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Mandement d'entrée de Mgr. Joseph Signaÿ, évêque de Québec [microforme]

par la miscricorde de Dieu et la grâce du St. Sicye Apostolique Evéque de Québec, é'e. d'e. ce. A tout le clergé et à tous les fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.

À OUS avez été informés, Nos très-chers frères, que le vénérable Pontife de cette église, Mgr. Bernarn CLaupe Panzer, a terminé, par une mort précieuse devant Dieu, sa longue et édifiante carrière. Une piété tendre, une douceur inaltérable, une charité compatissaute envers les haut un zûle conatant pour le salut de ses ouailles, enfin des travaux sans nombre dans le saint ministère : voilà des titres qui, en nous rendant sa perte plus sensible, lui assurent l'eutine et les bénédictions de la postérité : Cujus memoria in benedictione est (Éccli, x1v. 1.).

Déjà, depuis plusieurs mois, ce digne prélat, accablé sous le poids des années, et ne voulant plus avoir rien qui le détournât de la pemmée den choses éternelles, nous avait remis le soin de gouverner seul le Diocèse dont il At ai long-temps le bonheuret la consolation. Nous nous étions soumis à cet onlre de ln divine providence, et, malgré notre faiblesse, nous avions tâché de remplir à votre égunl les devoirs multipliés de la charge épiscopale.

Sinous avons craint l'immense responsabilité qui accompagne l'administration inème temporaire d’un vaste Diocèse, combien plus, N,'T, C, F, notre âme n'ut-elle pas été saisie de frayeur, lorsqu'après avoir recueilli lex dernivrs soupirs de notre commun pasteur, il nous a fallu le remplacer auprès de vous, pour le reste de notre vie, ct monter sur un siége illustré, dans la personne de nos prédécesseurs, par tant de vertus, de lumières et de travaux apostoliques ! Toutes les qualités éminentes que lEcriture demande de celui qui préside à la maison de Dieu, et tous les malheurs dont elle menace le dispensateur indigne ou infidèle, se sont présentés dans ce moment à notre esjrit : “Je vous ai établi comme une setitinelle

* pour garder mon peuple... ....... si le pécheur, Lu votre négligence, vient à sé péri. 0 vous aurez à répondre de son âme ( Æzech, nr, 17, 18), Veillez

“ sur vous-mêmes et sur tout le troupeau que l'Esprit-Saint VOUN «à ConimiIs, en “ vous chargeant, vous Evéques, de gouverner l'Eglise de Dieu : sur ce cher “ troupeau racheté par le sang de Jésus-Christ (ef, xx, 28.), T'ruvuillez comme “un bon soldat de Jésus-Christ (rr. Tim. 11. $, ), Préchez lu purole sainte, ‘ ne négligez rien pour ramencr au bercail les brebis égarées : tounez, priez, me- “ nacez ; soyez plein de science et de patience (11, Th, iv, 9), C'onservez le bon “ ordre ; réformez les abus ; donnez aux ouvriers évangéliques leur imiskion, leurs se sn leurs emplois : le tout pour la gloire de Dieu et le sulut des fidèles (

it. 1. 5.) Que de pénibles obligations renfermées dans ces oracles et dans une foule d’autres de même nature !

Ce langage de l'Ecriture nous a rappelé les réflexious touchantes des Pères, sur la dignité tout à la fois sublime et terrible dont l'Eglise revêt sex principaux ministres. Nous n'avons pu nous empêcher de nous dire en gémissant, comme le suint Evêque

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d'Hippone, ‘* qu'il n'y a point au monde, particulièrement dans notre siècle, de “ situation plus difficile, plus laborieuse, ou plus périlleuse que celle du chef d'ur ‘ Diocèse, w'il veut s'acquitter selon Dieu des fonctions de son état” C'est surtout, en conflant à la terre les restes mortels du pasteur dont nous déplorons la rte, que nous nous sommes adressé ces paroles ke St. Bernard au Vicaire de Jésus-Christ : ‘ N'oubliez point que vous devez suivre bientôt dans la tombe ceux + à qui vous succédez sur le trône pontifical,et que,comme eux, vous rendrez compte

‘au Juge suprême des vivans et des morts de la manière dont vous aurez conduit # l'héritage du Seigneur.”

