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ED CA UT PR CT

DES MAMMIFÈRES DE FRANCE 307 commissure des lèvres. Les dents sont finement grenues à leur surface.

Taille un peu plus grande que celle du Delphinus delphis.

Fig. 126. — Delphinorhynque rostré {(Delphinorhynchus rostratus), Jong. totale — 2m,50.

Un seul individu a été capturé près de Brest. L'espèce se retrouve dans la mer du Nord et a été prise en Hollande.

Le Delphinorhynque de Saintonge

(Delphinorhynchus santonicus, Lesson.)

Synonymie. — Steno santonicus, Gray, Fischer.

Caractères. — Dessus d’un noir intense; dessous d’un blanc satiné. Corps fusiforme; rostre mince, arrondi, se continuant avec le front qui forme une bosse et se relie au dos sans ligne de démarcation bien tranchée. OEil touchant presque la commissure labiale. Dorsale recourbée, placée un peu au-delà du milieu du corps. — Dents = 5 = 142 dents.

Longueur totale = 1",810.

Un seul individu pris en rade de l’ile d'Aix, à l’embouchure de la Charente.

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Il existerait aussi des animaux de ce genre dans la Médi- k terranée, mais on n’en a pas encore vu sur les côtes de - France. Tel est le Daupmin PLoMBé (delphinus plum-. beus, F. Cuvier), pris sur les côtes d'Algérie, d’après … Loche, et qui est noirâtre avec le ventre gris blanchätre: il a pour formule de ntaire #5 — 136 dents. Mais il est presqu'impossible d'admettre l'identité du dauphin de Loche avec le véritable delphinus plumbeus de F. Cuvier qui est une espèce de l’océan Indien, identique au « Delphinus malayanus de Lesson. — La longueur totale de l'individu d'Alger est de 3",50.

FAMILLE DES ZIPHIDÉS

Les cétacés que l’on range dans cette famille sont, en apparence, des dauphins de grande taille; ils ont en effet les formes extérieures de ces derniers, mais ils en dif- . fèrent beaucoup par leur organisation interne. Leurs … dents s’atrophient, sauf une seule paire à la mâchoire inférieure qui prend en revanche, un volume considérable; leur crâne présente une conformation spéciale : les maxillaires supérieurs se recourbent en haut de manière à former une double crête, en forme de muraille, qui sert à soutenir une vaste chambre située en avant des narines, et remplie d’une substance huileuse analogue au sperma ceti. Ge caractère rapproche ces animaux des ca-.

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chalots, de sorte que la famille actuelle forme le passage des Delphinidés au Physetéridés.

Ces cétacés se tiennent généralement en pleine mer et sont excellents nageurs ; ils viennent plus rarement à la côte que les dauphins, et bien qu'on les recherche pour leur huile, ils sont encore assez mal connus. On a distingué quatre genres différents parmi ceux qui se montrent sur les côtes de France : nous ne considèrerons ici ces genres que comme de simples sous-genres que nous réunissons dans le genre Zipxioïne (Ziphius), qui se subdivise ainsi en # sous genres : Âyperoodon, Ziphius, Dioplodon et Mesoplodon.

Genre Ziphioïde

(Ziphius, Cuvier.)

Synonymie. — Delphinus (en partie) des anciens auteurs ; — Physeter (en partie), Sowerby ; — Hyperoodon (Lacèpède), Blasius. S

Caractères. — Apparence extérieure des dauphins (Delphinidés), avec la tête se rapprochant de celle des Delphinorhynques, par la forme de son rostre plus ou moins allongé, mais non bridé; front plus ou moins bombé, nageoire dorsale très petite et placée beaucoup plus près de la queue que de la tête. Dents peu nombreuses et atrophiées chez l’adulte, sauf une seule paire à la mâchoire inférieure, de grande taille, à grosse racine et à couronne conique.

Formule dentaire : 2 —9 dents; quelquefois : =, = 4 dents.

On trouve quelquefois trace des dents atrophiées, ou

bien deux dents de chaque côté à la mâchoire inférieure: mais une seule est toujours bien développée, les autres restent rudimentaires ou sont caduques.

Tous sont d'une taille supérieure à celle des dauphins.

Tableau des espèces du genre Ziphioïde (Ziphius).

