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Mandement de visite [microforme]

IGNACE BOURGET, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St.-Siége Apostolique, Evêque de Montréal, etc. etc. etc.

Au Clergé et aux Fidèles de Notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous vous annonçons, N. T C F., que bientôt Nous nous rendrons dans votre Paroisse, pour y faire la Visite Pastorale. La foi vive, qui vousanime, remplit sans doute vos cœurs d’une joie tuute sainte, à çette heureuse nouvelle. Car elle vous fait apercevoir, dans cette Visite de votre preinier Pasteur, celle de Notre Seigneur, qui vient à vous, plein de grâce et de vérilé ; (Jean.) et qui aujourd’hui, comme au tems de sa vie mortelle, doit marquer son passage par d'innombrables bienfaits. Pertransiit benefaciendo. (Act. 10. 38.) F

Et en effet, quiconque voudra fermer les yeux de la chair, qui lui feraient ne voir en Nous que l’hoinme, avec toutes les faiblesses de la pauvre humanité, y découvrira sans peine, avec leslumières de ia foi, l’Aomme de Dieu dispensant ses redoutables mystères, et l'Ambassadeur de J. C.,exerçant sa puissance et sa charité, pour le salut des hommes. Sicut mint me Pater, et ego mitéo vos. (Jean. 20. 21.)

C’est à rendre cette vérité sensible que l'Eglise s’attache, quand elle déploie tant de pompe dunis les cérémonies de la Visite Episcopale. Ces augustes cérémonies sont des langues si éloquentes, que nous allons, N. TC. F.,les laisser vous dire, dans leur touchant langage, que ce n’est pas l’homme que vous allez recevoir, mais J.C. luimême. Qui recspit vos me recepit (Math. 10. 40.)Elles vous diront aussi,ces majestueuses cérémonies,la nécessité pour vous de vous préparer soigneusement aux grâces que vient vous apporter ce bon Maitre, en visitant votre Paroisse. Purate viam Domini. (Math. 3. 3.) Elles ont été,vous n’en dontez pas, inspirées à l'Eglise, par l'Esprit-Saint, pour pénétrer vos âmes d’un respect religieux pour vos Pasteurs. Puisse le court tableau que Nous allons vous en tracer, y enraciner de plus en plus la foi, l'amour et la confiance que vous leur devez.

D'abord l’Evêque vous apparait, revêtu d'ornemens sacrés auxquels sont attachés des significations mystérieuses,et des grâces spéciales de ministère.Ses mains consacrées pour porter Les vases du Seigneur, (Isai 12.) c’est-à-dire, les âmes pures et innocentes confiées à sa vigilance,sont couvertes de gants précieux.C’est par respect pour l’onction

sainte dont elles sont imprégnées,pour mieux voussignifier les Mains Vénérables deT. C!., le véritable Jacob,qui a mérité toutes les bénédictions du Fils Aîné, pour s'être humi-

lié jusqu’à prendre les apparences du péché, figuré par les peaux de chameau, qui cou-

graient les mains de ce Saint Patriarche. C’est ainsi que, sous le voile de l’humilité, Dieu a caché dans les mains de votre ph les abondantes bénédictions qu'il vous réserve dans la Visite qu’il va vous faire de sa part.

L’anneau qu’il porte au doigt, est spécialement bénit, pour être le signe de l’allance sacrée, qui l’unit à chaque Paroisse, et le symbole de la fidélité avec laquelle il doit travailler à les orner toutes des dons du St. Esprit,que l’Église appelle le doigt de la main droite de Dieu. La Crosse qu’il tient à la main est le bâton sacré que lui a donné le Dieu tout puissant, pour lui aider à soutenir le poids écrasant de la charge Episcopale, et la Houlette Pastorale, qui lui inspire une pieuse sévérité, pour corriger les abus, et une sage discrétion pour s’insinuer dans les cœurs et les gagner à Dieu. , La Mître précieuse qui orne sa tête, le fait aisément reconnaître pour le conducteur du Peuple de Dieu, dans les déserts de cette vie, au vif éclat des lumières qui brillent sur sa face, comme sur celle de Moyse, qui lui-même n’était que la figure de J. C., tout resplendissant de gloire sur le Thabor. Cette Miître est pour luile casque du salut, chaque fois qu’il lui faut entrer en lutte contre lesennemis de Ja vérité. Par les prières de l’Eglisé, elle le rend terrible dans les combats du Seigneur : Quatenus terribilis appareat versariis veritatis. À un appareil si pompeux, vous reconnaissez J, C. que St, Paul appelle la splandeur de la gloire de Dieu, et la parfaite Image de sasubstance. (Heb. 1 3.)

