’à ce qu'elle ait pu accrocher le pouce de l'aile, pis, le besoin satisfait, reprend immédiatement sa première position et son sommeil. — Lorsque le temps est au dégel, pendant l'hiver, il est plusieurs espèces, comme la pi- pistrelle, qui sortent de leur sommeil et se mettent en chasse : quand le ciel est couvert on en voit souvent voler, même en plein jour, pendant les mois de décembre et de janvier. :
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Dans les cavernes où elles passent l'hiver, les chauvessouris ne sont pas toujours accrochées par les pieds aux parois, comme on le dit généralement. Dans les caves creusées pour l'exploitation de la pierre tufeau dans le terrain turonien du bassin de la Loire, on ne les trouve pas toujours aussi facilement qu'on pourrait le croire. Si le froid est vif et qu'il pénètre plus ou moins dans les cavernes, les chauves-souris recherchent les trous et les moindres crevasses de cette roche argilo-calcaire, et s’y blottissent par petits groupes de deux ou trois, de sorte qu'une personne peu habituée à cette chasse pourrait parcourir plusieurs fois ces cavernes à la lueur des bougies sans voir un seul chiroptère. Les chauves-souris s’enfoncent en effet dans les fissures jusqu’à une profondeur d'un mètre et plus : on doit donc s'armer d’une canne légère terminée par un crochet mousse et dont on se sert pour sonder avec soin toutes les anfractuosités de la pierre : les cris de l’animal surpris dans son sommeil vous avertissent de sa présence, et le crochet dont votre canne est munie vous permet de l’attirer jusqu'à vous. Les chauves-souris que l’on se procure dans ces conditions ont souvent le poil tout blanc de rosée par suite de l'humidité due aux infiltrations si fréquentes dans ces cavernes. *
La reproduction a lieu au printemps, et dans notre pays dès le mois de mars. Les femelles en gestation font généralement bande à part. Cette gestation est de cinq à six semaines. Les petits naissent nus, les oreilles et les yeux fermés; il est rare que chaque femelle en ait plus d’un. Il s'accroche à la mère avec ses ongles, et se met immédiatement à têter. Les femelles volent avec leurs
DES MAMMIFÈRES DE FRANCE al
. petits sans paraître s'occuper d'eux, et lorsque le jeune - est déjà grand, le groupe que forment le nourisson et la mère a l'aspect le plus singulier. Au bout de cinq à six semaines les jeunes sont aussi grands que leurs parents, et ils ne sont guère sevrés avant cette époque. En captivité on peut nourrir les chauves-souris en leur donnant des mouches, des vers de farine, ou de la viande hachée. J'ai gardé plusieurs fois des pipistrelles en cage pendant tout l'été, les nourrissant de mouches et d’autres insectes. En leur fourrant d’abord de force la nourriture entre les dents, à l’aide d’une petite pince, on les dresse assez vite à venir la prendre à travers les barreaux de leur cage. Lorsque j'introduisais dans cette cage un papillon de nuit d’une certaine taille, mes pipistrelles ne tardaient pas à se jeter dessus et l’une d'elles le saisissait avec les dents : puis se renversant sur le dos, elle enveloppait sa proie de ses ailes et de sa queue, renver- . sait sa tête sur sa poitrine, et après avoir arraché les ailes de l’insecte, elle se mettait en devoir de le dévorer. … De gros papillons (WMacroglossa stellatorum, par exemple) - étaient mangés en quelques instants, et toujours en suivant, en spirale, les anneaux du volumineux abdomen de l’insecte. Une seule pipistrelle mange aisément de soixante à quatre-vingts mouches par jour.
