LE LA
HANDEMENT
Monseigneur l’Evêque de St. Hyacinthe, publiant la Lettre Encyclique de N. S. P. le Pape, du 8 Décembre dernier, et le Résumé des principales erreurs de notre temps,—et annonçant la célébration d’un Jubilé durant la présente année.
IOSÉPT TARVEQUE, par Ta nvare fe Dieu Ta fañene bu SE, Siège Apastuléque, Œtéqne de St. Byarintle, ef.
Au Clergé et aux fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.
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Déjà vous avez appris, N.'T. C. F., par la voie de la presse, l'évènement qui retentit dans le monde, depuis le mois de décembre dernier, et dont l'effet comparable à la pensée qui court sur le fil électrique, s’est étendu comme instantanément d’un continent à l’autre. Le successeur de Pierre dans le gouvernement de Eglise a fait entendre sa voix, avec cette autorité qu’il tient de Jésus-Christ lui-même. Or, c’est sa
parole, consignée dans une Lettre Encyclique, à laquelle est annexé un Résumé des. principales erreurs de notre temps,”que Nous portons aujourd’hui canoniquement à votre connaissance, comme notre charge et notre devoir Nous y obligent.
Le grand combat du mal contre le bien, de l'erreur contre la vérité, n’est pas nouveau, N. T. C. F. ; il date des premiers jours du-genre humain, alors que Satan employa le. mensonge pour tromper nos premiers parents; il date de leur funeste chûte, de: laquelle est née la triple concupiscence hum aine, source et principe de tous les égarements de l’esprit et de toutes les dégradations du cœur. Durant quatre milie ans, cette déplorable lutte se continua, jusqu’au jour où le Verbe incarné daigna visiter le monde: et opérer sa rédemption : Visitavit et fecit redemptionem plebis suæ. Luc, 1,68. trouva alors l'univers plongé dans les ténébres et assis à l’ombre de la mort. Il n’y restait plus, parmi les gentils, que quelques lambeaux épars de la vérité ; et déjà, chez le peuple de Dieu, plusieurs sectes opposées attaquaient et commençaient à morceler l'enseignement divin, consigné dans les traditions primitives et dans les Ecritures, inspirées de Dieu lui-même. A l’ombre des ténèbres de l'erreur, le mal était devenu si universel, qu’il gangrénait de plus en plus, chaque jour, la masse entière du genre humain. Ce fait est constaté par l’histoire même des nations païennes. Tels étaient les égarements de la raison, et l’épouvantable corruption des mœurs, que suivant l’expression d’un grand génie moderne : “ Tout était Dieu, dans le monde, excepté Dieu lui-même.” Il n’y avait pas jusqu’aux infamies les plus révoltantes qui ne fussent devenues des actes de culte envers les honteuses divinités qu’avaient inventées, dans leur abaissement, l’esprit et le cœur de l’homme.
Le chaos religieux et moral avait, ainsi, remplacé les pures et lumineuses clartés du bien et de la vérité. Son obscurité se promenait sur l’âme et l'intelligence humaines.
Mais la lumière se fit: et facta est lux. Gen., 1,3. Le divin Soleil de justice se leva sur horizon de l'humanité: Visitavit nos, Oriens ex alto. Luc, 1, 78. Alors tout changea ; et l’homme vit apporter un remède à ses maux. Il recouvra, avec la vérité, l'innocence et la vertu. Son céleste Réparateur fit fondre, au feu de ses souffrances, les ignobles chaînes de son esclavage intellectuel. Il le lava de ses souillures dans son Sang. Pour dissiper les ténèbres de son ignorance et de ses erreurs, il alluma le flambeau de ses enseignements, qui sont la doctrine même de la céleste sagesse. Et pour lui garantir la posseseion des biens qu’il était venu lui apporter, il en confia Île dépôt et la garde à l'Eglise, en établissant celle-ci comme ‘“ la colonne et le fondement de la vérité.” Ecclesia Dei vivi, columna et fundamentum verilalis. T. Tim. ii, 19.