Ainsi revêtu et orué,l’Evèque se met humblement à genoux sur le seuil de la porte du Presbytère, et baise amoureusement lu Croix que lui presente le Curé, et sur laquelle a expiré le Bon Pasteur, pour l’amour de ses brebis. C’est ainsi, qu’à lu face de toute la Paroisse assemblée, et pour premier acte de visite, il proteste hautement qu’il veut être le serviteur de tous. Pour remplir les graves devoirs de cette glorieuse servitude, il embrasse de bon sœur les croix innombrables attachées à son ministère. Et c’est pour cela qu’il porte jour et nuit sur son cœur cette croix sainte qui est pour lui, comme pour son peuple, l’étendard du salut,

Pendant qu’ils’humilie de la sorte, l’Eglise le relève en chantant avec, transport : Nous vous saluons, Ô grand Prêtre; Soyez béni, Ô Pontife, qui venez renouveler parmi aous les œuvres merveilleuses de notre Dieu ; Soyez le bien-venu, o bon Pasteur, puisqu’en vous sacrifiant pour votre peuple, vous avez su gagner les bonnes grâces du Seigneur : S'acerdos et Pontifex et virtutum opifex, Pastor bone in populu,sic placuisti Domino.

L’on se rend à l’Eglise,au milieu de ces acclamations joyeuses;et la voix si connue de la cloche paroissiale, venant mêler son doux et harmonieux accent à ce chant sacré, ce n’est plus bientôt qu’une délicieuse mélodie, qui réjouit l’oreille et ravit le cœur : d’ineffables émotious se font sentir aux âmes religieuses ; et alors les yeux pénétrants de !à foi découvrent sans peine à travers de viles dehors, J. C. le bon Pasteur, le véritable Evêque de nos ômes. Pastorem et Episcopam animarum vestrarum. (1. Pet. 2. 25.)

Le premier pas que l’on fait dans l’enceinte sacrée, est un acte religieux, qui rappelle la première et mémorable parole qu’a fait entendre à la terre coupable, le Dieu du ciel, quand il s’y est rendu visible, pour converser ñnvec les hommes, Purifiez-vous dans les larmes de In pénitence ; et croyez à l'Evangile. Pæœnitemini et credite Evangelio (Marc. 1.15.) L’Evêque s’asperge le premier, pour reconnaître avec l’Apôtre qu’il est le plus grand des pécheurs; Quorum primus ego sum (1 Tim. 1.15.) Il répand ensuite l’eau saintesur la paroisse, pour lui communiquer l’esprit de componction. L’Aspersoir est dans sa main ce qu'était dans celle de Moyse la Verge d’Aaron. Il frappe les cœurs des pécheurs plus durs que les rochers : et il en sort des torrents de larmes; Percussit petram, et fluxerunt aquæ (Ps. 77. 20.) A cet acte expiatoire succède l’encensement de l’Evêque, par le Curé, au nom de la paroisse. Qui ne voit que l’Evêque est là, comme l'ange du Seigneur, recevant les parfnms, c’est-à-dire, les ferventes prières de la paroisne Dur is ti avec les siennes, au saint Autel? Sicut Angelum Deiercepistis me. (Gal. 4. 14.

La rentrée au sanctuaire est un moment solennel dont l’impression est poignante pour les cœurs de foi. Tous tombent à genoux aux pieds du Souverain Pasteur, réel-

Invocation du Patron.

Bénédiction Solennelle.

