AGNEUR OLIVIER-ELZÉAR MATH
OLIVIER-ELZEAR MA TITTEU, par la grâce de Dieu et
du Siège A postolique, créque de Régina.
Au clergé, séeulier et régulier, aux communautés religieuses et à tous les fitèles du diocèse de l'égina, Salut et Bénédiction
en Notre Seigneur.
Depuis quelque Lemps déjà, Rome avait décidé la forma tion du nouveau diocèse de Régina. Vous attendiez avec
impatience celui que Dieu appellerait à le diriger.
Un soir, Nous avons reçu de votre vénéré Archevêque an télégramme Nous annonçant que Nous étions l'élu du Seigneur. Vous ne pouvez vous rendre compte de l'effet de coup de foudre produit par celle nouvelle sur le pauvre prêtre abasourdi. Nous aflirmons devant Dieu qu'aucune pensée d'humaine ambition ne s'est présentée à Notre esprit. Nous
avons eu conscience, dans une vision rapide comme sera celle que Nous aurons à la lumière divine quand Nous serons jugé, Nous avons eu conscience de Notre faiblesse, du poids écrasant de la charge mise sur Nos épaules et Nous Nous sommes
écrié : € O mon Diéu ! est-ce possible ? »
Nous avons cru entendre en Nous une voix douce et forte Nous dire : € Plus la croix est lourde, plus grande sera la gloire de la porter. C'est parce que tu n'es rien, que tu ne peux rien, que tu es envoyé. Dieu fait son œuvre avec les instruments de rien, pourvu qu'ils soient dociles. Tu traailleras à l'œuvre de Dieu. Il la fera plus que toi tout en
faisant par toi.»
Alors Nous Nous sommes relevé: Nous avons compris que c'était Dieu qui Nous parlait, que la vie n’est pas un égoïsme
la
‘ire, mais un dévouement à c<ercer ; Nous avons envigé la chose «sub specie æternitatis, au point de vue de l'éternité »,et, dans un profond sentiment d'obéissance, Nous avons incliné Notre tête, Nous avons donné Notre esprit et notre cœur dans un total abandon. Nous étions vôtre, N.T.C.F.,sans plus songer à Nous, vôtre pour faire l'œuvre de Dieu, selon ses desseins, avec sa force, avec sa grâce. %
Depuis plus de Quarante ans, Nous avons vécu dans Notre cher vieux Séminaire de Québec fondé par le Vénérable Mgr de Laval, qui un jour quitta le beau pays de France, pour venir sur les bords inhospitaliers de notre grand fleuve, travailler à étendre le royaume de Jésus Christ. Ce saint évéque a obtenu de Dieu qu'autour de son tombeau, depuis plus de deux siècles, vivent de vrais prêtres, capables de suivre sans peur ni faiblesse la voie du devoir, heureux de consacrer leur vie au bien et au bonheur des autres, n'ayant qu'un désir : élever les esprits, fortifier les âmes, répandre les bienfaits d’un dévouement qui est intarissable parce qu'il vient de l'Infini et qu'il y retourne.
Nous avons vu mourir là bien des hommes que Nous aimions ; Nous y vivions entouré des ruines de Nos affections. Nous trouvions cependant de la consolation dans le noble sentiment d’avoir fait Notre devoir en souriant avec bonté à l'enfance innocente et en aidant de nos Ympathies la jeunesse dans son effort vers le vrai, vers le bien, vers l'idéal.
Maintenant que Nous avons franchi le sommet de cette montagne que l’on appelle la vie, Nous trouvions un vrai bonheur à voir de près, à coudoyer souvent ceux dont les espérances sont grandes comme le chemin qu'ils ont à parcourir.
Nous espérions finir nos jours là, dans ce foyer de douces et bonnes pensées, peuplé de Nos meilleurs souvenirs, ceux de Notre enfance et de Notre jeunesse, meublé de l'image des hommes que Nous avons le plus vénérés et aimés, grandes figures de l'Église et de la patrie.
