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Mandement [microforme]

Au sujet 1o d’une contribution aux frais du repatriement des Zouaves Pontificaux Canadiens, 20. de l'Œuvre du Précieux Sang dans le Diocèse, 30. du Recensement Civil sur le point de se faire, eb sur le Patronage de St, Joseph.

ler MARS 1871.

CHARLES LAROCQUE, par la grâce de Dieu et du St. Siége Apostolique, Evèque de St. Hyacinthe, etc., etc., etc.

AU CLERGE, AUX COMMUNAUTES RELIGIEUSES, E1 AUX FIDELES DE NOTRE DIOCESE, SALUT ET BENEDICTION EN NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST,

Ce n’est pas sans raison, N.T.C.F,, que vous étiez fiers de

la grande et belle œuvre des Zouaves Pontificaux Can:’iens, dont le souvenir subsistera certainoment comme l'une de nos gloires religieuses et nationales: car cette œuvre était éminemment catholique dans son but, que vous connaissez irop pour que Nous songions à en parler ici ; et ceux de vos enfans que la Providence à appelés à y prendre part, ont paru avec tant d'avantage au milieu du corps d'armée composé de jeunes gons réunis de toutes les parties du monde catholique, auquel ils étaient allés se joindre à Rome, que lo titre de Zouave Canadien était partout accueilli comme une passe de distinction et

d'honneur !

Mais cotte belle œuvre appartient désormais à l’histoire de notre pays, pour on devenir sous ia plume do quelque habile écrivain catholique l’une des pages les plus palpitantes d'intérêt pour les générations futures : nous sommes encoro trop près de l'évènement, d'ailleurs absorbé par les immenses mouvements sociaux, qui agitent ot bouleversent en co moment la vieille Europe, pour l'apercovoir dans toute la boauté et l'étendue de ses proportions ! Elle n'existe plus cotte bolle œuvre! Elle a dû nécessairement tomber sous le coup de l'évènement depuis longtemps préparé par les noires et sourdes manœuvres de l'esprit révolutionnaire, que les vrais enfants de l'Eglise s'efforcaient de conjurer par tous los moyens on leur pouvoir : prières forventos ot persévérantes ;

sacrifices pécuniaires; sang veraé aur les champs de bataille; sang offert pour un nouvol

holocauste, dans lequel eussent encore une fois figuré des victimos Canadiennes, brûlant du désir do s’immoler, mais dont la doncour et la mansuétude de notre Auguste Pontife ont empêché la consommation: c'est à ce prix que l'Univers Catholique avait espéré pouvoir conjurer le nouvel orage qui menagçait le siége et le domaine de Pierre de l'un de ces coups qui l'ont tant de fois si violemment assailli, et l'assaillirent sans doute bien des fois encore avant la fin des temps, sans jamais réussir à l’abattre et le détruire! Mais rion n'y a fait ! Lu Providence a voulu de nouveau présenter au monde le spectacle de la vérité devenue captive, pour avoir eu la force et le courage de s'opposer à l'erreur et aux passions des hommes, dans le but d'empêcher le genre humain de retomber dans la barbarie et l'esclarage dont l’a délivré la lumière évangélique !

Comme vous le savez, N.T.C.F,, ct corame Nous vous le disions en notre Lettre Pastorale sur le Concile,les horde: mazziniennes sont dans Rome, et le Chef de l'Eglise est à leur merci! Le soleil du 20 septembre éclairait le hideux spectacle de l'artillerie d'un Prince Chrétien, battant en brêche au service de la Révolution, les mue railles de la Ville-Eternelle, qui ne tardaient point à s'écrouler sous les coups de cet attentat impie ct sacrilége! Le doux Pie IX s’opposa à l'effusion du sang, en défendant la résistance À sa petite armée, qui ainsi que les murs dont Rome était environnée, avait pour but de protéger la personne du Pape et l'heureuse Cité dont il est le Roi, conti

de mains des brigands et des malfaiteurs organisés; mais non de faire ou de soutenir la

gucrre contre les armes d'aucune puissance réguiière ; le Représentant du Roi Pacifique ne

e los coups

songca jamais À entror on campagne pour l'honneur d’une victoire, ou le profit d’une con. quête! Et malgré ses beaux faits d'armes de Montana ot de Monte-Rotondo dont son courage et sa confiance en Dieu lui fosaient espérer le renouvellement, l’armée de nos Macha-

bécs Chrétiens, décidée à vaincre ou à périr, s’il !ni eût âté permis de combattre, respectant

la volonté du Chof de l'Eglise comme celle de Dieu lu même, cbéit et déposa les armes !