Allocution.

lement présent dans son Tabernacle, ce Trône de toutes grâces. Aù! c’est que tous doivent l’adorer, les Anges du ciel, aussi bien que ceux dela terre, dorent eum omnes Angeli ejus. (Heb. 1, 6.) Le chant sacré cesse : ot après un instant d’un silence pénétrant, une voix se fait entendre ; c’est celle du Pasteur de lu Paroisse, qui seul debout au coin de l’Autel, envoie, tant en son nom qu’en celui de son troupeau, nn soupir ardent vers le ciel. Il réclame instamment le secours de Dieu qui est notre Protecteur à tous. Protector noster, aspice Deus. Le cœur et l'oreille de Dieu sont réjouis de ce cri de confiance, échappé de la bouche du Pasteur. A l'instant il en sort une autre de la poitrine du troupeou, qui fixe le regard d’un Dieu si bon sur l'Evêque qni est là pour remplir l’office de son Chnst: Et respice in faciem Christ tu. Ce dialogue sacré ainsi entamé se prolonge: le divin feu de la prière s’allume et s’embrâse : les promesses faites aux humbles s’accomplissent: des consolutions ineffobles soulagent tous les cœurs; des grâces abondantes arrosent le sein de la Paroisse agenouillée dans son temple : enfin,tout annonce queDien est là présent. Tuum in nobis sentiamus «dventum.(Or. del’Eg)

C’est au milieu de toutes ces ardeurs qui saisissent et enlèvent, que l'évêque dirige ses pas vers l’Autel dont il franchit les redoutables degrés, avec tin saint tremblement. Ille baise avec respect et amour, parce qu'il est l’escabeau sur lequel repose le pied de celui qui règne au plus haut des cieux. (Ps. 98,5.) Alors recommencent les chants et les prières. C’est pour implorer le secours du Bienheureux, qui est au ciel le patron invisil.e de la Paroisse, eur le Pasteur qui en est le Patron visible sur la terre. Pour sauver les hommes confiés à leurs soins, ils se donnent la main en faisant ensemble un traité d'alliance. Le Putron du ciel s'engage à prier, et celai de la terre s’oblige à travailler,pour le salut du peuple de Dieu. Demus dexteras hominibus. (1 Marc, 6,59.) Leurs efforts réunis ont pour objet de conduire sans danger ce peuple ché:i au rivage de la bienheureuse éternité. Damus dexteras securitatis. (LL Mae. 11, 30.) C’est à ses patrons que l'Eglise adresse cette tonchante prière : Sanctifiez les Pa oisses dont la garde vous a été confiée. Loca sanctificate : Bénissez le peuple que le Seigneur a mis SOUS votre protection : P/ebem benedicite. Veillez sur les hommes pécheurs, qui vous sont recommandés, pour que toujours ils vivent en paix comme des frères : Homines peccalores in pace custodite. Oh! qu’il est touchant et consolant pour chaque Paroisse le cuite de son saint Patron ! Oui: vraiment c’est pour tonte famille Paroissiale un père ou une mère que le saint çu la sainte à qui Dieu en a confié le soin. Aussi mérite-t-il N. T. C. F. Votre amour et votre reconnaissance tous les jours de votre vie.

Après que tous les cœurs ont été ainsi préparés par les vives émotions de ces chants divins et de ces pompeuses cérémonies, l'Evèque fait entendre sa voix, pour la bénédiction solennelle de son troupeatt. Il ouvre d’abord son cœur avec la croix, qui en est comme ln clef; c’est pour en faire sortir cette brulante prière : Que le Suint Nom deDieu soit béni. Sans cette réparation publique, sa voix serait étouffée par les millions de blasphèmes qui,à chaque instant du jour, s'élèvent vers son tr'ae et provoquent sa juste colère; Sit Nomen Domini benedictum. Il proteste ensuite que le ministère de la Visite Pastorale est si plein de dangers, qu’il ne saurait l'exercer sans le secours promis à ceux qui mettent toute leur confiance dans le Nom de Dieu. Adjvtorium n0strum in nomine Domini.Alors ses yeux, ses mains, son cœur s’élèvent veis le ciel, pendant que sa voix commande au Dieu Tont puissant de vous bénir tous : Benedizat vos Omnipotens Deus. A ce bienheurenx moment l’Autel vous représente, N. T. C. F. le nuage brillant sur lequel était assis le Fils de l’homme, lorsque sur le point de se dérober à la terre, il levait ses divines mains pour bénir ses chers disciples: Elevatis mani bus suis benedixit eis. (Luc. 24, 50.)