A. Les deux dents inférieures sont placées à la partie antérieure de la mâchoire, une de chaque côté :

a. Front très renflé, soutenu par des crêtes osseuses; forme de la tête rappelant celle des Globicéphales, mais avec un bec bien marqué (5.-G. Hyperoodon), une espèce :

L'HYPEROODON BUTZKOPF (Hyperoodon rostratus). b. Front médiocrement bombé, non soutenu par des crêtes osseuses (S. G, Ziphioïde); une espèce : : LE ZIPHIOÏDE CAVIROSTRE (Ziphuus cavirostris). B. Les deux dents inférieures placées vers le milieu de la mâchoire, une de chaque coté:

c. Mâchoire inférieure massive, plus haute que large, formant saillie au niveau de la dent et prolongée en rostre en avant de cette dent iS.-G. Dioplodon) ; À une espèce : LE piopLoponN p'EuroPe (Dioplodon europœus). d. Machoire inférieure peu massive, plus | large que haute, tête petite, rappelant la forme de celle des Delphinorhynques (S.-G. Mesoplodon); une espèce : :

LE MESOPLODON DE SOWERBY (Mesoplodon Sowerbiensis).

Sous-genre Hyperoodon {Hyperoodon, Lacepede; Chenocetus, Eschricht.) L'Hyperoodon Butzkopf, Lacep. É

(Hyperoodon rostratus, Chemnitz.) n

Synonymie. — Bolæœna rostrata, Pontoppidan; — Del. phinus bidens, Schreber ; — D. bidentatus, Desmarest; — e.

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D. diodon, Gérard; — D. Hunteri, Desm.; — Heterodon hyperoodon, Lesson; — Anarnac groenlandicus, Lacep.; — Delphinus anarnacus, Desm.; — Monodon spurius, Fabricius; — Lagenocetus latifrons, Gray ; — Delphinus quadridens, Burguet; — Hyperoodon borealis, Nilsson. Caractères. — Front renflé et très convexe; un bec bien distinct, mais non bridé; pectorales petites ainsi que la dorsale qui est placée très en arrière; caudale grande.

Fig. 127. — Hyperoodon Butzkopf (Hyperoodon rostratus), long. totale — 7m,50.

D'un noir uniforme plus clair sous le ventre. — Quelquefois deux dents de chaque côté, la postérieure beaucoup plus petite : le plus souvent une seule dent de chaque côté. L

Longueur totale = 7, 50 à 7", 72; pectorales —0", 95 dorsale — 0", 55; largeur de la caudale — 2" 35. La femelle a les nageoires relativement plus petites, sa couleur est d’un gris foncé.

L'ouverture des évents est en croissant, mais les pointes tournées en arrière, par conséquent dans le sens contraire à celui des Delphinidés.

Cette espèce a été prise une douzaine de fois sur nos côtes de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée.

Les hyperoodons ne font que des apparitions périodi-

ques dans les mers de l'Europe tempérée. Ils vivent comme les dauphins, par petites bandes qui passent l'été dans les régions polaires, se rapprochant rarement des côtes. Dans les parages des îles Feroë, on en pêche régulièrement # à 5 par an. En automne et à l'approche de l’hiver ils descendent dans l'Atlantique, et c’est alors qu’à la suite de quelqu'accident ils viennent échouer sur nos côtes ou bien sont harponnés en mer. Toutes les captures, dans nos parages, ont été faites de septembre en décembre, une seule fois dans la Méditerranée. = Leur nourriture consiste essentiellement en céphalopodes (seiches et calmars), dont on trouve les becs par centaines dans leur estomac. — La bosse du crâne renferme du sperma ceti ou blanc de baleine.

Sous-genre Ziphioïde propr. dit /Ziphius, Cuvier).

Le Ziphioïde cavirostre

(Ziphius cavirostris, Guvier.)

Synonymie. — Hyperoodon de Corse (H. Doumeti, Gray); — A. Gervaisi, Duvernoy ; — Delphinus Philippü, Cocco ; — Ziphius Savü, Richiardi; — Delphinus (Epiodon) Desmaresti, Risso et Gray.

Caractères. — Front convexe mais non fortement renflé au-dessus du bec : dents coniques, arquées en dedans, de taille moyenne. — Couleur du Grampus : gris d'acier, blanchâtre dessous, avec des lignes plus claires, irrégulières semblables, à des éraillures de la peau. — Nageoires pectorale et dorsale petites, celle-ci placée très en ar-

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rière ; la mâchoire inférieure dépasse un peu la supérieure. | Longueur totale = 5", 10 à 7"; pectorales — 0", 48; - dorsale = 0", 10; largeur de la caudale = 1 *, 05. Cette espèce a été prise dans l'Atlantique et dans la

Fig. 128. — Ziphioïde cavirostre (Ziphius cavirostris), long. totale — 7 mètres.

