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Mandement pour des actions de grâces publiques [microforme]

Pur la miséricorde de Dieu et la grâce du. 8. Siège Apostolique, Evèque de Sidyme, Coadjuteur de Monseigneur l'Arhevèque de Quebec et Administrateur de lArchidiocèse, ete., ete., ete.

AU CLERGÉ ET AUX FIDÈLES DE L'ARCHIDIOCÈSE, SALUT ET BÉNÉDICTION EN NOTRÉ SEIGNEUR.

La reconnaissance nous fait un devoir de vous inviter, ‘NOS TRÈS CHERS FRÈRES, à rendre à Dieu de solenuelles actions de grâces pour nous avoir délivrés de la terrible maladie qui, pour la

troisième fois, est venue moissonner parmi nous un si grand nombre de victimes, surtout dans la ville de Québec déjà éprouvée par tant de malheurs.

Ce fléau dela engeance du Seigneur, dont la marche à travers le monde est encore un mystère, et qui aujourd'hui, comme à l’époque de sa première apparition, se joue impitoyablement de la science et de l’habileté des hommes de l'art, a promené ses ravages dans tous ies rangs de notre s0ciété, mais particulièrement parmi les pauvres, plus disposés par leur genre de vie à subir ses atteintes. Oh ! que de souffrances nous révélerions à votre cœur N. T. C. F, s'il nous était donné de vous faire connaître le triste sort de tant de veuves, d'orphelins, de familles entières qu’une mort implacable avait privées de leur unique soutien, et réduites à la plus extrême indigence,

Toutefois, pendant.que le bras de Dieu s'appesantissait ainsi sur nous, sa bonté ne laissait pas, N. T. C. F., de nous ménager d'abondantes consolations. Des pécheurs depuis longtemps rebellés à là grâce ouvraient leurs cœurs au repentir, et allaient demander miséricorde au tribunal de la pénitence : des âmes jusqu'alors insouciantes pour leur salut, sortaient de leur tiédeur habituelle, et se livraient avec courage à la recherche de la seule chose nécessaire : les âmes pieuses redoublaient de ferveur, et suppliaient par d'ardentes prières le T'out-Puissant irrité d'avoir pitié de son peuple, et de mettre fin à ses châtiments. D'un autre côté ceux que l'épidémie avait frappés demandaient avec empressement, et recevaient avec foi les secours de cette religion sainte qui présente au mourant de si douces espérances: nos chers collaborateurs, fidèles à leur sainte mission, volaientnuit et jour auprès des malades, pour les disposer à paruître devant le juge suprême, et, malgré les dangers auxquels ils étaient exposés, aucun d'eux n'était atteint de la contagion : des hommes et des femmes remplis de dévouement, sans crainte de la mort dont ils étaient menacés, et qui en effet en a enlevé plusieurs, allaient avec une merveilleuse charité prodiguer leurs soins à des parents, des amis, des voisins, des étrangers même, et leur témoignaient jusqu'à leurs derniers moments la plus généreuse sympathie.

Mais ce ne sont pas là, N. T. C. F',, nos seuls sujets de consolation, Que dirons-nous de cette touchante compassion dont un grand nombre de fidèles ont fait preuve à l'égard des orphelins dont les parents ont succombé à l'épidémie? Nous n'avons pas eu plus tôt faitappel aux sentiments de leurs cœurs qu'ils sont accourus pour solliciter la faveur d'adopter ces pauvres enfants, heureux de pouvoir tenir auprès d'eux la place des tendres parents qu'ils ont perdus, et de

leur faire ainsi oublier le malheur dont, si jeunes encore, ils sont les victimes. Ils ont montré, par cette noble conduite, combien est grande sur des cœurs formés à l’école de la religion l'influence de la céleste charité. Ils méritent que le juste rémunérateur de la vertu les en récompense au centuple, même dès ce monde: à eux appartiennent à bon droit la gloire, l'honneur et la paix qui, suivant le langage du grand apôtre, sont le partage de l’homme qui fait le bien: Gloria autem, et honor, et paz omni operanti bonum (Rom. IT 10).

Vous bénirez avec nous la divine providence, N. T. C. F., non-seulement pour la cessation du choléra dans le pays, maisencore pour tous les autres bienfaits que nous venons d’énumérer, et dont cette funeste maladie a été l'occasion. Vous prendrez part avec joie aux prières publiques que nous croyons devoir prescrire, afin que nous puissions offrir tous ensemble à la bonté de Dieu le juste tribut de notre gratitude,

A ces causes, noûs avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit :

lo. Le jeudi, troisième jour de janvier prochain, sera consacré à remercier Dieu de tous ses bienfaite, surtout d’avoir mis fin à lamaladie qui, durant l'espace d'environ trois mois, a régné dans cette province. Nous exhortonsles fidèles à le sanctifier d'une manière s-fciale, par la prière et l'assistance aux offices.

20. Il sera célébré ce jour-là, dans toutes les églises paroissiales et conventuelles, une messe solennelle d'actions de grâces (qui sera cependant la messe du jour), à la collecte de laquelle on ajoutera, sous une même conclusion, celle qui est indiquée dans le missel pro gratiarum actione. À la suite de cette messe, on chantera le Te Deum avec les versets et les oraisons désignés au processional.

80. L'après-midi, on chantera les vêpres du jour, qui seront suivies d’un Zébera pour le repos des âmes de nos frères qui ont succombé à l'épidémie (Les versets et loraison Abeolve comme au processional, à Pordre des absoutes).

40. Dans les paroisses où le présent mandement aura été reçu trop tard pour que l’on aît puse conformer à ses dispositions, les prières d'actions de grâces se feront le premier dimanche après sa réception. Elles consisteront en l'oraison pro gratiarum actione que l’on ajoutera à celle du jour, sous la même conclusion, et dans le chant du Te Deum qui aura lieu à l'issue de la messe. Le même jour, après l'office des vêpres, on chantera le Libera, etc. pour la fin ci-dessus indiquée.

Seru notre présent mandement lu en chapitre dans toutes les communautés religieuses, et publié au prône de toutes les paroisses, le premier dimanche après sa réception.

Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l'archidiocèse et le contreseing du secrétaire de l'archevêché, le vingt-quatre décembre mil huit cent quarante-neuf.

sÿe P. F,, évéque pe SIDyue, Par Monseigneur,

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