Pierre et ses successeurs dans le Souverain Pontificat, reçurent de ses mains le gouver« nement visible de cette mystérieuse barque de l'Eglise, destinée à être, sans cesse
battue par les v:gues écumantes de l’erreur et du mal, tandis que par eux, J, C, devait la gouverner invisiblement : ef eccè vobiscum sum omnibus diebus usquè ad consummationens: sæculi. Matth. xxviii, 20:
Cependant, N.'T, C. F., la terrible lutte qui avait commencé au Paradis terrestre pour ne finir que sur le seuil du Paradis céleste, s’engagea avec un redoublement de fureur autour du Christ et de son œuvre, Par la haine de l'erreur contre la vérité et du mal contre le bien, le Sauveur fut persécuté jusqu’à la mort et jusqu’à la mort d la Croix. Et,en haine de lui et de son Evangile, l'Eglise chargée de perpétuer ses enseignements et ses bienfaits, n’a cessé d’être en butte aux assauts de la persécution : Odio eritis propler nomen meum. Matth. x, 22, Le prince du mensonge lui a voué la plus implacable rancune, Pendant trois siècles, il s’efforça de la noyer dans son sang, : Par ses suppôts, il souffla dès le commencement, le schisme et la division, et excita contre elle les tempêtes de toutes sortes d’hérésies. Du temps même des Apôtres, il tenta de détruire cette unité de foi qui est un des caractères de la doctrine de Jésus-Christ : Unus Dominus, una fides, unum baptisma. Ephes. iv. 5. Unum corpus el unus Spiritus.... donec occuramus omnes in unilatem fidei. Ephes. iv, 4 et 13. Et l’histoire de tous les siècles de lEglise est là pour faire voir l’hydte des hérésies montrant ses têtes hideuses toujours renaissantes, à mesure qu’elles étaient broyées contre l’immuable vérité catholique. La vie de l’Eglise n’a été qu’une longue suite de combats.
Mais il est donné à notre époque, d’ailleurs si remarquable par ses progrès matériels et par ses belles et nombreuses inventions, de présenter le spectacle d’une tourmente plus formidable que toutes les tempêtes qui l’ont précédée. Déjà si riche par le fond: d’erreurs que lui ont légué les trois derniers siècles, l'Esprit Moderne (comme on Pappelle complaisamment), dans sa fécondité, a créé une foule d'erreurs nouvelles, tout en souflant, pour les ranimer, sur les cadavres des anciennes, Il nous fait lire l’interminable liste des erreurs du panthéisme, du naturalisme et du ralionalisme ; des erreurs de l’indifférentisme, du latitudinarisme, du socialisme et du communisme, Il nous montre encore les pestes des Sociétés Secrètes, des Sociétés bibliques et clérico-libérales : les erreurs attaquant l’Eglise et ses droits et celles qui sont opposées aux véritables lois de la société, et aux vrais rapports de celle-ci avec PEglise; les erreurs touchant le mariage chrétien ; touchant le principat civil du Souverain Pontife ; etenfin les erreurs du libéralisme moderne. |
Hélas, N.T. C.F., quelles taches nombreuses viennent souiller la face de la société moderne, qui pourtant, Sous tant de rapports, fait admirer ses progrès, ses magnificences et ses splendeurs! La vérité fuit de son sein; les traces de la rédemption du Christ s’en effacent chaque jour ; elle n’a plus guère de souci que des intérêts du corps. Ses goûts sont à la matière ; la corruption y remplace la vertu; et 8e8 brillants dehors, il faut l’avouer avec confusion, ne ressemblent pas peu à des étoffes de pourpre et d’or,
qui n’envelopperaient que la pourriture d’un cadavre.
En voyant croître, d’une manière si alarmante, le mensonge et le mal, n’a-t-on pas sujet de reporter 868 souvenirs vers la flétrissante tyrannie que Satan faisait peser sur l'intelligence et le cœur de l’homme, lorsque Jésus-Christ vint faire briller l’ère de la
liberté évangélique.
