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CHARLES FRANCOIS BAILLARGEGN
Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siége Apostolique, Evêque de Tloa, Administrateur de l’Archidiocèse de Québec, etc., etc.
A tous les Curés, Missionnaires, Vicaires et autres ecclésiastiques, et à tous les fidèles, Salut et Bénédiction en Notre Seiyneur.
Vous savez, N. T. C. F., qu’une guerre formidable vient d’éclater au sein de l’Europe. Déjà de puissantes armées ont été rassemblées ; déjà elles sont en présence, et sur le point d’entrer dans une sanglante et terrible lutte, dont les conséquences redoutables épouvantent le monde chrétien.
An premier cri de cette guerre funeste, s’élevant du milieu des nations catholiques, le cœur du père commun des fidèles a été navré de douleur; sa grande âme a conçu les plus vives alarmes.
Tenant ici-bas la place de Celui qui, en entrant en ce monde, a annoncé, par la voix de ses anges, la paix aux hommes de bonne volonté, et qui, en remontant au Ciel, pour s’y asseoir à la droite de Dieu son père, a laissé cette paix à ses disciples, il a compris qu’il est de son devoir de prècher sans cesse la paix, et de travailler de toutes ses forces à l’établir, et à la maintenir dans le monde. D'un autre côté, il a reconnu que ces nations, qui l’appellent cependant leur père, dans le délire de leurs mauvaises passions, étaient sourdes à ses conseils de paix. Pressé par les sentiments de son amour et de sa sollicitude paternelle, qui embraise tous les peuples de la terre, mais surtont les enfants de l’Eglise, il s’est donc aussitôt tourné vers le Ciel; et, élevant ses mains suppliantes vers le Dieu Tout-Puissant, il l’a conjuré avec ardeur d’avoir pitié de son peuple, et de lui donner la paix: puis il s’est empressé d'inviter tous ses sujets à joindre leur vœux aux siens, dans la mème intention, en ordonnant des prières publiques dans tous ses états.
Aujourd’hui, toujours pressé par sa charité, qui grandit à l’approche du
danger, il veut que l'Eglise de Dieu toute entière se mette en prière avec lui
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pour conjurer l’orage. C’est dans ce désir, qu’il vient d’adresser une encyclique
à tous les Evêques dn monde, en communion avec le Saint Siége, pour Re à Ed. LU A
leur demander ‘“ de vouloir bien, suivant les inspirations de leur charité et
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“ de leur zèle pour la religion, ordonner des prières publiques dans leurs « diocèses, afin que les fidèles confiés à leur sollicitude, après avoir imploré le “ gecours de la toute-puissante intercession de la Très-Sainte et Immaculée & Vierge Marie, Mère de Dieu, prient avec ardeur le Très-Haut, dont la miséri- “ corde est inépuisable, de daigner, par les mérites de son fils unique, Notre “ Seigneur Jésus-Christ, détourner de nous sa colère, faire cesser les guerres “ dans toute l'étendue du monde, éclairer les esprits des hommes des rayons de & la grâce divine, remplir leur cœur de l’amour de la paix chrétienne, et faire, “ par sa vertu souveraine, que, étant tous établis et enracinés dans la foi et la “ charité, s’appliquant à mettre en pratique ses saints commandements, deman- “ dant d’un cœur contrit et humilié le pardon de leurs péchés, s’éloignant du “ mal et faisant le bien, ils suivent en tout les voies de la justice, soient péuétrés, & les uns your les autres, d’une charité permanente, et obtiennent ainsi le bien- & fait d’une paix féconde en fruits de salut, avec Dieu, avec eux-mêmes, et avec “ les autres hommes. ”
Telle est, N. T. C. F. la volonté du Chef Suprème de l'Eglise, et voilà les fins pour lesquelles il demande des prières publiques aux enfants de Dieu répandus dans tout le monde. Et afin qu'ils fassent avec plus d’ardeur et plus de fruits ces prières, que les Evèques sont chargés de leur ordonncr en son nom, il a bien voulu ouvrir le trésor des grâces célestes, dont il esi le dispensateur, et en répandre sur eux les richesses spirituelles, en leur accordant, dans la forme accoutumée, une indulgence de trois cents jours, qu’ils gagneront, chaque fois qu’ils assisteront à ces prières, et qu’ils les feront dévotement. De plus, pendant le temps que dureront ces mêmes prières, il leur accorde une indulgence plenière, à gagner une fois le mois, le jour où, après avoir été purifiés par le sacrement de pénitence, et fortifiés par la sainte communion, ils visiteront religieusement quelque église, et y adresseront à Dieu de pieuses prières à la même intention.
C’est donc pour nous, N. T. OC. F., tont à la fois, et un devoir d’obtempérer sans délai au vœu du Saint Père, comme ses enfants respectneux et sr ais, et un bonheur de nous joindre à tous nos frères dans la foi, qui sont .assi ses enfants bien-aimés, pour nons prosterner tous ensemble, avec lui, devant le trône de la divine miséricorde, et prier d’esprit et de cœur, en union avec lui, et suivant ses pieuses intentions.
A ces canses, du consentement de notre Vénérable Archevêque, et de l'avis de son Conseil, pour nous conformer à ce qui paraît avoir té ordonné par le Saint Père lui-même, à Rome, le Saint Nom de Dieu invoqué, nous avons réglé, et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit :
10. À dater de la publication de notre présent mandement, et jusqu'à nouvel ordre, chaque prêtre de ce diocèse ajoutera l’oraison pro pace aux
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