11 Nous semblait même avoir le droit de souhaiter quelques heures d’un repos libre, recueilli, avant l'heure du grand
isenvivue de À Nous esprit vôtre, œuvre e,
Notre e Mgr pour , tra- L'évéplus uivre acrer qu'un bienvient
Nous ions.
oble ité à
esse
ette )onspéirir.
et : de des
des
ues
nd
ere
repos de là-haut. Mais le Souverain Pontife semble Nous dire ce que saint Vincent de Paul disait à Richelieu : Un vrai prêtre ne doit jamais se reposer.» Dieu Nous répète sa parole à saint Mathieu : « Veni, sequere me.» Il Nous l'ordonne : « Egredere de domo tuû, de cognatione tu, et veni in terram quam monstravero tibi. Sors de ta demeure, quitte ta famille et viens dans la place que je te montrerai». EU II Nous fait voir de suite la récompense qui Nous attend. {€ Amen, dico vobis quod vos qui secuti estis me, centuplum accipietis et vitam æternam possidebitis. Vous qui m'avez écouté et qui m'avez suivi, je vous le dis, vous aurez la vie éternelle, »
Tout en disant à Dieu avec saint Bernard : « Mon Dieu ! ayez pitié de la fourmi que vous avez attelée à un si grand char », Nous n'hésitons pas. Nous Nous rappellons tout ce que la Providence Nous à donné et Nous comprenons ce que Nous devons lui rendre ; elle n'a pas compté avec Nous, il nc Nous est pas permis de marchander avec elle. L'honneur que Dieu Nous fait est bien grand ; Nous courbons la tête sous le poids d'une gloire trop sainte, et Nous acceptons, en tremblant mais en aimant, cette couronne de la plénitude du sacerdoce qui a ses épines comme celle de Jésus Christ, mais qui n’ensanglante le front de l'homme que pour la gloire des hommes et pour l'amour de Dieu.
À partir de ce jour, Nous vous appartiendrons sans aucune réserve ; vous pourrez compter sur tout Notre dévouement comme Nous compterons sur votre filiale confiance. Nous voulons être au milieu de vous l'anneau qui lie, la voix qui console, la main qui donne, le bras qui soutient, la victime qui expie, le vase de parfum qui embaume, en un mot, l'apôtre qui fait connaître, aimer et servir Dieu.
Tous Nos devoirs vis-à-vis de vous, si nombreux qu'ils paraissent, se résumeront au fond à un seul : vous aimer, Laissez-moi vous affirmer que rien ne Nous sera plus facile que de le bien remplir. Vous serez pour Nous des fils et Nous serons tout de bon votre père. Nous en acceptons franchement les charges. Que nul d’entre vous ne craigne donc d'abuser de Notre temps ou de Notre dévouement.
Vous appartenons à tous et Notre ambition est de vous servir tous pour vous faire mieux servir Dieu.
Et pour Nous encourager, pour Nous consoler, vous ai l'Église, vous serez toujours fiers de lui üppartenir. L'Église
esUune patrie et comme elle est belle ! Son Roi est Jésus Christ; quel autre eut jamais sa g ndeur et sa bonté? Elle
les siècles et l'éternité. Son
ü pour étendue le ciel et la terre, histoire est écrite avec des miracles et tous ses combats finissent par être des victoires. Elle a pour citoyens des rois et des empereurs ; ses héros sont des martyrs et de les plus grandes figures qu'ait saluées ladmir
hommes, les plus hautes intelligences, le
s saints,
tion des S plus nobles âmes qui passèrent parmi les bénédictions du monde et que l'humilité ne put sauver de la gloire.
Vous l'aimere:
cette Eglise et vous ser
ez heureux d'être ses enfants, de vivre à l'ombre de son drapeau, d'observer ses lois, d'avoir confiance en elle. Cette conduite ne vous enlévera pas la confiance et le respect de vos concitoyens
; au contraire, elle les augmentera et vous en montrera dignes.
Vous aimerez le Souverain Pontife, grand de toute la majesté de la vérité et du droit, ferme et doux dans sa clairvoyance et sa force souveraine, beau vicillard qui n'a qu'un désir : rendre au monde le Christ vivant, le montrer non comme un souvenir, non comme une richesse lointaine qui s'épuise, mais comme une force qui vivifie, comme une réalité qui attire. Vous l'aimerez comme vous aimez le Christ qu'il
représente, comme vous aimez l'Église dont il est le chef.