La marche quadrupède est plus rapide qu’on ne le sup- . pose généralement; cette marche ressemble beaucoup à celle d’un homme à très courtes jambes qui courrait avec des béquilles trop grandes pour lui. Plusieurs de mes pipistrelles étaient des mères que l’on avait prises avec leurs petits déjà presque aussi gros qu’elles, bien que tétant encore : elles couraient dans la cage en en-
trainant derrière elles leur nourisson qui avait la tête passée sous leur aile pour ne pas lâcher le mamelon, si bien qu'au premier abord il était assez difficile de se rendre compte de la nature du couple que l'on avait sous les veux : on aurait dit que l'on voyait une personne donnant le bras à un malade et le forçant de marcher vite malgré lui.
Le cri des chauves-souris est assez aigu et plus ou moins fort suivant la taille de l'espèce : on l'a comparé à celui des petits rongeurs comme la souris; il rappelle aussi celui des petits singes tels que les Ouistitis. Le Murin (Vespertilio murinus), qui est la plus grande espèce de France, pousse quand il est effrayé ou en colère une sorte de grésillement qui ressemble au bruit d'une scie mal graissée, et qui, d’abord très fort, va en s’affaiblissant graduellement à mesure que l'animal se calme.
Les sens sont très développés, car si la vue est gènée par la lumière trop vive du soleil, elle permet à l'animal de saisir les plus petits insectes à la faible lueur du crépuseule. Mais c’est sous le rapport de l’ouiïe et du toucher que les chiroptères sont le mieux doués, comine le montre l'énorme développement des membranes du nez et des oreilles : les chauves-souris entendent probablement de très loin le bourdonnement des insectes; l'oreëllon que la plupart possèdent à l'intérieur de la conque auditive est à la fois un opercule et un organe vibratile d'une grande utilité, car si on le coupe, l'animal semble comme étourdi et se heurte au plus léger obstacle. La privation de la vue, au contraire, les gène beaucoup moins : si l’on applique sur les veux d'une chauve-souris une bande de taffetas d'Angleterre, on la
- voit voler avec aisance au milieu d'obstacles multiples et
sans jamais les toucher. |
L'utilité des chiroptères nous est prouvée par la grande quantité d'insectes qu'ils détruisent pour leur nourriture. Quant aux mœurs de vampire que l’on a prêtées aux Rhinolophes, il est certain, en tout cas, que ces animaux ne peuvent être dangereux ni pour l’homme ni pour les animaux domestiques. La morsure même de la grande
espèce n est pas plus douloureuse que celle d’une souris,
et n'a pas d'autres suites. En captivité cependant, il est certain que ces animaux se dévorent entre eux quard on a l’imprudence d'en laisser plusieurs ensemble sans leur donner de nourriture : mais rien ne prouve que ces mœurs sanguinaires leur soient habituelles dans l’état de nature et de liberté.
Les chiroptères de France appartiennent aux trois familles des Æhinolophidés, Vespertilionidés et Emballonuridés, et comprennent cinq genres et vingt-cinq espèces.
Tableau des genres de Chiro;tères de France,
À. Nez surmonté d'un repli membraneux en forme de feuille; pas d’oreillon à l'intér' eur de l'orgille . . . . . Genre RuwnoLopur (Rhinolophus).
B. Nez dépourvu de repli en forme de feuille, un oreillon bien distinct.
= a. Queue longue et mince, dépassant très
eu la membrane interfémorale. dont le bord libre forme avec elle un angle aigu: n genres.
aa. Sommet de la tête plat ou peu élevé audessus du museau : incisives supérieures accolées, deux par deux, à la canine de chaque côté.
a. Narines s'ouvrant à la partie supéiieure du museau, au fond
EL
d'une rainure profonde; oreilles soudées ensemble à la base ; 2 genres.
aa Oreilles très grandes, , .
bb. Oreilles moyennes. . . .
b. Narines s’ouvrant comme d’ordinaire à l'extrémité du museau :
oreilles bien séparées : 2 genres.