À une si triste époque, avec quelle joie donc et quelle reconnaissance ne devonsnous pas accueillir les paroles et les admonitions du Souverain Pontife? Avec quel empressement ne devons-nous pas seconder sa grande mission > Si nous voulons être conduits, en sûreté, dans les divins paturages de la foi et des saines doctrines, et être éloignés des herbes vénéneuses de L'erreur, laissons nous conduire par ce Pasteur auquel le Seigneur a ordonné de paître ses agneaux et 868 brebis : Pasce agnos mr08. + «+ PASCE oves meas. Joan. xxi. Sinous voulons nous maintenir dans la vérité de la foi, écoutons ce successeur de Pierre à qui Jésus-Christ a promis L'indéfectibilité dans la doctrine et la grâce pour y affermir ses frères : Rogavi pro te ut non deficiat fides tua, el tu aliquando conversus confirma fratres tuos. Luc, xxii.
Particuliers, peuples et souverains, doivent se soumettre à ses leçons et à ses censures doctrinales, puisqu'il a reçu mission de régir, de gouverner et d’administrer toute l'Eglise de Dieu. Sa parole a une importance dont les circonstances de la société augmentent encore la gravité. L’ivraie a été largement semée dans le champ du Seigneur : il s’efforce de l’extirper. Les plus tristes errements infectent le siècle et tendent à bouleverser les choses divines et humaines : il a plongé un regard pénétrant dans tous ces égarements, et il les a stigmatisés de sa réprobation. Comme un pilote attentif s’applique à découvrir les dangers, et à déjouer les efforts des vents et des tempêtes, le Souverain Pontife, d’un œil vigiiant, a aperçu lés dangers qui menacent la barque de l'Eglise, et il les a signalés, afin de les faire éviter.
On le comprend, N. T. C. F., il a fallu que la situation fut bien grave, c’est-à-dire. que le monde fut bien malade, pour que le Pape se décidât à sonder ses plaies aussi
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vigoureusement qu’il vient de le faire, Plusieurs fois déjà, depuis son pontificat, il avait fait entendre sa voix. Dans des Encycliques, Allocutions et autres Lettres Apostoliques, il avait déployé une étonnante hardiesee à se heurter contre les puissants dans les domaines de l'esprit, et contre les puissants dans la souveraineté politique, Aujourd’hui que, devant le monde, sa faîblesse matérielle va croissant, que sa déchéance paraît plus imminente, et que, temporellement, il west en face du siècle que comme le faible David vis-à-vis du géant Goliath, il oublie ses propres périls pour combattre pour l’Eglise plus fermement que jamais, Armé du glaive de l'esprit, il s’attaque non plus seulement aux erreurs des individus, mais il dénonce dans la société de l’époque, un esprit et des tendances qu’il réprouve, au nom du Catholicisme, Il sépare la lumière d’avec les ténèbres ; et il dit À tous ceux qui veulent vivre de la vie propre de l'intelligence et de
la foi : acceptez le pur pain de la vérité que je vous présente ; sinon vous trouverez la mort dans l’aliment empoisonné de l'erreur.
Nous n’entreprendrons pas, N, T. €. F., de disserter sur toutes les condamnations contenues dans l’Encyclique et dans le Résumé qui yest annexé. Ce détail dépasse. rait les limites d’un simple Mandement. Et d’ailleurs, un grand nombre de ces principes faux et funestes, qui pullulent au sein de la société européenne, sont encore heureusement à-peu-près inconnus à la nôtre, Nous nous bornerons donc à parler de quelques unes des erreurs principales, qui ont reçu la flétrissure du Saint Pontife,
Et d’abord, parmi les tristes signes des temps, on ne peut qu’être douloureusement frappé de voir les intérêts de l'homme matériel absorber exclusivement la vie et l’activité de la société moderne, tandisque les intérêts de l’homme religieux et immortel: sont. systématiquement tenus dans un oubli universel. Ce n’est pas seulement pratiquement. qu’il en est ainsi, mais théoriquement et doctrinalement, Et ils ne sont pas rares les esprits abusés, qui proclament comme essentiel à l’état des progrès du jour, que les gouvernements agissent comme si la religion n’existait pas, ou du, moins, comme si. toutes les fausses religions avaient droit de n’être Pas autrement traitées que la seule religion véritable. Comme conséquence d?
