Mandement de Mgr. C.F. Baillargeon, archevêque de Québec [microforme]
Sye, €. #. Puilurgem, Arcbeleme de Éneber POUR LA VISITE PASTORALE DES PAROISSES.
(Sa première visite en qualité @Archevéque.)
CHARLES-FRANCOIS BAILLARGEON
Par la Miséricorde de Dien et la Grâce du Saint-Siége Apostolique, Archevèque de Québec, Assistant au Trône Pontifical, ete., ete., etc.
À tous les Curés, Vicaires et autres ecclésiastiques, et à tqus les fidèles de notre Archidiocèse, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur.
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Chargé que nous étions ci-devant de l'administration de cet archidiocèse, pendant la longue maladie de notre vénérable prédécessenr, vous le savez, Nos Très-Chers Frères, déjà nous l'avons visité trois fois dans touto son étendue, ÿ compris la partie qui forme aujourd’hui ie diocèse de S. Germain de Rimouski, qui n’en à été séparée qu’au printems de l’année dernière.
Ces visites, c’est donc comme simple coadjuteur de l’illnetre malade, et pour acquitter une de ses plus graves obligations, que nous les avons faites. Mais celle que nous nous proposons de commencer cette année, c’est comme votre archevêque qne nous l’entreprenons, et par conséquent pour accomplir un des plus importants devoirs de la redoutable charge qu’il a plu à la divine providence de
nous imposer, en nous appelant, malgré notre faiblesse, à cette grande et sainte dignité.
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La visite pastorale des paroisses de lerr diocèse est en cffet un der plus importants devoirs des évêques. Leur mission, si vous voulez l'entendre, west véritablement que l& continuation de la mission sainte des apôtres, ct de Jésus-Christ lui-même. C'est une même chose dans son principe, dans son objet et dans sa fin.
Le principe de cette divine mission, c’est Dieu ; son objet, c’est la prédication de l’évangile de Dieu, l’enseignement de la vérité; sa fin, c’est le salut des honunes.
Car “ Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique pour le salué du monde,” 1 et “ qu’il l’a envoyé ” ? pour ‘ visiter son peuple et pour le racheter.” # Et“ le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous” ‘ etce Fils nniqne de Dieu, Jésvs-Christ Notre-Seigneur, “ a été vu sur la terre ; ” 5 et il a visité son peuple, “ parcourant les villes et les campagne3, © en faisant le bien”? et “ en prèchant l’évangile du royaume de Dieu 38 puis, avans que “ de quitter la terre pour retourner vers son Père,” ® il a chargé ses apôtres de continuer sa mission divine Gans le monde, et il leur a dit : “ Voilà que je vous envoie comme mon Père m'a envoyé : " Allez, prèchez l’évangile à toutes créatures: celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé.” ! Et éncore : “ Voilà que je suis avec vous jusqu’à la conscmmation des siècles.” 1?
La mission des apôtres est donc la mème que celle de Jésus-Christ : la même dans son pfircipe, qui est Dieu, par qui a été envoyé Jésus-Christ, qui à son tour les a envoyés eux-mêmes ; la même dans son objet, qui est la prédication de l’évangile de Dieu ; la même dans sa fin, qui est le salut des hommes.
Or les évèques ont pris la place des apôtres : ils leur ont donc succédé dans cette haute mission, afin de la continuer jusqu’à la fin des siècles. Comme les saints apôtres, ils sont donc, eux aussi, les envoyés de Jésus-Christ, chargés d'annoncer son évangile et de travailler au salnt des hommes.
C’est dore un de leurs principaux devoirs que de visiter les peuples dont Dieu leur 2 confié le salut : visite au reste dont l'Eglise leur fait aussi un précepte rigoureux.
