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La Crocidure leucode
(Crocidura leucodon, Hermann).
| Synonymie. — Leucodon micrurus, Fatio.
| Caractères. — Queue plus courte que la moitié du
» Revue et magasin de zoologie, 1875.
corps, bicolore. Pelage en dessus d’un brun noirâtre, plus où moins foncé ; tout le dessous du corps et les. flancs d'un blanc pur, nettement séparé de la couleur du dessus; pieds blancs. Du reste, semblable à la précédente, mais un peu plus grande.
Longueur de la tête et du corps = 0",070 ; queue — 0",030. |
Dents. — Les intermédiaires supérieures sont plus petites que dans la C.
araneus, et comprimées, surtout la 3° (ou canine) qui est en partie rejetée en dedans; la prémolaire (ou carnassière), au contraire, est plus forte et Fig. 42. — Crâne de Cr. Zeucodon { plus élevée que chez Cp | l'espèce précédente. |
Il est à noter que la teinte foncée du dessous s'efface et passe au roux pâle chez les individus conservés en peau | dans les collections. — Les jeunes ont le museau plus épais et la queue étranglée. à
Cette espèce habite la France à l’est de Paris : elle est moins commune, en général, que la musette, dans notre pays; mais en Alsace et en Allemagne, elle serait, À d'après Duvernoy, l’espèce dominante. On l’a signalée en France, dans la Somme, près d’Abbeville (Marcotte),« 1 dans le département de Seine-et-Marne (de Sinety), en | Lorraine (Godron), en Champagne, dans l'Aube (Æay),… | l'Yonne (P. Bert), le Jura (Ogérien), le Doubs, près de Montbéliard (Sahler), le Rhône, près de Lyon (de Sélys),\ l'Allier (£. Ollivéer), dans le Gard, le Var, et toute la
» Provence (Crespon et Gerbe), enfin, dans les Alpes, où | elle s'élève jusqu’à 1,400 mètres (Fatro).
— Ses mœurs sont celles de la musette, dont elle se dis- “tingue facilement par sa tête plus longue, sa queue plus courte et ses couleurs bien tranchées qui rappellent celles
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- Fig. 43. — Crocidure leucode (2/3 de gr. nat.).
de la musaraigne aquatique à ventre blanc (Crossopus fodiens, variété carénatus). — Elle habite les jardins et “les champs, et se plaît au pied des murs et dans les terrains fortement couverts, tels que les chénevières de la “allée de Moselle (de la Fontaine).
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Sous-Genre Pachyura, Sélys.
| … Formule dentaire : I. 2, C. ::, Pm. =, M. à, |= = — 30 dents.
84 FAUNE ÉLÉMENTAIRE Les petites intermédiaires supérieures au nombre de quatre. L'E:"0
La Crocidure étrusque
(Crocidura étrusca, Savi).
Synonymie. — Pachyure étrusque, des auteurs ; — Cro= cidura suaveolens (en partie), de Blasius, maisnon celle de Pallas.
Caractères. — Taille très petite; queue forte, carrée, diminuant insensiblement de grosseur, aussi longue que le corps sans la tête, couverte de poils ras jusqu'à son extrémité, avec des verticilles de poils beaucoup plus longs. Oreilles grandes, arrondies; tête grosse relativement au corps.
Pas de glande odorante sur les flancs. — Pelage en dessus d’un gris cendré:
plus ou moins lavé de roux ; le museau, les pattes et le dessous du corps, y compris les flancs d’un gris plus clair tirant au blanchâtre ; les pieds sont couverts de poils! blancs jusqu'aux ongles; moustaches blanchâtres. — Les jeunes sont plus foncés et sans mélange de roux. |
Longueur de la tête et du corps — 0,035; queue = 0%,025. |
Dents. — La troisième, ou avant-dernière intermédiaire supérieure (canine), aussi haute que le tubercule de la deuxième prémolaire (carnassière); la quatrième ou der
Fig. 44. — Dents de Cr. étrusca {grossies 6 fois).
nière intermédiaire (première prémolaire), très petite, Drudimentaire, rejetée en dedans de la ligne dentaire et. “ invisible du dehors, cachée par le tubercule antérieur de
Ja carnassière.
— Cette espèce méridionale est propre au pourtour de læ
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Fig. 45. -- Crocidure etrusque (2/3 de gr. nat.).