des vérités d’un ordre absolu et universel, ces maximes erronées, que la liberté de tous
ou civile dans la manifestation de ses Opinions, quelles qu’elles soient, par la parole, par
la presse ou autrement, Gr, il ne faut pas y réfléchir longtemps, N.T, C.F., pour comprendre que ce: prétendu droit de chaque homme de s’élever contre la vérité religieuse et de disséminer l’erreur. est justement dénié et réprouvé par l’Encyclique.. Car si cette.
doctrine était vraie,les Sexibes et les Pharisiens, et tous les ennemis de Jésus-Christ auraient donceu la même droit d'endoctriner le monde que le Fils de Dieu lui-même. Les hérésiarques de tous les siècles n’auraient donc fait qu'exercer un droit imprescriptible, en propageant leurs détestables hérésies. Quand Dieu parle.et enseigne, sa créature aurait donc le droit #e le contredire !..Qui ne voit combien tout cela est absurde ?—L'une autre part, puisque le Sauveur a enseigné aux hommes la vraie religion, il n’est donc pas libre à chacun de prétendre avoir droit d’en suivre d'autres. S’il nous a appris la ssanière dont Dieu veut être servi, ‘le salut ne saurait donc être également en sûreté daas n’importe quelle forme de religion et de culte, adoptée par la raison privée de chacun.” Pour qui a l'esprit droit, ceci manque-t-il d’évidence ?
C’est donc avec raison que l’Encyclique condamne clairement et énergiquement, malgré qu’elles soient si fort accréditéer, les doctrines du prétendu droit absolu de tout homme à pratiquer le faux culte dont sa raison individuelle fait choix, et à la libre manifestation de ses opinions personnelles an matière religieuse... Mais, sans admettre doctrinalement l'égalité des droits entre l'erreur et la vérité, l'Eglise toutefois sait reconnaître les nécessités de circonstance, et y avoir pleinement égard. De fait, si, à l'heure qu’il. est, on prête l’oreille aux gémissements des opprimés en matière de religion, on reconnaîtra la voix des.Catholiques, victimes de la haineuse persécution du faux libéralisme, de l’hérésie et du schisme.
Parmi les pernicieuses opinions stigmatisées par le Pape, il en est une, détéstable entre toutes les autres, savoir: que la faraille tient tellement sa raison d’être des lois purement civiles, que l’Etat a droit d’absorber parmi ses pouvoirs tous les droits des parents sur leurs enfants, même en ce qui concerne l’instruction et l'éducation. O'est une résurrection du vieux paganisme, où la notion de la famille était toute dénaturée, Vous comprenez, N.T. C.F., le danger d’une telle doctrine. A mesure qu’on veut bannir davantage la religion de la société, et soustraire celle-ci à ses lois, on veut en même temps, lui attribuer un droit despotique sur la jeunesse. C’est le moyen d’arracher les jeunes gens à l'influence de l'Eglise, pour semer ensuite, tout à l’aise, dans leurs âmes si susceptibles d’en garder les impressions, les principes opposés à la religion, et le germe de tous les vices qui en naissent. C’est là une tactique digne de l’enfer qui Pinspire. Aussi, en devez-vous conelure facilement pourquoi les faux libéraux, qui ne désirent rien tant que de s'emparer de l’esprit des jeunes générations, haïssent tant ce qu’ils appellent l'éducation cléricale, et pourquoi ils la regardent comme n'étant pas au niveau des lumières, de la civilisation et des progrès du temps.—Le Saint Père se
montre donc parfaitement éclairé eur le compte de ces hommes de mensonge, en démasquant et en étritsant, comme ii l’a fait, leurs impies machinations,
Une autre erreur capitale, N. T. C. F., et déjà plusiéurs fois condamnée, parce qu’elle attaque l’autorité et les droits de l'Eglise, et qu’elle tend à nullifier son action et celle du St, Siége Apostolique, c’est celle qui enseigne que “ les lois de l'Eglise n’obligent qu'après leur promulgation par le pouvoir civil ; que les actes et décrets des Pontifes romains relatifs à la religion et à l'Eglise, ont besoin de la sanction et de l’approbation, ou tout au moins de l’assentiment de l'autorité civile; et autres opinions toutes plus ou moins contraires à l'indépendance de la puissance spirituelle vis-à-vis de la puissance temporelle, dans la sphère qui lui est attribuée de droit divin.—Si cette doctrine était mise en pratique, les puissances de la terre arrêteraient la vie de l'Eglise, en l’empéchant de circuler de la tête à tous les membres.—C’est donc en méconnaissant son indépendance, que quelques Souverains temporels font voir au monde l'étrange contradiction d’une liberté universelle laissée à la diffusion dés idées les p'us opposées à la religion, et de l'esclavage de la vérité, arrêtée par eux sur les lèvres de l’Eglise enseignante. Car vous l’avez appris, N, T, C. F., il est des pays même Catholiques où il a ét6 défendu par le pouvoir civil de lire dn haut des Chaires, et de publier par des Mandements l’Encyclique du 8 Décembre.