1 Jean, 3, 16. 7 Act. 10, 38.
2 Jean, 3, 17. 8 Matth., 9, 35.
3 Luc, 1, 68. 9 Jean, 16, 28.
4 Jean, 1, 14. 10 Jean, 20, 21.
5 Baruch, 3, 38. 11 Marc, 16, 15, 16.
6 Matth, 9,35. 12 Matth. 28, 20.
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C’est pour remplir ce devoir, N,T. C. F., que nous allons entreprendre la visite générale des paroisses de notre archidiocèse,
Vous comprenez maintenant l’objet ct la fin que nous devons nons proposer dans cette visite, et que nous nous proposons en effet hien sincèrement devant Dicu : c'est votre bien, et votre vrai bien ; c’est votre bonheur, et votre véritable bonheur ;—c’est votre sanctification ; c’est votre salut éternel, et tout ce qui peu: vous aiter à l'obtenir : —c’est de réveiller dans vos cœurs la foi et la piété ;—c’est de vous inspirer la crainte et l'amonr de Dier ; la haine du péché, et la vigilance sur vons-même afin de vous en préserver ; un grand désir de votre salnt, avec la volonté sincère d’y travailler tons les Jours de votre vie, afin de l’assurer :—c'est encore d’affermir le règne de la paix et de la vertn parmi vous; de vous engager à la pratique de la charité, de cette charité divine, hélas si profondément altérée aujourd’hui, dans un grand nombre de paroisses, et presque éteinte dans le cœur de tant de chrétiens ; à la pratique de la tempérance, de la mortification, de la modestie chrétienne : modestie dans le maintien ct dans les paroles, modestie dans les dépenses, modestie dans l’ameublement, dans les habiis et les parures :— ce que nous nous proporons enfin, c’est de corriger les abus, de combattre et de déraciner les vices et surtout la vanité, le luxe et l’intempérance ; la vanité et le luxe, ces deux grandes plaies de notre société ; ces deux canses principales de ruine et de misère pour les familles et pour les individas ; l’intempérance, cette source empoisonnée de désordres ct de crimes de tont genre, cette cause redoutable de tant de malheurs, dans le temps, et de la perte de tant d’âmes, dans l'éternité.
Voilà done, N. T. C. F., l’objet ct la fin de notre visite pastorale ; voilà le ministère tout divin que nous avons à y exercer, et le bien que nous désirons y opérer.
Maïs ici nous nous sentons pressé de nous écrier avec le grand Apôtre : Sed ad hœc quis tam idoneus ? 1 « Qui est capable d'un tel ministère ?” Et qui sommes-nous pour oser l’entreprendre? À Dieu ne plaise que nous comptions sur nos propres forces !..,, Qui pourra donc nous donner de le remplir dignement ?....Dien seul, N. T. C. F., Dieu seul, qui nous en a chargé : oui, ce grand Dieu qui peut tout, ct “ en qui nous pouvons tout, ? Lui seul pent nous en rendre capable,
C’est anssi de ce grand Dicu, Père des miséricordes ct de toute consolation,
1 2 Cor, 2, 16. 2 Philipp, 4, 18,
et “ de lui seul, que nons attendons tonte notre guffisance.” ? Oui, ce Dieu q ü vous aime, “ qui veut votre salut, qui se plait à faire servir ce qu’il y a de plus faible et de plus misérable à l’accomplissement des merveilles de sa puissance et de son amour, ? qui tient en sa main le cœur de tous les hommes,” * qui nousa : donné la charge de vos âmes, ce Dieu de bonté aura pitié de nous à cause de vous ; il nous assistera lui-même, et il soutiendra notre faiblesse. C’est en lui aussi, et en lui seul que nous avons mis toutes nos espérances, et nous comptons avee une pleine assurance sur le secours de sa grâce.
Nous comptons aussi, N.T. O, F., sur l'assistance de vos plus ferventes prières, que nous vous demandons en tonte confiance : nous en avons grand besoin, et nous y avons certainement droit, puisque c'est pour vous que nous portons le bien lourd fardeau de l’épiscopat ; que c’est par conséquent pour vous que nous travaillons, quand nous remplissons les devoirs attachés à cette redoutable charge, et qu’il vous est grandement avantageux que nous nous en acquittions “ d’une manière digne de Dieu.” ‘ Priez donc, ct priez beaucoup pour nous, afin que Dieu nous fasse la grâce de nous acquitter toujours saintement, “ comme un fidèle ministre de Jésus-Christ,” ° dn ministère sacré de “ dispeusateur des mystères de Dieu, © qu’il nous « coufié, mais surtout dans le cours de notre visite pastorale, dont le but principal est la ganctification de vos âmes : afin que cette visite devienne ainsi, suivant le plus ardent désir de notre cœur, une source abondante de bénédictions et de salnt pour vos paroisses, pour vos familles et pour chacun de vous en particulier.
Mais pour cela, N. T. C. F., vous comprenez qu’il faut vous préparer à cette visite, et vous disposer à en profiter.
A cette fin, rappelez-vous que la visite épiscopale est une grande grâce ; puisqne, comme nous venons de vons le montrer, c’est véritablement une continuation de la mission divine que Notre-Seigneur Jésus-Christ a commencée par lni-même, pendaut qu’il était dans le monde, et qu’il accomplit, maintenant qu’il est au ciel, par le ministère de ses apôtres, ct des évèques, leurs successc'irs dans la suite des temps jusqu’à la fin des siècles.
Considérez que ce n’est pas de nous-même, mais pour obéir à Jésus-Christ, qui nous le commande, que novs allons faire tette visite; que c’est comme son envoyé et son représentant que nous nous présenterons an milieu de vous ; que