‹ Mammifères fossiles de TarijaChapitre 50 sur 61 · HOMMES EX D · texte numérisé non relu

HOMMES EX D

remarquait Zittel 11 y a près de vingt ans) il semble qu'il faille se servir là d’une autre mesure que dans l'hémisphère Nord, puisque en Australie on trouve, dans des limons superficiels unanimement rapportés au Pléistocène et dans des cavernes, une faune complètement éteinte compre- nant des animaux de grande taille (Diprotodon, Nototherium, Thyla- coleo, etc.), plus différents des animaux actuels que ne le sont en Europe les animaux du Pliocène et ceux du Pléistocène ou de l'époque actuelle. D'autre part, les géologues et les paléontologistes de l'Amérique du Nord rapportent au Pléistocène moyen! les dépôts superficiels où se L rencontrent, dans l'Est des États-Unis, les ossements de grands Édentés : venus de l'Amérique du Sud (Mylodon, Megatherium) avec les restes des Carnassiers que l'on trouve dans le Pampéen (Smilodon, Arctotherium). . Si nous admettons qu'il a fallu un certain temps pour que s'accomplisse la migration des grands Édentés, du Sud vers le Nord, nous pouvons considérer les faunes de Tarija, Punin, etc., comme un peu plus anciennes et les attribuer au Pléistocène inférieur.

Si nous cherchons à préciser l'époque où a commencé cet échange de faunes entre les deux Amériques, où une connexion continentale assez large s'est établie entre elles, nous voyons qu'elle est certainement postérieure au Miocène, car la faune du Miocène supérieur des États-Unis . comprend précisément les ancêtres des formes qui vont émigrer vers le … Sud (Trilophodon, Tapiravus, Pliohippus, Prosthenops, Procamelus, Pliauchenia, Machairodontes indéterminés). Au Pliocène moyen la communi- cation était établie et la migration commençait, puisque les « Blanco- Beds », rapportés par les Américains à ce niveau, contiennent des restes de Glyptodontidés {Glyptotherium) et de Mégalonychidés. On sait d'ailleurs que la communication avait probablement lieu par une voie beaucoup plus large que l'isthme de Panama actuel. Il y a près de cin- “ quante ans qu'on a signalé la découverte à Cuba d'une mâchoire de | grand Édenté fossile voisin de Megalonyx®. Récemment M. de la Torre

FER 2 V J'EN Zarrer., Traité de Paléontologie, traduct. Édentés dans des dépôts nettement interglaciaires

aise, t. IV, p. 763. (Cazvin, Ball. Geol. Soc. America, vol. XX, … © Osronx (H. F.), Age of Mammals, p. 764. 1909, p. 133-152). On aurait trouvé des restes abondants de grands (%) Casrno, Existencia de grandes Mamiferos

+ MAMMIFÈRES DE TARHA, 32

annonçait la découverte de nombreux ossements de cet animal dans une caverne du centre de l'île avec les restes de trois ou quatre autres espèces de grands Édentés et d'un Rongeur(® et M. Winthrop Spencer signalait une caverne à ossements d’une des petites Antilles, l'ile Saint-Martin, d'où auraient été extraits les restes d’un rongeur de la taille d’un Ours, du genre Amblyrhiza, et un proche parent des Castoroides du Pléistocène de l'Amérique du Nord. Il est donc prouvé maintenant que le Pléistocène des Antilles contient les restes de grands Mammifères ayant, les uns des affinités avec la faune Nord-Américaine, les autres avec la faune Sud-Américaine. Il est très probable qu'une terre assez étendue, récemment morcelée, a existé sur l'emplacement des Antilles, lesquelles ne sont que des témoins émergés de la large connexion unissant au Pliocène les deux Amériques).

La disparition de la plus grande partie de cette connexion continentale a eu probablement pour conséquence un changement considérable de climat. Ce changement a pu contribuer(® à faire disparaître la végétation forestière et les marecages nécessaires à la vie des Herbivores dont on a recueilli les restes à Tarija : Mastodontes, grands Edentés, Chevaux, etc., et la diminution du nombre de cés Herbivores a eu comme corollaire la disparition progressive des grands Carnassiers (Arctotherium, Smilodon ). FE

Que nous apprennent donc les fossiles de Tarija sur les conditions climatériques et sur la végétation au milieu desquelles vivaient ces animaux? Les Mastodontes, les Tapirs, peut-être les Macrauchenia, et, à

fos. en la Isla de Cuba, 1865, p. 13 (Revista Minéra, vol: XVI et vol. XXII }

Power, Megalonyx cubensis (C. R.'Ac Sec., 1868, p. 665 et 850). x

) De La Tone, Restauration of Megalocnus rodens and discovery of a continental pleistocene fauna in Central Cuba (C. R. Congrès géol. internat. de Stockholm, 1910, p. 1023).

® Wixrnor Srexcer, Observations à la note précédente, Istp., p.1024 , et : La découverte dé Mammifères fossiles à Cuba.au point de yne géographique (La Géographie, ,t.: XXI, 1916, p-279).' PRÉ IELT

Au sujet de la faune des Antilles et de ses

afMinités, voir Lypekker, Geographical History of Mammals, 1896, p. 137 et suiv.— P. Fiscner a mis en évidence, il y a plus de vingt-cinq ans, le caractère mixte de la riche faune de Mollusques terrestres et fluviatiles des Antilles et ses rapports à la fois avec la faune -de la Floride et avec celle du Venezuela {Manuel de Conchyliologie, 1887, p- 269).