Méditerranée : elle parait habiter toutes les mers du globe, et, de même que le cachalot, on 1 a trouve jusque sous l’Équateur et depuis la Suède jusqu’au cap de Bonne- Espérance et aux côtes de l'Amérique du Sud. — M. Fischer pense qu'il en existe deux espèces : la seconde serait le Ziphius gervaisi, qui est du reste également cosmopolite.

Les mœurs de ces cétacés ne sont pas connues.

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Sous-genre Dioplodon, Gervais.

Le Dioplodon d'Europe (Dioplodon europœus, Gervais.) Cette espèce n’est connue que par le crâne d’un indi-

vidu harponné dans la Manche. La mâchoire inférieure très élevée et très épaisse porte en avant une sorte de

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rostre en forme de soc de charrue ou d’éperon de navire. >: Les dents très fortes, en cône surbaissé, sont situées vers. le milieu de la mâchoire, une de chaque côté.

Ce crâne indique un cétacé de 4 mètres de longue r totale au moins. 4

Sous-genre Mésoplodon, Gervais.

Le Mésoplodon de Sowerby

(Mesoplodon Sowerbiensis, Blainville.)

Synonymie. — Delphinus Sowerbiensis, Blainv.; — Physeter bidens, Sowerby ; — Delphinus micropterus, F. Cuvier ; — D. Dalei, Wagler Stles sen Micropteron, Aodon et Nodus des auteurs.

Caractères. — Tète petite, à museau mince, comme

Fig. 129. — Mesoplodon de Sowerby (Mesoplodon Sowerbiensis), ! long. totale — 6 mètres. 4

dans le genre Delphinorhynque. Noir dessus, blanc dessous, marqué sur les flancs de petites raies vermiculaires" perpendiculaires à l’axe du corps; quelquefois ces raies ne sont pas distinctes et les côtés sont d’un gris uniforme. — Pectorale et dorsale petites : celle-ci peu éloignée de la queue. Le rostre inférieur est plus large que È haut, et porte de chaque côté une assez forte dent coni-

DES MAMMIFÈRES DE FRANCE 315 que, suivie de trois autres plus petites et caduques : la formule dentaire est donc chez le jeune : 2; = 8 dents.

La mâchoire inférieure dépasse la supérieure; les

grosses dents sont visibles extérieurement.

Longueur totale = 5" à 6", Cette espèce a été prise dans la Manche, près du Havre

et surles côtes du Calvados. Elle habite probablement

les mers du Nord, mais on ne sait rien de ses mœurs.

FAMILLE DES PHYSETERIDÉS

Genre Cachalot

(Physeter, Linné.)

Caractères. — Tète très grande, cylindrique et comme tronquée en avant, le front s’élevant verticalement audessus de la mâchoire supérieure : ce renflement est soutenu par deux crêtes osseuses, dépendant du maxillaire supérieur, et quis’élèvent dechaquecôtélimitantune vaste chambre pleine de sperma ceti; pectorale petite, dorsale très peu élevée, presque nulle; mâchoire inférieure très étroite, les deux branches, soudées en avant, formant une longue symphyse. Pas de dents à la mâchoire supérieure; dents nombreuses à la mâchoire inférieure.

Formule dentaire = = à => = 40 à 54 dents.

Les dents de la mâchoire supérieure sont caduques ou

s’atrophient de bonne heure ; celles de la mâchoire inférieure sont grandes, coniques et toutes de la même forme. ;

Une seule espèce.

Le Cachalot macrocéphale

(Physeler macrocephalus, L.)

Synonymie. — Catodon macrocephalus, Lacépède.

Caractères. — Entièrement noir dessus, gris ou blanc dessous. Event unique à orifice longitudinal s’ouvrant à l'extrémité antérieure de la tête un peu à gauche, de sorte que le souffle est oblique en avant.et à gauche. Nageoire caudale très grande : la dorsale très peu élevée, allongée et peu éloignée de la queue.

Longueur totale = 18" à 20" chez le mâle ; la femelle est beaucoup plus petite.

Cette espèce qui est cosmopolite se montre dans l’Atlantique, dans la Manche et dans la Méditerranée.