Et parmi ces généreux soldats de la cause de Dieu et de iient des enfans du Canada, fiers héritiers do la valeur des héros de

Monongahela ot de Châteauguay, qui se voyant ainsi arrêtés dans l'ardeur et l’él

son Eglise, 8e trouvt

an qui les

poussaiont au combat, brisèrent contre les murs et centre les pavés leurs armes bénies par

la main de Pie IX, plutôt que de les livrer aux mains impures des lrigards, que la évoil 8 »q 0

lution venait de faire pénétrer dans Rome, à l'ombre et sous In protection du drapeau Italien !

Ces nobles vaincus qui s'étaient soumis et s'étaient mèmd constitués ptisünhiers de guerre par un sentiment de religieux respect pour le désir et la volonté du Représentant de Dieu sur la terre, avaient un droit de: mieux acquis à revo.r leur patrie, et à rentrer dans le sein de leur famille, en y rapportant l’auréole de gloire et d'honneur qui ceignait leurs fronts de soldats du Christ du Soigneur ! Des négociations entaméos sans délai et poursuivies avec ardour par le digne prêtre qui remplissait auprès d'eux les fonctions d'aumônier, et enfin couronnées de succès, les avaient rendus à la liberté ! Restait à pourvoir au moyen de les ramener au pays: et lo moyen c'était de l'argent pour défrayer les dépenses du voyage. Il fut assez facile de s'en procurer par un em. prunt! Et c'est cet emprunt qui vous a rendu vos enfants, N.T!. C. F.!/ qui vous a procuré l'immense joie de les revoir, de les embrasser, de les presser contre vos cœurs, de confondre svus l’effet d’un mutuel attendrissoment vos larmes avec leurs larmes, et de jouir du plaisir de :es entendre vous raconter ainsi qu'aux parents et aux amis qui s'étaient joints à vous pour les embrasser et les féliciter au retour, les intéressants épisodes, les émouvantes péri-

pêties de leur longue absence et de leur sainte croisade !

Le but de la présente Lettre est de vous supplier, N.T.C.F, de vouloir bien vous imposer un nouveau sacrifice pour faire faco à la part de cet emprunt dont nous a chargés le Comité des Zouaves Pontificaux Canadiens de Montréal, qui à sa manière d'envisager la question affirme par son Président, que la proportion de cet emprunt attribuée au diocèse de St. Hyacinthe est conforme à la justice, et réclame en conséquenc : la somme de $1780.25. Nous ne sommes pas tout-à fait prêt à admettre la base sur laquelle le Comité a établi ses calculs; mais Nous osons néanmoins Nous flatter, N. T, C, F., que votre générosité qui Nous est si bien connue, ne reculora pas devant ce devoir de circonstance ; et que chacun se fera un honneur de contribuer selon ses moyens au remboursement de la somme qui Nous est demandée. Cependant comme Nous ne sollicitons ici qu'une offrande faite à Dieu lui même, à cause du motif qui la provoque, et qui doit par conséquent venir du mouvement d’une volonté parfaitement libre pour lui être agréable, Nous avons jugé que le moyen le plus efficace pour obtenir le résultat désiré, serait une collecte faite au jour et selon le mode indiqué au dispositif de la présente lettro,dans toutes los paroisses

et missions du diocèse,

Quoiqu'il Nous en ait véritablement couté, N,T,C. I, de

Nous adressor à vous pour vous demander le nouveau sacrifice dont Nous venons de voux