L'Evêque monte La chaire après cette bénédiction. Tous sont alors préparés à l'écouter comme si Dieu allait parler par sa bouche : tanquam Deo exhortante pernos. (l

Li AE APE 2h

Absolution générale,

Bénédiction du St, Sa-

crement.

Confession.

“tb

Cor. 5, 20.)La chaire est pour eux comme la Sainte Montagne où J. C. attirait la foule empressée de l'entendre, afin de parler à son cœur dans le calme de la solitude. Ascendit in montem.… aperiens os suum docebat eos. (Math. 5, 1 2.) Etqne vous dira-t-il, N. T. C. F.1 Il vous dira qu’il est envoyé, avec des pouvoirs sans bornes, pour briser les chnines de fer, qui retiennent, dans les cachots brulants du Purgatoire, les ames de vos chers défunts: primo ad absolvendas animas defunctorum. Il s’annoncera comme le gardien des saints canons, chargé de voir de ses propres yeux si toutes et chacunes des règles de la Ste. Eglise sont exactement observées: secundo ut videat qualiter Ecclesia ipsa spiritualiter et temporiliter gubernetur. . I] se présentera à vous comme le Réformateur des abus et scandales qui pourraient mettre votre salut en danger ; et son strict devoir sera de vous en inspirer une vive horreur : tertic ad adulteria..et simrlia publica in populo punienda…. ostendens diligenter quäm damnabilia et devestanda sunt crimina ipsa. 11 vous protestera qu'il est venu vous écouter avec bonté, vous donner de sages conseils et vous accorder le pardon de vos péchés: quarto protestans plebi quod paratus sit benigne audire,

. et consilium et absolutionem impendere. Enfin, il s’ofirira à vous comme le Ministre or-

dinaire de la confirmation, pour quetous ceux qui composent la Paroisse soient remplis des dons du St. Esprit : Quinto ad exhibendum sacramentum Confirmativnis. Que de biens spirituels vous sont assurés, N. T. C. F., s1 vous recevez cette visite du Seigneur avec de bonnes dispositions! Oh!- que de pressants molifs vous avez de vous y préparer soigneusement !

L'Evêque se rend de la Chaire de vérité au Trône, pour commencer sans délai à remplir sa Mission, 11 ny est pas plustôt monté que tous tombent à genonx, et se frappent la poitrine, avec l’huu.ble Publicain. Ils récitent tout haut le Confiteor que l’Eglise met à la bouche de tous les vrais pénitents. La paroisse ainsi préparée par cet acte d’humiliation et de dorleur, l’Évêque implore la protection de la Glorieuse Vierge Marie, celle de tous les Anges et de tons les Saints ; et en même t'mps il lève sur elle ses mains, pour accorder, eu nom de J. C., l’esprit de componction, qni doit mériter aux plus grands pécteurs l’indulgence, absolution et rémission de leurs péchés. Préparez-vous d'avance, N. T. C. F., à cet important exercice d’où dépend tout le succès de la Visite, Pour cela, faites pénitence ; car le Royaume des Cieux s’approche pour vous. Pænitentiam agîte ; appropinquavit enim regnum cœlorum. (Math. 4. 17.)

C’est à la suite de cette touchante cérémonie que Notre Seigneur sort de son Tabernacle, pour confirmer, par sa présence sacramentelle, tout ce que fait en son nom l’'Evêque qui le représente. Après les chantset prières d’nsage, il se fait dans toute l'Eglise un silence profondément saisissant, et qui dit bien haut à toute la Paroisse, courbée en ce moment devant la Divine Majesté, que le temps de laÿVisite est pour elle un temps de retraite et de recueillement. Car le Seigneur n’agit point dans le bruit et le tumulte. Jon in commotione Dominus. (3 Reg. 19. 11.) Silence donc ; silence de paroles, silence d'actions, silence surtout de passions. C’est pendant ce silence vraiment significatif, que J. C, donne‘par lui-même sa divine bénédiction, Mais sa vo.x plus donce que le concert le plus hormonieux va droit aux cœurs, et fait dire à chacun avec le jeune Samuel : Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute. (1 Reg. 3. 9.) Puisse ce religieux silence régner parmi vous tous, N. T. C. F., pendant tout le temps de la Visite. Que de secretsil vous révèlera : que de sentiments il réveillera dans vos âmes attendries !

