Mandement de Monseigneur Alexandre A. Taché, archevêque de St. Boniface, concernant les élections
Alexandrie Antonin Taché par lu Miséricorde de Dieu et lu Grûce du Saïnt Siége Apostolique, Archenéque de SL. Bonifare, ele. ete.
Au Ciergé & Êl
1 est pronable, Nos Tres Chers Frères, que L'année ne sécoulera pas sans que vous soviez appelés à faire des élections faut pour les Gommu nes du Canada, que pour lAssem:
blée Législative de notre Province,
L'Acte que vous aurez à accom
plir, en choisissant vos représentants |
est un acte vie civile, et
pour assemblées, bien important de Ja auquel est attachée vue grande res Les priviléges ne font
Ces
pousabilité, que multiplier les devoirs ; vons ne
pourrez user convenablement de
vos priviléges de citoyens, qu'en ac:
complissant, en même temps, les devoirs qui vous soul imposés com me chrétiens. Cest pourquoi, Nos Très Chers Frères, Nous venons au jourd'hui vons faire entendre Fa voix dé votre Pasteur, pour vous instruire et vous guider dans des circonslan ces qui peuvent avoir une influence immense sur la prospérilé de notre jeune Province, et aussi sur le bou
heur de vos: familles et de chacun
de vous en particulier.
eculier et Régulier et à tous les fidèles de Notre Archidiocèse
Dans l'opinion de certaines gens, | le clergé ne devrait jamais s'occuper | d'élections et n'en devrait même jamais parler, Gest là ane grave [erreur qui renferme nn principe injuste, absurde et dangerenx,
Vos pasteurs sont citoyens d: leur pays, autant que qui que ce soit d’entre vois. On ne pourrait donc pas sans injustice, les priver des
1 priviléges dont jouissent Leurs com-
|patriotes, Plns que cela, ils ne {peuvent pas d'eux-mêmes se sous :lraire aux obligations inhérentes à |ces priviléges.
Vos pasteurs sont plus instruits.
plus désintéressés et plus désireux de la véritable prospérité de leur | pays que la masse des électeurs ; | c’est pourquoi ce serait une absur | dité de vouloir les écarter de tonte | participation à des actes qui requièrent précisément les qualifications ‘qui. distinguent le cleryé comme | corps. {
Ne vous laissez pas tromper, Nos l'Très Chers Frères, par les sophis
mes et les faussetés mises en cirenlation pour séduire le peuple et Île précipiter dans des maux incaleula
bles en l'éloignant des vrais sen-
tiers du droitet 46 la justice. La
raison unique pour laquelle on veut refuser aux prètres {même sous la
sage direction de leurs supérienrs.
ecclésiastiques) de prendre partanx affaires pubhques de leur pays, c'est que de fait on veut bannir Dien lui.
mème du gouvernement des nations.
& L'insensé a dit dans son éœur ; Ü n'y a pas de Dieu (Psaume xu1. 13 Gette folie criminelle que le Psalmiste reproche aux individus. semble devenirla maxime fondamendale de la politique moderne ; et pourtant Le Seigneur juge les peuples.” me vu 9) ‘et c'est vous, Seiqeur. qui diriges Les nations sur la terre (Ps rte LVL 1
Hélas! Nos Cuors Frères une des grades aberrations de no tre temps, c'est la tendance à bannir Dieu de la société civile ; c'est pour.
quoi lon voudrail faire taire les ministres de Jésus Christ; puisque,
Très
comme le dit le Disciple bien aïmé :| & Qui n'est pas de Diéu ne nous ècoultr)
pas" (LSE Jan iv. 61 Vous le sa
vez Dieu est le Maitre ab<olu de nos
intelligeuces et de nos cœurs, Come
me de nos corps et de Hi lerre que
nous häbhitons ; cart la derie est au Seigneur dans toute sa plniude Corint'hiens x. 26) comme les actes privés, n'échapront point à l'œil serntateur du Sous rain Juge. Ces actes peuvent tre bons ou mauvais, suivant Ja dont i's soul accomplis La loi de
Dieu embrasse et doit régler Lous
L'sactes paies
les devoirs et loutes des actions de.
Fhomme. Personne n'est exempt de cette loi sainte: personne n'a
vis-vis du Souverain Maitre une indépendaure quidui permelte d'a
vie contrairement à la loi divine:
qui seule est suprème.
Vous savez très bien aussi, Nos Vrès Chers Frères, que Dieu à confié l'enseignement de sa loi à ses ministre, lorsqu'il leur à dit: *Æn seignez loules les nations...