ec. Bord externe de l'oreille s'insérant très bas en avant, au-dessous ou très près de la commissure des lèvres; oreilles plus courtes que la tête; oreillon courbé en dedans ou droit, à sommet arrondi; museau gros et court ; ailes longues et étroites |. «4, Genre M dd. Bord externe de l'oreille s'insérant brusquement près de la base de l'oreillon, aude$sus de l’angie de la bouche; oreilles aussi lonongues ou plus longues que
la tête; oreillon courbé en.
dehors ou droit, allongé et à sommet pointu; museau long et conique; ailes cour-
tes et larges. Genre VESPERTILION (Vespertilio).
bb. Sommet de la tête très
élevé au-dessus du museau ;
incisives Supérieures sépa-
rée< des canines, ainsi
qu'entre elles en avant;
, oreilles, museau et forme générale comme dans le g.
Vesperugo; ailes très lon-
gües et {rés étroites. L°1.7.
b. Queue épaisse, dépassant la membrane interfémorale de la moitié de sa longueur,le bord de cette membrane formant un angle droit avec la queue quand elle est tendue; oreilles largement soudées par leur bord interne .
ESPÉRIEN (Vesperugo).
. Genre OREILLARD (Plecotus).
Genre BARBASTELLE (Synotus).
. Genre MINIOPTÈRE (Miniopterus).
sm
. Genre MoLossE (Nyctinomus).
FAMILLE DES RHINOLOPHIDÉS.
Genre Khinolophe.
(Rhinolophus, E. Geoffroy).
Caractères. — Nez surmonté d'un repli cutané en forme de feuille ; ouverture des narines située au milieu | de la base de ce repli ; oreilles bien séparées, dépourvues d’oreillon ({ragus). — Deux incisives supérieures seulement, petites, rudimentaires, accolées de chaque côté à la canine ; quatre incisives inférieures.
Formule dentaire : Inc. <=, Can. ;:;, Prémol. #+, Mol.
33 = 32 dents. La feuille nasale est constituée de trois
parties distinctes : 1° le fer à cheval, qui couvre la lèvre
- supérieure et les côtés du museau; 2° la selle ou se//a, qui
forme une saillie verticale au-dessus du nez, au centre de la feuille; 3° la feuille proprement dite, qui présente plusieurs cellules de chaque côté, et dont la pointe ou lancette se dresse entre les yeux en couvrant une partie du front. — La base du bord antérieur de l'oreille forme
un lobe distinct bien développé, ou antitragus, qui rem-
Le
place fonctionnellement l’oreillon absent. — Les ailes sont très larges, et la membrane interfémorale, coupée plus ou moins carrément, laisse le pied libre. Au repos,
. la queue est généralement relevée sur le dos, et l'animal . s’enveloppe de ses ailes pendant son sommeil.
Les Rhinolophes habitent en toute saison les cavernes, où on les trouve quelquefois réunis en bandes considérables : ils sortent plus tard que les autres chauves-souris, et poursuivent d'un vol bas et lourd les insectes dont ils font leur nourriture. — Quand ils sont surpris dans les cavernes pendant leur sommeil hivernal, ils agitent leurs oreilles d’un mouvement vibratile qui rappelle celui des
antennes de certains Hyménoptères. — D'un naturel
cruel, ils mordent et déchirent les espèces plus faibles que l'on tient en captivité avec eux, leur brisent les membres et les dévorent. Dans les mêmes circonstances ils se battent souvent entre eux, jusqu à ce que le plus
faible succombe. ‘
Nous avons en France 4 espèces de Rhinolophes.
Tableau des espèces du genre Rhinolophe !.
A. Taiile grande : avant-bras = 0m,057 ; 2e prémolaire supér. accolée à la canine, la 1re étant très petite et située en dehors de la ligne dentaire ; — 2e prémolaire infér. trèspetite, à peine visible (à la loupe, et située en dehors de la ligne dentaire dans l'angle extérieur formé par ls deux autres prémolaires; — partie postérieure de la se/la terminée en pointe obtuse; interfémorale légèrement triangulaire, l'extrême pointe de la queue étant seule libre; oreilles plus courtes que la tête, à pointe très aiguë. RHINOLOPHE GRAND FER A CHEVAL (R. Ferrum equinum).