exposer l'occasion et le motif, Nous ne pouvons néantnoïins Nous dispenser de tecourir à votre foi ct à votre piété pour en implorer encore queique argent! De l'argent, toujours de l'argent! Oui, N.T.C.F, coci est vrai dans l’ordro spirituel ou moral comme dans l’ordre matériel ou temporel, dans lesquels vu l’état actuel de la société, il est certainemeni impossible d'arriver à un résultat d’une espèce quelconque sans le secours de l'argent, qui est assurément la plus grande puissance de notre époque. Et c'est parcequ’il en faut en tout et partout aujourd’hui, que la Providence l’a tellement muitiplié qu’il s'en trouve dans toutes les mains en proportion plus ou moins grande, selon la condition et les besoins des individus, La Providence on a sans doute sinsi disposé, parce que le monde moderne n'eût pu accomplir ses gigantesques entreprises qu’au moyen de l'association ; et que l'Eglise dépouillée de ses richesses et de ses possessions d'autrefois, atten L'aujourd’hui l'existence et la vie de ses œuvres de l’aumône ou de la contribution universelle. A quels immenses et merveilleux résuitats n’est point arrivée la belle et magnifique Association de la Propagation de la Foi,qui ne demande cependant à ses membres que la si modique aumône d’un sou

par semaine |!

Mais dans la crainte de vous paraître importun par la demande du nouveau sacrifice que Nous voulons ici implorer, N.T. C. F., Nous Nous hâtons de vous dire qu'en fosant cette fois appel à votre foi et à votre piété, Nous n'avons point l’intertion de demander une aumône ou une contribution générale, quoiqu'il soit bien facile de comprendre que Nous bénirons de tout notre cœur tous ceux et toutes celles d’entre les fidèles de notre discèse, et même des diocèses voisins, qui voudront bien contribuer à l’œuvre dont il s’agit. C’est particulièrement au petit nombre d’entre vous que Nous voulons aujourd’hui Nous adresser, c’est à-dire, à ceux qu’une dévotion spéciale a portés a devenir

membres de la Confrérie du Précieax Sang !

Vous connaissez tous, N. T. C, F., l’œuvre et la dévotion du Précieux Sang, qne le digne et saint Prélat, Morseigneur Jean Charles Prince, prèmier Evêque de St. Hyacinthe, mort au commencement de mai de l’an 1860, instituait sur son lit de mort, et léguait à son diocèse comme le plus précieux héritage de sa piété, de son affection pateruelle, et de son dévoûment épiscopal! Son successour immédiat, notre vénéré prédécesseur, l'[llnstrissime Monseigneur Joseph LaRocque, arrivé en 1860 à l'administration du diocèse, adoptait cette œuvre dont le butet la fin allaient si bien à sa

tendre piété, et lui donnait l'Institution Canonique par Mandement solennel en date du 15

avril 1866. Bientôt après Dieu lui envoyait les gravesinfirimités qui l'ont forcé à:1 retraite, et ont privé le diocèse des longs et importans services qu’il était plus que permis d'attendre des talens ct des qualités qui le distinguent, et de son âge comparativement encors peu avancé. Nous taisons les réflexions qui se pressent ici dans notre esprit, en présence de : : l'évènement providentiel qui l'enleva à sa chère Eglise de St. Hyacinthe, pour le pousser : dans une solitude à peu près complète, et lui permettre de se donner tout entier à l'œuvre qu'il venait de revêtir du sceau de son autorité épiscopale, et pour laquelle il vit unique-

ment depuis plusieurs années déjà !