La porte du Tabernacle n’est pas plnstôt fermée que celle du confessionnal s’onvre; et que cette voix de J. C, se fait entendre par la bouche de tous les confesseurs;qui vont s’y asseoir: Venez à moi voustous qui êtes écrasés sous le lourd fardeau de vos péchés, et je vous soulagerai.( Math. 11,28.)Le temps de la réconciliation est,on ne pent plus,favorable, car le jour du salut est vraiment arrivé pour vous, Ecce nunc tempus acceptabile. (2 Cor,

Di2

Con

Confi

Visite du T:

des Fonts b:

etc.

6, 2.) Vous l’entendrez cette voix du Bon Pasteur, vous pauvres pécheurs, qui depuis si longtemps vivez bourrelés de remords; et vous en profiterez, pour secouer enfin le joug de vos passions, et réparer des confessions douteuses et peut-être sacriléges. Que

* nous sommes heureux de pouvoir remplacer;pour ce consolant ministère, Jésus le véritable ami des pécheurs ! Que nous sommes bien payés de nos peines, quand il nous est pern is de mêier nos larmes à celles de nos pénitents que la grâce a touchés ! Donnez vette consolation à tous les Ministres de la réconciliation ; c’est la seule qu’ils ambitionnent.

Communion. Après avoir déposé aux pieds des Ministres de J, C. le fardeau de vos iniquités, vous vous présenterez, N. T. C. F., dans la salle du festin avec des robes nuptiales, c’est-à-dire,avec des âmes plus blanches que la neige. C’est bien assurément à la Ste. Table que ce bon Maître répète ces douces paroles : j'ai compassion de ce peuple; parce qu’il y a déjà trois jours que ces pauvres gens me suivent, sans penser à boire ni à manger : misereor super turbam. (Marc. 8, 2.)C’est là aussi qu’il multiplie sans cesse un pain tout terrestre et qu’il hange en un pain vivant et descendu du ciel. C’est là que pendant notre Visite il nourrira vos cœurs de ce pain divin qui fait les délices des rois. Quel bonheur pour nous de vous distribuer cette céleste nourriture ! Notre unique douleur, serait n’en doutez point, N. T. C. F., d’en laisser quelques uns qui ne voudraient pas se rendre à l'invitation que nous leur faisons de se préparer aux noces du père de famille. Venite ad nuptias. (Math. 22, 4.)

Confirmation. Votre Eglise doit se changer N. T. C. F., pendant la Visite en vrai Cénacle, cette grande et magnifique salle, qui a vu s’opérer la mystérieuse cène usharistique et la merveilleuse descente du St. Esprit, Car les mêmes sacrements devant s’y administrer, les mêmes prodiges devront s’y renouveler. Ce ne sera pas seulement en faveur des jeunes chrétiens, qui recevront le sacremert de confirmation, que l’esprit sanctificateur reviendra sur la terre ; il veut répandre ses dons, avec une amoureuse profusion, sur tous ceux qui appartiennent à la paroisse. Il faut donc que l’on puisse dire de vons, pendant la visite, ce que St. écrit da ceux qui étaient dans le Cénacle: L/s furent tous remplie du St. Esprit. Car vraiment un jour de Visite, pour une Paroisse, est un beau jour de Pentecôte, Que chacun se prépar2donc à recevoir la langue de feu, que lui apportera du L'iel, dans ce grand jour, l'Esprit sanctificnteur. Oh! qu’il y a pour cela de pressants motifs,si surtont nos consciences nous reprochent d’avoir reçu le Sacre nent de Confirmation en mauvais état; ou si depuis cet heureux jour, nous avions eu le malheur de chasser le St. Esprit de nos cœurs par quelque péché mortel. Hélas ! qui de nous pourrait se rendre le consolant témoignagne de n’avoir jamais foulé aux pieds, l’Auteur de toute grace. Faisons donc pénitence, si nous voulons recevoir les dons du Saint Esprit. Pœnitentiam agite. el accipietis donum Spiritus Sancti. (Act. 2. 38.)