(Psau- !
mianiore |
je vous aieomimaidé" (St. Math: XKVOR.
119.20) Le Divin Maître à vouln igue cet enseignement fut complet.
Co iout que Jésus Christ veut que ses minisires enseignent à toutes les paüons doit évidemment comprenlre Jes acies les plus solenneis de Ta eoinme importants.
doit s'étendre à ce qui affecte Île bouheur des nations, comme à quine touche que les individus. Gnt enseignement par conséquent à trait Laux élections puisqu'elles imposent
vie. les moins
ee
des devoirs aux. chrétiens.
Si le choix des représentants du peuple pour les assemblées légistati ves etat simplement ane action mé canique; si éétail le fait d'automa- Les qui se meuvent cl amissent sans intelligence, sans discernement, sans !moiûf, sans fin, li religion n'aurait lrien à faire dans les élections. et ses ministres auraient pas Pobligation de parler.
doivent se faire par etpour des ètres
bLoin de là. les élections
intelligents qui veulent nécessair.
ment quelque chose. qui choisissent pur des motifs À eux eonnus qui tendent à une fin qui ne sairaitètre
tout à-faitindifférente, quinrceedent
| pAir des moyens qui peuvent être on Put pas légitimes Gest pour joies élections diveat se Pis
de manière à ôtre agréables à Dieu:
car, comme dit St Paul soit que
vous nmuirdez, Soit que vous buvirs
où que pous fausses qéEpeanire close
faites tout pour le gloie de Dion” 311 Partout où iv des âmes. la relivion doit avoir son
il Cor IX a
action ; fait qu'accomplir sou devoir quand lil leur trace la liuns de conduite
et le pasteur de eos dunes ue
qu'elles doivent suivre. Gun leur si doivent C'est is donner d son peupie iSf. F.
| L'ennemt des nations et des indivi
tonale les dangers qu'elle:
jéviler.
Dh scivnee du salut” Lue 1 Ta.
dus vondrut Lure Le malheur de tous en larissant les sources d'ens gnement. eten réduisant les minis.
tres Cu Dien des nations. au triste rôle de “ chiéus muets quine savent [point aboyer" (aïe Lx1 TON. Ce in'est pas ainsi que St Pani ente rdaii
bus appeaaut à ques ie ministère sacré que Dien nons a coufie. lorsqu'il écrivait à son fidèle disciple, l'évêque TFimothé: + 4n nonCez contrelemps ; reprenez, suppliez, répri mancdez en loule pualience, el toute doc trine ; car d viendra us hommes ne supporteron! point la saine
tout C& que
doctrine mais ayant une grande déman geuson dentendre, ils tour d'eus ua foule de mattres selon
ne désirs (IL St. Paul Tinothé,
Ces principes pe sont pas nou veaux pour vous, Nos Très Chers:
Frères : il suit de vons les rappe ler pour que vous saisissiez l'a-ropos de lenr application dans les cir.
constance, où se révèle tonte L'IMPORFANCE DES ÉLECTIONS.
Les élections sont de fait très-imporlantes à cause des résultats qu'el:
les peuvent avoir. Par les élections pour lies assemblées législatives vons êtes appelés à concourir à la forma
tion des corps qui législatent pour le
pays et qui contrôlent la direction!
des affaires publiques. Une puis sance bien grande est accordée par!
la constitution à ces assemblées Ce sert sas Joute se tromper étran gement que de eroire le parlement:
omnipoteut. Dieu seul, répétons-le . Dieu sul est tout puissant.
Ce n'est qu'à son fiis qu'il a permis de « “ Toule puissance na été donnée au cislel sur la terre (SE Math :
xxvur 8, Le pouvoirdes parlements d'est pas absolu ; cepeudant il ést très-éleudi sous notre régine cons titutionnel. Si ces assemblées sont mal composées, elles penventonblier que Dieu leur ditconmeaux autres :
* Les rois règnent par moi ; et c'est par | moi que les législateurs ordonnent ee qui est juste.” (Prov: vi. 151. Elles PRE RENE s'arroger une puissance qui 1e lenr appartient pas, et qui serait pour le iwalheur des populations.
Le bonheur des peuples dépend de leur union avec Dieu. :# Heureux le peuple qui a le Seigneur pour son Dieu.” (Psaume cxunr. 15).
Siuue assemblée législative est bien composée, si elle a le sentiment
souvent
dire :
la parole, presses à temps el à
à lemps où les!