Nous n'avons nullement l'intentiou de vous parler ici du mérite de cette belle œuvre. Des presses de M. Eusèbe Senécal, imprimeur à Montréal, sortait au mois de décemore dernier, un tout petit livre que Nous recommandons bien spécialement à l'attention de votre piété, et qui a pour titre, Dévotion au Précieux Sang, ses motifs, sa pratique. Lisez ce livre, si vous voulez apprendre à connaître et aimer l'œuvre du Précieux Sang ! Nous voulons Nous borner à vous dire qu'il Nous semble évident que Dieu s’est plu à la bénir dans le diocèse, puisque née et instituée d'hier pour ainsi dire, elle y est aujourd’hui dans un état assez florissant, pour qu'il soit permis de dire sans aucune temérité, qu’elle est vraiment le grain de sénevé de l'Evangile devenu un grand et bel'arbre, dont le tronc est une intéressante Communauté de femmes régulièrement établie à St. Hyacinthe ; les branches, les Religieuses Géjà assez nombreuses qui composent cette Communauté ; et les ramesux, les 30 mille membres de toutes les parties du pays, aïfiliés à la Confrérie du Précieux Sang, qui a son autel dans la modeste chapelle du Monastère de la Communauté / Et dejà les oiseaux du Ciel, c’est.à dire, des âmes ayant besoin du culme et de la paix du cœur, viennent en assez grand nombre chercher le frais et le repos à l'ombre de cet arbre, qui malgré sa croissance si rapide et déjisi avancée, est encore loin sans doute d'avoir atteint son complet développement. Nous ne pouvons nous empêcher d'espérer, quand nous réfléchissons sur les vortus ot la piété si remarquables des deux vénérables Prélats auxquels Dieu a inspiré la pensée de planter cet arbre dans 15 champ de son

Eglise, qu'il ne l'ait destiné à y produire des fruits abondans de grâce et de salut.

Un prêtre du diocèse, le Révérend Mr, Lseours, Curé de Notre-Dame de St. Hyacinthe, dont le dévoûment à l’œuvre du Précieux Sing est partout rogonnu, désirant lui donner une plus grando extension, a entrepris de compléter l’établis-

senont duns lequel est installée la Communauté que Nous venons de mentionnér, laquelié # été fondée et existe uniquement pour rendre au Sang Divin de Notre Seigneur; versé pour nous laver de nos péchés et nous rendre la justice originelle, un culte d'adoration, d'amour et de reconnaissance ; pour honorer sans cesse ce sang divin par les pratiques de la mortification et de la pénitence, et en implorer nuit et jour l’infinie e: mystérieuse efficacité pour tous les besoins de l'Eglise, spécialement pour la conversion des pécheurs, et la conservation de la foi et des mœurs dans notre cher pays du Canada. Ce digne Prêtre à consacré à cette sainte entreprise tout son avoir présent et futur. Maisilest certain que ses ressources ne sauraient suffire à atteindre le but auquel il aspire, puisqu'il reste encore à construire à peu près la moitié du Monastère destiné à loger la Communauté, et l'Eglise qui y doit être attachée pour fournir aux religieuses le Sanctuaire où elles doivent continuellement verser leurs larmes et leurs prières en présence de la victime eucharistiq ue, et pour recevoir les nombreux fidèles, qui déjà viennent de toute part prier dans la chapelle actu elle, attirés par le culte et la dévotion du Précieux Sang! Et c'est particulièrement aux membres de la Confrérie du Précieux Sang qu’un appel est fait aujourd'hui en faveur de la belle œuvre à laquelle ils se sont affiliés avec tant d'empressement, pour demander à chacun de vouloir bien s’imposer le sacrifice d’une modique aumône de vingt cinq centins (trente sols) pour contribuer à la construction de la dernière partie du Monastère et de l'Eglise du Précieux Sang, si courageusement entreprise par le pieux prêtre dont Nous donnons cihaut le nom. Et moyennant cotte légère contribution, l'on s’assurera une psrt toute spéciale dans le mérite de toutes les œuvres qui se pratiqueront dans le Monastère, et un Memento particulier à toutes les Messos qui se diront dans l’église ; et ce, dès maintenant et À toujours. Nous osons espérer que tous les confrères du Précieux Sang se fero it un bonheur de se rendre à cet appel ; et Nous espérons même que beaucoup de bonnes âmes en dehors de celles qui appartiennent à la Confrérie, aimeront à prendre part à la bonne œuvre

pour participer aux avantages ci-dessus énoncés, et offerts à tous ceux qui y auront contribué,

À ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, Nous avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons ca qui suit :

10 Pour ce qui concerne le nouveau et dernier sacrifice à faire en faveur de la belle œuvre de nos Zouaves Pontificaux Canadiens, une quête sera faite

amener

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