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Mandement pour des prières publiques [microforme]

Par la miséricorde de Dieu et la grâce du St: Siege Apostolique, Eveque de Québec, &c. &c.

A tout le clergé et à tous les fidèles de ce Diocèse, Salut et Benédiction en Notre Seigneur.

OUS n'ignorez pas, Nos très-chers frères, qu’une maladie épidémique ‘W connue sous le nom de Cholera-morbus, après s'être échappée de l’Asie, exerce, depuis plus d’un an, ses terribles ravages dans différens Etats de l'Europe, jetaut partout la conaternation et l'effroi, et moissonuant, fur gon passage, un grand aambre de victimes. Jusqu'à present, ne la considérant que dans le lointain, nous avons vécu avec sécurité, et nous n'avons eu à gémir que sur les maux qu'elle a causés parmi les peuples de l'ancien moode, Mais aujourd’hui nous yaici troublés dans.notre sécurité, à la vie des progrès. de cette maladie qui, suivant les dernières nouvelles, a déjà jé uétré dans plusieurs parties de l'Angleterre et de l’Ecosse, et a même fait trembler l'immense population de la Métropole.

Ce fléau semble nous menacer :de justes alarmes .s’amparent de nos esprits : nos relaſians intimes avec la Mèrespatrie naus dapnent lieu d’appréhender que les arrivages du priatemps.n'apportent, parmi nous, le gerine de ce mal contagieux.

Il est vrai que notre Législature Provinciale, dane ga sagesse, n’a rien épargné, paur nous préserver d'un tel, malheur. : Par une loi spéciale qu'elle a passée dans sa dernière Session, un Buteau de santé a été formé : des instructions propres à prévenir et à arrêter les effets de la contagion vont être distribuées dans les villes et dans les campagnes. Mais à quoi serviront tous ces moyens de la prudence humaine, si le Dieu de miséricorde n’étend sur nous son bras conservateur : Nisi Duminus cuslodierit civilutem, frustrd vigilat qui custodit eam. (Ps. 126, v. 2.)

Aus reste, N. T. C. F. si l'on doit reconnaître, dans cette calamité, l'effet de la vengeance divine sur les nations coupables de la terre, n'avousnous pas un juste sujet de craindre que nos iniquités multi pliées n'attirent aussi sur nos têtes les châtimens d'une Providence trop long · temps iusultée et méconnue,

Oui, N. T. C. F. nous ne pouvons le dissimuler : un nuage sombre plane sur nos têtes : une contagion morale mille fois plus désastreuse que les maladies épidémiques commence à se répandre sur notre heureux sol et à entamer nos mœurs antiques: un torrent de désordres, suite inévitable de l'affaiblissement de la foi, a déjà fait d’étranges ravages dans nos contrées naguères si religieuses et si morales. II ne serait done pas étonnant que le ciel, dans son courroux, songeât à nous envelopper dans une calamité dont tant de peuples ont déjà ressenti les funestes atteintes,

Dans ces circonstances, \N. T. C. F. le cœur pénétré de la plus vive douleur, nous vous invitons à vous préparer à ces Jours de deuil et d'affliction, par un sincère retour vers le bien. Implorons ensemble dt avec larmes la longanimitẽ de. notre Dieu tant outragé dans ce siècle pervers : Indulgentium ejus fusis lacrymis postulemus. uns ch 8.v. 14). Humilions nos fronts jusque dans la poussière en sa plésence : Humiliemus illi animas nostras, (Abid...v. 16) ; et qu’à l'exemple des habitans de Ninive, chacun de nous . convertisse, qu'il quitte ses mauvaises voies et l’iniquité dont ses

mains sont souillées : Convertatur vir d vid sud et ab iniquitale que est in manibus eorum. (Jonas. ch. 3. v. 8.) Qui sait si Dieu, touché de notre repentir et de nos gémissemens, ne se retournera pas vers nous, pour nous pardonner ; s'il n'appaisera pas sa colère, et s’il ne changera pas l'arrêt qu'il a porté contre nous! Quis scit siconvertatur et ignoscat Deus et revertatur d furore iræ suæ et non peribimus ? (Ibid. y. 9.)

A CES CAUSES, le saint nom de Dieu invoqué, Nous avons réglé et ordonné, réglons et ordonnops ce qui suit :

Je. Le Vendredi 4 jour du mois de Mai prochain, il sera célébré dans toutes les églises paroissiales, qui ont des Curés résidens, une messe solennelle, pro quécumque necessitate; à la fin de laquelle on chantera, à genoux, le Trait Domine, non secundèm, Cc. avec le verset Ostende nobis, Domine, c. et l'oraison Deus, qui non mortem, Sc. comme au missel, dans la messe, pro vitandd mortalitate. Nous attendons de la piété de nos fidèles diocésains qu'ils sanctifieront ce jour, d’une manière spéciale, par la prière, le jeûne et le repos.

2, Dans toutes les églises et chapelles de notre Diocèse où la messe se célèbre en public, chaque Dimanche ou Fête d'obligation, immédiatement après la messe paroissiale, conventuelle ou principale, le Prêtre qui l'aura célébrée, récitera à genoux, à haute voix, le peuple répondant, cinq Pater et cinq Ave, Maria; à la suite desquels il dira le verset Ostende nobis, Ge. et la susdite oraison Deus, qui non mortem, c. Nous espérons que ceux qui ne pourront pas assister au service divin, réciteront les cinq Pater et Ave, Maria dans leur famille.

30. Chaque Prêtre ajoutera à la messe l'oraison, Ne despicias, &c. eomme au missel (inter orationes ad diversa), toutes les fois qué la messe du jour ne sera pas de Ice: classe, ni solennelle de 11°: classe; et cette méme oraison remplacera celle indiquée ad libitum dans les autres messes,

40. A tous les saluts, on chantera l'antienne de St. Joseph, premier Patron du Diocèse, Eccè fidelis servus, &c. le verset Gloria et divitie, &c. et l’oraison Sanclissimæ genitricis, &c.

50. Les prières prescrites dans les trois articles précédens commenceront le premier Dimanche après le 4 Mai, et seront continuées jusqu'à notification du contraire, de notre part.

Sera le présent Mandement lu et publié au prône de toutes les paroisses, et lu en Chapitre dans toutes les Communautés Religieuses le premier Dimanche après sa réception, ou le Dimanche de Quasimodo. Ceux des parties éloignées qui ne le recevraient pas assez à temps, le publieront le premier Dimanche après l'avoir reçu, et consacreront aux œuvres ci-dessus réglées le premier Vendredi suivant.

Donne’ à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre Secrétaire, le neuf Avril mil-huitcent-trente-deux,

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