.! Nous donnons les dimensions, pour les petites espèces, en millimètres ; ainsi : 0,057 veut dire 57 millimètres. — Pour les Chiroptères, nous donnons de préférence la longueur de l’avant-bras, comme étant celle d’un os inflexible (le radius), et par conséquent invariable, quel que soit le mode de préparation de l'animal, e qu'il soit mort ou vivant.
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B. Taille moyenne ou petite; 2e prémolaire supér. séparée de la canine par un espace dans le milieu duquel se place la 1re prémolaire ; — 2e prémolaire infér. petite, mais bien visible, dans l'angle extérieur formé par les deux autres prémolaires.
a. Antitragus ou lobe antérieur de l'oveille séparé de celle-ci en arrière par une échan- crure aiguë; sella terminée en pointe obtuse; taille petite, avantbras — 0m,040; interfémorale angu-
leuse. . . RHINOLOPHE PETIT FER À CHEVAL (RA. hippasideros), b. Antitragus séparé de l'oreille par une échancrure obluse, sella terminée en pointe aiguë ; interfémorale carrée, dépassée parla queue, dont la pointe est libre; taille moyenne : avant-bras =—- 0m,046. — Deux espèces méridionales.
a. Membrane de l’aile s’insérant au
talon; sella à pointe subaiguë. . RINOLOPHE DE BLASIU
(Rh. Blasii).
b. Membrane de l’aile s’insérant au tibia, au-dessus du talon; sella à
pointe aiguë. . . . RHINOLOPHE EURYALE (Rh. euryale).
Le Khinolophe grand fer-àa-cheval
(Rhinolophus ferrum equinum, Schreber).
.… Synonymie. — Rhinolophus uni-hastatus, £, Geof.
Fig. 1. — Feuille nasale Fig. 2. — Feuille nasale vue de face, vue de profil.
Caractères. — Fer-à-cheval petit, ne cachant pas les côtés du museau ; côtés de la se//a concaves, son sommet formant un plateau arrondi, sa pointe postérieure obtusément conique ; interfémorale légèrement triangulaire
l'extrême pointe de la queue étant seule libre ; oreilles un peu plus courtes que la tête, à pointe très aiguë. Les ailes s’insèrent au talon ; le calcaneum est bien développé. Dents (comme dans le tableau.) — Pelage d’un brun rougeâtre teinté de gris en dessus ; gris pâle en dessous ou presque blanc. La femelle plus rousse que le mâle; les jeunes ont moins de roux.
Longueur de l’avant-bras = 0", 057; envergure = 0", 350 à 0", 450; corps avec la tête — 0", 060; queue = 0%, 042.
Habite toute la France ; plus commune dans le sud- .
ouest. Cette espèce, la plus grande du genre, fréquente par petites troupes de 10 à 12 individus, les combles des
vieux édifices, les grottes et les troncs d'arbres creux. En
hiver on la trouve par couples ou isolée, dans les caves etles cavernes. Au printemps, elle est une des premières à se montrer, mais elle ne sort que tard dans la nuit. Son vol est rapide, quoique bas et lourd : elle poursuit les papillons nocturnes le long des allées d'arbres, des murailles et des rochers. Son cri est un sifflement aigu.
Kolenati lui attribue l'habitude de s'attaquer aux animaux endormis pour sucer leur sang à la manière du vampire : elle commettrait ainsi des dégâts dans les pigeonniers en s’attaquant aux jeunes pigeons encore au nid; mais ces faits demandent confirmation.
Le KRhinolophe petit fer-à-cheval (Rhinolophus hipposideros, Bechstein).
Synonymie. — Rhinolophus bihastatus, £. Geoff. — hippocrepis, Hermann. — minutus, Montagu.