Vous aimerez vos prêtres : vous les entourerez de votre
respect : vous leur témoignerez votre confiance. Ils vous aiment sincèrement. Ils ne montent chaque jour à l'autel
servir
nerez glise Jésus Elle Son bats rois ints, des nes ‘hu-
tre r ses nlèau
ma air- ‘un 1on qui lité u'il
tre US
tel
PER que pour vous bénir, pour attirer sur vor‘: grâce qui coule du ciel avec le sang de l'Agneau : ils ne mn, itent en chaire que pour distiller sur vous la vérité que Jésus Christ est venu apporter au monde, Ils vous appartiennent à tous, qui que vous soyez. Leur ministère est haut et miséricordieux comme la croix qui domine tout ce qui passe et jette ses bras à droite et à gauche afin d'amener tous les hommes à Jésus- Christ. Is ne veulent qu'une chose : se dévouer pour vous, mettre en vos âmes, comme un flambeau qui guidera votre vie, la vérité divine, déposer dans vos cœurs les notions saintes du devoir.
Vous vous aimerez les uns les autres. est le conseil que donnait le vieil Apôtre de la charité aux fidèles de la primitive Église. Ce sera là votre gloire, votre bonheur. votre paix, mais aussi votre force.
«€ Stemus écriait le Prophète Isaïe et il ajoutait aussitôt qu'ainsi associés entre nous et en Dieu, nous ne devrons plus avoir de crainte. « Quis est adversarius meus ? accedat ad me.»
Vous vous rappellez ce féroce César qui souhaitait une seule tête au genre humain pour l'abattre d'un seul coup. Eh bien ! formant le vœu contraire, Nous désirerions que tous les catholiques du diocèse n'aient qu'un seul cœur pour être torts et lutter avec succès. L'arbre le plus gros et le plus solide peut pourtant être renversé par une tempête s'il s'élève seul et solitaire, tandis qu'il court moins de danger lorsqu'il se dresse dans une forêt dent les branches amies peuvent le protéger contre la tourme, e.
simul », € associons-nous »,
Et pourquoi cette union n'existerait-elle pas entre nous À Nous sommes rattachés les uns aux autres par des liens si nombreux et si forts! Nous avons au cœur les mêmes amours : amour de Dieu et de son Christ, amour de l'Église et de son auguste chef, amour des âmes et de la patrie ; nous avons les mêmes aspirations vers le relèvement de la religion, vers le soulagement de la misère, vers l'expansion de la vi rité, vers le triomphe du bien.
Au nom de tous ces amours, pour réaliser ces généreux désirs, pour nous faire respecter, serrons-nous de plus en plus les uns contre les autres ; que nos cœurs soient remplis de la vraie charité chrétienne. Alors notre vie instruira, édifiera
Îtra avec raison comme un reflet séduisant de l'Évangile, un évangile vécu, en action, Autre-
nos frères : elle leur appar
ment, au lieu de faire l'édification de ceux qui ne partagent pas notre foi, nous leur donnerions un juste sujet de scandale et nous en serions réduits à dire avec saint Grégoire de Naziance: «Le spectacle que nous offrons n'est pas pour réjouir les anges et les hommes, mais seulement les méchants qui nous contemplent.—Spectaculum novum facti sumus non angelis et hominibus sed improbis.»
Présentons toujours au cœur de Dieu la face d'une famille unie, d'une famille sainte, d'une famille heureuse, image et prélude de celle que nous formerons au ciel,
Mais pour que tout cela se fasse, il faut que Dieu nous aide. CEgo plantavi, Apollo rigavit, Deus autem incrementum dedit ». Quels que soient le zèle et l'habileté de ceux qui plantent et qui arrosent, la fécondité et la croissance ne viennent que de Dieu. Quand il s'agit du travail des âmes, c'est toujours à Lui qu'il faut recourir sous peine de rendre “ain le labeu- le plus obstiné.
Vous prierez donc les uns pour les autres ; vous pricrez pour celui que Dieu appelle à vous diriger, afin qu'il marche sur les traces des saints évêques et de tous les vrais prêtres qui, comme les Apôtres du Christ, ont, depuis de longues années, dans cette belle partie de notre cher Canada, annoncé la parole de Dieu, la paix du Seigneur et ses promesses divines. Nous garderons constamment présent à l'esprit le souvenir de ces belles âmes, faites de sainteté, de force et de tendresse ; ce souvenir nous entraînera à limitation et à la conquête des vertus qui fleurissaient en elles et dont elles restent l'impérissable exemple.