3 Méditerranée : elle n’est pas très rare en Provence, no- …tamment dans le Var et dans le Gard (Gerbe et Crespon)
à ais il paraît qu'elle remonte jusqu'au plateau centrakd “la France, car M. Æ. Ollivier la signale comme ayar
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car le mâle adulte ne pèse pas deux grammes. Ses MŒUrS sont celles de la Musette : elle fréquente les jardins et le” voisinage des habitations où même elle se réfugiesouvent « pendant l'hiver. Elle est, en effet, très sensible au froid :. elle s'engourdit et meurt quand la température descend au-dessous de six degrés; et, d'après Savi, elle a besoin pour vivre d’une chaleur d'au moins dix degrés au-dessus « de zéro. En été, elle se cache sous les racines et dans le tronc des vieux arbres. Elle vit de proies, se jette sur les. insectes avec rapidité, et sa voracité extrême la porte à . attaquer sa propre espèce ou les oisillons dont elle peut atteindre le nid. C'est ainsi que les petits de l’alouette, qui niche, comme on sait, à fleur de terre, dans les sillons, ne sont pas à l’abri de ses rapines. Cette férocité, ces . instincts sanguinaires, étonnent chez un si petit animal, | et c'est ce qui fait dire au prince Bonaparte : Tanta immanitas tam parvo in corpusculo, tam pertinax sprritus !
Genre Musaraigne
(Sorer,"L),
Amphisorez, Duvernoy. — Corstra, Gray.
Caractères. — Dents d’un rouge orangé à leur pointe; Ml les deux grandes incisives médianes inférieures dentelées* sur leur tranchant supérieur ; les deux supérieures ayant le” talon aussi saillant que la pointe, ce qui fait paraitre la dent double ou fourchue; queue cylindrique ou carrée couverte de poils d'une seule espèce ; doigts presque nus, M non couverts de poils raides ; oreilles petites, plus ou M moins cachées par les poils.
DES MAMMIFÈRES DE FRANCE 87 Formule dentatre : I. {=#, C. :=;, Pm. °-*, M. à 23,
— + — 32 dents. Petites intermédiares supérieures au - nombre de c2ng.
Ce genre, représenté par trois espèces en France, renferme des Musaraignes terrestres, mais à formes plus ramassées que les
… précédentes, et que l’on : NE trouve dans les lieux hu- “mides ou au bord des eaux. Elles s'étendent beaucoup
plus au Nord que les précédentes.
La Musaraigne Carrelet
L (Sorex vulgaris, L.).
Synonymie. — Sorex tetragonurus, Hermann et les “auteurs modernes ; — Sorex coronatus, Millet ; —$. cons “trictus Geoffroy, Millet (mais non Hermann).
— Caractères. — Pelage épais et velouté comme celui de À la Taupe ; queue d’égale grosseur dans toute son étendue, “presque carrée, un peu plus courte que le corps. Dessus d'un brun noirâtre ou roussâtre; dessous d’un gris blan- …châtre ; une ligne rousse le long des flancs. Pieds presque nus, à poils blanchâtres laissant voir la couleur de chair, mune glande odorante sur les flancs.
- Longueur de la tête et du corps, = 0", 060 à 0", 070;
KE queue — 0%, 040 à 0", 045 ; pied de derrière = 0”, 015. … Dents. — La cinquième ou dernière intermédiaire supéurieure (première prémolaire) plus petite que le tubercule
antérieur de la deuxième prémolaire (carnassière), rejetée } en dedans et presque entièrement cachée par celle-ci quand on regarde du dehors. La canine inférieure n'a qu’un seul tubercule, la prémolaire en a deux.
La Musaraigne Carrelet varie beaucoup de couleur, ce
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Fig. 47. — Musaraigne carrelet (2/3 gr. nat.).
qui a donné lieu à la création d’un grand nombre d'espèces | nominales à ses dépens, surtout en Allemagne et en Angleterre ; en outre, ces variétés l'ont fait confondre avec. la Musaraigne aquatique (Crossopus fodiens), à laquelle : elle ressemble plus par ses formes qu’à la Musette. Ainsi, | le Sorer Daubentonii de Cuvier (Xègne animal), 2° éd.,
I, p. 127), de Baillon et deplusieurs autres, est la présente |
- espèce et non le Crossopus; il en est de même du $. cons. trictus de Geoffroy et de Millet, qui n’est pas celui d'Her- mann. | 4 Le Carrelet est ordinairement presque noir en dessus, : blanc sous le ventre, la gorge et le menton; mais la —…. teinte des parties supérieures passe quelquefois au brun … marron, et celle du ventre au gris, et ces couleurs varient — suivant l’âge, la saison ou d'autres circonstances mal ; connues.