Visite du Tabernacle, Vous verrez l’Evèque visiter avec pompe le Tabernacle,les Fonts baptismaux, des Fonts baptismaux l’Eglise, les vases sacrés, les ornements et tout ce qui sert au culte divin. Il vous LR sera facile de voir en lui Notre Seigneur dévoré du zèle de la Maison de son Père, pour qu’elle fut toujours une maison de prière et de bénédictions. Vous le verrez

aux Fonts sacrés du baptême, comme le vit St. Jean Baptiste dans les eanx

du Jourdain. Là vous le bénirez de la grâce de votre baptème: et vous prie-

rez pour qu'aucun enfant de la paroisse ne meure sans avoir reçu ce sacrement, si

absolument nécessaire au salut. Vous l’apercevrez dans le Temple de Jérusalem, chas-

sant ceux qui en profanaient la sainteté par leurs irrévérences. Vous demanderez que

votre église ne devienne jamais une caverue de voleurs, par la coupable négligence

de la Paroisse à contribuer à son ornement, et surtout par les immodesties, les propos

* indécents, les paroles inutiles qui outragent le Dieu saint qui y habite jour et nui.

Vous désirerez que des adorateurs en esprit et en vérité s’y tiennent du matin au soir, pour qu’un Dieu, si jaloux de converser avec les hommes, n’y demeure jamais seul. Car des cœurs qui prient sont de riches ornements aux yeux de sa divine majesté.

Visite du cimetière. L’t glise est une trop bonne mère pour oublier en aucun temps les chers enfants

que la mort lui a enlevés. Pcurrait-elle les oublier duns un temps aussi richu en gryces que celui de la Visite Episcopale? Oh ! non ; elle les pleure, même dans ces jours de si joyeuse sollennité. Elle conduit l’'Evêque dans le Cimetière ; et en lui montrant les tombes de ses enfants chéris, elle Jui ditpvec tout l’accent de ja douleur: Seigneur venez voir où on les a enterrés ; Domine, veni et vide. Vraie venve de Naïn, eile se trouve sur le passage de Jésus, pour le toucher de compassion par les cris de sa juste douleur, Hélas! elleu perdu des enfans qu’elle aime tous comme des fils uniques. Pour mieux attendrir son cœur, elle réprend ses habits de deuil, répète ses lugubres cantiques, renouvèle la triste pompe de leur enterrement. Elle fait couler dans les brûlants cachots du Purgatoire l’eau sainte qui, ccmme une douce rosée, adoucit et éteint les flammes qui dévorent ses pauvres enfants. Elle fait monter uu ciel un encens d’agréuble odeur, figure si admirable de la prière, qui va porter, sur ses ailes rapides, dans le séjour de rafraichissement, de lumière et paix, des âmes déso!ées de se voir enchainées dans des prisons brûlantes et ténébreuses.

Oh ! qu'il est grand et attendrissant le spectacle de toute une paroisse ngenouiliée autour de la Croix de son cimetière ! Comme on prie bien et médite bien dons cet Oratoire de lamort! Qu'ils sont à plaindre ceux qui, par leur mauvaise mort,ne méritent pas d'être enterrés en terre sainte |

T'elles sont, N. T. C. F., les admirables leçons que nous fournit le ravissant spectacle des cérémonies de la Visite Pastorale. En les suivant avec cet œil éclairé, elles vous paraitront intéressantes pour votre foi et touchuntes pour votre piété, Avec de si saintes dispositions, vous reconnaîtrez dans notre voix celle du Bon Pasteur. Vous nous obéirez comme à Dieu même. Pénétrés de ces sentiments, vous nccomplirez avec joie toutes nos ordonnances, parceque vous les regarderez comme écrites du doigt de Dieu. (Car celui qui nous écoute, écoute J. C. qui nous envoie ; qui vos audit me audit.