Et surtout, tous ensemble, du fond du cœur, disons à Marie, la patronne de ce diocèse : (O ! $ es nostra, salve ! Salut
néreux n plus s de la difiera reflet Autreagent lale et
| nous
ngelis
unille et
aide.
ntum qui ne
mes, ndre
ierez rche êtres gues oncé esses it le t de à la elles
arie, alut
à Vous qui étes tout notre espoir » ; € [los tuos misericordes oculos ad nos converte, Tournez vos regards miséricordienx vers nous » ; € Monstra te esse matrem. Montrez-vous toujours notre mére», et pour «
ela € Lter para tutum. Faites que nous suivions toujours la voie du devoir » & UT videntes Jesum, semper collwtemur ; afin que, prenant toujours Jésus
pour guide, nous soyons toujours dans la joie ».
Nous savons que vos prêtres, réguliers et séculiers, ont toujours mené une vic faite de pureté, d'abnégation, de sacrifices et de dévouement. Puissent-ils continuer toujours à se faire tout à tous sans üppartenir à personne, main enant parmi les fidèles les liens de la fraternité en les rattac ntau centre de toute charité, au cœur même de Jésus: ürist ! Puissent-ils toujours, comme leur Divin Maître, passer en fai
sollicitude qu'un père a pour ses enfants,
nt le bien, prodiguant chaque jour à leurs paroissiens le
isant de leurs paroisses des pépinières de saints !
Nous savons quels fruits de sainteté müûrissent dans vos communautés religieuses, dans ces jardins mystiques où l'Ég nous admirerons sans cesse ces hommes et ces femmes enrôlés sous une pensée commune de charité, dont le mot d'ordre est amour et prière; se dévouant à l'éducation des enfants. au culte des pauvres, des malades, des orphelins, de tousles abandonnés qui réclament du pain, des soins, des consolations, de
se rassemble ses meilleurs enfants. Nous admirons et
l'estime et des affections. Nous comptons sur leurs prières comme tous peuvent compter sur Notre paternel attachement,
Nous espérons que notre vénéré Métropolitain trouvera de la joie en voyant grandir le diocèse dont il prépara et dont il protégea le berceau. Désireux de marcher sur les traces de notre Archevêque qui vous laisse tant de monuments de son zèle pour le bien de son troupeau et pour l'honneur de son clergé, Nous Nous faisons un devoir de maintenir toutes les sages dispositions qu'il a jugé à propos d'adopter à ce sujet.
fi —
À ces causes et le nom de Dieu invoqué, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
1° Nous continuons tous les pouvoirs et facultés extraordinaires donnés par Mgr l'Archevêque de Saint- Boniface et encore en vigueur au moment de notre prise de possession ;
2° Nous désirons qu'après la messe paroissiale durant laquelle se fera la lecture de ce mandement, l’on chante
. l’'«Ave Maris stella », afin d'obtenir de la Sainte Vierge
qu’elle bénisse Notre épiscopat et qu’elle le rende fructueux ;
3° Nous demandons qu’à toutes les messes dites ou chan-
tées dans le diocèse jusqu’au premier janvier 1912, on ajoute
l'oraison du Saint Esprit, quand la liturgie le permettra, afin
d'obtenir que la lumière se fasse dans toutes les intelligences,
que la charité règne dans tous les cœurs, que le désir du devoir pénètre toutes les volontés.
Sera le présent mandement lu et publié au prône des messes paroisssiales de toutes les églises et chapelles, et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception, et dans l’église de Régina, le jour de notre installation.
Donné à Québec sous Notre seing, le sceau de Notre diocèse et le contre-seing de Notre secrétaire, ce cinquième jour de novembre de l’an mil neuf cent onze. y
T Ocrvier Eczéar MATHIEU, Evêque de Régina.
Par mandement de Monseigneur,
Cus BEAULIEU, ptre, Secrétaire
rdonné
traorface et ssion ; lurant ‘hante Vierge ueux ; chanajoute a, afin ences, ir du
nesses apitre après notre
ocèse ir de
Fr,