Enfin, les jugements du Chef de l'Eglise portent encore sur une foule de doctrines fausses et dangereuses, que nous avons sommairement indiquées plus haut. Les matières ainsi jugées sont de la plus grande importance, et les condamnations du Pape méritent le plus docile respect. Car le Pape, c’est le successeur de St, Pierre : c'est le successeur de ces Pontifes que l'Eglise vénère, comme ses Pasteurs et ses Docteurs, depuis plus de 18 siècles. é
Maintenant, N. T. C. F., il faut vous dire un mot des reproches que l’orgueil égaré se croit le droit d’adresser à Pie IX, On s’indigne qu’il ait jeté, dit-on, le défi et l’outrage à la face de la Société Moderne. Il est vrai que beaucoup de prétendues lumières dont s’énorgueillit ce siècle, sont traitées par lui de ténèbres. Ilest vrai qu’en beaucoup de choses, ce que ce siècle appelle bien, il l’appelle mal, et que ce qu’il nomme mal, il Pappelle bien. Mais en cela le Pape ne fait que ce que fit Jésus-Christ lui-même. Quel biâme et quelle condamnation ne jeta-t-il pas à la face du monde, dont il venait redresser les erreurs et les égarements? Et si les enseignements de Pie IX révoltent les idées de notre siècle, est-ce que Celui dont il est le Vicaire ne révelta pas de même l'orgueuil, les lumières et la civilisation du sien, lui dont la doctrine fut un scandale pour
les Juifs, et une folie pour les Gentiis? Non seulement Jésus-Christ s’éleva conir ‘*s Scribes et les Pharisiens, qui séduisaient le peuple; mais il heurta de front les 1L.6e8 d'alors. Jl monta sur une montagne, et en face de ses nombreux auditeurs, il dit: & Bienheureux. les pauvres,” c'est-à-dire ceux. qui sont sincèrement détachés des biens de la vie présente. “ Bienheureux ceux. qui pleurent.” “ Bienheureux ceux qui souffrent.”’ ‘‘ Bienheureux donc, vous qui êtes pauvres,” dit-il à sesdisciples. Bienheureux encore lorsque les hommes vous haïront, vous chargeront de malédictions et de reproches, .et diront faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi; et lorsqu'ils vous persécuteront.” Et il prononça encore ces autres maximes : “ Si quelqu'un. vous frappe sur la joue droite, présentez-lui encore la gauche”, “ A celui qui veut vous
enlever votre tunique, abandonnez encore votre manteau.” ‘ Aimez vos ennemis,
faites du bien à ceux qui vous haïssent.” ‘ Prêtez sans en rien espérer.” ‘“ Ne vous
amassez point des trésors sur la terre.” ‘Vous ne poavez servir Dieu et l'argent.”
“ Ne vous inquiétez point, en disant : où aurons-nous de quoi manger, de quoi boire et: de quoi nous vêtir,? etc., etc. Certes, de telles doctriner devaient paraître absurdes et odieuses à des hommés orgueilleux et avares, à un monde tout sharnel. Les rationalistes, les savants,les philosophes de lé yaque durent être bien révoltés,aussi,des mystères incompréhensibles que prêchait Jésus, et de ses dogmes qui ne respirent que croix, renoncement, souffrances et humiliations.