La pensée de tant de vérités effrayantes nouseût totalement découragé,N. T. C. F, si nous ne nous fussions en même temps souvenu que ce qui est impossible aux hommes est facile à Dieu, et que sa bonté infinie se plaît à opérer les plus grandes merveilles par les plus faibles moyens : Infirma mundi elegit Deus, ut fortia quæ-

ue confundat (1. Cor. 1. 27.). C’est de lui que nous attendons le secours qui, du la nouvelle position où nous sommes placé, nous est devenu si nécessaire. Héunissez-vous à nous, N.T. C. F. pour le lui demander ; vous, peuple fidèle, et, vous surtout, prêtres du Dieu trois fois saint, nos collaborateurs dans la vigne du père de famille, notre espoir, notre joie, notre couronne (Phil. 1v. 1.), pour qu'il daigne nous aider à remplir des fonctions redoutables, qui ont également pour fin d'assurer votre félicité éternelle et la nôtre. Tous les jours nous aurons besoin de vos plus ferventes prières ; mais nous vous conjurons de nous les accorder particulidrement le 20 mai, qui est celui de l’anniversaire de notre consécration.

Vous apprendrez, sans doute, avec une extrême satisfaction, N. T. C.F. le choix que nous avons fait de Messire PIERRE FLAvIEN Turarsow, prêtre du Séminaire de Québec, pour être notre Coadjuteur : choix que Son Excellence Lorp AYLMER, Gouverneur en Chef de cette Province, a bien voulu confirmer. Le mérite et les talens de ce vertueux ecclésiastique, joints à l'avantage qu’il a eu de se former aux devoirs de l’Episcopat sous un Pontife dont la mémoire nous est chère à tous égards, sont des motifs bien propres à lui attacher votre confiance, et à nous per-

suader que le ciel réserve encore des jours de paix et de bonheur à l'Eglise du Canada,

Les sages règlemens de discipline que nous trouvons établis dans ce Diocèse, no laissant rien à désirer de ce qui peut encourager le zèle des ecclésiastiques, et procurer le salut des fidèles, nous nous faisons un devoir de les maintenir ; flatté de rendre cet hommage à la mémoire des vénérables Evêques qui nous ont précédé, et dont nous aurcns toujours à cœur de suivre les traces,

A CES CAUSES, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

1°: Nous renouvelons et confirmons, en tant que de besoin, toutes les ordonnances de nos illustres prédéeesseurs, avec les explications, modifications ou altérations qu'ils ont cru devoir y apporter, et qui ont été dûment sisnifiées par leurs mandemens ou par leurs lettres circulaires, surtout parle mandement de Mor. BERNARD Caunes PAxET, en date du 12 mai 1880.

%o. Nous confirmons pareillement et renouvelons tous les pouvoirs éonnés par écrit et, non révoqués, soit aux missionnaires, à raison de leur éloignement, soit aux archiprêtres, dans l’intérieur du Diocèse.

30. Nous renouvelons et confirmons les pouvoirs accordés par nos prédécesseurs ou par leurs Grands-Vicaires, soit de vive voix, ou par écrit, pour la confession des Rcligieuses,

Sera le présent mandement lu en Chapitre dans toutes les Communautés religieuses, et publié (excepté les articles 2 et 3) au prône soit des églises aroissiales,soit de celles où l’on fait l'office public,le premier dimanche après sa r ception.

Dowwe à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes, et le contre-seing de notre Secrétaire, le vingt-cinq février mil-huit-cent-trente-trois.

le Jos. Ev. de Québec.

Par Monseigneur,

LtS.

ï C. F. CAZEAU, Pre. Secrélaire.

Pour vraie copie.

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