MONSEIGNEUR E.-A. TASCHEREAU
PROMULGUANT LA BULLE INTER VARIIS SOLLICITUDINES QUI ÊRIGE CANONIQUEMENT L'UNIVERSITÉ LAVAL
ELZEAR-ALEXANDRE TASCHEREAU,
Par la miséricorde de Dieu et la grîce du Saint- Siége Apostolique, Archevêque de Québec, Assistant au Trône Pontilical, Chancelier Apostolique de l'Université Laval,
Au Clergé Séculier et Rigulier, aux Communautés Reiigieuses el à tous les Fulèles de l'Archidiocèse de
Québec, Sulut et Bénédiction en Notre Seigneur.
Depuis dix-huit siècles, Nos Très-Chers Frères, Rome l , ,
présente aux regards de l'humanité un spectacle vrai-
ment admirable. De toutes les parties du monde, les intelligences comme les cœurs s'y donnent rendez-vous et viennent y puiser la lumière et la force. Quelle est, en effet, l’œuvre chrétienne qui n'ait aimé à solliciter ses paroles d'encouragement ? Quelle est l'association pieuse qui n'ait voulu s'épanouir sous son égide tutélaire ? Quelle est la compagnie religieuse qui oserait compter sur une longue vie, si elle ne voyait ses constitutions examinées et approuvées par la sagesse romaine ? Quelle est enfin la doctrine qui pourrait se promettre une expansion durable, si elle n’était un écho fidèle des oracles du Vatican ? Tous les catholiques, en tous les temps, semblent done avoir entendu l'invitation que St. Augustin met sur les lèvres des successeurs de St. Pierre : “ Venez, mes frères, venez tous, si vous voulez
être greftés sur Celui qui est la vigne.”
Cet appel du Vicaire de Jésus-Christ, c’est notre bonheur, à nous peuple canadien, de l'avoir entendu à toutes les époques, et par nos actes nous lui avons bien soûvent répété ce que l'Apôtre St. Pierre disait au Fils de Dieu lui-même : “ À qui irions-nous, Seigneur, vous avez les paroles de la vie éternelle ? ” (St. Jean, VI, 69.) Voyez, N.T. C. F, comment, depuis l’aurore de notre colonie jusqu'à nos jours, Dieu s’est plu à diriger les événements ; admirez avec nous les voies de la Providence : cette facilité donnée à notre Eglise dans ses
communications avec le Kaint-Siége ; cet empressement
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avec lequel les Evêques de Québec se sont rendus ad limina Apostolorum, lorsque les circonstances le leur ont permis ; ce respect et cette vénération qu'ils en ont remportés pour la personne sacrée du Souverain Pontife ; ce soin filial de lui soumettre, comme à un Père, la solution de toutes leurs difficultés. N'est-ce pas le temps de le proclamer bien haut, tous nous avons suivi, en cela, les précieux exemples que nous à légués le premier Evêqne de la Nouvelle-France, lillustre François de Laval-Montmoreney ! C’est lui qui, guidé par les lumières de sa belle intelligence, les intuitions de sa foi, la connaissance profonde qu'il avait de la constitution de l'Eglise, c'est lui qui a voulu placer le berceau de notre fni à côté même de la chaire de St. Pierre. C’est lui qui a déployé une énergique vigilance contre l’introduetion de certaines propositions imposées tyranniquement à l’enseignement des séminaires français par la volonté de Louis XIV. C’est lui qui, en faisant accepter à son cle:gé la belle liturgie romaine, nous à épargné les ennuis d’une lutte pénible qui ne fait que de s'éteindre en France. C’est lui, en un mot, qui le premier a fait acclamer par notre peuple catholique cette parole À jamais gravée dans tous nos CŒurS : Ubi Petrus, bi
eclesia : Là ou est Pierre, là est l'Eglise.
Fidèles héritiers de l'esprit catholique de leur fondateur, les rembres du Séminaire de Québec, après
s'être chargés de la création de l’Université Laval, à la
| demande de l'Episcopat Canadien, n’eurent rien de plus Le à cœur que de s'assurer de l'appui du Saint Siége, Ils ï
savaient bien 1e de Rome devaient leur venir leurs plus solides esperances de succès. Comment l'auraientils ignoré, quand ils se rappelaient qu'aux beaux siècles de la foi, en Europe, les Universités étaient établies par 3 l'autorité réunie des papes et des souverains ? L'histoire 4 leur redisait la gloire qui avait resplendi sur les écoles de Paris et de Bologne, et les noms des Papes Innocent IT et Honorius couvraient de leur protection ces insti- F tutions qui fournirent tant de docteurs à l'Eglise, et à
l'Etat tunt d'hommes éminents,
Le premier Recteur de l'Université Laval, M. Louis- ! Jacques Casault, d'ilustre mémoire, se rendit dont à Rome, et sollicita la faveur d’une érection canonique. Tout semblait favoriser ses vœux : Sa Majesté la Reine Victoria, sur la recommandation de Lord Elgin et de ses ministres, allait accorder une charte vraiment royale. Rome applaudit au projet de création, l’encouragea de paroles bienveillantes, donna méme un Rescrit qui
permettait la collation des diplômes en théologie ; mais
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la Bulle d’érection, la prudence demandait que l’on at-
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tendît pour l’accorder. Le gouvernement civil avait bien voulu compter sur l'avenir : Rome aima mieux
avoir à consacrer un passé plein de mérite, L'Etat