A ces causes, le saint nom ds Dieu invoqué, Nous avons statué, réplé et ordonné, statuons, réglons et vrdonnons ce qui suit, pour l'ordre de la Visite.

1°.—Nous Nous rendrons à le prochain, après midi. Environune demi-heure après notre arrivée, on fera une instruction familière ou conférence, à l’issne de laquelle Nous ferons notre entrée à l’Eglise en la mauière prescrite dans le Pituel : puis, après une courie exhortation, Nous donnerons la Bénédiction du St. Sacrement.

20 —Le lendemain, il y aura des messes distribuées dans la matinée pour la commodité des communiunts. À ‘dix heures, Ja messe de la Visite et le sermon : après quoi, nous donnerons Ja Conürmation aux personnes à jeûn, préparées par les Confesseurs, et jugées suffisamment instruites par leur Curé, dont elles présenteront ut billet.

90.—- Nous ferons, dans le temps qui nous Sera le plus commode, la visite du Taberuacle, des ornements, des Fonts baptismaux, et du Cimetière, ainsi que l'examen des Comptes de la Fabrique, que les Marguilliers tiendront prêts à Nous être présentés. M. le Curé pourvoira aussi à ce qu'un inventaire du linge et des ornements de l'Eglise soit dressé, aussi bien qu’un tableau des Iudulgences et Messes de fondation, silyena. Nous rechercherons particulièrement si les ordonnances données par Nos Seigneurs les Evéques, dans les Visites précédentes, ont été exécutées.

4°,—MM. les Curés auront soin de préparer, par de fréquents catéchismes, ceux

qui se disposent à la Confirmation, et de conserver les billets qui renferment les noms des confirmés, pour les inscrire ensuite dans les Régistres de lu Paroisse,

59 ,—Les Confesseurs aommés pour la Visite auront, tant qu’eile durera, le pouvoir d’absoudre des censures et cas réservés, et les facultés les plus amples pour la réconciliation des pénitens.

6°.—Parun Indult du Souverain Pontife, tous les Fidèles qui, s'étant confessés avec une véritable contrition, communiervnt pendsat la Visite, et prieront pour les nécessités de l'Eglise, suivant son intention, gagneront une indulgence plénière,

7° .—Voulant favoriser, autant qu’il est en Nous, la dévotion des Fidèles envers la Ste, Vierge, Nous Nous ferons un devoir d'appliquer, chaque jour de la Visite, les Jadulgences aux Croix, chapelets, et médailles qui nous serunt présentés,

89©,.—Chaque Paroisse où Mission, après que Nous l’aurons visitée, fournira à Nous et aux personnes de notre suite, les voitures nécessaires pour nous transporter à la Paroisse suivante.

99 .—Nous terminerons la Visite le avant midi, par le salut ou la Bénédiction du St. Sacrement.

Enfin, c’est encore à vos pieds sacrés, à divine Marie, que Nous déposons hnmblement ce Mandement de Visite, que Nous n’avans écrit qu’en invoquant votre Nom si doux, qui éclaire l’esprit et embrâse le cœur. Priez pour que notre voix se ressente de la douceur de la voix pastorale de votre divin Fils, et que'notre cœur soit animé de la charité de son cœur paternel. Les brebis que nous allons visiter sont à vous, à Mère du Bon Pasteur. A vous donc de faire comprendre à ce troupeau chéri un Mandement que nous avons écrit en toute simplicité, afin de lui inspirer un profond respect pour le Pasteur qui le visite au Nom de votre cher Fils. Car c’est à lui gagner des cœurs et non à flatter les oreilles que nous consacrons nos veilles. Faites que ce troupeau s’attache àce Mandement,comme Jésns à votre Sein Virginal : Oh ! Bienheurenses les mamelles qui l’ont allaité ! Qu'il soit pour tous vos tendres agneaux un gras et riche pâturage. Ainsi soit-il.

SERA le présent MAanNDEMmEenT là et publié au Prône de la Messe Paroissiale, le premier Dimanche après sa réception.

DONNÉ à Montréal, sous notre sing et sceau, et le contrascing de notre Seerétaire le

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