Ne soyez donc pas étonnés, N. T. C. F., des fureurs-des incrédules, des hérétiques;.
des faux savants et des faux libéraux du jour contre Pie IX. Ce sont des malades qui jettent les hauts cris, sous l'instrument chirurgique de leur médecin. Les doctrines de Jésus ont sauvé le monde, celles du pape sont le. salut de la Société. Les erreurs sont si nombreuses, elles menacent si dangereusement l’œuvre du Dieu incarné, qu’il était nécessaire de faire retentir les enseignements des antiques vérités catholiques. Ces vérités ont diminué parmi les hommes: immunilæ suni verilates à fiis hominum. Voyez les innombrables sectes qui déchirent l'Eglise de Dieu : voyez comme l'anarchie dans les esprits et dans les croyances Va 8€ propageant, à l'abri de nos libertés de perdition, comme les appelle le Pape. Ne sommes-nous pas menacés de toucher bientôt à ces temps désolés dont. le Sauveur a dit, parlant à ses amis : “ Quand le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouvera de la foi sur la terre ?” Luc, xviii.
£n vons faisant ces réflexions, N. T. C. F., Nous sentons l’à-propos de vous-prémunir contre les fausses interprétations auxquelles se livrent les adversaires de la Papauté. Ils dénaturent, avec mauvaise foi, le sens. des condamnations qui viennent d’être portées. Pie IX. n’a aucune intention.de détruire violemment. des-institutions et
des libertés, qu’une triste nécessité sociale commande de laisser debout. Il se modèle sur Jésus-Christ lui-même, Le DieuHomme ne fut ni turbulent, ni violent, 11 énonça la vérité, et graduellement, la grande, mais paisible révolution chrétienne s’opéra. On dit qu’à sa venue, trente-mille Dieux se Pariageuient les hommages du vaste Empire romain : les quatre-cinquièmes de ses sujets étaient en esclavage : les injustices, l’oppression du faible par le fort régnaient partout. Il ne détruisit rien révolütionnairement. Le Pape trouve que la société moderne fait monter sur ses autels mille erreurs à côté de la vérité; il lui trouve un esprit et des tendances anti-chrétiennes ; il signale le fait, il affermit la vraie doctrine sur sa base ; il élève devant la société le phare de la vérité $ il lui montre le chemin de la vie et le chemin de la mort. Libre à la société de choisi entre les deux. En attendant, il prie et il espère. N’est-il pas dans son droit ?
Entre autres propositions, il à condamné celle qui affirme que “ le Pontifé Romain peut et doit trinsiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.” Mais n'allez pas en croire cette tourbe de journalistes qui tirent de là les conclusions les plus odieuses, Il y a peu de muts qui soient plus détournés de leur vrai sens, et qui soient plus profanés que ceux de « progrès, de libéralisme et de civilisation.” Ces expressions réveillent de nobles idées, que l'Eglise est loin de flétrir, mais qu’elle exalte, au con. traire, et qu’elle encourage. Ce avec quoi le Pape ne veut ni transiger, ni se réconcilier” c’est avec la « Révolution,” et ses moyens iniques, et ses impiétés. Le “ libéralisme ” qu’il condamne, c’est celui qu’il voit s’abriter sous des noms sacrée, pour combaitre contre le Seigneur et contre son Christ, C’est celui qui détruit les plus saintes institutions de l'Eglise, qui court d’injustices en injustices, et qui tend à rendre inutile, autant qu'il est en lui, le Sang que le Fils de Dieu a répandu pour le salut dee. hommes. Pie JX essaya du vrai libéralisme, en montant sur le trône pontifical, Le.
libéralisme qu’il rejette, employa tout, même le meurtre et l’assassinat, pour lui révéler ses vues, en le chassant de ses Etats.