# Cette espèce habite toute la France.
à Elle se plait dans les prairies et les bois humides où …. elle fait la chasse aux insectes et où elle court le soir dans les haies touffues en poussant un petit cri aigu et sifflant semblable à celui de certaines sauterelles. Son odeur est — forte et repoussante, beaucoup plus marquée que celle de ja Musette. Elle est encore plus vorace que celle-ci et Î plus robuste, car elle l'attaque et en vient facilement à — bout. Elle attaque également les plus grosses grenouilles qu'elle saisit par les pattes de derrière, et qui se laissent » dévorer sans grande résistance. Elle fait même la chasse — aux campagnols et aux mulots qu’elle va chercher jusque — dans leurs trous à la manière du furet. Elle se loge sous “terre, dans les couloirs creusés par ces petits rongeurs ou les taupinières abandonnées, les trous de muraille ou de rocher; plus rarement elle se creuse elle-même une
ET l'herbe et des feuilles; elle le place dans le trou d’un k mur ou sous des racines; elle y ménage plusieurs ouver-
… tures latérales et le rembourre bien mollement. En mai, juin ou juillet, elle y met bas de cinq à dix petits, qui
viennent au monde nus, les yeux et les oreilles fermés. 4 En peu de temps, ils sont en état de chercher eux-mêmes « leur nourriture. — A part l'époque de la reproduction, ces petits animaux courageux et querelleurs ne peuvent « guère se trouver en présence sans s'attaquer mutuellement jusqu'à ce que le plus faible succombe : le vainqueur dévore alors le cadavre du vaincu. — En captivité cette Musaraigne mange aisément tous les jours une souris,
si on peut la lui fournir. |
La Musaraigne Pygméc
(Sorex pygmœus, Laxmann et Pallas),
Synonymie. — Sorex minutus, L.; — S. minimus, E. Geoff. ; — S. rusticus et hibernicus, Jenyns, etc. Caractères. — Queue un peu plus longue que le corps sans la tête, épaisse, presqu’arrondie, couverte de poils égaux, assez longs, terminée par un pinceau d’un demi-centimètre, rousse en dessus, plus claire dessous. Pelage gris brun dessus, cendré dessous.
Pieds blanchâtres, velus jusqu'aux ongles. — Oreilles assez grandes dépassant le poil : museau allongé, pointu, garni de longues moustaches. — D'un tiers plus petite que le Carrelet auquel elle ressemble beaucoup. Longueur de la tête et du corps = 0®,0%5 à 0®,050; queue — 0,035 à 0,037; pied de derrière = 0*,010. Dents. — La cinquième ou dernière intermédiaire
Fig. 48. — Crâne de S. pygmœus (grossi 2 fois).
si Dour égale ou surpasse le tubercule antérieur dela arnassière, et est presqu'entièrement visible du dehors ; la canine inférieure n’a qu'un seul tubercule, comme chez Vespèce précédente.
- Habite toute la France, mais est plus rare que la Musaraigne Carrelet,
Cette petite espèce, quiressemble beaucoup au Carrelet, .
Fig. 49. — Musaraigne pygmée (2/3 de gr. nat.).
s’en distingue par sa queue beaucoup plus longue, plus grosse et plus poilue. Elle a, du reste, les mêmes mœurs : on la trouve dans les prairies humides, au bord des eaux et dans les localités boisées. | On a dû la confondre souvent avec les jeunes de la Musaraigne Carrelet, car il est probable qu’elle se trouve par toute la France. Elle a été signalée dans le Doubs (Sahler), dans le Var et les Basses-Alpes (Gerbe), dans les Alpes centrales (Fat), dans les Ardennes (Sélys), dans la Loire-Inférieure (de l'Isle), et dans la Sarthe (A. Gentil). Nous l'avons trouvée récemment dans le département de Maine-et-Loire.
La Musaraigne des Alpes.
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(Sorex alpinus, Schinz).
Caractères. — Plus grande que les précédentes : queue aussi longue ou plus longue que le corps, couverte. de poils dans toute son étendue. Pelage d’un gris cendré ou ardoisé plus clair en dessous; moustaches longues, blanchâtres. T2
Longueur de la tête et du corps = 0", 066 à 0", 075:;" queue — 0,060 à 0,070; pied de derrière ="
Dents.— Talon des incisives supérieures moins saillan t que dans les autres espèces; la cinquième ou dernière Intermediaire su-« périeure, plus petite que
TE le tubercule antérieur de
Fig. TRE Crâne de S. alpinus à Tan :
(grossi 2 fois). la carnassière, est entière-
ment visible du dehors; las
canine ed est à deux tubercules, comme la pré-. molaire. |
Cette grande et belle espèce, essentiellement montagnarde, se trouve dans les Alpes, le Jura et les Pyrénées, où elle se plaît au bord des torrents. Elle vit jusqu'à une altitude de 2,400 mètres, et, bien qu’elle fréquente le bors 3 des eaux, elle ne se met pas à la nage pour chercher sa nourriture ; ses habitudes sont, du reste, celle de lé Musaraigne Carrelet. |
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DES MAMMIFÈRES DE FRANCE 93 En France, elle est signalée dans la Haute-Savoie près