. (9 II y a une cause générale qui nous échappe encore, mais dont les eflets se sont fait sentir vers la fin du Pléistocène dans tout l'Hémisphère Sud et dans une pañtie de l'Afrique.

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coup sür, les Cabiais, les Myopolames, étaient des habitants de la forêt humide, du bord des marécages. Les Megatherium, les Lestodon, les Mylodon ne pouvaient vivre qu'au milieu d'une végétation forestière abondante. Les petits Chevaux, trapus, à grosse tête, dont la dentition rappelle celle des Zèbres, pouvaient se nourrir d'herbe grossière, mais leur abondance:et leur coexistence avec d’autres Équidés, également nombreux et qui avaient le même genre de nourriture, prouvent que les paturages d'herbe rude et de buissons étaient assez vastes au milieu 5 de la forêt. Les Glyptodon avaient probablement aussi une alimentation 4 f = herbacée, tandis que les Toxodon, très rares à Tarija, étaient plutôt des > mangeurs de buissons, des habitants de régions plus sèches. La diversité des Auchénidés à Tarija montre que le groupe était en pleine évolution. Ils étaient très variés, les uns habitants de la forêt, les autres des paturages, d'autres encore des parties les plus accidentées de la région. Mais leur abondance prouve que la végétation était luxuriante dans cette région, aujourd'hui désolée.

4 Le nature même des sédiments de Tarija, composés de sables assez grossiers, alternant parfois avec des lits de graviers, met aussi en évidence la fréquence des pluies, l'intensité du ruissellement ".

= L'extinction de toute cette faune s'explique aisément par la disparition de la végétation, par l'établissement du régime climatérique actuel. Les Grands Édentés, les Équidés ont émigré vers le Sud pour chercher une végétation et un climat plus favorables, et c'est ainsi que quelques-uns vivaient encore en Patagonie à une époque récente. En Bolivie les Lamas seuls ont subsisté, en se modifiant très peu : les uns, les Vigognes, gagnant la région montagneuse; d’autres, les Guanacos, descendant vers la Pampa ; certains donnant naissance aux Lamas que l'homme a domestiqués ; les plus primitifs, les plus grands, seuls, ont disparu.

Au point de vue zoologique, au point de vue de la marche de l'évolu-

1 Cette intensité des précipitations atmosphé- peut comprendre la prédominance des restes de riques explique l'abondance des ossements fos- Mastodontes, D'autre part, le ruissellement amesiles de Tarija. D'une part, des animaux de tout nait vers les régions basses les squelettes épars

. âge, vivant sur les bords des cours d’eau ou des dans la forêt et dans la brousse, et c'est ainsi promarécages, pouvaient être exterminés et enfouis bablement que se sont fossilisés surtout les par des crues subites; c'est sans doute ainsi qu'on Équidés et les Lamas.

tion, cette étude de la faune de Tarija montre bien la coexistence des animaux venus du Nord : Mastodontes, Tapir, Équidés, Auchénidés, Cerfs, Pécaris, Carnassiers placentaires avec ceux dont les ancêtres ont vécu dans l'Amérique du Sud, Macrauchenia, Toxodon, Rongeurs, Édentés, mais c'est là un fait depuis longtemps connu.

Les animaux autochtones ont succombé devant leurs compétiteurs mieux armés ou plus rapides, venus du Nord. Toutefois, parmi ces derniers, il en est beaucoup, et des plus perfectionnés, qui n'ont pas survécu ; tels les Mastodontes, les Chevaux et leurs congénères les Hippidiidés, les Machairodontidés.

L'étude des Équidés nous a montré un remarquable exemple de coexistence de trois rameaux différents d'un même tronc (Equus, Hippi- »: dium, Onohippidium) et de l'adaptation semblable de ces trois groupes à des conditions de vie identiques, se traduisant par les mêmes caractères : tête massive, dentition à émail peu plissé, squelette trapu, canons larges et courts.

Chaque espèce nous a présenté une infinité de variations, qu'il s'agisse des Mastodontes, des Chevaux, des Hippidium, des Lamas, des Mylodon, des Smilodon;: nous avons vu combien les différences individuelles sont nombreuses, nous avons cherché à mettre en évidence cette infinie* variabilité due en partie aux différences sexuelles (Mastodontes, Machai- ! rodus, Mylodon), en partie à l'âge et à la persistance de caractères an- 1 cestraux (Chevaux, Lamas), en partie à l'adaptation à des conditions extérieures différentes {Auchénidés).

On pourrait donner comme conclusion à ce mémoire le dernier paragraphe du chapitre consacré par Lamarck aux animaux fossiles dans sa Philosophie Zoologique : « D'une part, dans tout ce que la nature opère, elle ne fait rien brusquement, partout elle agit avec lenteur et par degrés successifs; d'autre part, les causes particulières ou locales des désordres, des bouleversements, des déplacements, etc., peuvent rendre raison de tout ce qu'on observe à la surface de notre globe. »

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ns: cf. americanus Briss. ( Tapirus tarijensis Amegh.).

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