Pour n'être pas trop long, Nous nous abstenons de redrèsser, plusieurs calomnieux commentaires dont l’Acte Papal du 8 décembre a été l’objet, sion, N,T.C.F., Nous espéron
Commun de toute l'Eglise, A qui iriez-vous, en effet, en vous éloignant de lui? II est le gardien des paroles de la vie éternelle que son maître lui a confiées, Il vous fant Courber respectueusement vos têtes sous l’autorité qu’il tient de Dieu, ou,bien devenir Jes dupes des maîtres de l'erreur, et tourner avec ceux-ci à tout vent de doctrine. I} faut .Yous jeter dans le port tranquille de la vérité, dont le successeur de Pierre vous montre
la route, ou bien vous décider à être secoués sur la mer ténébreuse et agitée de l'hérésie et de l’incrédulité. [1 vous faut accepter la liberté des enfants de Dieu dans la soumission, ou. bien l’esciavage, sous l'esprit d'erreur, dans la révolte. Vous ne délibérerez même pas, N. T. C. F.; votre foi affermie et soumise Nous en donne la certitude.
Aussi, ne Nous reste-il plus qu’à vous presser de tout l'amour que Nous portons à l'Eglise, de répondre à l'appel que son affigé Chef adresse, à la fin de sa Lettre Encyclique, à la piété des fidèles du monde entier. Engagé comme il l’est dans les plus rudes combats contre des légions d'ennemis acharnés à sa perte et à la destruction de tout bien, il sent plus que jamais le besoin d’avoir recours à larme de la prière. Les Souverains temporels ont, à l'heure qu’il est, cinq millions de soldats pour défendre Jeur puissance et combattre leurs combats. Mais le successeur du pauvre pêcheur de Galilée n’a, pour combattre ceux de Eglise, que la force qu’il puise dans le nom du Seigneur : Hi in curribus et hi in equis, nos autem innomine Domint. Tout dans l'Eglise doit porter le double caractère de son Divin Fondateur. Or, Jésus-Christ a paru, d’un côté, dans la force et dans la puissance ; de l’autre, dans la faiblesse et l’infirmité. Aux jours de sa Passion, voyez à queile faiblesse ce Dieu fort se vit réduit! Agenouillé et suppliant devant son Père céleste, l’âme triste jusqu’à la mort, il disait: ‘* Mon Père, tout vous est possible ; si vous le voulez, éloignez de moi ce calice ; cependant que votre volonté se fasse, et non la mienne.” Le Sonverain Pontife, faible, trahi, pressé de toute part par la conspiration de ses ennemis, exprime dans sa personne les traits de son Maître. Humilié devant le trône de Dieu, il crie vers sa grâce et son secours. A la vue des calamités de l'Eglise, il désire se voir entouré, dans une prière commune, par tous les fidèles du monde. Et parce que les prières sont d'autant plus agréables au Seigneur, qu’elles partent de cœurs plus purs, il a jugé bon d'engager l'univers catholique à se purifier de toute souillure, dans les larmes de la pénitence et dans la réception des Sacrements, en jui ouvrant, dans la plénitude de son pouvoir, les trésors de l'Eglise. En conséquence, il accorde à tous et à chacun des fidèles, une Indulgence plénière à gagner dans l'espace d’un mois, durant toute la présente année. Et à cette occasion, il exhorte à prier de toute l'ardeur du cœur et de toute la force de l'esprit, pour toucher la miséricorde céleste. Il recommande ‘out spécialement le recours plein de ferveur et de confiance à la Vierge Marie, l’Immaculée Mère de Jésus, et aux deux grands Apôtres Pierre et Paul, ces intrépides prédicateurs de la vérité de Jésus-Christ, ces courageux martyrs des doctrines de l'Evangile. Oh! N.T.C.F., écou'ez des exhortations si paternelles, et consolez par votre respectueuse docilité à les suivre, le cœur navré d’un
Pontife que ses peines doivent vous rendre si cher.
À ces causes, le Saint nom de Dieu invoqué, Nous avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit :
lo. Nous réprouvons, proscrivons et condamnons les doctrines et les propositions que le Chef de l’Eglise réprouve, proscrit et condamne, de la même façon et dans le
même sens qu’il vient de le faire lui-même ; et bien que toutes les condamnations qu’il
a prononcées ne constituent pas des articles de foi, Nous déclarons qu’il n’y aurait pas moins une grave faute en matière de foi à les rejeter.
20. Nous vous exhortons à repousser avec horreur du sein de vos familles les mauvais livres, les mauvaises brochures, et les mauvais journaux qui défendraient ces doctrines condamnées, et toutes autres doctrines analogues, au moyen desquelles des écrivains impies trompent les peuples et leur arrachent la foi et les mœurs.