Les cachalots vont par troupes que les baleiniers anglais appellent schools (écoles), et qui sont composées d'un vieux mâle et de vingt à cent femelles et jeunes. Une bande de ce genre vint s'échouer en mars 178#, par un gros temps dans la baie d’Audierne (Finistère). Elle comprenait 32 individus de tout âge et de tout sexe, des mâles de 16 mètres de long et des femelles de 14 mètres qui mirent bas sur la côte. Les petits nouveaux nés avaient 3" 88 de long. — Quand on rencontre ces bandes au large, elles font route avec une grande vitesse, 10 à 12 milles à l'heure, probablement à la recherche de leur

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nourriture. Elles s'arrêtent sur le point qui leur convient et s'éparpillent alors sur l'eau, n'ayant plus tous la tête tournée dans la même direction. — On les voit quelquefois sauter en l’air avec fracas, ou dresser leur énorme corps hors de l’eau. Quand ils nagent à la surface, ils soufflent régulièrement toutes les 15 secondes; mais quand ils émergent, leur respiration est plus précipitée.

Fig. 130. — Cachalot macrocéphale (Physeter macrocephalus), long, totale —20 mètres. \

Ils sondent (plongent) la tête la première en dressant per-

pendiculairement leur large queue, et peuvent rester sous l’eau jusqu’à une heure et demie (/.Jouan). Le souffle des cachalots est peu élevé : on l’a comparé

aux jets intermittents de vapeur que lance une machine,

ou bien à une énorme bouffée de fumée de tabac.

Les cachalots se nourrissent à peu près exclusivement de calmars, de seiches et d’encornets dont on retrouve les becs dans leur estomac, et leur puissante mâchoire

. leur permet de s’attaquer aux plus grands de ces ani-

maux qu'ils mutilent souvent en leur coupant les bras,

» qui ont jusqu'à 4 mètres de long chez certaines espèces.

À — Les mâles ‘se livrent entre eux de furieux combats à » l’époque de la reproduction, comme le prouvent les cica- » trices, les dents et les mâchoires fracturées que l’on voit

chez certains individus : ils s’élancent même quelquefois sur les embarcations qui cherchent à les harponner, et le choc du monstrueux animal, qui s’avance la bouche. ouverte, présente le plus grand danger, car sa mâchoire « a 3 ou # mètres de long et porte des dents grosses comme le bras; d’un seul coup de queue, il brise une pirogue en lançant ses débris à 15 ou 20 pieds en l'air. En 1851, sur « les côtes du Pérou, le trois-mâts Ann-Alexander poursui-« vait un énorme cachalot, lorsque celui-ci, grièvement blessé, se retourna contre le navire et d’un seul coup de tête le coucha sur le flanc ; l'équipage n'eut que le temps: de se sauver dans les embarcations avant qu'il ne sombrât. | :

Les cachalots aiment les eaux profondes, mais les fe-« melles recherchent, dit-on, pour mettre bas, les baies et les échancrures des récifs : cependant il est probable qu'elles font leurs petits partout où elles se trouvent, car elles voyagent toujours par bandes et le nouveau-né suit le troupeau sans difficulté. — On trouve le cachalot dans toutes les mers du globe, mais plus spécialement dans les régions chaudes, et il est probable que partout sa pré-« sence indique l'existence de courants à une température assez élevée. Il est fort rare de le rencontrer dans les mêmes localités que la baleine, qui fuit la zône torride, et c’est ce qui explique sans doute pourquoi ces deux c6= losses de la mer semblent toujours avoir vécu en bonne intelligence. Le seul ennemi du cachalot, c'est l'homme qui le recherche pour son sperma ceti dont on fait de bougies de choix, et son huile, bien supérieure à celle dem la baleine, et dont les vieux so/faires fournissent es 90 et 100 barils (Jouan).

FAMILLE DES BALEINIDÉS

Les Baleines sont, avec les cachalots, qui les égalent . sous ce rapport, les plus grands de tous les cétacés : ils se distinguent de tous ceux que nous avons étudiés précédemment par l'absence complète des dents qui sont remplacées par des fanons, c'est-à-dire par ces lames cornées que l’on désigne dans le commerce sous le nom de baleines. Chez le fœtus de ces cétacés il existe cependant . des germes de dents, mais ces dents s’atrophient et sont . remplacées après la naissance par les fanons qui sont, du reste, des productions épidermiques ayant la même ori- . gine que les dents : ils sont effilés par leur extrémité libre comme un balai, et servent à retenir la nourriture . engloutie par le cétacé tout en laissant passer l’eau comme - un crible. On distingue deux genres dans cette famille.

M gorge et la poitrine ; une nageoire dorsale placée très en arrière. Deux évents très rapprochés l’un de l’autre, de

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