‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 122 · DES DROITS DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DES DROITS DE L'ÉGLISE

“ Une petite erreur dans les principes, dit Saint Thomas, devient une erreur trés-grande dans les conséquences qu'on en tire." Et, de fait, on voit par l'histoire de toutes les hérésies que des maux nombreux ou plutót d'innombrables calumités dont la Société catholique a été victime, ont été le résultat d'erreurs qui, au. premier coup dil, ne semblaient autre chose que des exposés peu exacts de la vérité. C'est pourquoi Saint Paul en quittant les Ephésiens n'a rien trouvé dont il eût d'avantage à se glorifier et à se réjouir que le zèle ardent avec lequel il les avait instruits sans leur rien cacher de ve

qui pouvait leur étre utile. (Actes des Apôtres, XX, 20).

Comme done il peut se trouver et que de fait il se trouve des hommes qui, trompés par l'espoir d'une lausse liberté, concluent trés-lacilement du fait au droit et qui, partant de ce faux principe, niant ou du moins mettant en. question. plusieurs des droits de la Sainte Eglise Notre Mere, jettent beaucoup d'esprits dans la voie de l'erreur, nous déclarons que le devoir des fidèles est d'adhérer toujours avec une fermeté de plus en plus grande au siege Romain et de rejeter toutes et chacunes des propositions condamnées par lui, conformément à la recommandation de Sa Sainteté le Pape Léon XIII dans la constitution “ Inserutabili Dei consilio,"

Que tous se rappellent qu'au nombre des ptopositions condamnées dans le Syllabus joint à la lettre Encyclique “ Quanta Curd” se trouvent les suivantes ;

“ Le protestantisme n'est pas autre chose qu'une “forme diverse de la même vraie religion chré- “tienne, forme dans laquelle on peut être agréable "à Dieu aussi bien que dans l'église catholique." (Proposition XVIII)

" L'Eglise n'est pas une vraie et parfaite société " pleinement libre, elle ne jouit pas de ses droits “ propres et constants que lui a conférés son divin " l[ondateur; mais il appartient au pouvoir civil de “définir quels sont les droits de l'Eglise et les "limites dans lesquelles elle peut les exercer." (Proposition XIX.)

" La puissance ecclésiastique ne doit pas erercer “son autorité sans la permission et l'assentiment du “pouvoir civil.” (Proposition XX.)

" L'immunité de l'Eglise et des personnes ecclé- " slastiques tire son origine du droit civil.” (Propo- “sition XXX )

" L'Etat comme étant l'origine et la source de “tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonserit "par aucune limite.” (Proposition XXXIX)

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* La puissance civile, méme lorsqu'elle est exercée | par un prince infidèle, possède nn pouvoir négatif ‘sur les choses sacrées, Elle a par conséquent non ' seulement le droit qu'on appelie exequatur, mais encore le droit qu'on nomme d'appel comme d'abus.” (Proposition XLI.)

" L'autorité civile peut simmiscer dans les choses ‘gui regardent la religion, les mœurs et le régime ‘spirituel. D'où il suit qu'elle peut juger des ins- ‘instructions que les pasteurs publient, d’après “leur charge, pour la règle des consciences, elle peut méme décider sur l'administration des Sacre- “ments et les dispositions nécessaires pour "recevoir, (Proposition XLIV.)

* Des catholiques peuvent approuver un système ‘d'éducation en dehors de Ja foi catholique et de " l'autorité de l'Eglise, et qui n'ait pour but ou du " moins pour but principal, que la connaissance des “choses purement naturelles et Ja vie sociale sur "cette terre, (Proposition XLVIII)

"I en eflet, nous marchons fidélement à la sulte de Jésus-Christ enseignant dans l'Eglise, nous ne marcherons point dans les ténebres, quelle que soit l'obscurité de la nuit, si nous ne cessons de demeurer amoureusement attachés à cette Pierre que Jésus-Christ a établie pour être la colonne et le soutien de la vérité, nous ne serons point ébranlés, nous he serons point agités comme les flots de la mer par tout vent de doctrine (Naint Jacques I. 6.) quelle que soit la rage de la tempête, mais, au contraire, sans courir aucun péril de faire naufrage dans la foi (1 Timothée I. 19,) abondamment éclairés de la lumière de la vérité, jouissant de la paix de l'âme et riches en bonnes œuvres nous arriverons au port de l'éternelle félicité.

Vous en avez une preuve nouvelle, N. T. C. F, l'Eglise ne peut admettre l'erreur ; elle la condamne à cause des conséquences préjudiciables anx Ames

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qui peuvent on doivent s'en suivre. Toute maternelle qu'elle soit à l'égard des personnes, elle combat tout ee qui est opposé à la vérité ; c'est pour cela qu'elle ne peut permettre qu'aucun de ses enfants considere le Protestantisme comme capable de conduire les âmes à Dieu; c'est elle-même qui doit les y mener.

“L'Eglise est une vraie et parfaite société... distinete de toutes autres par son origine, par ses inoyens d'action, et surtout par sa fin spéciale qui est la félicité ét rn. lle des hommes...elle a le droit de se monvoir dans sa sphère d'action avec une souveratne liberté...elle possède sur l'Etat une vraie préóminenee...ele seule a recu de Jésus-Christ le dépót des vérités dogmatiques et morales révélées par Dieu, avee la mission de faire connaitre aux hommes, et d'interpréter avec une autorite infaillible les enseignements de la foi...elle possede le pouvoir législatif proprement dit avec le pouvoir judiciaire et coactif...elle a le droit d'intervenir directement et avec autorité dans l'éducation donnée à ses enfants. soit dans leurs familles, soit dans les écoles publiques. (Manuel du Citoyen Catholique (passim) que tout catholique qui sait lire, a de l'intelligence et aime l'Eglise devrait avoir souvent entre les mains.)

L'Eglise, ayant recu ses droits de son divin Fondateur, lesa sans cesse affirmés et réclamés dans le passé ; elle les redemande aujourd'hui qu'elle en est dépouillée par les gouvernements, plus ou moins selon les pays, et jamais, non jamais elle ne les abandonnera. Le pouvoir civil n'obtiendra jamais de l'Epouse de Jésus-Christ qu'elle se reconnaisse sa vassale, encore moins son esclave. Done le devoir incombe à tous les catholiques et particuliérement à veux d'entre eux qui prennent part à la législation civile de faire reconnaitre prudemment et respecter

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les droits de notre Mére commune dont nous devons tous, sans exception, être les yaillants défenseurs.

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