ŒMASSeTONE aUu-!
[de sa dignité et de la justice. elle sera apte à promouvoir les intérêts qui lui sont confiés: puisque © la justice élève les nations” (Prov :
XIV. 341 Si, £u contraire la violation de la loi dé Dieu ne répugne pas à |ceux qui font Les lois humaines, Le
résultat le plus déplorable s'en sui
LV nécessairement; puisque % Le péché rend ls peuples misérables.” (Prov x. 34. La sagesse humaine
dans ée cas devieit une folie de la pire “ce n'est point là la isagesse qui vient d'en haul ; mais une sagesse lerreste, animale et diabolique.” USE Jacques nt. 155. L'Esprit Saint for |mule des analhiènes contre lès légis lateurs qui ne conaaissent pas leurs obligations, Malheur Qt Sd CCUE qui élabliseent des lois d'iniquité et qui font dés ordonnances injustes ” | (sai x. l)et, “es puissants seront | puissanment tourmentés. Dieu heres pectera la grandeur de quique 6e soit.
parcequ'il a failles grands comme les |pelits. (Sagesse vi. 7, 8).
Si, au contraire, les législatéitr | comprennent limportance de Ia mis.
sion qui leur est confiée ; s'ils savent se souvenir qu'ils sont leg minis tres de Dieu” (Rom : xnr. 6) ; si, sous le regard du Seigneur. ils savent 4c complir l'important mandat qui leur | est confié, ils contmbueront prissam- [ment au maintient des institutions ‘qui nous gouvernent et aû bonheur | de ceux qu'elles régissent ; [a [paix ei le contentément kébnar dis | dans le pays pour lequel Dieu les appelle à législater : & fa justice est la \gloëre et l'affermissement du trône”
| A ceux qui marchent séloh ses préceptes. Dieu a dit: "PEU bLirUE la paix dans Vélendue ‘de votre | pays.” |(Lévilique xxvr. 61.
| [ne suffit done pas de faire iles élections, mais il faut-se ‘souvenit |de leur importance, de l'importance |du jugement que vous êtes’ appélés à porter sur tel'ou tel éaididit.
Vous confiez quelques-uns dé vos intérêts les plus chers à des hommes qui les sauvegarderont où les com promeltront, suivant ce qu’ils ‘sont eux-mêmes: % Vous les: connautres bpar leurs fruits 4,5
espèce ;
CORCEREE TRE
Un bon arbre ne peut produire deique Ne demandez point au Seigneur
mauvais fruils, ni un be produire de bons fruits” Math: vi 16, 18.3 Inetruisez donc, Nos Tres Chers Frères, dans le discernement que vons devez faire de ceux à qui vous or.
derez votre confiante et voire suTrae
vous
de
g”. Dans les parlements on crée des
emplois serment d'office; quel inconvénient pour vous. Nos Très Chers Frères
auxquels est a'tachS un.
mauvais ar. la ehuærae de conduire les autres. ni au
roi ue chaire d'honneur celésias.
tique Vu. 4)
Autant nous devons admirer Fab:
négation de éeux qui, pour l'amour de leur pays, se cévonent à le servir dans la vie pub'ique. autant il est regietlable d'en voir d'autres armnbi tionner de devenir lecislatenrs sans aucune des aptitudes qni constituent
les qualifications niorales que de
si la législation est telle que vous
us puissiez pas prêter ce serment. et
quel malheur si. enle prètant. vois jqualités de l'esprit et An cœur, sans
ne pouviez l'accomplir sans b'esser
voire conscience en offensant Dieu !:
Pour achever de vous convairere de l'importance des elections. rap
pelez vous que, dans.les assemblées:
législatives, le vote d'un seul membre peut faire adopter on rejeter une
mesure avantageuse ; et que le vote.
d'un seul peut aussi la même chose pour des projets de los. les plus iniques et les plus prépudic'ables à vos vérilables Ce vote d’un seul qui doune quelquefo s la prépondérance. peut être celui du
interéts.
moins qualifié de tous les représen-|
tants du peuple. Ce menibre qui,
malgré son insignifiance personnel. |
le, obtient tant par son vote. devra peut être lui même son éleelion au dernier des hommes de la division électorale qu'il représente Quelles que soient, en thécrie. vos opinions sur le systéme électif, vous compre nez son importance dans la pratique,
par conséquent, vons ne devez rien |
négliger pour vous instruire de vos
obligations comine électeurs
sur une qualification