30. La Lettre Encyclique du 8 décembre dernier, et le Résumé des erreurs du
æmps (x quantum erit utile) seront lus dans toutes les églises et chapelles où l’on fait
l'office public, et en chapître dans les Communautés Religieuses.
40. Nous publions pour tout ce Diocèse l’Indulgence plénière du Jubilé, accordée par Sa Sainteté, et Nous désignons le mois de Juin pour la célébration de ce Jubilé, en permettant toutefois aux Pasteurs des âmes de s’entendre avec Nous, si, par exception, il était plus à propos de désigner quelqu’autre époque, pour certaines localités.
50. L'ouverture et la clôture du jubilé seront annoncées par la sonnerie des cloches durant un quart d’heure, la veille et le dernier jour après l’Angelus du soir. Le premier des jours choisis pour faire solennellement les exercices, on chantra le Veni Creator, avant la grande messe, ou messe conventuelle, ou messe principale; et le Te Deum, le dernier
jour. En ces jours de grand concours, on pourra terminer les exercices du soir par la bénédiction du St. Sacrement.
60. Aux termes de la Bulle du 20 Novembre 1846, à laquelle Sa Sainteté nous réfère, les conditions pour gagner l’Indulgence du Jubilé, sont celles-ci : 10. Visiter deux fois les églises désignées par l’'Evèque, ou au moins, l’une d” chaque fois avec dévotion pace de temps ; 20. Jeûner le mercredi, le vendredi et le sa durant le mois assigné ; 80, Se confesser et recevoir avec ment de l’Eucharistie, (les confesseurs sont autorisés
elles, et y prier à , selon les intentions du Souverain Pontife, durant quelqu’esmedi d’une même semaine, respect le Très.Saint Sacreà dispenser de l’Eucharistie les
enfants qui n’ont pas encore fait leur première communion); 40. Faire quelqu’aumône aux pauvres, chacun selon sa dévotion. Ilest désirable que toutes ces conditions soient remplies, dans chaque localité, durant les. jours qui seront choisis pour y faire solennellement les exercices, bien qu’il suffise de les acquitter durant le mois désigné.
To. Pour églises à visiter, Nous assigaons : lo. pour la ville et la paroisse de St. Hyacinthe, la Cathédrale et la chapelle de l’Hôtel-Pieu ;, 20. pour la paroisse du St. Rosaire, l’église paroissiale et la chapelle du Monastère du Frécieux Sang; 30. pour toutes les autres localités du Diocèse, leurs églises paroissiales ou chapelles respectives.
80. Les malades et infirmes,, les prisonniers, et toutes autres personnes légitimement empêchées de remplir les conditions du Jabilé, (la confession et la communion exceptés),pourront gagner l’indulgence, en s’acquittant de ces conditions aussitôt qu’elles le pourront, ou en faisant les œuvres de piété qui leur auront été prescrites, en commutation, par leurs confesseurs. Ceux-ci sont aussi autorisés, ou à proroger en leur faveur, à un temps prochain, le temps du Jubilé,ou à leur enjoindre quelques œuvres qu’ils puissent accomplir. Les navigaieurs et autres, absents lors du Jubilé, pourront participer à l’indulgence, en acquittant les œuvres aussitôt qu’ils seront de retour au lieu de leur domicile.
90, Tous les prêtres approuvés pourront, pendant le temps du Jubilé, absoudre des cas réservés au Souverain Pontife et à l’Evêque, et commuer les vœux en d’autres bonnes œuvres, excepté les vœux d’entrer en religion et de chasteté perpétuelle.
Sera Notre présent Mandement lu au prône de toutes les églises, ou chapelles, où. l'on fait l’office public, ainsi qu’en chapitre dans les communautés religieuses, le premier Dimanche après sa réception,
Donné à St. Hyacinthe, sous notre Seing et Seau, et le contre-seing de notre
Secrétaire, le Trois Mars, jour dédié à honorer la Sainte Couronne d’Epines, mil huit cent soixante cinq.
JOS, Ev. de St, Hyacinthe.
PAR MONSERIGNEUR,.